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 Un village en glace pilée

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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Sam 10 Oct - 17:34

Ivar MaxwellQui Percival comptait duper comme ça ? Il était évident qu'il était un homme très fort. De toute façon, il suffisait de le regarder. Il n'y avait peut être pas que ses muscles qui faisaient sa carrure, mais il était évident qu'ils y étaient pour... la majeure partie. L'entrainement d'Ivar ne faisait pas le poids niveau force. Mais il n'étais pas moins fier de ce qu'il avait réussi à apprendre lors de ses entrainements. Percival avait essayé de modérer ce côté impressionnant, mais il s'était vite rendu compte de sa “faute” et avait fait une nouvelle courbette pour ne pas froisser Ivar. Cet homme semblait décidément avoir le cœur plus gros que sa poitrine. De son côté, Ivar avait demandé (sans doute plus pour la forme) s'il pouvait tenter l'expérience de soulever l'arme de son ami, qui fit d'ailleurs un trait d'humour. Ivar et sa fierté presque pas entamée se remirent à ranger le temps d'oublier cet incident. Lui qui avait déjà un bon coup de fourchette... mais est-ce que Percival était aussi doué que lui pour la couture, déjà ? Hein ?

Le jeune homme savait utiliser bon nombre d'armes, mais un maillet aussi imposant, c'était vraiment hors de sa portée. Il n'avait pas vraiment l'intention d'y remédier, il s'en sortait bien mieux avec ses deux dagues. Et puis, elles étaient comme le prolongement de ses bras, c'était ce qui faisait son efficacité lors des combats. Il oublia bien vite cet “échec”, qui n'en était pourtant pas. Et tous deux passèrent finalement très vite à autre chose.

Ivar ne s'était pas vraiment fait d'idées sur ce qu'ils avaient à faire. Cette idée, bonne ou mauvaise de participer à la garde s'était faite sur un coup de tête. Voulant prouver on ne savait quoi à lui même ou à l’audience. Alors il accepta ce que proposait Percival... jusqu'à ce qu'il pense à autre chose. Ils firent donc un bout de chemin séparément et Ivar revint à la tente où il trouva un trou. Lorsqu'il avait entendu les pas de Percival qui rentrait, il le lui montra. « Bien, lui, on dirait que c'est par là qu'il est passé. »

L'imposant roux proposa de refermer le trou avec un peu de terre et d'y placer les caisses comme avait pensé Ivar. Deux têtes valent mieux qu'une, c'est connu. « J'espère qu'il ne reviendront pas. Il faudrait faire en sorte qu'ils ne puissent plus s'approcher de la tente. Mais s'il faut revenir, cette fois, je vais pas hésiter ! »

Le jeune homme éclaira le trou pendant que Percival le rebouchait et termina en tassant la terre avec ses pieds et en poussant les caisses au dessus. Pauvres chaussures, elles étaient pourtant bien propres ce matin encore. Percival semblait content de leur opération, et s'assit sur les caisses. Ivar s'empressa de commenter : « Je t'ai dit qu'ils avaient besoin de nous, ici ! »

Puis, il s'installa lui aussi pour patienter. Il était un peu fatigué. Mais il y avait de quoi, après une journée pareille. Entre les deux aéronefs à charger, le combat, le froid... Et il se faisait tard, non ? Qui sait, avec le décalage horaire... et il ne savait même pas vraiment quelle heure il pouvait bien être chez lui. Percival semblait tenir le coup, lui, finalement. La lutte contre le sommeil, maintenant qu'il n'avait plus grand chose à faire se manifestait par son expression sans doute un peu trop concentrée et figée dans une neutralité déconcertante. Percival l'avait compris, mais fit mine de rien tout en répondant à la question sur les activités du lendemain. Autant dire que son expression changea du tout au tout lorsqu'il entendit qu'en plus de se coucher plus tard ils allaient se lever plus tôt. Inconsciemment, sa mine se changea en expression de surprise dégoutée. La fierté en prenait un coup quand on passait un peu trop de temps avec quelqu'un, face au sommeil, aux situations de danger, aux vols planés... Mais Percival finit par laisser éclater un gros rire en se tapant même sur la cuisse d'amusement. Il se moquait de l'expression du jeune homme ?! Ce dernier reprit l'air vif qu'on lui connaissait pour rétorquer : « Quoi ma tête?! Non, je vois pas de quoi tu parles. »

C'était un mal pour un bien. Ça avait au moins eu l'effet de réveiller un peu Ivar. Mais Percival ne fit pas durer plus longtemps la plaisanterie, il finit par dire qu'ils pourraient dormir un peu plus le matin. Ivar ne cherchait pas non plus à dormir des heures de plus, mais juste un nombre raisonnable, ou ils finiraient à travailler comme des zombies, les yeux creusés de fatigue et le teint grisâtre. Pourtant, il se racla la gorge avant de s'exprimer, avec un presque-sourire, tout en frottant l'une de ses dagues avec un bout de chiffon. « Je me réveillerai à l'heure qu'il faut. » Puis il se leva.

