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 Le temps des vérités

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MessageSujet: Le temps des vérités    Ven 26 Juin - 17:08

Dante et Yumi arrivent des plaines de Galbadia


YumiLa réponse de cet homme était plus qu'étrange. J'étais fatiguée, inquiète, je n'avais pas vraiment envie de me battre avec cet individu. Toutefois, je n'avais plus la patience de résoudre des énigmes.

- Qui êtes-vous à la fin ?

J'avais haussé la voix, même si je savais pertinemment que cela n'aurait aucun effet sur lui et qu'il pouvait certainement sentir ma lassitude. Il avait éradiqué deux bestioles géantes en levant simplement le bras. Ce n'était pas une simple jeune fille complètement épuisée qui pouvait lui faire peur.

Une fois de plus, sa réponse était déstabilisante, bien qu'elle me permît de comprendre pas mal de choses. En particulier, le fait qu'il connaissait mon frère. Cet homme au ruban était donc Néro, l'ami que nous devions rejoindre. A cause de notre attaque, je l'avais complètement oublié. Je le regardais avec plus d’intérêt. Dante était ami avec un étrange personnage. J'axais alors mon regard sur mon frère. J'accélérais le pas pour être à peu près à son niveau et en me calant quelques secondes sur le rythme de marche de Néro, je replaçais une mèche de ses cheveux derrière son oreille, inconscient, il avait l'air beaucoup plus jeune et vulnérable.

Malheureusement, notre étrange sauveur était beaucoup trop vif pour moi, je ne pouvais pas tenir à cette vitesse bien longtemps. Mes jambes me portaient seulement parce qu'elles y étaient contraintes. A la moindre opportunité, j'avais prévu de m'étaler pour ne plus bouger avant plusieurs heures.

Mon frère gémissait de plus en plus, ballotté comme un sac sur l'épaule de Néro. Cet homme n'avait pas l'air costaud comparé à Dante, pourtant, il le portait avec une mystérieuse facilité. Je me sentais faible et mal à l'aise à côté de lui. J'osais à peine ouvrir la bouche pour lui demander quelque chose. Pourtant, les plaintes répétitives de mon frère me firent sauter le pas.

- Excusez-moi... Vous ne devriez pas le porter autrement ?

Silence. Échec.

Pas de réponse. J'avais envie de l'insulter. De lui déballer toute ma vie d'une seule traite pour qu'il sache à quel point c'était dur d'arriver jusqu'ici et que j'avais besoin de réponses ou encore de considération. Ma patience atteignait ses limites à une vitesse ultime et la fatigue n'aidait en rien. De plus, cet homme semblait apprécier de laisser planer autant de mystère sur sa personne. Pourquoi personne ne voulait me donner de réponses claires et précises depuis que j'étais partie de chez moi ?

Différents bruits, plutôt familiers me sortirent de mes pensées. J'avais été tellement concentrée sur mon frère et son ami que je n'avais même pas fait attention à notre destination. Nous étions à l'entrée de la ville et Néro s'arrêta un instant pour se tourner vers moi.

- Tu n'es au courant de rien, n'est-ce pas ?

Je le regardais abasourdie. Pour lui, cette question ne devait pas en être vraiment une. Derechef, il me tournait le dos pour partir de plus belle dans une nouvelle direction sans même attendre que je ne lui réponde.

- Non justement, je ne suis au courant de rien.

Je marmonnais encore. Cependant, je n'avais plus le temps de me plaindre. Néro marchait vite et se faufilait avec une aisance épuisante entre les personnes de Timber. J'avais à peine le temps de laisser mes yeux s'égarer sur les nouveaux paysages qui m’entouraient. Il allait beaucoup trop vite pour moi et je manquais à plusieurs reprises de le perdre de vue. De plus, la foule s'arrêtait pour le regarder passer. Pour me regarder les suivre. Il était donc d'autant plus dur pour moi de rester focaliser sur Néro plutôt que sur la population de Timber interloquée.

Je trottinais un moment pour essayer de rattraper l'ami de mon frère en essayant de faire abstraction des choses qui nous entouraient. Plus nous nous enfoncions dans le cœur de la ville, plus j'avais l'impression que les habitants nous pointaient du doigt. Sur ma droite, je remarquais une petite fille, elle devait avoir une dizaine d'années, elle tenait fortement la main de sa mère en nous montrant. Cette dernière tirait sa fille pour la faire regarder autre part, comme gênée par le spectacle. Les gens avaient-ils reconnu mon frère ? Ou c'était Néro qui provoquait toute cette agitation autour de nous ?

Dans tous les cas, j'avais horreur de cette situation. Je n'aimais pas être au centre de l'attention et sentir tous ces regards posés sur nous me mettait vraiment mal à l'aise. Heureusement, après plusieurs changements de direction, nous arrivions enfin devant... une maison en ruine. Les murs menaçaient de s'écrouler sous le moindre coup de vent. Le toit était inexistant et la moitié des fondations en bois étaient brisées.

Lorsque je remarquais que Néro pénétrait à l'intérieur, je manquais de me laisser tomber au sol sous le poids de la déception. Il n'y avait ici, ni lit ni repas copieux. A contrecœur, j'enjambais les débris pour le rejoindre entre les restes de murs. Une table prônait au milieu de la pièce, accompagnée de deux tabourets, étonnement en bon état. Je soupirais en voyant l'homme au ruban déposer mon frère sur une table aussi sale. Il m'indiquait ensuite un tabouret pour que je puisse m’asseoir et m'ordonna de fermer les yeux. Je haussais un sourcil, ne comprenant pas le but de sa requête.

- Pardon ?
- Si tu ne fais pas ce que je te dis, je ne pourrais rien faire pour ton frère..


Deuxième soupir. J'étais trop fatiguée pour chercher à comprendre. Puis... j'étais enfin assise non ? Je fermais mes yeux, attendant patiemment qu'il m'autorise à les ouvrir de nouveau. Un claquement se fit entendre et mes paupières se relevèrent.

Nous nous étions téléporté. C'était la seule explication plausible à ce que j'avais sous les yeux. Tout était complètement différent. Le sol était propre, plus rien ne jonchait dessus. La table où reposait mon frère était devenu un lit qui avait l'air vraiment très confortable. Nous avions un toit sur la tête et des murs épais qui nous coupaient de la rue.  Un doux crépitement attira mon regard vers une cheminée. Je regardais pendant plusieurs secondes le feu avec fascination. Mais le plus important pour moi, était la chaise sur laquelle j'étais maintenant assise. Mon pauvre tabouret était devenu bien plus confortable et j'en étais plus que ravie.

Mon attention se reporta alors sur ce mystérieux magicien. Néro me regardait, toujours avec son sourire en coin. Son fauteuil avait lui aussi changé et il s'appuyait avec nonchalance dessus.

- Je t'écoute. Pose-moi tes questions. Je te répondrais en toute sincérité.

Mes yeux s'ouvrirent en grands. J'allais enfin avoir des réponses. Malheureusement, avant même que je ne puisse sortir un son de ma bouche, il enchaîna en posant ses conditions. Je plissais les yeux, méfiante. Pourquoi désirait-il me garder ? Son sourire était effrayant mais je ne voulais pas me laisser impressionner. C'était la première fois depuis longtemps qu'on allait me répondre sincèrement. Je ne pouvais pas laisser passer une telle opportunité. Je regardais mon frère qui dormait paisiblement dans le lit. Néro était son ami. Je pouvais lui faire confiance.

Je pris une longue inspiration. Je ne devais pas perdre plus de temps. Je me concentrais quelques secondes pour faire une brève mise au point de ce qui était important. Je plongeais un regard sérieux dans ses iris joueurs et je me lançais avec une voix posée. Il avait ses conditions, j'avais les miennes.

- Je resterais avec vous. Mais vous devez répondre à toutes mes questions. Je vais vous en poser quelques-unes. Vous répondrez après à toute. Sauf si évidemment, mon frère se réveille. J'aimerais donc que vous suiviez l'ordre.

Je serrais les dents quelques instants, ne le quittant pas des yeux. Je n'attendais pas qu'il acquiesce ou me réponde. Je réfléchissais.

- Je vais passer les questions qui vous concernent après. Si je reste avec vous, j'aurais tout mon temps pour les poser après. Ce qui m'intéresse c'est mon frère. Est-ce que vous êtes au courant de ce qu'il veut faire avec les cristaux ? Pourquoi est-ce qu'il les cherche ? Il me cache quelque chose qu'il refuse de me dire. Je suis presque certaine que vous savez. J'ai besoin que vous répondiez à ces questions en particulier. Je ne supporte plus qu'il me mente, pourtant il n'a vraiment pas l'air de vouloir m'en dire plus.

Les cristaux. Tant de mystère autour de ces pierres.

- J'aimerais que vous me parliez de ce que vous savez des cristaux. Ou du moins, ce que vous supposez à leur sujet. Comme vous avez l'air de bien supposer.

Je faisais une référence à sa réponse de tout à l'heure. Si j'avais le droit à ce genre de réponse maintenant, je n'étais pas prête d'être satisfaite.

- Nous avons rencontré une chimère plus tôt dans la journée. Je ne sais pas si vous le savez déjà ou pas. Mais Dante a dit que vous pourriez nous aider. On en parlera quand il sera réveillé.

Comme pour appuyer mes propos. Dante remuait légèrement. Il n'était pas encore réveillé, mais le temps était compté.

- Je ne sais pas qui vous êtes. Ni comment vous nous avez sauvé de ces deux monstres. Quel est votre pouvoir ? Comment est-ce que vous avez fait pour changer cette maison ? D'où vous vient cette force ? Pourquoi voulez-vous que je reste avec vous ? Vous n'avez pas besoin de moi ! Je ne sais rien faire !

Je baissais les yeux. Un dernier soupire et je terminais là pour le moment.

- Répondez-moi s'il vous plaît. Parlez-moi de mon frère.

J'étais suppliante et mon cœur était lourd. J'avais peur de ses réponses.


Dernière édition par Yumi le Ven 26 Juin - 23:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Ven 26 Juin - 19:32

Dante
Néro écouta toutes les questions de Yumi sans bouger d'un pouce, sans même cligner des yeux. Son sourire était figé. Seuls ses yeux brillaient d'une lueur qui indiquait qu'il était plus qu'attentif. Il ouvrit la bouche lorsque le dernier mot de la jeune femme fut prononcé.

- Conformément à ta demande, je vais répondre à tes questions dans l'ordre.


Le magicien prit une longue inspiration, comme pour se préparer à enchainer les réponses les unes après les autres. Il reprit la parole en s'énonçant d'une voix claire, limpide, sans aucune hésitation et sans se presser.

- Je suis au courant de ce que ton frère compte faire avec les cristaux. Je ne l'ai appris que lorsque je vous ai vu dans les plaines. Ton frère les cherche parce qu'il va mourir.


Une bûche tomba du sommet de la pile dans la cheminée pour s'écraser plus bas. Le silence était bien plus que pesant. Seuls le feu et Dante faisaient un peu de bruit. L'un crépitait, l'autre respirait faiblement. Yumi ne réagissait pas et Néro continuait de s'exprimer sans lui laisser le temps de répliquer.

- Les cristaux sont probablement les créations de deux divinités. J'ai pu m'adresser à une chimère comme vous l'avez fait dans l'Océan. Je n'ai pas pu avoir toutes les informations que je désirais, malheureusement. J'ai échoué à son épreuve et je suis revenu à Timber. Il en existe 8, un pour chaque élément, en ajoutant les ténèbres et la lumière. Il existe tout autant de chimères. Elles se déplacent constamment et ne semblent pas suivre d'itinéraire particulier. Elles se rendent uniquement là où elles se plaisent. L'orbe que vous possédez donne accès à une énigme, qui vous guidera au cristal du même élément que l'orbe.

Néro marqua une pause, tout en buvant un peu du nectar dans son verre, qui venait d'apparaître dans sa main droite.

- Concernant tes dernières questions. Néro, Lloyd, Luke, Sir Gabriel. Je porte beaucoup de noms sans être une personne à part entière. Les deux monstres qui vous ont attaqué sont morts écrasés par des rochers.
Afin de t'éviter une question inutile, sache que ce n'est pas parce que tu ne les as pas vus qu'ils nétaient pas là. Cette maison n'est que la forme passée des ruines que tu as pu voir quand nous sommes arrivés. Je peux lui rendre cette apparence temporairement grâce à la magie. D'ailleurs, c'est pour cela que je veux que tu restes avec moi. Je vais t'apprendre à t'en servir dans les moindres détails.


Néro vida d'une traite le contenu de son verre, puis se leva en souriant.

- Ah oui, une dernière chose. Une fois que ton frère sera réveillé, tu n'auras ni le droit de lui parler de cette conversation, ni de lui faire avouer quoi que ce soit en utilisant ce que je t'ai raconté. Si tu ne respectes pas cet accord, j'effacerai ta mémoire et je te renverrai à Bevelle. Tu oublieras tes retrouvailles avec ton frère à Luca, ta fugue, et même la simple idée de partir de chez toi.
Cette fois, ce n'est pas une condition, c'est un pacte que tu as signé en acceptant de rester avec moi. A toi de réussir à avoir des réponses sans utiliser ce que tu sais à présent. Il existe 1001 détours pour obtenir ce que l'on souhaite, à toi d'en trouver un qui conviendra.


Néro s'approcha de Yumi, allant jusqu'à être quasiment collée à elle. Il la sonda avec ses yeux remplis de malice avant d'approcher sa main de son visage, comme s'il comptait lui toucher la joue. Tout se déroula en une fraction de seconde. Au lieu de la toucher, il claqua des doigts et Dante sursauta en hurlant:

- YUMI !


Néro ne se retourna même pas en entendant le blessé se réveiller en sursaut. Il préféra prendre un air coupable, montrant clairement qu'il était le responsable du réveil brutal de Dante.

- Oups...
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Ven 26 Juin - 22:56

YumiIl était calme. Posé. Aucune de mes questions ne semblait le faire sourciller. Cela faisait plusieurs minutes qu'il n'avait pas bougé, pas dit un mot. Il était impossible de deviner ce qui se passait dans sa tête. Le seul élément auquel on pouvait se raccrocher était ses yeux. Ils brillaient d'une malice qui laissait entendre qu'il était attentif à chacune de mes phrases.

Comme il me l'avait promis, il prit la parole pour répondre à mes questions. J'observais chaque détail de son comportement, de la position de ses mains, jusqu'à l'inspiration, un peu trop longue à mon goût, qu'il avait pris avant de parler.

Mon sang se glaça. Je me figeais et j'avais l'impression que mon cœur venait de rater un battement. Au même instant, brisant le silence de mort qui venait de s'installer, une bûche glissa dans la cheminée. Comment cet homme pouvait affirmer avec une telle facilité que mon frère allait mourir. Ce n'était pas possible. Je refusais de le croire. J'avais envie de lui hurler dessus qu'il me mentait. Pourtant, aucun son ne voulait traverser mes lèvres. Une partie de moi, savait que Néro ne me mentait pas. J'entendais mon frère respirer difficilement mais j'étais incapable de regarder dans sa direction. Que s'était-il passé ?

Je savais que ce n'était pas à mon tour de parler. J'avais demandé à ce qu'il réponde à la totalité de mes questions et c'était ce qu'il était en train de faire. Changeant complètement de sujet en passant à ma deuxième question, il m'expliquait ce qu'il savait sur les cristaux ainsi que les chimères. J'avais du mal à l'écouter. Je ne le regardais même plus. Mes yeux étaient perdu dans le vague, à la recherche d'une quelconque issue. Cette maison était un enfer. L'annonce de Néro ne pouvait pas me laisser indifférente comme ce dernier semblait être.

Il parlait de deux divinités, pourtant, j'avais toujours appris qu'il n'en existait qu'une seule. Ces dernières seraient à l'origine des cristaux et d'après Léviathan, du rassemblement des mondes. Je tentais de me concentrer. Néro était en train de me donner des informations cruciales pour la recherche des cristaux. Si notre étrange sauveur avait raison, il était impératif que nous les trouvions pour sauver Dante. Je reportais alors mon attention sur lui avec difficulté. Si mon cœur avait pu me paraître lourd quelques instants plus tôt, j'avais maintenant l'impression que quelqu'un était en train d'y enfoncer lentement un couteau et de s'amuser avec.

Je buvais ses paroles, essayant de retenir tout ce qu'il m'expliquait. Comment cet homme si puissant avait-il pu échouer à l'une des épreuves ? Certaines devaient être particulièrement difficiles, si je prenais en compte son échec.

L'orbe. La mienne se trouvait dans mon sac, j'avais envie de la sortir pour la lui montrer, mais un verre apparût soudainement dans la main droite de mon interlocuteur. Je fronçais les sourcils. Encore de la magie. Je n'y connaissais vraiment rien et je trouvais ça particulièrement fascinant. Malgré la gravité de la situation, un frisson remontait le long de ma colonne vertébrale en l'observant s'abreuver d'un liquide inconnu.

Néro en profita donc pour enchaîner sur les questions qui le concernaient. En plus d'être mystérieux, il n'avait pas d'identité propre. C'était plutôt perturbant. Il m'expliqua pour les monstres, puis pour la maison. Quelle était la limite de son pouvoir ? C'est à ce moment-là qu'il choisit de faire le lien avec moi. Il voulait m'apprendre la magie. Je me sentais désolée pour lui, je n'avais rien d'une magicienne et j'avais du mal à croire que c'était quelque chose qu'il suffisait d'apprendre. Il fallait des prédispositions, faire ça depuis au moins notre plus jeune âge peut-être. J'avais envie de m'excuser en lui indiquant que je ne pratiquais pas la magie, mais une fois de plus, il ne me laissait pas le temps d'ouvrir la bouche.

Il terminait son verre cul sec avant de se relever. L'atmosphère de la pièce semblait changer. Son regard était plus pénétrant, plus perçant. Je sentais que ce qui allait suivre, n'allait pas me plaire. Néro était clairement en train de me menacer et il avait de quoi me faire peur.
Pourtant, je n'y prêtais pas réellement attention. Je n'avais pas l'intention de parler à Dante de cette conversation, du moins, pas en ce qui concernait son cas. Peut-être lui aurais-je parlé des cristaux, mais je n'étais plus certaine d'en avoir le droit. Mon frère devrait lui-même poser ses questions. Ou du moins, je reposerais les miennes au moment opportun.

Si Néro disait la vérité, je préférais attendre que mon frère soit prêt à me l'annoncer plutôt que de lui tomber dessus en lui reprochant de nouvelles choses. C'était la personne la plus importante à mes yeux. L'idée de le perdre était insupportable. Je sentais la tristesse et la panique ronger doucement mon cœur. Mes yeux étaient brillants de larmes mais il m'était impossible de les laisser couler librement ici. L'ami de mon frère s'approcha alors de mon visage. Il était tellement proche, que je pouvais sentir le souffle de sa respiration contre mon visage. Son regard était noir et intimidant. Leur éternelle lueur malicieuse était de plus en plus présente et je me sentais comme nue face à cet homme. Je sentais sa main se relever pour s'approcher de ma tête. J'étais figée de terreur craignant qu'il ne me caresse la joue. Je baissais les yeux et détournais le visage. A ce moment-là il claqua des doigts et mon frère hurla mon nom.

Je sursautais de surprise en reportant directement mon attention vers Néro. Ce dernier abordait un air faussement coupable. Je le foudroyais du regard en me relevant à mon tour. Il reculait, sans même se tourner vers Dante qui était toujours blessé.

- Vous ne devriez pas vous occuper de votre ami ?

Ma voix était pleine de reproches. J'avais du mal à supporter le calme dont il faisait preuve par rapport à mon frère. Sans un mot de plus, je me dirigeais vers Dante. Il était pâle et de la transpiration perlait sur son front. Calmement, je m'asseyais sur le rebord du lit pour qu'il puisse me voir.

- Je suis là. Je vais bien ne t'inquiète pas.

Son réveil brutal l'avait certainement mis en panique car sa respiration semblait être saccadée. Je passais une main sur sa joue délicatement pour essuyer son visage. Mon cœur se serrait au fur et à mesure que je l'observais. Je lui souriais doucement avant de prendre un air moqueur. Ce n'était pas le moment de lui faire part de mon inquiétude.

- Mais dis-moi, il ne serait pas un peu rouillé le grand requin de Bevelle ?

Je le taquinais un peu avant de me relever en lui indiquant que je revenais. J'avais remarqué que les draps s'étaient imbibés de sang. Il fallait au moins panser la plaie de mon frère. Je me tournais de nouveau vers Néro.

- La salle de bain ?

Il m'indiqua d'un geste du menton une porte derrière lui. Pour le moment, je n'avais pas envie d'être aimable avec lui. Je pressais donc le pas pour arriver dans la pièce. Je fouillais dans quelques placards dans l'espoir de trouver du bandage, mais rien. Simplement quelques serviettes. J'en prenais donc plusieurs, dont une plongée dans de l'eau froide.

Néro était à côté de mon frère, je ne savais pas ce qu'il avait fait, mais ce dernier avait meilleure mine. Je ne m'étonnais plus de rien maintenant. Je passais devant son ami pour reprendre ma place initiale. Je posais les serviettes sèches sur le lit et prenais soin de rafraîchir le visage de mon frère avec la dernière. Un soupir de soulagement traversa mes lèvres.

- Tu m'as fait peur tu sais. Heureusement que Néro était là. Il nous a sauvés.

De nouveau je lui souriais. Combien de temps lui restait-il ? Il avait l'air en pleine forme quand on s'était retrouvé à Luca. Je serrais les dents pour ne pas lui paraître étrange. Pour lui, je ne savais rien. Une fois de plus, la fatigue me retombait d'un coup dessus. Je ne pouvais plus m'empêcher de bailler et mon ventre menaçait de gronder une fois de plus. Pourtant, je ne pouvais pas faiblir devant Néro et mon frère.

- Est-ce que tu vas mieux ?
Néro, vous auriez de quoi manger s'il vous plaît ?
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Lun 29 Juin - 19:53

Dante
Le réveil est plutôt rude. Un léger électrochoc parcoure le long de ma colonne vertébrale et me tire du sommeil sans prévenir. Le nom de ma soeur est le premier qui me vient à l'esprit lorsque je me redresse brutalement. Elle se trouve juste à côté de moi, avec Néro qui est de dos. Je le reconnais facilement à sa coiffure singulière et à son style vestimentaire rudimentaire.

- Yumi... je suis si heureux que tu sois là.


Je caresse brièvement ses cheveux avant de me rallonger pour me calmer un peu.

- Rouillé ? Moi ? Tu rêves ! Si Néro n'était pas intervenu, je n'aurais fait qu'une bouchée de ces deux bestiole !

Ou plutôt, elles n'auraient fait qu'une bouchée de nous deux. Yumi se rend ensuite dans ce qui semble être la salle de bain de l'immense demeure de Néro. Il me l'avait déjà montré une fois, et la surprise avait été de taille. Transformer des ruines en une maison aussi pittoresque, c'est vraiment digne de lui. Il profite de l'absence de Yumi pour venir à mon chevet et prendre sa place.

- Fais-moi voir ta blessure, crétin.


Sans répliquer, je lui montre la plaie au niveau de mon épaule. Celle-ci est bien profonde et promet de longs mois de rééducation avant que je ne puisse l'utiliser correctement.

- Pas celle-là. Approche.

Je parviens tant bien que mal à me mettre assis au bord du lit. Néro colle sa main gauche contre ma blessure et appuie avec force, ce qui m’arrache un rictus de douleur. Je me retiens de gémir, de peur d'affoler ma sœur.
Il retire sa main, à présent pleine de sang. Il l'essuie avec un linge qu'il sort d'une de ses poches avant de m'observer avec attention. Je ressens d'abord un léger picotement là où se trouve ma blessure. A peine ai-je le temps de regarder ce qu'il est en train de se passer que la douleur ainsi que la plaie ont complètement disparu.

- Tu fais des miracles, comme toujours ! Merci pour tout.


Néro ne me répond pas et continue de me fixer, avec un air visiblement agacée. Yumi revient dans la pièce et je préfère me rallonger, pour éviter qu'elle ne me fasse la leçon. Même si ma blessure vient tout juste de disparaître, elle ne voudra sans doute pas que je me surmène avant un bon moment. Elle est déjà aux petits soins avec moi, en me passant une serviette légèrement humide sur le front pour me rafraichir.

- Désolé de t'avoir inquiété... Mais je t'assure que j'aurais pu m'en sortir tout seul !

Le ventre de ma sœur se met soudainement à gronder. C'est vrai que cela fait bien longtemps qu'on a rien mangé...

- Là-bas, près de la cheminée. Je n'ai pas vraiment eu le temps de trouver mieux.

Néro indique du regard l'emplacement d'un soi-disant repas... et il n'a pas tort. Deux plateaux contenant une pièce de viande ainsi que quelques légumes cuisinés nous attendent.

- A table !


Le bandage sur mon ancienne blessure ne tient déjà quasiment plus. Il tombe rapidement et montre très nettement que la piqûre du crustacé n'est plus qu'un lointain souvenir.

- Comme tu peux le voir, je me porte comme un charme ! Mais si je ne mange pas, je vais mourir de faim !

Yumi nous rapporte les deux plateaux et nous dévorons notre repas, comme deux affamés.
Néro sort de sa méditation et nous regarde en souriant.

- Bon. Je vois que vous êtes de nouveau en forme, je m'en réjouis. Il est maintenant l'heure de faire les comptes ! Le sauvetage ça fait 10 500 Gils, que j'arrondis à 10 000 pour toi, mon cher Dante. Tu me connais, je suis bon commerçant ! Pour le logement, on va chercher dans les 500 Gils par personne, le repas 200 Gils, la guérison complète par contre, on va chercher dans les 20 000 Gils. Ce qui nous fait un total de... 31 400 Gils !

Le connaissant, il est peu probable que ce soit une farce. Dans tous les cas, il vaut mieux abandonner tout espoir de lui échapper. A Luca, je lui payais tout ce qu'il consommait sans sourciller. Mais présentement, je suis tout à fait incapable de sortir une somme pareille... et il le sait.

- Tu sais pertinemment que nous n'avons pas cette somme sur nous ! Alors n'espère pas trop de deux voyageurs fauchés !

Néro feint l'agacement mais reprend rapidement son sourire habituel.

- Dans ce cas... Il va falloir me payer autrement. Laissez-moi réfléchir...

Néro aime beaucoup jouer avec les nerfs des gens, en particulier lorsqu'il les met dos au mur. Je ne me laisse pas pour autant berner. Que va-t-il nous demander ?

- Je suis pas mal occupé ces temps-ci. Je n'ai pas vraiment le loisir de pouvoir m'occuper de cette grande maison seul... Je vais avoir besoin de l'aide de l'un de vous deux ! En l'occurrence, j'opte pour Yumi. Elle a l'air débrouillarde et bien plus responsable que toi, malgré votre différence d'âge. Et puis il me semble que tu as des choses à régler à la GGU, je me trompe? En tout cas, nous parlerons des cristaux lorsque votre dette sera réglée !

Encore une fois, Néro contrôle totalement la situation. Mais le fait qu'il veuille garder Yumi n'a rien d'anodin. Si j'ai pu détecter son don latent, cela ne fait aucun doute qu'il l'a repéré dès qu'il l'a aperçu.
D'ailleurs, s'il y'a bien une chose que j'ai apprise sur lui, c'est qu'il a besoin de voir son interlocuteur pour connaître tout de lui. Ma maladie, mes objectifs, le fait que je doive me rendre à la GGU, rien de tout cela ne lui est inconnu désormais. Ma mémoire est un livre ouvert lorsqu'il se trouve à proximité.

- Personnellement, je n'y vois aucun inconvénient ! C'est vrai que ça m'embêtait un peu de devoir trainer Yumi à la GGU, surtout pour ce que je compte y faire. Du coup, ça m’arrange que tu t'en occupes pendant que je vais là-bas ! Et si ça paye notre dette, je pense que l'on peut dire que c'est marché conclu, qu'en penses-tu sœurette ?


Après tout, elle a aussi son mot à dire. Je ne vais pas décider pour elle et la forcer, même si dans le cas où elle refuserait, je devrais trouver un stratagème pour l'empêcher de venir avec moi à la GGU.
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Mer 1 Juil - 0:34

YumiMalgré moi, mon estomac cria famine sans prévenir. Je soupirais d'agacement. Il ne pouvait pas me laisser tranquille un moment celui-là ? Je regardais alors Néro en attendant sa réponse. Je m'attendais à ce qu'il nous fasse de nouveau un de ses tour de magie, mais le voilà qui nous indiquait un pauvre repas proche de la cheminée. Je tournais mon visage dépité vers Néro. Il était en train de se foutre de moi là ? Il avait reconstruit une maison qui tenait à peine debout en une fraction de seconde, rempli un verre de je ne sais quoi, mais il était incapable de faire apparaître un repas copieux.

Je me relevais avec lassitude. Cet homme allait m'agacer bien plus rapidement que je ne le pensais. Mon frère semblait enthousiaste à l'idée de manger et je préférais finalement penser comme lui. C'était certes un petit repas, mais le plus gros que j'avais eu depuis trois jours. Je m'approchais alors de la cheminée pour récupérer les deux plateaux.

Surprise, je m'arrêtais un instant. Quelque chose de plutôt étrange venait de me frapper. Il faisait frais dans la pièce, la température était très agréable. Dans les plaines, j'avais eu chaud. Pourtant, depuis que nous étions arrivés, un feu de bois crépitait avec ardeur. Je me plaçais devant l'encadrement de la cheminée. Je plissais les yeux en essayant de comprendre cette anomalie de la nature. Doucement, j'approchais ma main d'une flamme. Aucun signe de chaleur ou de brûlure ne me parvenait. Je me tournais vers Néro puis vers mon frère. Un deuxième soupir traversa mes lèvres et j'attrapais les deux plateaux pour rejoindre Dante. Cette maison était un mystère, pourquoi pas le feu ?

Son bandage était tombé, laissant apparaître son épaule.. anciennement blessée. Une fine cicatrice était encore là pour témoigner de l'attaque, le reste, avait complètement disparu. Je préférais ne pas faire de commentaire. Néro devait être à l'origine de ce deuxième prodige. Il avait beau être agaçant, cet homme était extraordinaire. J'étais bien heureuse que mon frère soit ami avec ce genre de personne. Je tendais un repas à mon frère, et je m'installais de nouveau à côté de lui sur le rebord du lit.

- Bon appétit !

J'avais à peine fini de parler que je prenais déjà une bouchée de légumes. Je n'étais pas une fervente consommatrice de ce genre de chose, mais en ce moment même, c'était la chose la plus délicieuse que je n'avais jamais mangée. Bien trop rapidement à mon goût, mon assiette se vidait pour qu'il ne reste finalement plus rien.

- Si je n'avais pas mangé maintenant je serais morte. Trop peu de repas dernièrement.

L'étrange sourire qu'abordait Néro m'inquiétait. Il avait beau être mystérieux, j'avais rapidement compris que son sourire n'était pas un bon signe pour nous.

- Bon. Je vois que vous êtes de nouveau en forme, je m'en réjouis. Il est maintenant l'heure de faire les comptes.

Je fronçais les sourcils. Cet homme à l'étrange coiffure était-il sérieux ?

- Ce qui nous fait un total de 31 400 Gils !

Si je n'avais pas été assise, je serais tombée sous le poids du choc ou de la colère. En plus d'être désagréable, voilà qu'il devenait égoïste. Je serrais les dents pour contenir mon énervement. La fatigue pesait sur ma patience, mais je ne devais pas céder si facilement, j'étais persuadée qu'il n'attendait que ça. Il était préférable que Dante réponde à ma place. Je reprenais son plateau qui était tout aussi vide que le mien et je me relevais pour les ramener dans ce qui faisait office de cuisine.

Ce que Néro répondait ne m'étonnait même pas. Je trouvais d'ailleurs plutôt astucieux de sa part d'imposer à mon frère de cette manière-là, le fait que je devais rester chez lui. Cet homme était vraiment très intelligent, je ne pouvais pas le nier. Je n'arrivais pas à comprendre comment il arrivait à tout savoir, je n'étais même pas au courant que mon frère voulait aller à la GGU. L'université où j'étais inscrite. Il était d'ailleurs préférable que je n'accompagne pas mon frère dans ces conditions. Pourtant, j'étais persuadée que mon frère n'allait pas accepter que je reste seule avec cet homme. Nous venions à peine de nous retrouver. C'était impossible qu'il décide de partir seul de son côté.

J'étais estomaquée, choquée, blessée. Dante venait clairement de dire que « ça l'embêtait de trainer » sa sœur avec lui. Je pouvais maintenant comprendre pourquoi il me faisait tant de secret, mais de là à dire ça de cette manière-là... Je me tournais vers lui avec un regard tueur. On pouvait presque avoir l'impression qu'une étrange aura noire recouvrait entièrement mon corps. Il était prêt à me laisser payer SA dette à sa place. Je n'en revenais pas. Pourtant, je savais que je n'avais pas le choix, j'avais fait un pacte avec Néro il était hors de question que je brise une promesse.

Je m'approchais lentement de mon frère pour lui répondre. Je le fusillais toujours du regard mais je restais calme. Je plissais mes yeux avant de me pencher pour poser mon index sur son torse.

- Ne pense pas une seule seconde que c'est parce que monsieur a décidé que traîner sa sœur était un fardeau que je vais rester ici. J'ai mes propres raisons pour ne pas t'accompagner à la GGU. Moi aussi j'ai mes secrets.

Je le regardais avec autorité et colère. Ma voix était calme, mais tout mon corps semblait vouloir montrer le contraire.

- Tu as intérêt à faire attention à toi. Tu as beau dire le contraire, je crois bien que tu es rouillé mon vieux frère. Ne fais pas de folies parce que je ne suis pas là.

Je me demandais bien ce que mon frère allait faire dans cette université. J'avais envie de lui poser la question, mais je savais qu'il ne me répondrait pas. Je savais quel était son problème, mais son voyage jusqu'à la GGU était très énigmatique. J’espérais qu'il trouverait une solution. De nouveau, mon cœur se serrait. Je fus obligée de baisser les yeux tant la douleur me faisait souffrir soudainement. Pour ne pas que Dante ne le remarque, je tournais les talons pour aller vers Néro. Une fois assez proche de lui, je plongeais un regard certain dans ses yeux joueurs.

- Je commence à comprendre comment vous fonctionnez. J'espère que quelques informations sur les cristaux n'auront pas un prix trop élevé. Je pense que vous devriez apprendre ce que le mot service veut dire. Vous savez, quand on aide un ami sans rien attendre en retour. Ça pourrait vous être utile un jour en cas de besoin.

Je ne pesais pas mes mots avec cet homme, mais ma rage envers lui ne faisait qu'accroître. Pourtant, du haut de mes 18 ans, je me voyais mal me battre avec lui. Il était important que je fasse attention à ne pas dépasser les bornes. Je doutais que Dante puisse me défendre si Néro décidait de m'éliminer car j'étais trop agaçante ou irrespectueuse.

- Bien, en quoi va consister mon travail ? Nettoyer la maison ? La ranger ? M'occuper de papiers... ou encore vous faire de vrais repas ?

Je soupirais déjà. J'allais jouer la boniche de service pour ce gars horripilant. Si j'avais su que je passerais par cette case-là dans mon aventure, j'aurais certainement réfléchi à deux fois avant de quitter la maison. En tout cas, m'énerver sur cet homme était un incroyablement bon moyen de ne pas céder à la panique ou la tristesse par rapport à mon frère. Je me tournais alors vers ce dernier, un léger sourire nostalgique sur les lèvres.

- Alors tu me laisses encore ? Tu comptes partir quand ?

Pour être sincère, j'étais lasse de le voir disparaître tout le temps. Je n'avais plus la force de cacher ma tristesse de le voir s'éloigner de moi une fois de plus. La révélation de Néro ne faisait qu'augmenter ma peur de le perdre et je me sentais vraiment inutile.

- Même si ta blessure semble guérie par je ne sais quel miracle... J'aimerais que tu te reposes encore un peu. Ce serait bête d'aggraver la situation à cause de la fatigue.

En parlant de ça, je sentais mes jambes trembler doucement. J'avais chaud, puis soudainement très froid. Ma vision se troublait et la pièce commençait à sérieusement tanguer. Avec un peu trop de précipitation pour paraître naturelle, je m’asseyais sur la chaise la plus proche de moi. Je passais une main rapidement sur mon visage pour ne pas me laisser emporter par cette soudaine fatigue violente. Mon visage se tournait vers Néro, cette fois, je lui parlais d'une voix presque faible et sans aucune agression.

- Vous avez une chambre en plus ou je dois dormir sur cette chaise ?

Si le lit de mon frère se trouvait dans la salle de vie, je doutais que cette maison, bien que grande, ait d'autres chambres.
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Mer 8 Juil - 14:23

Dante
Je me suis sans doute mal exprimé. A en juger par le regard de ma sœur, elle semble persuadée que je la considère comme un poids alors qu'au contraire, j'adorerai qu'elle soit là pour m'accompagner et me changer les idées. Être avec elle m'empêche de trop me focaliser sur ma "maladie" et il m'est plus facile d'échapper à mes pensées noires.

Je suis sans doute condamné... même si pour le moment je ne sens pas la vie m'échapper. C'est une lueur d'espoir qui brille au loin tandis que j'en approche en ralentissant de plus en plus, jusqu'à ce que j'échoue et que je m'effondre. Mais je ne compte pas me laisser abattre, la mort sera sans doute le plus impitoyable de mes adversaires, mais ce n'est pas pour autant que je compte m'abandonner à elle.

Yumi prend un ton autoritaire et me conseille vivement de me ménager, ce que je vais faire bien volontiers. Elle s'adresse ensuite à Néro d'une voix accusatrice et froide.

- Yumi ! Laisse-le un peu tranquille ! Il ne fait que réclamer ce qui lui est dû. N'oublie jamais qu'il nous a sauvé la vie. Peu importe ce qu'il demande en retour, nous ne pourrons jamais être quittes !

- Laisse donc la faire, Dante. Oui Yumi, tu vas devoir effectuer toutes ces tâches chaque jour jusqu'à ce que ton frère revienne. Et j'espère ne pas avoir à me plaindre de toi. Il se peut que tu apprennes deux-trois petites choses en ma compagnie, alors je te conseille de t'appliquer.

Cet homme voit vraiment le monde d'une toute autre façon que nous, c'est incroyable. Pourtant, il semble avoir une vie si simple et dépourvue de toute contrariété.
Yumi a un regard triste et un sourire un peu forcé, ce qui ne manque pas de me faire terriblement mal au coeur. Elle ne fait que souffrir depuis qu'elle m'a retrouvé... J'espère que cela s'arrêtera un jour.
Pour la rassurer je lui rend un large sourire, tout en caressant sa joue avec le dos de la main.

- Ça va aller petite sœur. Je dois malheureusement partir le plus tôt possible, à savoir demain... Je te promets que je ferai attention à moi et que je reviendrai le plus vite possible !

Yumi commence soudainement à vaciller, avant qu'elle ne s'effondre sur la chaise, à bout de force. Ce voyage a vraiment dû l'épuiser... j'aurais dû la ménager et lui laisser le temps de se remettre.

- Une chambre pour la demoiselle donc. Je ne vous facture pas la nuit, je suis bon prince ! C'est par ici.

Il désigne de la tête une porte qui vient tout juste d'apparaître à notre droite. En se retournant rapidement, nous pouvons apercevoir des racines qui retournent très rapidement dans le sol, comme si elles avaient un lien avec la création de cette nouvelle pièce.
Yumi se dirige vers la chambre et l'ouvre avant de la fermer après nous avoir souhaité une bonne nuit. Nous attendons quelques minutes avant de parler, afin de lui laisser le temps de s'endormir.

- Quelle heure est-il ?

- 18h. Mais je pense qu'elle ne se réveillera pas avant demain. Cette journée a été très éprouvante pour elle. Que ça soit physiquement ou émotionnellement parlant. Tu pars à la première heure donc ?

- Oui, je veux perdre le moins de temps possible. Tu comprends aisément pourquoi.

- Je préfère te prévenir. Peu importe ce que l'on te donne là-bas, rien ne changera. Cela ne fera que retarder l'inévitable.

- Tu es très optimiste, comme toujours ! Bref, changeons de sujet. Tu l'as remarqué ?

- Effectivement, tu as vu juste. Cette famille regorge de surprises...

Néro sourit plus souvent que d'habitude aujourd'hui. Est-il si heureux que ça que Yumi ait un don, tout comme moi ?

- Vous n'avez pas le même don. Tu es brillant, très brillant. Tes performances physiques dépassent de loin celles des autres joueurs de Spira... Mais ta sœur pourrait te battre à plates coutures si la magie était autorisée sur le terrain. J'ai hâte de pouvoir analyser cela de plus près.

Je souris à mon tour, plus qu'heureux qu'il confirme ce que je soupçonnais depuis quelques temps. Ma sœur allait avoir l'occasion de rester avec le plus brillant magicien que je connaisse. Que demander de plus.

- Repose-toi maintenant. Le trajet sera long et tu risques de rester un moment là-bas. Autant être en pleine forme.


Néro semble contrarié et moins insouciant qu'il ne le parait normalement. Je tuerai pour avoir ses dons et sa capacité de tout connaître des autres uniquement en les voyant. Je voudrais pouvoir lire ses pensées.

- Oh non crois-moi tu n'aimerais pas. Ce n'est pas un don, c'est une malédiction.
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Lun 13 Juil - 22:25

YumiJe n'avais plus, ni la force, ni la foi de faire une remarque après ce que venais de dire Néro. Tout ce qui m'importait actuellement était ma propre fatigue, le reste ma paraissait réellement futile à côté. Avec mes dernières sources d'énergie, je me relevais pour observer l'ami de mon frère créer une nouvelle pièce. La totalité du sol semblait être sous ses ordres, on pouvait facilement voir d'énormes racines se retirer pour s'enfoncer plus profondément dans la terre. Je me frottais les yeux avec le révère de ma main et je me tournais vers mon frère. Toujours assis, il abordait un sourire chaleureux. D'où lui venait toute cette force alors qu'il savait que ses jours étaient comptés ?

Je m'avançais lentement vers lui pour attraper son visage dans le creux de mes mains. Avec quelques doigts, je repoussais quelques mèches rebelles qui tombaient sur son front. Son regard était si paisible. Je souriais lentement de nouveau en me forçant un peu. Je devais tenir le coup pour lui. Je laissais alors un rapide baiser sur front avant de partir en direction de la chambre sans attendre sa réaction et en regardant à peine Néro.

- Bonne nuit. Merci pour la chambre.

La pièce était vraiment spacieuse. Un grand lit se trouvait en son centre, sur la droite, il y avait une armoire avec de longs miroirs plaqués sur les portes. Je balançais mon sac sur le matelas avant de m'étaler dessus à mon tour. Tous mes muscles me faisaient souffrir, je me sentais horriblement lourde. Au bout de quelques secondes, je me relevais pour finalement chercher ce qui me faisait office de pyjama. Un long et vieux t-shirt, et pour le bas, je restais simplement en sous-vêtement. Je détachais mes cheveux et passais ma main à l'intérieur pour leur redonner leur forme initiale.

J'entendais alors la voix de mon frère, pourtant, les murs étaient trop épais pour que je puisse distinguer ce qu'il était en train de dire. Je soupirais et me glissais sous les draps. Ils étaient doux, soyeux, j'avais l'impression d'être couchée dans un nuage de coton. Cette sensation était très agréable et vraiment réconfortante. Pourtant, maintenant seule dans le noir, je sentais que les larmes roulaient le long de mes joues sans retenue. Cependant, je ne sanglotais pas, ma tristesse s'évacuait de mon corps dans un silence absolu.

Le visage souriant de Dante occupait mes pensées. Mon cœur était lourd et compressé, ça allait être vraiment compliqué de vivre avec cette douleur présente constamment. Je me tournais et me retournais, j'avais beau être épuisée, le sommeil ne semblait pas vouloir prendre le dessus sur ma panique. Des douleurs affreuses se faisaient maintenant plus intenses dans le bas de mon ventre. J'avais tellement peur de le perdre. Couverte de sueur froide, je m’asseyais dans le lit en larmes. Je cachais mon visage dans mes mains, j'avais honte de craquer si violemment alors que Dante était dans la pièce juste à côté. Il ne fallait pas qu'il m'entende. Pourtant, j'avais envie de hurler. De me défouler sur la vie. Mon frère ne méritait pas ça, il était bourré de talent et avait une vie magnifique devant lui.

Après de longues minutes, mon corps avait enfin cédé à la fatigue. A moitié dans le lit, je dormais enfin, les yeux encore humides.

~~~

Un léger filtre de lumière éclairait mon visage lorsqu'on ouvrit la porte de ma chambre doucement. J'étais toujours endormie, mais j'avais conscience de ce qu'il se passait autour de moi. Quelqu'un s'approchait silencieusement pour s'assoir sur le rebord du lit un moment. Ma respiration était calme, posée. J'étais bien dans ce monde où le rêve était maître, je n'avais pas envie de sortir de cette facilité. J'étais recroquevillée, je serrais fort contre moi un morceau de la couverture comme si c'était le seul moyen pour moi de rester en vie dans ce pays des songes. Mon visage était sec, mais avec beaucoup d'attention, on pouvait remarquer les légères traces laissées par les gouttes qui avaient perlés le long de mes joues. Il faisait tout de même très sombre encore pour en être réellement certain.

Je sentais une main familière caresser mes cheveux. Un soupire de bien-être traversa mes lèvres en réponse à cette tendresse réconfortante. Je n'avais toujours pas ouvert mes yeux, mais je savais que c'était Dante. Dans le silence de la matinée, sa voix pourtant très douce, semblait résonner comme pour me faire encore plus souffrir.

- A plus tard Yumi..

Sans un mot de plus, il quitta la chambre en refermant complètement la porte. J'étais de nouveau seule dans le noir.

On devait être en plein milieu de la matinée quand on toqua à ma porte. Je ne le connaissais que depuis hier, mais la voix de Néro et son ton acerbe étaient rapidement identifiables. Il était apparemment l'heure pour moi de me mettre au travail. Je soupirais longuement et me relevais. Dante était parti, je sentais un vide dans mon cœur.

Après un rapide brin de toilette et après avoir enfilé des vêtements propres, je sortais de ma chambre pour faire face à mon petit calvaire du moment. Ce dernier était assis dans son siège, le même que quand on était arrivé. Il m'observait sans retenue avec un air malicieux plaqué sur son visage. Je préférais l'ignorer en levant simplement les yeux au ciel.

- Bonjour, vous avez mangé ?
- Non.


Il avait répondu tellement vite qu'on aurait presque eu l'impression qu'il savait ma question avant même que je ne la pose. Je restais sans bouger un moment, surprise. Enfin, je me dirigeais vers la cuisine pour observer ce que je pouvais faire comme petit déjeuner. J'avais l'habitude de cuisiner chez moi et c'était quelque chose que j'appréciais faire. Je remarquais une étrange machine qui semblait avec des similitudes avec les machines à café de Bevelle. Je fouillais un peu partout pour comprendre son fonctionnement et de quoi faire un premier repas plutôt agréable. Quelques morceaux de pains grillés, de quoi tartiner et une tasse de café devraient faire l'affaire. Je servais le très cher ami de mon frère avant de m'installer au même emplacement qu'hier.

- Qu'est-ce que Dante a exactement ?

Néro me regardait. Ses yeux brillaient avec une flamme étrange, je n'avais jamais vu ça chez quelqu'un avant. Pourtant, il porta la tasse à ses lèvres et m'ignora royalement. Je soupirais et croquais dans un morceau de pain. C'était mal parti pour en savoir plus.

- Bon... Quel est votre don alors ?
- Je n'en ai pas. Je sais tout, c'est aussi simple que ça.


Il était sec, direct. Je savais qu'il avait répondu ça pour que je ne pose plus de question. Je me doutais que son don était bien plus complexe que ce qu'il laissait entendre. On pouvait sentir la puissance de cet homme à des kilomètres. Je baillais avant de boire à mon tour.

- Pas de questions, c'est ça ?
- C'est ça.

~~~

J'avais rangé, nettoyé, cuisiné, trié toute la journée. J'étais presque aussi épuisée qu'hier et j'en avais déjà marre. Cette maison était vraiment immense et j'avais l'impression qu'à chaque fois que je terminais une pièce, Néro prenait un malin plaisir à en rajouter une encore plus en mauvais état. Tout au long de la journée, j'avais énormément pris sur moi pour ne pas lui hurler dessus que j'abandonnais et que Dante se débrouillerait pour régler sa dette. Pourtant, je savais que l'enjeu n'était pas simplement là. Si je craquais, il me renvoyait chez moi et ça, c'était hors de question.

- Je crois que j'ai fini... Je préparerais un truc à manger d'ici une grosse demi-heure, c'est bon ?

Voilà que je fantasmais de nouveau sur un lit. Je rêvais de pouvoir m'étaler comme une masse pour ne plus bouger jusqu'à la fin de temps.

- Approche.

Je fronçais les sourcils mais m’exécutais sans question. J'avais appris que c'était inutile de poser des questions. Quand il voyait que j'avais besoin de lui et que c'était nécessaire, il sortait de nul part pour m'indiquer ce que je voulais. Autrement, il ne parlait presque pas et ne répondait jamais à mes questions. Une fois devant lui, il se relevait. Il était plus grand que moi, mais pas de beaucoup. Ses yeux noirs se glissèrent jusqu'au plus profond de mon iris. J'étais automatiquement tétanisée. Sa main droite se dirigeait dangereusement vers mon cou. Deux de ses doigts le frôlèrent avant d'agripper mon collier. C'était le seul cadeau que j'avais eu de la part de mes parents et c'était il y a bien longtemps. Au bout d'un lacet noir très fin, un anneau turquoise était orné de trois cristaux bleus glaces. Je le portais très rarement, mais depuis que j'étais parti de chez moi, il habillait mon cou, bien qu'il soit caché par mes vêtements une grande majorité du temps.

- Tu vois cette pierre ? C'est une gemme. C'est ta clé.

Même si la situation était particulièrement étrange, je l'observais fascinée. Une gemme ? J'en avais déjà entendu parler mais très très rapidement. J'attrapais mon pendentif pour le regarder avec un plus grand intérêt. Que cherchais à me dire Néro ?

- Le repas attendra. On va maintenant passer aux choses sérieuses. Suis-moi.

~~~

J'étais tranquillement en train de ranger quelques livres dans la bibliothèque. J'entendais la porte s'ouvrir, mais je ne réagissais pas, je savais pertinemment que c'était Néro qui venait d'entrer dans la pièce. Cela faisait deux semaines que je le côtoyais quotidiennement et au final, je m'étais rapidement faite à son caractère ainsi qu'à sa façon d'être. Pour vous dire, je le respectais énormément maintenant et j'appréciais sa présence atypique.

- Yumi !
- Hm ?
- Dante est aux portes de la ville.


Je me retournais sans dire un mot, sur le qui-vive. Un sourire narquois habillait mes fines lèvres rosées. Il arrivait enfin. Je passais devant Néro pour sortir de sa demeure. Je retraçais le chemin que nous avions parcouru quelques semaines avant sans la moindre difficulté. Chaque soir, je venais observer l'horizon pour réfléchir et m'échapper un peu de Néro qui semblait avoir la capacité de lire en moi.

Je pouvais le voir au loin. Je m'arrêtais à la limite de la ville. Dante avait devant lui une jeune femme bien différente de celle qu'il avait laissée. Physiquement, pour quelqu'un qui me connaîtrait peu, j'étais la même, à quelques détails près. Mon regard était perçant, confiant et une étrange lueur brillait avec gaieté. Mes cheveux vermeils, habituellement attachés avec soin, étaient un peu plus indisciplinés, me donnant un air légèrement plus.. sauvage et agressif. Dante pouvait remarquer le collier qui pendant à mon cou, ainsi que des boucles d'oreilles et d'autres accessoires que je n'avais pas l'habitude de porter. Pourtant, on pouvait avoir l'impression qu'ils étaient faits pour moi.

Mais le plus frappant était que ma présence n'était plus banale, ou insignifiante, les gens autour de moi ne me voyaient plus comme la petite Yumi perdue. J'avais une sorte d'aura provocante et déterminée. Depuis 18 ans, je savais enfin qui j'étais.

Un soleil couchant me faisait face, éclaircissant l'iris de mes yeux. Dante se trouvait devant moi et je sentais que Néro était quelques pas derrière.

- Bienvenu, Dante.
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Mar 14 Juil - 15:05

Dante
Me voici à nouveau devant les portes de Timber, après deux longues semaines de voyage. Le visage marqué par la fatigue, le moral au plus bas, rien n'aurait pu être pire pour retrouver ma sœur.
Je pourrais sans doute trouver une excuse, mais actuellement, je n'ai même plus envie de faire marcher mon cerveau.

- Monsieur Dante... vous êtes sans doute l'un des meilleurs joueurs que Spira ait connu... mais ce que je vais vous dire risque fort de ne pas vous plaire. Nous vous avons fait passé des tests d'efforts, analysé votre sang ainsi que votre moelle dans les moindres détails, vous avez également passé plusieurs scanners complets.
Nous sommes arrivés à un résultat tout à fait surprenant. Il se trouve que vous avez été empoisonné. Et ce depuis des années maintenant.


- Empoisonné ?

- Comme je vous l'ai dit, nous disposons des derniers outils d'étude dans le domaine de la recherche et nous sommes capable de déceler le plus infime des changements chez un être humain ou animal.
Nous ne connaissons pas ce qui est en train de vous tuer, ce qui fait que nous n'avons pour le moment aucun remède à vous proposer.


- Vous voulez dire que je vais mourir ? C'est certain?

Le médecin semble de plus en plus mal à l'aise à l'idée de me répondre.

- Oui, vous allez mourir. Le poison se propage lentement dans votre organisme, mais il va peu à peu vous empêcher de vous mouvoir, avant d'atteindre votre cerveau qui arrêtera de fonctionner...
Nous pourrions trouver un remède, mais c'est l'affaire de plusieurs années de recherche.


- Vous voulez dire qu'il me reste moins de plusieurs années à vivre ?

Cette fois-ci, il blêmit et détourne le regard avant de répondre doucement:

- Il ne vous reste que 2 à 3 mois, tout au plus. Je suis désolé Monsieur Dante. Nous ne pouvons rien faire.

Je me rappelle être ensuite parti directement de la GGU pour rejoindre Timber.

Tout ce temps perdu pour rien... Des jours que j'aurais préféré passer avec Yumi ont été sacrifié juste pour que l'on m'apprenne ma mort imminente.
Un empoisonnement ? Personne n'aurait pu faire cela depuis autant de temps sans que je ne m'en aperçoive... Le médecin doit forcément se tromper. Le problème vient de moi et de ma faiblesse, pas d'un élément extérieur.

Le visage de Yumi parvient tout de même à me redonner le sourire, même s'il est légèrement forcé. Je pourrais passer mes derniers instants avec elle. C'est au moins la meilleure des consolations qui soit. Je ne sais si c'est le fait de ne pas l'avoir vu pendant plusieurs semaines, mais elle semble totalement différente de celle que j'ai laissé ici.
Derrière elle, Néro arbore déjà son regard perçant et ne peut s'empêcher de grimacer en me voyant approcher. Il sait désormais ce qu'il en est.

- Salut petite sœur. Je ne t'ai pas trop manqué j'espère ?


Je ne peux m'empêcher de la serrer dans mes bras avant qu'elle me réponde, à la fois pour chercher du réconfort et pour me détendre un peu, après toutes ces heures à méditer plutôt qu'à dormir. Il est si dur de se résigner à mourir... Surtout lorsque tout semblait bien se passer pour moi. Après cette longue étreinte, Néro s'approche et pose sa main sur l'épaule de ma soeur.

- Yumi, rentre à la maison. Tu parleras avec ton frère tout à l'heure, je dois discuter avec lui d'une affaire importante. Ne discute pas.

Alors qu'elle aurait en temps normal rechigné et pesté pour rester avec moi, celle-ci s’exécute et se dirige d'un pas lent vers la maison de Néro. Elle se retourne quand même un instant pour me regarder avant de reprendre sa route.

- Dante, je sais qui t'a fait ça .

Le choc est rude et je sens mes jambes faiblir à l'idée que le médecin avait raison. Néro me soutient légèrement pour que je ne m'effondre pas.

- Joshua.


Le capitaine ? Pourquoi ? Comment ?

- Les hommes jaloux et ambitieux agissent parfois comme des enfants capricieux. Lorsqu'ils veulent quelque chose, ils n'hésitent pas à user de moyens extrêmes. Tu dois le retrouver Dante. Et vite. Tu n'as pas le temps de chercher les cristaux. Il possède peut-être un antidote. Les chances sont infimes mais bien là.

Tout se bouscule dans ma tête et je force mon cerveau à rassembler toutes ces données et à les organiser pour pouvoir avoir l'esprit au clair.

- Nous verrons cela plus tard Néro. Je veux voir ma sœur. C'est tout ce qui importe pour le moment. Rentrons nous aussi.

- Comme tu voudras...


Nous parcourons les rues dans le silence et nous arrivons rapidement chez lui. La maison s'est bien agrandie depuis la dernière fois que je l'ai vue. Yumi a dû avoir beaucoup de travail... J'espère qu'elle ne m'en veut pas trop de l'avoir laissé.

- Yumi, nous sommes rentrés ! Je vais faire quelques courses, je te laisse un peu avec ton frère.
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Dim 19 Juil - 17:00

YumiLe visage de mon frère était creusé par la fatigue. Son regard était vide, éteint, mais il me souriait. Un sourire sans éclat, qui semblait être dépourvu de toute trace de joie. Je me sentais plus forte, plus confiante grâce à Néro, mais voir Dante dans cet état-là me faisait perdre tous mes moyens. Je ne savais pas ce qu'il était allé faire à la GGU, je ne savais pas non plus ce que les gens avaient pu lui dire. Mais pour la première fois depuis que je l'avais retrouvé, le grand requin de Bevelle avait vraiment l'air d'être un homme proche de la mort. Je le regardais sans ajouter un mot de plus, cherchant à le réconforter avec un regard plein d'amour.

Son étreinte me faisait un bien fou et j’espérais qu'il en était de même pour lui. Je sentais ses bras protecteurs autour de mon dos, sa chaleur corporelle rassurante et familière, tout semblait si parfait pendant un court instant. Pourtant, j'étais prête à me laisser aller contre son torse, lui déballant que je savais depuis son départ, que ses jours étaient comptés. Je me mordais la lèvre pour ne pas éclater en sanglots. J'avais peur qu'il me laisse seule, j'avais peur qu'il disparaisse. Mes nuits étaient longues et faites de cauchemars, la fatigue était moins marquée sur mon visage car j'arrivais quand même à me reposer. Je soupçonnais même Néro de faire en sorte de m'épuiser la journée, pour que le soir, je n'ai plus la force de laisser mon esprit divaguer vers de sombres pensées.

Mon frère s'écartait finalement, et je sentais la main de son ami se poser doucement sur mon épaule.

- Yumi, rentre à la maison. Tu parleras avec ton frère tout à l'heure, je dois discuter avec lui d'une affaire importante. Ne discute pas.

Je baissais mon regard un instant. Mon cœur pesait au moins trois tonnes dans ma poitrine à l'idée de rentrer sans mon frère. Mais si au cours de ces deux semaines, j'avais appris quelque chose, c'était que la personne la plus apte à aider Dante s’avérait être Néro. Je reculais doucement avant de me retourner complètement pour prendre le chemin de la maison. J'avais eu envie de le taquiner un peu, pour le faire sourire sincèrement, de répliquer que son absence s'était à peine remarquée par exemple. Pourtant, les mots étaient restés bloqué dans le fond de ma gorge. Avant de tourner au coin d'une rue, je lançais un dernier regard à mon frère avant de disparaître dans la foule de Timber.

Etre seule dans cette immense maison n'était pas la meilleure idée pour m'éviter de réfléchir. Si Néro voulait parler à Dante sans moi, c'était que la situation s'était aggravée ou du moins, n'avait pas avancée d'un poil. Je faisais les cent pas en essayant de calmer ma panique, machinalement, je rangeais plusieurs objets pour m'occuper l'esprit. Des milliers de questions inutiles traversaient mes pensées comme par exemple : est-ce que Dante voulait du thé ? J'avais l'impression de devenir folle et que toute l'angoisse que je m'étais efforcée de tenir à l'écart était en train de me retomber dessus d'un coup. Ce n'était pas le moment de craquer, Dante avait besoin de moi.

Je me dirigeais rapidement vers le lavabo pour me passer de l'eau sur le visage. Le cliquetis de la porte se fit entendre. Dante et Néro étaient là.

- Yumi, nous sommes rentrés ! Je vais faire quelques courses, je te laisse un peu avec ton frère.
- Merci !


Je savais qu'il faisait ça pour moi. J'étais allée faire les courses hier pour que justement, nous ne manquions de rien pour le retour de Dante que Néro sentait imminent. Je regardais mon frère, il avait vraiment l'air dépité. Maintenant seuls, je m'approchais de lui pour le reprendre dans mes bras une seconde fois.

- Tu m'as horriblement manqué.

Habituellement, ma voix aurait été chevrotante, incertaine et sans confiance. Pourtant, bien que la panique parcourait la totalité de mon corps me nouant l'estomac comme jamais. J'arrivais à être douce et le timbre de ma voix était posé et sans défaillance. Je me sentais prête à affronter la vérité.

- Il reste des gâteaux d'hier, des sablés tu en veux ?

Je repartais rapidement dans la cuisine après lui avoir indiqué une chaise du regard. Je connaissais la maison comme ma poche à force de la nettoyer et je me sentais vraiment à l'aise dans cette cuisine. J'attrapais un plateau et de quoi se rafraîchir. Il faisait de plus en plus chaud dernièrement et une boisson glacée ne serait pas de refus. Je m'installais à côté de mon frère en plaçant devant lui les sablés.

- Alors ? Comment c'était ? Tu as découvert des choses intéressantes ?

Techniquement, il ne répondrait pas à cette question. S'il était toujours décidé à garder son secret, c'était une réponse qu'il ne pouvait pas me donner. Je fronçais alors les sourcils avant de me relever doucement sans lui laisser le temps de répondre.

- Dante, tu ne crois pas qu'il serait temps que tu me dises ce qu'il ne va pas ?

Je passais délicatement un doigt sur un de ses cernes violacées.

- Regarde-toi.. Qu'est-ce qu'il t'arrive.. ? Je ne sais pas quel est ton secret, ce que tu me caches. Mais tu ne peux plus porter ça tout seul.

J'étais maintenant debout devant lui. Je n'avais jamais été très épaisse, mais s'il faisait attention, il pouvait remarquer que j'étais légèrement plus musclée, la différence n'était pas immense, mais elle laissait entendre que j'avais travaillé mon corps. Ma posture était plus confiante, j'étais plus présente dans la pièce. Je paraissais plus tranquille, peut-être plus mature et moins impulsive. Pourtant, je ne savais pas comment lui montrer que je voulais lui venir en aide, partager sa souffrance, être entièrement là pour lui.

- Je t'en supplie Dante, laisse-moi t'aider.. Je suis assez forte pour supporter avec toi ce que tu gardes pour toi... Je ne veux pas que tu me laisses...

J'avais espoir que mes derniers mots le fassent réagir. Mais rien n'était certain avec lui. Je n'arrivais plus à savoir comment fonctionnaient ses pensées. Je devais me contenter de l'observer se torturer tout seul. Je me sentais spectatrice de sa mort physique et de sa mort morale sans pouvoir rien y faire et je n'arrivais plus à le supporter.
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Dim 19 Juil - 22:00

Dante
L'air las et la voix éteinte, je réponds à ma sœur qu'elle m'a aussi beaucoup manqué. Je hoche de la tête lorsqu'elle me propose à manger et je patiente un peu , le temps qu'elle revienne avec un plateau contenant quelques gâteaux ainsi qu'une boisson pour nous deux.

Je reste silencieux lorsqu'elle me demande ce que j'ai pu découvrir à la GGU. Je continue de l'être lorsqu'elle insiste pour que je lui confie mon fardeau. Ses mains sont douces sur ma peau et j'aimerais qu'elle continue de me caresser le visage pour me détendre un peu plus, le temps que je puisse récupérer de tout ce qu'il m'est arrivé.

Elle a beaucoup changé. De l'assurance, une certaine prestance, un ton plus ferme et plus posé. Une sorte de Néro au féminin quasiment, tout en conservant le caractère trempé de ma Yumi.
Ses suppliques achèvent ma résolution. De toute manière, il me reste si peu de temps...

- Yumi... tu te souviens que je t'ai promis que jamais je ne te laisserai ? Et bien... ton frère va être obligé de le faire.

J'attends qu'elle encaisse la nouvelle, même si elle semble comprendre la situation un peu trop vite pour que cela soit normal. Je continue néanmoins.

- Si je suis parti de Bevelle, si je suis venu voir Néro, si je n'ai pas voulu que tu m'accompagnes à la GGU... C'est pour la simple et bonne raison que j'avais peur. Peur de paraître faible, que ta pitié m'achève.
Si je suis dans cet état aujourd'hui, c'est parce que d'ici moins de 3 mois... je...


Des larmes se mettent à couler sur mes joues tandis que toute la pression accumulée, toutes mes angoisses, mes peurs, ma tristesse s'évacuent en même temps sans que je ne puisse les arrêter. Mes sanglots se transforment en hurlements de douleur. Une douleur insoutenable. Celle d'un homme qui sent que la mort le tient dans la paume de sa main, n'attendant que le moment propice pour lui ôter à jamais la vie.

Connaître la date de l'échéance de sa propre existence... sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Je ne pourrais jamais rassembler les cristaux en si peu de temps. Il n'existe à ce jour aucun remède. En 3 mots : Je suis perdu.

Alors que mon coeur s'ouvre à nouveau et que les mensonges laissent la place à l'implacable vérité, il a fallu que la personne qui ait à subir cela soit Yumi, celle que je ne voulais pas inquiéter, celle que je voulais à tout prix protéger et dont je souhaitais être le modèle.
Je tremble de rage, de par mon impuissance face au destin inexorable qui s'offre à moi. Je me recroqueville sur ma chaise, incapable de dire quoi que ce soit d'autre que ces quelques mots.

- Je suis désolé... je suis désolé... je suis désolé...
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Mer 22 Juil - 0:08

YumiApprendre de la bouche de Néro que Dante allait mourir était une chose. Se l'avouer, réaliser enfin par soi même ce que cela engendrerait, en était une autre. Mais entendre son frère l'annoncer, était l'épreuve la plus douloureuse que je n'avais jamais vécue. J'avais prétendu être assez forte pour supporter son malheur, pourtant, je rêvais de pouvoir m'échapper de cette folie qui allait entrer dans son intégrité dans ma vie. Je restais figée devant mon frère, incapable de faire le moindre geste, de sortir le moindre mot, tétanisée par une peur effrayante qui semblait lacérer mon cœur. Si j'avais décidé de jouer la surprise quand Dante m'annoncerait enfin ce qu'il gardait pour lui, il n'en était rien actuellement. Je ne cherchais même pas à camoufler l'absence de choc qu'il y aurait dû avoir après cet aveu.

Après un bref silence, Dante s'expliquait plus en détail. Sa voix était faible, rauque et incertaine. Chaque mot semblait lui arracher un instant de plus de sa vie. Comme si avouer enfin son secret ne faisait qu'accélérer le processus.
A l'intérieur de mon esprit, j'avais l'impression que c'était la fin, l'apocalypse totale. Des cascades de questions se bousculaient sans pour autant avoir la force de briser la barrière de mes lèvres. Tout était embrumé comme si une tempête se déchaînait entre paniques et souvenirs.

3 mois.

Un éclair déferla dans la totalité de mon corps, me sciant sur place. Je sentais mes jambes trembler et l'horrible envie de vomir était de plus en plus présente. J'étais toujours incapable de bouger, perdue dans les abîmes de la peur. J'osais à peine regarder mon frère qui commençait à sangloter. Cette vision me brisait le cœur, un instant, je fus obligée de détourner le regard en serrant les dents comme jamais pour ne pas craquer à mon tour. Fermer les yeux, était l'erreur fatale.

- YUMI !

Je venais de tomber dans une rivière. J'étais encore trop petite pour ne pas paniquer dans ce genre de situation. De plus, le courant était vraiment fort et je me sentais partir sans que la moindre résistance ne change quelque chose. Nous avions l'habitude avec mon frère de jouer autour de ce point d'eau, pourtant, ce jour-là, j'avais glissé en croyant réussir à prendre appui sur une pierre plutôt imposante.
Je tentais tant bien que mal de garder ma bouche fermée pour ne pas perdre de l'air inutilement, mais je mourrais d'envie de hurler. Néanmoins, avant que je ne cède à la panique, le visage souriant de mon frère apparaissait au-dessus de moi. Il devait avoir autour de 9 ans à cette époque-là, mais il était déjà très habile dans l'eau. Sa main s'agrippait à la mienne et sans le moindre effort, il me remontait à la surface.

- N'aie pas peur, je suis là !

J'avais tellement entendu cette phrase. Il avait toujours pris soin de moi, c'était le frère idéal. Mais il était en train de me filer entre les doigts, comme un petit poisson affolé.

Je l'entendais s'excuser à répétition entre ses pleurs. Je n'avais toujours pas fait un seul mouvement. Le moindre geste me donnait l'impression d'être une montagne à gravir et que mon cœur ne tiendrait pas le choc. Pourtant, l'état dans lequel était mon frère était tellement douloureux à supporter pour moi, que je n'osais imaginer sa propre souffrance.
Lentement, j'approchais ma main de son épaule. Lorsque mes doigts effleurèrent sa peau, les larmes se mirent à couler instantanément, comme si un électrochoc avait activé cette fonction dans mon cerveau. Je baissais les yeux, j'avais honte de ne pas être à la hauteur. J'avais envie de lui dire quelque chose de réconfortant, mais mon corps attendait l'inverse. Je voulais qu'il me répète encore et encore qu'il était là et qu'il le serait toujours. Malheureusement, c'était maintenant impossible. Il allait disparaître de ma vie.

J'agrippais plus fortement à son épaule et je le tirais contre moi. Toujours debout, son visage pouvait se loger contre mon ventre. Je sentais mon t-shirt s'humidifier et je passais mes bras autour de son corps avant de fondre en larmes à mon tour. C'était trop dur pour moi. Je ne pouvais pas imaginer un seul jour de ma vie en sachant que mon frère se serait plus là.

- Ne t'excuses pas idiot..

Ces quelques mots étaient à peine audibles. Je n'avais pas la force de parler, mais mon corps entier avait envie de hurler. Dante pouvait sentir mes sanglots et je me trouvais faible. Horriblement faible. A quoi bon avaient servi ses deux semaines si au final j'en étais au même stade qu'avant ?
Je serrais la tête de mon frère contre moi, en passant ma main dans ses cheveux doucement pour essayer de le calmer alors que moi-même je ne parvenais pas à me retenir. Je m'accrochais à lui comme si mon étreinte pouvait l'éloigner de ce funeste destin qui l'attendait.

Pendant plusieurs longues minutes, nous étions resté comme ça. Il avait placé une main sur ma taille et s'agrippait désespérément à mon haut. Je chuchotais à plusieurs reprise le mot « pourquoi » sans pour autant attendre une réellement réponse. J'essayais de m’imprégner de chaque sensation, de son corps contre le mien, de son souffle, de la douceur de ses cheveux. De sa présence.

Le monde allait me retirer toutes ses petites choses. Plus jamais je ne pourrais le taquiner, le défier au blitz, le provoquer, le serrer dans mes bras. J'avais énormément pleuré durant la semaine, pourtant, les larmes ne semblaient pas vouloir se tarir.

La porte s'ouvrait. Néro était rentré. Je n'avais pas envie de bouger, même si je savais qu'il devait bouillir intérieurement de me voir dans cet état-là alors que nous avions passé le plus clair de notre temps à essayer de me renforcer. Pourtant, je sentais une main chaude et rassurante se poser sur mon épaule. Je me mordais la lèvre pour ne pas repartir de plus belle.

Je m’écartais alors doucement de Dante. Son visage, baigné de larmes semblait être encore plus creusé par la fatigue et l'angoisse. Je ne pouvais plus laisser les choses aller de la sorte. Ma respiration commençait à se calmer mais devenait plus forte. Je sentais une colère noire s'infiltrer dans chaque parcelle de mon corps.

- Néro ! Faite quelque chose ! Je sais que vous pouvez faire quelque chose pour le sauver !! Je vous en supplie ! Il y a forcément
un moyen !


Je me tournais vers lui, j'étais déterminée. Je ne pouvais pas laisser tomber mon frère comme ça. Il était toujours venu me sauver, il était temps que la roue tourne un peu.

- Je suis désolé Yumi... je suis incapable d'accomplir un miracle pareil.

Mes yeux semblaient tourner au rouge vif, comme si un feu ardent venait d'y être allumé. Je m'accroupissais pour être au niveau du regard de mon frère. Ce dernier était vide, éteint, comme si la mort planait déjà autour de son corps.

- Dante, on va trouver une solution ! Je refuse de te laisser partir sans me battre pour te garder avec moi ! Il est hors de question que je t'abandonne dans cette situation. Je ne sais même pas pourquoi il t'arrive ce genre de chose.
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Dim 26 Juil - 18:26

Dante
- Il existe peut-être une solution. Mais je ne peux pas vous la fournir. Vous devez retourner trouver Joshua et lui demander avec quoi  il a empoisonné Dante. Si je le voyais, je n'aurais aucun mal à trouver la vérité, mais je ne peux pas bouger d'ici pour le moment.

Mes sanglots s'arrêtent peu à peu et je reprends mon souffle pour m'apaiser ne serait-ce qu'un peu. Une fois calmé, je fais face à Néro et je lui réponds d'une voix quasi éteinte:

- Tu penses réellement qu'il existe quoi que ce soit pour me guérir ?

- ... Non. Mais il existe une très faible probabilité pour que je me trompe.


Jusqu'à aujourd'hui, pas une seule fois il n'a eu tort. Me dit-il cela pour me rassurer ou est-ce sincère?

- Dante. Regarde-moi.


Conformément à sa demande, je fixe ses yeux brillants et tente d'y déceler une preuve tangible pour vérifier s'il dit la vérité.

- Je ne donne jamais de faux espoirs. Cela serait manquer de respect vis à vis de ta sœur et de toi.

- Je te crois.


La douleur ainsi que la peur de mourir laissent progressivement place à une rage incommensurable envers le responsable de ma mort prochaine.
Je t'ai fait confiance Joshua. Je me suis confié à toi. Tu as intérêt de trouver une explication... Dans le cas contraire, je ne serai pas le seul que l'on mettra dans un cercueil.

- Ne partez pas trop vite cependant. Il est plus sage pour vous de prendre la route demain. Pour le moment, je vais m'occuper de tout ici pendant que vous, vous allez réapprendre à vous connaître mutuellement. Il faudra êtres soudés jusqu'à la fin et vous entraider mutuellement. Et puis... Yumi a de quoi t'en mettre plein la vue...

Néro reprend son sourire malicieux et fait un petit clin d’œil à Yumi. Il a raison. Partir sans réfléchir serait la pire des idées. Revenir à Luca et attraper Joshua va nous demander un minimum d'organisation.

- Avant tout, buvez ça tous les deux.

Il nous tend une étrange mixture que nous buvons chacun notre tour sans rechigner. Je suis déjà empoisonné de toute façon, ça ne lui servirait pas à grand-chose d'aggraver mon état. Une fois celle-ci ingurgitée, je sens peu à peu mes forces me revenir et ma fatigue s'envoler.

- Qu'est ce que c'est ? Le goût est pas terrible.

- Secret de fabrication !  Ensuite, voilà pour vous.

De sa besace, il sort trois pierres de couleur identique. Yumi n'a pas l'air du tout surprise et se précipite même pour les prendre dans les mains de Néro.
Quant à moi, je prends la dernière que je fixe avec attention.

- Yumi, tu as déjà eu l'occasion de te servir de tes deux gemmes. Dorénavant, tu les garderas toujours avec toi. Toi Dante, il ne te reste plus qu'à perfectionner ta technique grâce à ce béryl. Pour un joueur de ta trempe, une journée devrait largement suffire. Allez faire un tour à la plage, Yumi connait déjà le chemin.

Je sens une main caresser la mienne avant de la saisir. Elle est douce et réconfortante. Ma sœur m'entraine à l'extérieur tandis que Néro referme la porte sans même la toucher. J'espère pouvoir un jour le remercier à la hauteur de l'aide qu'il nous a apporté. J'étais sur le point d'abandonner et il m'a redonné l'espoir qui me faisait défaut. Je me surprends en train de sourire tout en trottinant avec Yumi à mes côtés.

Je vais guérir. Je le dois et je le veux.
Rappel des dépenses:
 
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Sam 1 Aoû - 15:24

YumiDécidément, il semblait que cette journée était dédiée aux révélations. Après la réponse de Néro, je me relevais en essuyant mon visage encore plein de larmes. Il venait de parler de Joshua, le meilleur ami de mon frère. Mes sourcils se fronçaient au fur et à mesure que je comprenais la situation.
Cet homme était la cause de toutes les souffrances de Dante.
Son visage innocent faisait irruption dans mon esprit. Je le revoyais, m'accompagner jusqu'à l'appartement de mon frère avec son regard triste sur le visage. Avait-il conscience du monstre qu'il était à ce moment-là ?

J'avais tout de même du mal à réaliser que le capitaine de mon frère avait pu faire une chose pareille. Il avait l'air d'être un garçon si calme, posé et c'était lui qui aidait mon frère à garder les pieds sur terre. Comment faisait-il alors que lui-même n'était pas stable ?

J'écoutais de nouveau Néro. Pendant mes deux semaines de cohabitation avec lui, j'avais appris qu'il était d'une sincérité sans équivoque. Chacun de ses mots, chacune de ses phrases, étaient à prendre avec sérieux. De plus, je ne l'avais pas vu se tromper une seule fois sur quelque chose. Que ce soit une information complètement banale ou de l'ordre du privé, du genre, quelque chose qu'on n'a jamais osé avouer à quelqu'un. Il lisait l'esprit des gens comme si on lui offrait le livre qui ressassait toutes nos pensées, souvenirs et manigances. C'était la raison pour laquelle ce qu'il était en train de dire était d'une importance cruciale.  

Il y avait peu d'espoir, mais une infime particule semblait toujours présente et prête à se battre jusqu'au bout. C'était tout ce dont j'avais besoin de savoir pour partir sauver mon frère. J'allais me préparer à quitter la maison, mais Néro, toujours fidèle à son poste nous indiquait que ce n'était pas le moment. Je le regardais avec un air grave et furieux. Nous n'avions pas le temps de nous amuser. Pourtant, son argumentation finissait par faire effet, et sans un mot je cédais, comme toujours.

Finalement, il faisait allusion à nos entraînements et l'idée de montrer de quoi j'étais finalement capable à mon frère, m'envahissait d'une joie soudaine et débordante. J'attrapais sans ménagement la boisson qu'il nous tendait. Elle était verdâtre et semblait être le mixe d'un tout, composé de tout ce qui avait pu tomber sous la main de notre cher ami. Cul sec, je vidais mon verre en faisant une horrible grimace sur la dernière gorgée. Si Néro était puissant, il était de loin un piètre cuisinier.

- C'est affreux.

Pourtant, je me sentais merveilleusement mieux après ça.
Néro me fixait toujours avec un air malicieux et décida qu'il était temps de me rendre mon pendentif. Il sortait alors trois gemmes de son sac. Deux m'étaient particulièrement familières, et je me précipitais pour les récupérer, la dernière, elle, ne me disait rien. Toutefois, je comprenais dans son regard, que l'achat qu'il avait fait un peu plus tôt avant de rentrer était ce béryl.
Avec minutie et patience, je replaçais une des gemmes autour de mon cou. J'avais encore du mal à croire que le seul présent de mes parents puisse m'être à ce point utile aujourd'hui. Silencieusement, pour la première fois de ma vie, je les remerciais.

Je remarquais que Dante était un peu perdu, en train de fixer l'étrange caillou qu'il avait maintenant en sa possession. J’échangeais un dernier regard complice avec Néro avait de m'avancer doucement vers mon frère. Ma fine main se glissait délicatement sur la sienne pour qu'elle se referme sur la gemme. Un bref sourire s'invita sur mes lèvres et j’entraînais le grand requin de Bevelle à l'extérieur de la maison.
Sur le pas de la porte, je marquais un léger arrêt pour me tourner en direction de notre hôte. Néro nous regardait, un brin de nostalgie dans le regard, mais son fidèle sourire en coin toujours accroché au visage.

- Merci.

Je n'avais pas parlé fort. J'avais même murmuré ce simple mot. Mais je savais qu'il avait entendu. De plus belle, je m'élançais vers l'entrée de la ville pour aller dans un coin tranquille avec mon frère. J'entendais la porte claquer et je sentais un sourire gagner mes lèvres.
Zigzaguer entre les gens de Timber était devenu un jeu d'enfant et j'en profitais pour regarder discrètement mon frère. En ce moment même, qu'il allait mieux. Je sentais qu'il était plus détendu et un brin de confiance semblait le porter de nouveau vers l'avant. Cette infime particule d'espoir allait continuer à le faire vivre normalement jusqu'au bout. Je sentais mes muscles devenir plus souples et je prenais une longue inspiration pour pouvoir profiter pleinement de ce moment.

Si Dante était amené à disparaître de ma vie bien avant son heure, je devais prendre soin de chaque instant passé avec lui pour ne jamais regretter. Si le pire arrivait, j'aurais bien assez de temps pour me morfondre, seule.
Il était temps d'agir normalement. D'être enfin comme un frère et une sœur qui se retrouvent après plusieurs années.

Les portes de la ville entrèrent enfin dans notre champ de vision. J'avais envie de courir plus vite. De me défouler pour évacuer tout mon stress.

- En sortant, il faut prendre sur la gauche, il y a une petite forêt, rien de bien méchant ! Tout droit, jusqu'à sortir de l'ombre des arbres et là tu vas tomber sur une petite plage toute charmante.

Nous approchions de plus en plus de l'entrée et je commençais à accélérer la cadence en souriant malicieusement à mon frère. Mon regard était joueur et j'espérais qu'il comprendrait là où je voulais en venir.

- Prêt ?

Mon sourire ne cessait de s’agrandir au fur et à mesure qu'on approchait des limites de la ville. La dernière habitation montrait enfin le bout de son nez et je m'élançais à toute allure en criant :

- PARTEZ !!!!

Sur la première dizaine de mètres, je distançais Dante avec facilité. Rapidement, il se retrouvait à mon niveau et je doublais de force pour ne pas qu'il me dépasse trop facilement. Il pouvait lire sur mon visage une détermination nouvelle mais aussi une immense joie. Je riais aux éclats, évacuant mon trop-plein d'émotions. J'avais beau m'être entraînée avec Néro, Dante me dépassait toujours sur le plan physique. Je savais que j'allais perdre, mais je voulais lui montrer que ce ne serait plus avec autant de facilité qu'avant.

Lorsque nous pénétrâmes enfin dans le petit coin boisé, Dante avait une bonne avance et la course semblait perdue d'avance pour moi. On allait vite, vraiment vite. Je n'avais jamais autant senti l'adrénaline fourmiller dans tout mon corps lors d'une simple course. Le passage de la forêt aurait dû nous ralentir, mais on était tous les deux tellement concentrés qu'aucun de nous deux n'avait le moindre problème à esquiver les différents obstacles que proposait la végétation. Un coup il fallait sauter vers la droite pour éviter un tronc, quelques secondes après il fallait se baisser pour éviter une branche un peu trop basse ou encore se surpasser en sautant par-dessus un arbre déraciné. Je remarquais que Dante se tournais un bref instant vers moi pour juger la distance qu'il y avait entre nous. Déterminée, je redoublais d'efforts pour le rattraper.

L'éclat du jour qui nous arrivait soudainement dans les yeux nous fit légèrement ralentir pour que notre vision s'habitue. Mon frère était toujours assez loin de moi et je souriais déjà en pensant à ce que j'allais faire pour gagner. Il était plus difficile de courir dans le sable, mais Dante avait l'habitude et ne semblait absolument pas perturbé par ce changement de paysage. Au loin, on pouvait remarquer une grosse pierre échouée sur la plage. Un rocher que j'avais apprécié escalader pendant mes deux semaines à Timber. C'était assez loin pour que je puisse agir avant la fin de la course. Je plaçais mes mains autour de ma bouche pour que ma voix porte plus loin et je hurlais à mon frère que la fin se trouvait là-bas.

Je le voyais accélérer encore pour mettre rapidement terme à cette course et prouver une fois de plus sa supériorité. Je me concentrais un moment en prenant de longue inspiration. Il était temps de lui montrer de quoi j'étais capable. Tout en continuant de courir pour ne pas laisser trop de distance s'installer entre mon frère et moi, j'attrapais mon collier dans une de mes mains. Un halo de lumière jaillit de la pierre et deux énormes bulles d'eau se matérialisèrent au dessus de moi. Je bougeais légèrement mes mains et ces deux sphères de liquide semblaient se compacter pour former une dizaine de lame faite d'eau. Un autre mouvement de la main. Je me concentrais maintenant sur mon frère et une fraction de seconde après les pics se plantèrent juste devant lui, créant une barrière et stoppant sa course.

Il était temps pour moi d’accélérer pour le dépasser. Après avoir triché, j'arrivais finalement la première au rocher et je regardais mon frère arriver en trottinant avec un air moqueur. On était tous les deux en sueur mais j'étais heureuse d'avoir partagé cet instant avec lui.

- Alors ? Pas trop triste de se faire battre par sa petite sœur ? Et encore, ce n'est que le début.
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Lun 3 Aoû - 18:09



Dante gagne 300 Gils, Yumi gagne 350 Gils!

Dante et Yumi
passent niveau 4 !

Dante obtient un Béryl (-500 Gils)
Yumi obtient deux Beryl (-1000 Gils)

Le duo se restaure chez Néro (-50 Gils chacun)





Yumi et Dante vont jouer sur la plage à côté des plaines de Galbadia

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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Mar 8 Sep - 21:28

Dante et Yumi reviennent des Plaines de Galbadia


Dante
Yumi savait comment me parler et surtout, comment gérer mes accès de colère. Elle était certainement la seule personne au monde à savoir comment s'y prendre avec moi.

Bien qu'apaisé par tout ce qu'elle m'a dit, ma résolution pour trouver Joshua reste la même et le moment venu, je pense qu'il sera difficile pour moi de me contrôler. Mon capitaine, une des personnes que je respectais le plus, a tenté de me tuer pour une raison qui peu importe sa nature, ne pourra jamais être légitime à mes yeux. Jamais je n'accepterai qu'il s'en sorte.

Malheureusement pour ma sœur, je ne suis pas encore d'humeur à plaisanter et même si en temps normal, l'évocation de mon discours devant les journalistes m'aurait fait rire, je demeure de marbre, bien que je sente que mon visage est moins crispé par la colère.

Elle a raison cela dit, il faut en parler à Néro.

Nous rentrons à Timber et sans grande surprise, Néro nous accueille avec une question pleine de sens et de sous-entendus. Yumi me fait bien comprendre du regard qu'elle compte me laisser m'occuper des explications.

- Comme tu le sais, un messager est venu nous porter une lettre dont tu dois déjà connaître le contenu.

- Oui Dante, mais attends un peu. Je sais lire les pensées, mais je ne les lis pas aussi vite que vous le pensez. Laisse-moi une petite minute.

Nous le regardons pendant qu'il nous scrute l'un et l'autre. Une fois son inspection terminée, il reprend la parole, plus calme qu'il ne l'était lorsqu'il a tiré Yumi par le bras pour la faire rentrer.

- Malheureusement, il me manque trop d'éléments pour que je puisse vous renseigner sur l'identité de ce Zébal. Néanmoins, vous avez bien fait de refuser sa proposition. Ses intentions ainsi que ses fausses promesses ne leurreront que les fanatiques ou les personnes désespérées... Ce qui risque déjà de faire pas mal de monde quand on y pense !


- Tu penses qu'il aurait réellement pu me soigner ?

- C'est possible, en théorie. Mais je doute que ce genre de personnes agisse par pur altruisme. Cela cache quelque chose.

- Je vois... mais comment a-t-il fait pour savoir ?

- A vrai dire, c'est un mystère. Mais il existe une infinité de possibilités et certaines pourraient vous rendre paranoïaques pour le restant de vos jours.


Je lance un rapide coup d'oeil en direction de ma soeur, pas vraiment rassuré. J'espère qu'il ne la retrouvera pas. Je me fiche bien qu'il me trouve, moi. Mais je ne veux pas qu'elle risque quoi que ce soit à mes côtés.

- Concernant votre prochaine escapade pour Spira, Yumi a raison. Ton petit discours a fait forte impression et retourner là-bas sans préparation... et bien vous m'excuserez l'expression mais, ça craint.

- Que sommes-nous censés faire dans ce cas ?

- Vous avez de la chance. Il se trouve que j'ai en ma possession une chose très utile pour passer inaperçu. Je l'utilise régulièrement mais je pense qu'en ce moment, vous en avez plus besoin que moi.

Néro se dirige ensuite vers sa chambre avant d'en revenir quelques instants plus tard avec un pendentif orné d'une grosse pierre. Yumi semble aussi surprise que moi, voire même un peu moqueuse devant ce que vient de nous apporter Néro.

- Un collier avec une pierre au bout...? C'est une blague ?

- Et bien figure-toi, Monsieur "l'exhibitionniste qui se balade toujours torse-nu", que cette pierre va t'éviter bien des ennuis. Elle est parfaite pour les personnes comme toi. Toi à côté, je te conseille d'éviter de te moquer si tu ne veux pas passer le restant de tes jours ici à me faire la cuisine !

- On t'écoute, Monsieur "je sais tout".


- J'y viens j'y viens. Il s'agit d'une pierre d'absence. Quiconque la porte se retrouve ignoré par tous. Attention, ce n'est pas de l'invisibilité ou de la transparence. Tu es juste très difficilement repérable.

- ...

- Bon... je vois que vous avez l'air sceptiques. Une petite démonstration vaut mieux qu'un bon discours avec vous deux. Venez dehors et toi Dante, mets-moi ça autour du cou.


Ne souhaitant pas le contrarier, je m’exécute et nous le rejoignons devant l'entrée de la maison.

- Dante, va au milieu de la foule et ne bouge plus.

- Quoi ?

- Tu m'as bien entendu, fais ce que je te dis.


J'ai du mal à avoir où il veut en venir... Si ce n'est pas une pierre d'invisibilité , il est évident que les gens vont se rendre compte de ma présence.
Conformément à ses ordres, je me retrouve figé au milieu de la foule qui circule dans tous les sens.

A ma grande surprise, personne ne semble faire attention à moi et après quelques instants, je m'aperçois qu'aucun regard n'est braqué sur moi, malgré ma tenue, ma notoriété et mon pendentif étrange.
Malheureusement, cela ne dure pas vraiment puisqu'une passante me percute l'épaule avant de tomber au sol.
A l'instant où je l'aide à se relever, le regard des passants se braque sur moi et je prends conscience que je suis désormais totalement exposé à la vue de tous.

- Vous allez bien ?

- Oui oui ne vous inquiétez pas ! Je suis désolé de vous avoir percuté... A vrai dire, je ne vous avais pas remarqué. Pourtant, vu votre physique, il faudrait être aveugle pour ne pas vous voir... C'est étrange, j'ai l'impression de vous connaître... On se connait ?

- Désolé, je dois partir mademoiselle.

Je me dépêche de retrouver Néro et ma sœur. Celui-ci laisse transparaître un grand sourire sur son visage.

- Alors, verdict ?

- Il doit être cassé, tout le monde m'a vu lorsque cette jeune femme m'a percuté.


- Précisément. Mais avant ça ?

- Avant... c'est vrai que personne ne m'a regardé, mais c'est une coïncidence, rien de plus.

- Non Dante, ce n'est pas une coïncidence. La pierre d'absence détourne l'attention des autres et te permet d'être pratiquement indétectable. Cependant, il suffit que quelqu'un te percute, que tu parles ou que tu t'agites pour que l'effet s'estompe automatiquement. Vois ça comme une sorte de barrière. Bizarrement, plus la personne qui la porte possède une forte aura, plus l'effet est puissant. Je ne doute donc pas qu'une célébrité de ta trempe passe facilement inaperçue sur Spira.

Il se tourne ensuite vers ma sœur, toujours avec un grand sourire.

- Alors Yumi, convaincue ?

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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Sam 26 Sep - 20:50

YumiMon frère expliqua alors rapidement à Néro ce qu’il s’était passé. Inutile de rentrer dans les détails avec lui, il parvenait avec une aisance unique à lire dans nos pensées. Je me repassais alors la scène sur la plage dans la tête. Un léger sourire se glissa sur mes lèvres en repensant à notre course.

Bien que le regard de Néro soit perçant, voire même inquiétant, j’avais réussi, tout au long de mon séjour, à m’habituer à ses yeux chocolats qui fouinaient partout dans notre esprit. C’était vraiment étrange de ce dire que cet homme savait tout de nous. Essayer de lui cacher quelque chose m’était encore impossible, mais il m’avait avoué que certaines personnes avaient une force mentale assez puissante pour trier ce qu’ils laissent voir ou non. Je n’avais rien à cacher à Néro, je lui vouais un respect total et une loyauté sans faille maintenant. Mais j’avais envie d’être celle qui serait capable de lui poser problème.

Distraite par mes propres pensées, j’avais très légèrement perdu le fil de la conversation. Je m’avançais alors dans la demeure pour m’assoir sur le rebord d’une table. Mes yeux jonglaient entre Dante et son ami pendant que mon cerveau cherchait désespérément à comprendre la conversation. Mon frère se tournait d’ailleurs vers moi, une étrange lueur d’inquiétude dans le regard.

Toutefois, ce fut Néro qui me permit de prendre part à la conversation. J’étais quasiment certaine qu’il était exaspéré de voir que je n’avais rien suivi alors que le sujet était plus qu’important. Depuis quelques temps, j’étais tête en l’air à cause de la fatigue.

- Il faut qu’on arrive à rentrer sans éveiller la presse. Peut-être que Joshua prendrait des mesures « au cas où… » il n’est pas censé savoir que tu sais pour ta… Maladie, mais  c’est peut-être quelqu’un de prudent.
- Vous avez de la chance. Il se trouve que j’ai en ma possession une chose très utile pour passer inaperçu. Je l’utilise régulièrement mais je pense qu’en ce moment, vous en avez plus besoin que moi.

Suite à ses mots, il disparaît dans sa chambre pendant un moment pour finalement revenir avec un étrange objet. Surprise et ne m’attendant absolument pas à ça, un petit rire s’échappe de mes lèvres. Mon très cher « maître » supposé être malin venait de sortir un collier. Mais pas n’importe quel collier. Un vulgaire bout de ficelle accompagné d'une pierre. Un cailloux. Gris, gros et moche.

Néro tentait de nous expliquer son fonctionnement, mais je devais avouer que j’avais énormément de mal à le croire étant donné la taille de l’objet.

Finalement, nous nous retrouvions dehors pour tester ses capacités et c’était Dante qui avait la « chance » de porter ce bijou. Nous marchions calmement vers une place où de nombreuses personnes étaient en train de se croiser. Néro indiquait à mon frère ce qu’il devait faire et ce dernier fini par s’exécuter, bien que la demande soit assez loufoque étant donné la tenue de mon frère.
Un mec, plutôt grand, avec des cheveux pourpres, torse nu et particulièrement musclé avec un énorme caillou autour du cou. Je ne voyais pas comment il pouvait s’effacer au milieu de cette foule.

Pourtant, au bout d’un bref instant, alors que Dante venait à peine de se faufiler entre quelques passants, je n’arrivais plus à le distinguer. La place était assez chargée de monde, mais j’avais toujours su retrouver sans aucune difficulté la tignasse de mon frère. Pourtant, j’avais beau le chercher je ne le voyais pas.

Mon rythme cardiaque accélérait au fur et à mesure que je comprenais que j’étais en train de me faire avoir par un simple sort. Je ne voulais pas que perdre mon frère soit si facile.

Une main familière se posa sur mon épaule, sa douce chaleur me calmait. Je tournais alors vers Néro qui abordait toujours son visage sérieux accompagné de son éternel sourire narquois. Sa main bougea légèrement pour attraper mon menton et diriger mon regard.

- Je n’arrive plus à le voir !
- C’est par là qu’il faut regarder ma belle.

D’un coup, comme par magie, Dante se matérialisa de nouveau dans mon champ de vision. Il semblait être en train d’aider une femme à se relever. Je fronçais les sourcils en cherchant à comprendre ce qu’il venait de se passer. Mais je n’eus pas beaucoup à me creuser les méninges. Néro expliqua tout dès le retour de mon frère.

- Alors Yumi, convaincue ?

Qu’est-ce que son sourire espiègle pouvait être agaçant.

- Oui ! On va le prendre, c’est certain.
- Tu sais Dante, le rythme cardiaque de ta sœur à au moins doublé quand elle t’a perdue de vue.

Je me tournais vers lui en lui laçant un regard noir. Puis je tournais les talons en prenant soin de faire une sortie théâtrale.

- Rentrons, inutile d’attirer une fois de plus l’attention ! Puis… mon rythme cardiaque n’a pas doublé !

J’étais embarrassée. L’angoisse de perdre mon frère était tellement présente en moi que j’en venais à paniquer quand il sortait de mon champ de vision. C’était… pitoyable. Je marchais vite pour retrouver le calme de la maison. J’avais filé directement dans la salle de bain pour vérifier que mes joues ne s’étaient pas teintées de rose.

Quand je sortais finalement pour rejoindre les deux hommes, je remarquais qu’un repas que je n’avais aucunement cuisiné, nous attendait sur la table. Néro et ses repas… Ce dernier semblait d’ailleurs discuter avec mon frère et je m’asseyais à ma place.

- Bon appétit ?
- Merci ! Mange bien Yumi.


Il me semblait que c’était un morceau de dinde accompagné de pommes de terre sautées et d’une sauce à la crème et aux champignons. Dommage que le goût ne soit que très peu présent lorsqu’il était question de magie et de nourriture.
Je ne prêtais plus vraiment attention à Dante et Néro qui parlaient toujours activement à côté de moi du meilleur moyen pour rentrer… Enfin, je croyais que c’était ça.
Avoir autant paniqué pour si peu tout à l’heure me faisait réfléchir. J’étais réellement effrayée à l’idée de perdre mon frère. Trois mois. Connaître l’échéance  à laquelle Dante était censé nous laisser rendait la chose encore plus difficile à supporter. J’avais l’impression que le temps me glissait entre les doigts. J’étais sans cesse en train d’essayer de le retenir, de l’enfermer pour qu’il se fige dans un instant où je ne regretterais rien. Pourtant, il continuait d’avancer sans se soucier du malheur qu’il allait causer.

Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir dire à nos parents ? J’allais perdre un frère, mais ils allaient perdre un fils. Leur premier enfant. Leur réussite. Comment une mère pouvait survivre à un tel obstacle.

- Yumi ?

Dante avait beau être plus vieux que moi, il avait tellement de chose à vivre. Tant de chose à découvrir. Il devait trouver une petite amie, une vraie, fonder une famille à son tour, gagner des centaines de match de Blitzball, rendre une foule de fan heureuse grâce à un simple sourire.

- Yumi ?!

Personne n’avait le droit de lui couper si abruptement sa vie. Il était hors de question que je retrouve mon frère pour le laisser me quitter une nouvelle fois.

- YUMI !

Je sursautais en faisant tomber ma fourchette dans mon assiette. J’étais en train de fixer mon pauvre morceau de viande depuis plusieurs longues minutes. Je relevais alors doucement les yeux pour apercevoir Dante et Néro m’observer avec inquiétude. A en juger leur expression, je devais vraiment avoir l’air mal en point. Je sentais alors quelque chose de tiède rouler le long de ma joue pour finalement s’écraser sur la table. Je pleurais.

- Yumi, calme-toi d’accord ?

Je venais de craquer devant mon frère alors que je me l’étais interdis.

- J’ai plus faim. Je vais aller me reposer.

Je sortais brusquement de table en essuyant mes larmes du revers de la main. Je me refusais de pleurer devant Néro, alors devant mon frère… Je filais dans ma chambre sans leur laisser le temps de répliquer quelque chose. Mes coussins m’accueillirent avec un réconfort étrange et je me laissais aller pendant plusieurs minutes.

Pourquoi perdre un être cher était si douloureux ?

La raison se trouvait dans la question, mais cela n’avait aucune importance pour moi à ce moment-là. Je trouvais simplement la vie injuste. Non, Joshua était injuste. Il n’avait aucun droit de vie ou de mort sur mon frère.

Je me relevais pour partir à la recherche d’informations. Pour rentrer, il nous fallait un plan.
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Mer 30 Sep - 17:25

Dante
- Ah vraiment? C'est vrai ça Yumi? Tu étais inquiète ?

Je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire en voyant ma sœur faire volte-face pour rentrer chez Néro.
Nous la suivons tout en échangeant un regard complice. Une fois arrivés, elle disparait dans la salle de bain pendant que Néro m'invite à m'installer pendant qu'il s'occupe du repas. Le temps que mon regard passe de mon ami à la table, tout était déjà prêt.

- Toujours aussi rapide... Il faut vraiment que tu m'expliques comment tu fais ça.

- Rien de bien impressionnant une fois que l'on a saisi le truc, crois-moi.

- Parce qu'il y'a un truc ?

- J'ai dit ça ?

- ...

Yumi sort de la douche et nous rejoint à table quelques instants plus tard. Je règle les préparatifs de notre retour sur Spira avec Néro, qui me donne quelques conseils pour éviter de nous faire repérer.
J'ai la sensation que mon état s'améliore, bien que je ne puisse pas en avoir la sincère conviction. Les avoir à mes côtés m'apaise.

Néro arbore maintenant un visage bien plus crispé sans raison, avant d'interpeller à plusieurs reprises Yumi.
A la troisième reprise, je tourne mon visage dans sa direction et une immense douleur vient serrer mon coeur. Une simple larme, mais pas celle de n'importe qui.

- Yumi ça va ?

- J’ai plus faim. Je vais aller me reposer.

Je ne parviens à trouver mes mots que trop tard puisque quand je prends la parole, Yumi est déjà enfermée dans sa chambre.

- Tu veux que j'ouvre la porte ?

- Non non... Je suis bien incapable de pouvoir la réconforter. Après tout, je suis sans doute la cause de tout ça.

- Dans ce cas, dépêchons-nous de terminer d'organiser tout ça. Il y'a beaucoup de détails à régler... trouver Joshua ne sera pas si...

- Quoi ?

Néro marque une longue pause, comme s'il se concentrait sur quelque chose que je ne peux voir. Quelques instants plus tard, il me répond avec le sourire aux lèvres.

- Ta sœur est une petite futée, tu le sais ça ?

- Quoi ?

- Elle va sortir de la chambre d'ici quelques instants. Ce qu'elle va nous raconter va beaucoup t'intéresser, j'en suis certain.

- Je suppose que tu sais déjà tout... Tu ne peux pas m'en raconter les grosses lignes ?

- Allons allons Dante, tu n'aimes pas les surprises ? Ne jamais savoir ce que les autres vont dire ou penser, n'est-ce pas grisant ?

- Parle pour toi.
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Ven 2 Oct - 22:39

YumiSi j’avais pu un jour avoir dans l’optique de faire du tourisme pour découvrir les villes qui se trouvaient sur Dol, qui étaient particulièrement connues pour regorger de nouvelles technologies, cette idée se trouvait maintenant bien loin de mon esprit. Dante occupait quasiment l’intégralité de mes pensées. Il fallait qu’il vive. Les visites étaient le cadet de mes soucis. Je ne pouvais pas laisser les choses aller autrement. Pourtant, au plus profond de mon cœur, j’espérais pouvoir revenir un jour ici avec lui, et prendre le temps de découvrir ce monde qui était, pour moi, encore très mystérieux.

J’essuyais de nouveau mes larmes avec un mouchoir et m’installais derrière ce qui me faisait office de bureau. Un ordinateur que Néro avait mis à ma disposition, reposait sur le vieux bois de la table. J’avais l’habitude de pianoter sur ce genre d’appareil et je n’eus pas à attendre très longtemps avant de tomber sur plusieurs pages web concernant le capitaine de l’équipe de Bevelle. Sur les nombreuses photos visibles, son sourire amical me paraissait soudainement plus froid, plus… meurtrier et malsain.

Je lisais en diagonale tous les articles qui étaient susceptibles de nous être utiles. Je tombais même sur un site, le deling24 qui parlait de Dante. Le lire m’amusait un peu, je trouvais ça toujours aussi fou que mon frère soit si populaire. Il avait toujours pris soin de ne pas m’exposer aux médias alors que lui baignait dans la lumière. Je ne le remercierais jamais assez pour ça. Contrairement à lui, je n’aimais pas vraiment être au centre de l’attention.

Il faisait sombre dans ma chambre et la luminosité de l’écran faisait briller mes pupilles qui ne cessaient de bouger dans tous les sens, à la recherche de l’information cruciale. Au bout de quelques instants, elle pointa enfin le bout de son nez.

- Trouvé !

Un sourire en coin apparaissait lentement sur mes lèvres et je me relevais en fermant l’ordinateur. Je partais devant le miroir de la pièce pour vérifier l’état de mon visage et essuyer le peu de maquillage qui avait coulé sur mes joues. Je resserrais ma queue de cheval et prit une longue inspiration.

- Aller Yumi, soit forte !

Je me dirigeais vers la porte que j’avais verrouillée. Un dernier soupir, et je me jetais à l’eau.

A peine la porte entre-ouverte, je voyais déjà mon frère et Néro me fixer. Je serrais les dents pour ne pas flancher ou rougir à cause de mon comportement précédent. J’en profitais pour soutenir le regard de mon frère et essayer de lui faire comprendre que j’étais sincèrement désolée de lui faire subir tout ça.
Pourtant, rapidement, ce fut le sourire de son ami qui me perturbait le plus. Néro savait déjà tout, je n’avais même pas le temps de l’impressionner ou de lui faire une surprise.

- Hey…

Je faisais un bref coucou avec ma main pour tenter de cacher ma gêne et sans demander mon reste, je retournais m’installer à ma place où mon assiette attendait toujours. Pas la peine de tourner trente ans autour du pot… de toute façon, on n’avait même pas trente ans devant nous. Je baissais les yeux pour finalement les diriger vers mon frère avec une nouvelle détermination.

- Bon, Néro a du déjà te le dire, mais j’ai une idée.

Je n’avais absolument pas réfléchis à comment j’allais présenter mon projet alors je pris un peu de temps pour tout replacer dans ma tête.

- Nous, ce qu’on souhaite, c’est trouver Joshua. Sauf que, les entraînements avec l’équipe ont repris il me semble. Il est donc impossible d’aller le voir au stade et de se retrouver seul avec lui. Puis il y a toujours du monde autour du stade je crois, ce serait risqué, même avec le… cailloux de Néro.

J’étais calme, posée et sérieuse, exposer quelque chose de concert me rassurait énormément. Pour la première fois depuis quelques semaines, j’avais enfin quelque chose sur lequel je pouvais prendre appuis. Il était temps d’agir et de faire changer les choses.

- Il y avait donc la possibilité d’aller directement chez lui, je pense que tu sais parfaitement où il habite comme c’était ton… ami…

Regarder Dante restait douloureux, j’avais l’impression de voir sa vie se consumer lentement si je le fixais trop.

- Sauf que si c’est bien lui, et on va partir de principe que Néro ne se trompe pas hein. Je suis persuadée qu’il serait sur ses gardes si on venait lui rendre visite. Du coup, il faut qu’on le prenne par surprise. Et j’ai trouvé comment.

Je laissais un silence pour faire monter le suspense. J’avais l’étrange impression d’être comme ces présentateurs de télé crochet qui juste avant d’annoncer le vainqueur, faisaient une pause pour maintenir leur audience en haleine.

- Dans deux jours, sur Luca, il y a une des plus grandes soirées du Blitzball. Cette soirée est, si j’ai bien compris, le moment pour les entraîneurs des différentes équipes d’Héméra de se « vendre » ou « d’échanger » leurs joueurs, pour constituer leur nouvelle équipe. Je ne sais pas si tu as déjà participé à ce genre d'événement Dante, mais je sais que les capitaines d’équipe y sont conviés pour représenter leur club.

Je le regardais avec une nouvelle lueur d’espoir dans les yeux.

- Je propose donc, que grâce à la formidable pierre de Néro.

Je lui lançais un petit coup d’œil moqueur pour détendre l’atmosphère mais aussi pour trouver force et confort dans son regard toujours rempli d’assurance et de malice.

- Nous nous infiltrions à cette petite soirée, où, d’après ce que j’ai vu sur internet, va se réunir au minimum une bonne centaine de personnes. On trouve Joshua et tu peux lui demander tout ce que tu veux. Il y aura tellement de monde que si ce gentil petit capitaine mignon disparaît quelques instants, cela ne va perturber personne.

Je sentais la fureur monter en moi et je préférais prendre ma respiration pour calmer mes nerfs et ne pas péter un câble. Je me tournais de nouveau vers Néro, une pointe de regret dans les yeux.

- Il faut qu’on parte ce soir… Si évidement, Dante approuve ça ! Tu connais les prochains horaires pour les aéronefs Néro ? Je crois qu’on peut atterrir pas très loin de Luca sans éveiller trop les soupçons. Par contre, on n'a pas de temps à perdre.
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Dim 4 Oct - 12:27

Dante
Un peu frustré par l'absence de réponse claire de Néro, j'attends patiemment le retour de ma sœur. Ma patience n'est pas vraiment sollicitée puisque seulement quelques minutes plus tard, je l'entends déverrouiller la porte et l'ouvrir.
C'est avec une expression mêlant la gêne et le regret sur son visage qu'elle me regarde. Ne sachant pas vraiment comment réagir, j'arbore un sourire forcé pour tenter de la rassurer.

- Alors sœurette, on mijote des choses en douce ?

Je réagis progressivement tandis qu'elle nous explique son plan en détails.

- Effectivement, Joshua est très entouré et occupé en dehors des matchs, surtout à la mi-saison.


Elle me parle ensuite de la possibilité d'aller directement chez lui, sans passer par quatre chemins.

- De toute façon, il est très rarement chez lui. Je crois que depuis que je suis dans l'équipe, je ne suis allé que 3 fois là où il habite... et donc, tu proposes quoi ?

J'ai l'impression qu'elle prend un malin plaisir à nous faire patienter, ce qui me rassure un peu quelque part. La voir s'amuser montre bien que son état s'améliore. Je ne veux pas qu'elle se morfonde comme je le fais depuis quelques temps.

Finalement, Yumi propose une idée aussi judicieuse que folle... S'infiltrer au gala annuel de Luca, où tous les entraineurs ainsi que les capitaines de chaque équipe de blitz se retrouvent pour discuter d'éventuels transferts. Elle rajoute ensuite que nous devons partir dans la soirée en utilisant un aéronef.

- Je... euh... c'est un bon plan. Je n'aurais jamais imaginé que ma soeur était une stratège hors pair... Il faut croire que ce que j'ai en muscles, tu l'as dans le crâne ! Je ne suis jamais allé à ce genre de soirée, mais de ce que m'en a dit Joshua, il n'y a rien de plus barbant. Beaucoup de belles paroles échangées pour avoir une chance d'acheter un joueur clé pour parfaire son équipe.


- Devons-nous comprendre que tu es partant ?

- Oui. Je ne pense pas qu'on puisse faire mieux en aussi peu de temps.

- Je me suis déjà arrangé pour vous avoir deux places pour l'aéronef de ce soir, il s'appelle le Spitfire. Vous avez rendez-vous à 20h précise pour embarquer ! Aucun retard ne sera toléré, comme vous pouvez vous en douter. C'est d'ailleurs pour ça que je vais vous accompagner. Doués comme vous êtes, vous seriez bien capables de le manquer !

- Ton humour sarcastique nous manquera Néro.

L'après-midi passe à une vitesse folle tandis que l'on bascule sur des sujets beaucoup plus basiques et quelconques. Pourtant, ce sont ces discussions qui sont certainement les plus plaisantes. Ma potentielle mort et la trahison de mon capitaine en revanche... C'est une autre histoire.

Lorsque les derniers rayons du soleil éclairent la ville de Timber, nous nous décidons finalement à quitter les lieux et nous rejoignons le Spitfire pour le grand départ.

- Dante, Yumi. Je ne pense pas que l'on se reverra de sitôt. C'est pour cela que j'ai un dernier petit quelque chose pour vous.


Néro fait un léger signe de tête à une personne assise sur une caisse en bois, clairement peu motivé à l'idée de venir à notre rencontre. Il tient dans ses mains deux attachés-cases et nous les remet à moi et ma sœur sans un mot. Il se tourne vers Néro et lui parle avec un certain agacement:

- Tu m'as bien fait galérer. Tu sais à quel point il est dur de trouver quelqu'un qui ne donne pas son adresse ? Je t'ai cherché dans toute la ville... Sans mon oiseau, autant dire que tu aurais pu te gratter pour ta commande.

Je me tourne à mon tour vers Néro, curieux d'en savoir plus sur le contenu de ces bagages.

- Un costume complet pour toi, une robe et des talons aussi jolis qu'inconfortables pour Yumi. Quant à toi, je peux t'assurer que ta paie sera à la hauteur de la tâche que tu as accomplie !

- Y'a plutôt intérêt ! Sur ce, ma petite dame, messieurs, j'espère ne plus jamais avoir à traiter avec vous ! Bonne soirée.


Nous voyons l'inconnu disparaître peu à peu dans l'obscurité, avec une cigarette à la bouche et une démarche des plus nonchalantes.

- Ne me remerciez pas. Foncez plutôt dans l'aéronef, il va bientôt partir. Le pilote a l'air plutôt pressé en plus, d'après ce que j'entends dans sa petite tête.

- Merci Néro. Merci pour tout. J'espère qu'on se reverra bientôt.

- Tâche de survivre, c'est tout ce qui importe. Yumi, je t'ai appris les bases de la magie, tu sais désormais mieux te défendre que la majorité des gens. J'espère que tu sauras faire bon usage de tout ce que tu appris... Et que tu continueras de mettre ces jolis sous-vêtements que tu portes parfois !

Sa dernière phrase réveille les vieux réflexes du frère protecteur que j'ai toujours gardés depuis la naissance de ma soeur.

- Néro, je te déconseille de prêter à nouveau attention à ce genre de choses. Mage ou non, je t'assure que tu passeras le pire quart d'heure de ta vie !


- Le requin de bevelle me lance un défi ? Tu es né 100 ans trop tard pour pouvoir me battre, n'oublie jamais ça ! Allez filez !
bro' and sist' se dirigent vers les Cieux !
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Mer 7 Oct - 20:41



Dante gagne 150 Gils, Yumi gagne 100 Gils!


Dante et Yumi passent au niveau 5 ! Première limite déverrouillée pour les deux !




Dante et Yumi prennent l'aéronef direction Les Cieux !
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Sam 4 Nov - 1:25

Quentin, Forgeron et Enlil viennent d'Horizon.

Le droïde partageait l'avis de Kirito au sujet de l'attitude du marchand de gemmes. Il n'aimait pas du tout se sentir juger par les autres, d'autant plus que les gens avaient tendance à le voir comme un outil ou une arme la plupart du temps.

"S'il ne veut pas que les clients lui achètent ce genre de gemmes, il n'est pas obligé d'en vendre. Et ce n'est pas parce qu'on prend des dispositions pour se défendre qu'on n’est pas pacifiste !"

Eve de son côté comprenait en partie l'attitude du vendeur. Il faisait cela pour gagner sa vie, mais il ne cautionnait pas pour autant l'usage de ce genre de pierres magiques. Les habitants de la ville possédaient une mentalité particulière qui les poussait à rechercher la tranquillité. Des acheteurs comme Quentin ou Forgeron pouvaient sûrement représenter une menace à leurs yeux. L'attitude du marchand restait toutefois assez exagérée. Après tout, les voyageurs n'exhibaient pas ostentatoirement leurs armes à la vue de tous et respectaient scrupuleusement les règles qui interdisaient les armes à Horizon. Il hochait la tête pour répondre à Quentin. Voyager à pied leur permettait d'économiser quelques gils et de rester plus discrets.

Même s'il ne l'avait pas évoqué, le sélénite avait reçu un message dans la matinée qui officialisait sa promotion. L'information serait transmise à tous les employés de la Néo-ShinRa au cours de la journée tandis qu'une carte lui donnant les accréditations nécessaires l'attendrait au sein des locaux de Deling City. Le garçon en noir évoquait ensuite le travail qu'il devrait effectuer sur sa conversation avec Forgeron.


"Il peut aussi te fournir quelques dossiers et des fichiers écrits en supplément."

Pour cela, la machine devrait se connecter à l'ordinateur de son nouvel ami. Cela lui faciliterait sûrement un peu la tâche, même si là encore Quentin avait certainement du tri à faire. Par chance, le sélénite se montrait très organisé dans son travail et cela faciliterait les recherches du garçon. Le trio traversait la gare et lorsqu'ils furent assez loin, Quentin sortit son épée et commença à réfléchir à sa nouvelle technique. Forgeron en fit de même. Il attrapa le lapis entre ses deux mains et se concentra un instant. La gemme disparut quelques secondes après. Enlil attendit encore un peu, prenant le temps d'une ultime réflexion. Le droïde répondit à Kirito lorsqu'il évoqua la possibilité de passer à Dollet. Il connaissait la ville grâce à sa tour satellite.

"Je veux absolument y aller !"

La machine semblait catégorique à ce sujet et son concepteur céda une nouvelle fois à ses caprices.

"Je ne connais pas du tout cet endroit, ce sera l'occasion de visiter."

Le voyage fut l'occasion pour l'entité mécanique pour donner quelques détails au sujet du monde de ALO et sa première expérience au sein de l'univers virtuel. De temps à autre, le droïde interrogeait aussi Kirito sur les dangers de ce monde et la manière dont il serait le plus utile à la communauté. Ils arrivaient à la fin du pont lorsque le scientifique décida enfin de sortir son péridot. L'extraterrestre se concentrait un bref moment, visualisant le sort qu'il comptait créer. La traversée des plaines se fit sans embûche. Aucun monstre ne se mit sur leur chemin, ce qui permit au sélénite d'admirer la richesse de la nature de Galbadia de plus près. Forgeron prenait son temps pour guider le groupe, même si Quentin connaissait très certainement le chemin.

Il suffisait de suivre la voie ferrée du regard pour ne pas se perdre et la ville fut rapidement en vue. Ils pénétraient dans la ville et Eve constata qu'elle était plus grande qu'il ne l'avait supposé en la voyant depuis le ciel lorsqu'il s'était rendu à la GGU. La grande rue accueillait de nombreux bâtiments, un hôtel, quelques commerces, un restaurant. Au loin, le sélénite apercevait les locaux du célèbre Timber Maniac.


"On devrait peut-être commencer nos recherches par là ou alors tu as une autre idée ?"

Il y avait de nombreuses pistes à exploiter au sein de la capitale du journalisme, autant commencer par celle qui était la plus proche. Cette fois-ci, Eve n'évoquait pas la possibilité de visiter la ville avant de commencer les recherches. Son attitude trahissait un certain empressement, mais il supposait qu'ils auraient l'occasion de se balader tout en cherchant des pistes après être passés dans les locaux de l'une des plus célèbres agences de presse de Dol.

Spoiler:
 
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Quentin Swordan
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Sam 4 Nov - 10:49

Un kilomètre à pied, ça useuh ça useuh, un kilomètre à pied, ça use les souliers!

Autant dire que Quentin n'avait jamais autant marché de sa vie! Mais d'un autre côté, c'était plutôt chouette! ça permettait de mieux apprécier le paysage, l'océan d'abord, les bateaux qui passaient et dont les pêcheurs jetaient les filets, parfois des créatures marines bondissaient hors de l'eau pour fondre ensuite dans les profondeurs...

Ensuite il y avait eu la plage avant qu'ils ne débouchent sur les grandes plaines verdoyantes de Galbadia. De ce côté ci, c'était encore vert, ensuite il y aurait le désert. Quentin s'était toujours demandé pourquoi une telle différence, il suspectait qu'à un moment ou un autre, une larme sélénite soit tombée par là, entraînant ainsi ce côté stérile du continent de Galbadia. Mais ce n'était qu'une théorie, rien n'avait jamais prouvé qu'une larme soit tombée par ici, il n'y avait même pas de cratère donc bon...

Ils avaient suivi la voie ferrée pour rejoindre Timber, discutant des différents projets d'Eve tout en lui promettant d'accéder à certains dossiers...

«Est-ce que tu penses que je pourrai, un jour, utiliser l'un de vos laboratoires pendant quelques jours? Ces recherches théoriques ne seront jamais suffisantes pour que je puisse mettre au point mes nanorobots, je vais avoir besoin de faire des essais... et je ne pense pas que l'on revienne à Esthar avant un moment?» évidemment, si la Néo ShinRa acceptait de lui prêter un laboratoire, le jeune homme ne verrait aucun inconvénient à partager le fruit de ses recherches! Et même leur concéder le brevet. Il ne se souciait pas de ce genre de chose, tout ce qui l'importait, c'était qu'on lui permette de les utiliser pour sauver sa sœur. La gloire, les bénéfices tout ça, il s'en fichait! Il n'avait jamais cherché à être riche et puissant.

Une fois à Timber, le jeune homme avait évoqué la possibilité d'aller à Dollet ensuite. En soit, elle n'avait rien d'intéressant dans leur recherche... devant l'enthousiasme de Forgeron, le gamin eut un élan de souvenir

«Tiens d'ailleurs, autrefois, cette ville abritait une G-Force, Ondine. Peut-être que d'une certaine manière, elle y est toujours?» même si c'était peu probable, mais comme ils cherchaient des informations sur les chimères, aller à un endroit où une G-Force aimait se trouver était peut-être intéressant?

En tout cas, ça semblait décidé. Mais d'abord, les jeunes gens se rendirent dans les bureaux du Timber Maniac...
Quentin essaya de s'entretenir avec certains journalistes, et au final, on sentait qu'ils étaient habitués à ce genre de questions sur les chimères, car ils avaient carrément ouvert un bureau regroupant toutes les archives qui en parlaient!


«Voilà, vous avez tous les articles qui mentionnent les chimères, regroupés par genre: d'abord par monde, ensuite par témoignages selon la fiabilité.. les plus fidèles sont ceux relatant de l'époque du Canyon Cosmos, c'est la période où une chimère est restée le plus longtemps au même endroit à l'exception d'Alexandre. Par la suite, elles auraient toujours changé d'endroit.»

Quentin approuva d'un signe de tête et ils remercièrent sincèrement le journaliste qui leur montra le bureau. Ils s'installèrent confortablement et commencèrent donc leurs recherches
«Alors... on a des témoignages qui disent que lorsque des gens rencontrent une chimère, ils disparaissent de la vue de tous, comme s'ils étaient dans une espèce de monde parallèle... c'est peut être le royaume dont tu parlais?»

Il utilisait un ordinateur pour sa part, même s'il y avait aussi des archives papier, il était plus à l'aise avec l'informatique
«Sephiroth était allé voir la chimère qui se trouvait au Canyon Cosmos, ensuite il est allé à la prison du désert... où il aurait récupéré un cristal marron... peut-être qu'il y a un lien avec l'élément? Le canyon cosmos est une zone assez aride, c'est que de la terre... ensuite il a attaqué le Village Glaçon, peut-être la glace? Est-ce qu'il y aurait une chimère pour chaque élément?»

Problème, d'un monde à l'autre, il n'y avait pas les mêmes éléments... sur Dol, il y avait le feu, la glace, l'eau, la foudre, la terre, le vent, la lumière, le poison. Les ténèbres n'existaient pas à proprement parler comme élément... et il n'y avait plus de gemme représentant le poison à proprement parler, c'était devenu une simple altération d'état. Comment savoir ?

Il y avait d'autres articles qui semblaient confirmer cette histoire d'éléments. Deux filles avaient disparu dans la mine de soufre à Balamb, une mine où se trouvait la G-Force Ifrit avant. De même, Alexandre qui est à Alexandrie pouvait bien représenter la lumière puisque c'était une G-Force de lumière avant... mais il n'y avait rien concernant le vent, ou les ténèbres... pas d'articles qui y étaient liés. Juste un autre concernant la glace, Irvine Kinneas et Reeve Tuesti avaient disparu temporairement des plaines de Trabia. De même pour l'eau, mais pour la foudre, on parlait aussi d'un groupe de filles qui avait disparu dans la Plaine Foudroyée...


«Je me demande qui sont ces chimères... d'un monde à l'autre, elles sont différentes, non? Je veux dire, pour la foudre, nous on avait une G-Force qui s'appelait Golgotha, mais sur Spira, c'était Ixion, et sur Gaïa ou Héra, c'était Ramuh...» il ne le savait pas hein? C'était ce qui était marqué sur son ordinateur...
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Enlil
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Sam 4 Nov - 13:18

Quentin fit une demande qui surprenait le scientifique. Il ne s'était pas attendu à ce que le garçon évoque la possibilité de faire des essais pour concevoir ses nanomachines et encore moins qu'il le fasse dans les locaux de la Néo-ShinRa. La compagnie n'inspirait généralement pas confiance aux autres, mais le jeune homme semblait se moquer de la réputation de la société. Enlil semblait réfléchir, il gardait le silence pendant quelques secondes en se grattant la tête. Le sélénite pensait qu'il n'aurait probablement aucun problème à réserver un laboratoire dans les locaux de Deling City. Il sortait son téléphone de sa poche afin d'en faire la demande auprès de Lily, qui s'occuperait des formalités avant leur arrivée.

"Je pense que ce n'est pas impossible. J'ignore si les scientifiques de Deling City ont beaucoup d'expériences en cours en ce moment, mais il devrait bien y avoir au moins un laboratoire inoccupé."

Le sélénite ne paraissait pas totalement sûr de lui. Il n'avait encore jamais mis les pieds dans ces locaux. Il aurait pu promettre à Quentin de lui prêter son propre laboratoire, sur l'île de Bikanel, là-bas il y avait tout le matériel nécessaire à ses recherches. Il avait bien évidemment précisé à la jeune femme qu'il s'agissait d'appliquer la nanotechnologie à la médecine.

"J'ai demandé à Lily de vérifier si elle peut nous réserver un laboratoire, ça ne devrait pas poser de problème, mais on ne sait jamais. Elle s'assurera que tu as tout ce dont tu as besoin pour ton travail, mais j'ignore si elle trouvera tout ce qu'il faut à Deling City."

Les recherches menées dans ces locaux étaient totalement différentes de ceux que le sélénite effectuait à Spira. Il manquerait donc peut-être certains outils. Le scientifique ne pouvait vraiment pas se permettre de faire déménager son propre laboratoire aussi facilement. S'il avait su, il aurait transféré tout le matériel à bord d'un vaisseau avant son départ.

"Je viens de penser à quelque chose qui te simplifiera la tâche. Je vais demander à quelques collègues de transférer mon laboratoire dans un prototype de vaisseau sur lequel j'ai travaillé."

Le véhicule en question était un modèle conçu pour naviguer sur les océans. Il pouvait aussi voyager sous les flots, comme un sous-marin. Malheureusement, le projet avait été abandonné peu de temps après le début de sa construction. Le scientifique avait néanmoins travaillé dessus avec les al-bhed durant son temps libre, avant qu'il ne mette au point Forgeron. Ils utilisèrent principalement des matériaux de récupération pour élaborer le vaisseau et celui-ci avait finalement vu le jour. Malheureusement, le scientifique n'avait pas eu l'occasion d'effectuer les tests finaux en compagnie de ses collègues. Il savait toutefois qu'il fonctionnait à merveille. Pourtant, personne ne l'utilisait puisque la plupart des gens ignoraient son existence.

"Ça prendra un peu de temps, mais tu pourras travailler de manière plus efficace de cette manière."

Démonter et remonter le laboratoire dans le vaisseau serait une tâche assez longue et minutieuse. Il faudrait aussi trouver des volontaires pour constituer un équipage. Cela nécessiterait plusieurs mois. Pour le moment, la solution reposait donc sur les locaux de Deling City. Tandis qu'ils marchaient vers les locaux du Timber Maniac, Quentin évoquait la présence d'une G-Force à Dollet par le passé. Il ne fallut que très peu de temps à Forgeron pour faire des recherches sur cette créature avant de faire un commentaire.

"C'est une humaine avec des ailes sur la tête ? Elle a l'air trop belle !"

Enlil ne put s'empêcher d'éclater de rire. C'était donc une raison de plus pour y jeter un œil. Une fois dans les locaux, le garçon en noir interrogeait les journalistes. Eve constatait qu'ils étaient habitués aux questions sur les Chimères et on les orienta vers un bureau qui contenait des archives au sujet de ces fabuleuses entités. Le scientifique prenait conscience que la tâche allait être ardue. Ils devraient retrouver des créatures qui, à l'exception d'Alexandre, changent souvent de lieu de résidence. Le sélénite remerciait leur guide avant de s'installer. Puisque Quentin avait choisi de travailler sur ordinateur, Eve de son côté triait les documents papier.

"C'est possible oui, les invocations emmènent peut-être les visiteurs dans la partie du Royaume des Chimères qui représente leur territoire."

Forgeron de son côté s'était lui aussi installé à un ordinateur. Il ne faisait pas de recherches, mais il utilisait celui-ci pour télécharger tout un tas d'informations dans sa base de données. Il se disait que si Quentin et Eve manquaient quelques informations utiles, ils pourraient toujours les consulter grâce à lui. Le sélénite poursuivait sa lecture. Il y découvrait une rumeur au sujet d'un endroit qui se trouvait sur le continent de Galbadia. Il profitait de la question de Quentin concernant le fait qu'il y ait possiblement une chimère pour chaque élément.

"Ici je lis que Léviathan pourrait avoir vécu dans le Lac Obel. On peut dire que cette Chimère est clairement liée à l'eau. Ça semble corroborer avec ce que tu dis."

Le sélénite pouvait affirmer une chose. Dans son monde d'origine, il existait au moins quatre cristaux liés aux éléments celui de l'eau, du feu, du vent et de la terre. Il pouvait aussi dire qu'un certain Bahamut séjournait autrefois sur la lune, mais tout ceci n'aurait rien apporté de plus et il ne voulut pas évoquer ses origines.

"Certaines chimères sont vraiment différentes d'un monde à l'autre. On peut supposer que celles qui sont communes aux différents mondes sont celles qui gardent les cristaux. Ifrit pour le feu, Shiva pour la glace, Léviathan pour l'eau..."

Il gardait le silence un bref moment. L'extraterrestre réfléchissait, se plongeant dans ses lectures.

"Titan existait à la fois sur Gaïa et sur Héra et il est le gardien du cristal de la terre. On peut donc dire que Ramuh est le gardien du cristal de la foudre. Alexandre serait logiquement le gardien de la lumière."

Même s'il ne pouvait pas en être totalement certain, Eve semblait plutôt sûr de lui.

"Pour ce qui concerne le vent, je suis incapable de dire qui pourrait garder le cristal. Excepté que Fenril n'a pas évoqué être le gardien de quoi que ce soit."

La chimère du vent était bien trop différente d'un monde à l'autre et d'après ses documents Fenril n'était pas seulement lié à cet élément sur Héra. Pour ce qui était des ténèbres, l'extraterrestre se montrait incapable d'en dire plus à ce sujet.

"Visiblement, les Chimères ont tendance à se trouver dans des lieux qui sont fortement liés aux éléments qu'elles représentent."

Forgeron intervenait à son tour, plus par surprise que pour fournir des informations supplémentaires.

"Han ! Il y a un article qui parle de Reeve Tuesti et Irvine !"

Cela lui rappelait sa rencontre avec le cow-boy et sa visite des locaux de la GGU.
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Quentin Swordan
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Sam 4 Nov - 16:42

Il serait impossible à Quentin de réussir à sauver sa sœur sans travailler concrètement sur le projet. Il lui fallait donc avoir accès à un laboratoire, comme celui où il travaillait à Esthar pour développer certains brevets. Eve semblait un peu ennuyé, mais lorsqu'il mentionna Deling City, le gamin préféra refuser

«Mauvaise idée, Deling City... honnêtement, avec le conflit actuel, on ne sait pas si la Néo ShinRa pourra y demeurer. De ce que j'ai vu sur les éventuelles élections, si la Générale Leroy dirige le gouvernement de Galbadia à la place de Caraway, elle va virer l'organisation vite fait bien fait des souterrains de la ville... tu n'as pas lu son programme?» il allait le lui montrer une fois arrivés, ce qui ne tarda pas.

Mais entre temps, Eve avait évoqué la possibilité de créer un laboratoire directement dans un vaisseau, ah ben oui ce serait super! ça l'occuperait pendant leurs trajets comme ça! Mais pour le moment, ça tenait plus du projet que du concret.. mais ce n'était pas comme si Quentin avait besoin d'un laboratoire demain! Il devait d'abord développer au maximum la théorie avant de passer à la pratique et aux expériences.

Ils étaient arrivés dans la ville du journalisme, et évidemment, leurs pas les avaient conduit au Timber Maniac! Les journalistes sur place étaient habitués aux questions sur les chimères et avaient donc carrément un bureau pour ça! Quentin s'était installé sur un ordinateur, Eve aux journaux, et Forgeron aussi à un ordinateur mais pour des autres raisons.

Ils discutaient donc des probables emplacements de chimères, Eve supposait que chacune pouvait conduire au royaume des chimères, mais dans une zone qui correspondait à son élément..

«Mais ça veut dire que l'entrée à ce royaume peut se trouver n'importe où où il y a un élément dominant?»  oui peut-être, il suffisait donc d'aller voir? Chacun continua ses recherches, Eve voyait que le Lac Obel abritait selon certaines légendes Léviathan, mais de ce que le jeune homme savait, il n'y avait pas de chimère d'eau sur Spira? Ni de vent en fait, d'ailleurs, le vent en lui-même n'était pas un élément là bas de ce qu'il voyait...

«Sur Dol, c'était Zéphyr, la chimère du vent... sur Héra, on dirait qu'il n'y en avait pas vraiment, sur Gaïa, non plus, donc en fait, y'a que nous qui en avions une, Zéphyr est peut-être la chimère du vent?»

Ce serait possible oui... alors qu'ils continuaient de chercher, Forgeron trouva apparemment un article sur Reeve Tuesti et Irvine Kinneas, ce qui fit sourire le gamin
«Fais attention à ce que tu lis, il y a eu pas mal de ragots débiles sur eux! Pourtant, il n'y aurait personne pour croire une seconde que le directeur soit de ce genre là!» et si ça concernait les chimères, fallait voir. Il y avait eu des rumeurs comme quoi Irvine était sur place quand il y avait la chimère de la terre au Canyon Cosmo, et Cait Sith aussi. De même, Reeve Tuesti aurait commencé à faire construire un imposant complexe sous l'océan, peut-être parce qu'il y avait une chimère à protéger là bas? Avec l'attaque de Junon, on ignorait si ce complexe avait vraiment été construit ou pas, et vu l'endroit où ça aurait pu être, difficile d'aller vérifier.

Le garçon profita de l'accès internet pour voir l'avancée du gouvernement à Deling City, pas trop de changements pour l'heure sur la personne apte à prendre la place de Caraway, ni même si Caraway allait vraiment être destitué

«Tiens regarde... ce sont les programmes des différents candidats, ils ont tous indiqué ce qu'ils comptent faire avec la Néo ShinRa de Deling City... là tu as Jenkins, c'est un général qui n'est pas issu d'une famille très aisée, de son point de vue, la Néo ShinRa doit juste être correctement réglementée vis à vis des lois de la ville, et mieux surveillée, et il compte demander à la Néo ShinRa de lutter contre le braconnage des moombas pour se racheter de l'affaire... mais la Générale Leroy par contre, elle, elle veut mettre tous les scientifiques qui ont travaillé sur le projet moomba en prison, et interdire la Néo ShinRa d'exercer sur le territoire de Galbadia... de même, tous les brevets déposés sur le sol galbadien n'auront une durée de validité que d'un an avant que le gouvernement ne puisse se les approprier... visiblement, elle compte profiter de son statut pour outrepasser certaines lois afin de vous éjecter.» dit-il sur un ton désolé.

Il laissa Eve regarder un peu, honnêtement, il valait mieux éviter que Leroy passe, même si la NS avait fait de mauvaises choses avec cette histoire, Quentin savait qu'ils avaient fait de bonnes choses, et Leroy comptait donc s'approprier les bons résultats et punir l'organisation pour les mauvais. C'était vache, selon lui.
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Enlil
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MessageSujet: Re: Le temps des vérités    Dim 5 Nov - 1:49

"Oui, c'est sûrement ça. Chaque fois qu'un élément est présent en grande quantité, l'invocation qui y est liée a des chances d'apparaître. On peut penser qu'elles s'y sentent bien."

Évoqué de cette manière, ça semblait un peu simpliste. Eve se disait qu'il devait y avoir d'autres conditions pour rencontrer une entité chimérique, mais il ne pouvait l'affirmer avec certitude. Rien n'allait en ce sens selon les documents qu'il avait sous les yeux. Le sélénite poursuivait ses recherches, afin d'en découvrir plus au sujet des Chimères. Il y avait de nombreuses informations, mais toutes ne se révélaient pas très utiles. Il trouvait ainsi quelques documents concernant la fameuse chimère Zéphyr, mais rien ne semblait indiquer qu'elle était la représentante de son élément sur Héméra. Elle était leur seule piste concernant la gardienne du cristal du vent.

"Considérons que Zéphyr est la Chimère du vent. Dans ce cas, la représentante des ténèbres serait Arkh."

Il montrait à Quentin une représentation artistique de l'invocation. Celle-ci était dotée de deux formes, l'une ressemblait à un bateau muni d'une lame à la proue tandis que l'autre avait l'apparence d'un robot géant vaguement humanoïde équipé de la même épée et doté de deux ailes. La Chimère semblait être la seule représentante des ténèbres parmi tous les mondes. Le scientifique trouvait qu'ils menaient les recherches de manière assez efficace. Ils avaient déjà bien avancé depuis qu'ils avaient commencé à parler du Royaume des Chimères. Il consultait ensuite son téléphone, à la recherche de diverses cartes d'Héméra.

"La presse à scandale raconte souvent n'importe quoi tant que ça fait vendre."

Le sélénite savait de quoi il parlait. Certains journalistes n'hésitaient pas une seule seconde à incriminer la Néo-ShinRa à la moindre occasion. Des personnalités comme le directeur de la GGU ou un représentant politique de Gaïa faisaient couler de l'encre et permettaient aux journaux de s'enrichir sur la base de rumeurs souvent infondées, indécentes et à la limite du non-respect de la vie privée.

"Je vois ! Là ça parlait d'une histoire de disparition dans les plaines de Trabia, mais quand j'ai cherché des informations ça évoquait une nuit romantique sous la neige, loin des regards indiscrets."

Forgeron se sentait un peu idiot d'avoir cru des bêtises pareilles. Il allait certainement devoir faire du tri dans les données récupérées. Eve commençait à étudier une carte des différents climats et notait les lieux les plus froids. Il faisait ensuite une recherche sur les étendues d'eau, se focalisant sur celles qui avaient la taille suffisante pour accueillir le gigantesque serpent aquatique. Par la suite, il cherchait les lieux où les vents soufflaient le plus fort. Il prenait des notes sur son téléphone, en se concentrant sur les régions de Dol avant d'étendre ses recherches à Héméra dans son ensemble. Au bout du compte, ça laissait tout de même pas mal de possibilités.

Il voulut montrer l'écran de son mobile à Quentin, mais celui-ci parlait finalement de l'actualité politique de Deling City. Avant qu'ils n'arrivent dans les locaux du Timber Maniac, le garçon en noir avait refusé la proposition du scientifique de mener à bien ses recherches dans les locaux de Deling City. Une affaire politique en cours ne permettait pas d'affirmer que la compagnie pourrait rester au sein de la ville. Lily avait brièvement évoqué cette femme, la générale Leroy, mais Eve ne connaissait en rien les détails de son programme. Le sélénite l'avait fait remarquer à Kirito. Le garçon lui fournissait à présent des informations qui laissèrent Eve silencieux. Il tentait de cacher la peur qu'il ressentait à ce sujet.


"Cette femme a un comportement étrange. Elle compte profiter du scandale des moombas afin d'établir sa dictature sur le continent Galbadien."

L'ancien dirigeant de la ville n'était-il pas lui-même un dictateur malgré son titre de président ? L'extraterrestre décidait de partager ce qu'il avait sur le cœur.

"Je suis d'accord sur un point, les personnes qui ont commis des expériences sur des êtres civilisés doivent être jugées et punies. En revanche, j'ai l'impression qu'elle cherche à déclencher un conflit ouvert avec la Néo-ShinRa. La compagnie peut accepter une expulsion, mais il paraît évident que personne parmi les employés ne laissera le gouvernement de Galbadia s'approprier les brevets déposés. Surtout sous prétexte que la personne au pouvoir en a décidé ainsi. Ces travaux représentent les futurs bénéfices de la société. Au-delà de l'argent, pour certains il s'agit même du travail de toute une vie !"

Le sélénite commençait à devenir de plus en plus pessimiste, lui qui voulait pourtant croire en la bonté humaine de manière inconditionnelle. Cette fois-ci, il semblait résigné à envisager le pire. Il redoutait déjà sa visite à Deling City, mais à présent son estomac se nouait quand il y pensait. Le scientifique espérait franchement ne pas avoir à rencontrer la générale Leroy, ni même avoir à négocier avec elle.
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