Percival lui expliqua qu'il restait encore plus d'une heure de garde. Le Ivar expressif étant de retour, il expliqua, gestes à l’appui, finissant par un sourire: « Uhm ! Pas question que je dorme et que je te laisse faire le boulot tout seul. Mais c'est gentil de proposer. »

Il avait décidé de rester debout, c'était plus facile de ne pas s'endormir comme ça. Il faisait les cent pas, non, pas moyen de rester en place. Quoique, il finit enfin par se poser un peu, sur une caisse en face de Percival.

« Hey, Percival... tu disais que tu espérais revenir vivre ici un jour. T'as changé d'avis ? Ils ont tous l'air très content que tu sois de retour. Et qui sait, quand le village sera reconstruit. Tu sais, j'étais sérieux. Il faut aussi reconstruire ta maison, je suis sur qu'ils vont nous aider une fois que le plus important aura été reconstruit. »

Ivar serrait un poing déterminé. Il repensait à la réaction des gens quand ils avaient retrouvé Percival... Mais il se souvenait d'autre chose... dont Percival n'avait que très peu parlé depuis leur rencontre, bon, d'accord, ce n'était pas vraiment très vieux tout ça. « Ils ont parlé de tes frères au diner. Tu en as deux, c'est ça ? Ils ne sont pas venus ? »

Bien sur, il le voyait bien, mais la question déguisée était surtout la raison de leur absence. Ils n'avaient sans doute pas pu se libérer... ou alors n'étaient-ils pas au courant ?

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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Sam 10 Oct - 21:37

PercivalEn entendant son équipier lui assurer qu'en cas de récidive des monstres, il n'hésiterait pas une seconde à lancer l'assaut, une partie de lui-même fut rassurée. Après tout, le rouquin n'allait pas coller le jeune homme 24 heures sur 24 et s'il se retrouvait seul face à un des congénères de leur dernier ennemi, un seul moment d'hésitation pourrait lui valoir une belle balafre. Du genre de celle que le géant arborait pas si fièrement que ça. En y repensant, il porta inconsciemment sa main jusqu'aux trois traits sur sa joue pour s'assurer de l'état dans lequel ils étaient. Rassuré, il reprit son rebouchage méticuleux du trou creusé par le Saut.

« T'en fais pas. Maintenant qu'on sait à quoi notre ennemi ressemble, ça sera plus facile pour les autres gars de patrouiller. »
conclut-il tout en observant son ami sauter sur la terre pour la tasser convenablement, prêt à pousser les caisses qui scelleraient définitivement le passage secret.

Caisses qui, d'ailleurs, s'avérèrent être un excellent support pour s'asseoir, taquiner un brin son compagnon et guetter sa réaction. Heureusement pour lui, Ivar n'était pas si susceptible que ça. Bien sur, il avait l'air un peu piqué par sa remarque, mais rien de bien méchant, le géant en était certain. Son coéquipier devait bien sentir qu'il ne s'agissait là qu'une façon, peut-être un peu maladroite, pour le colosse de montrer son affection. Le jeune homme ne le savait sûrement pas, mais le grand gaillard ne se serait jamais permis ce genre de blague sans se sentir un minimum proche de quelqu'un. A dire vrai, un tel moment n'aurait même jamais pu se produire puisque, sans cette sympathie qu'il éprouvait à l'égard d'Ivar, il n'y aurait pas eu de patrouille en commun : le géant serait simplement allé se coucher en souhaitant vaguement bon courage à son compagnon de route du jour.

D'ailleurs, il ne lui aurait jamais non plus proposer de veiller sur lui pendant qu'il se reposait un peu. Et le fait qu'il était quasiment sur que son ami, de fierté, lui répondrait par la négative – avait-il agi autrement depuis le début de cette longue journée ? - n'avait rien à voir avec sa proposition : Percival se souciait suffisamment peu de l'image qu'il renvoyait pour ne jamais essayer de paraître faussement gentil. Aussi répondit-il simplement à son camarade, qui le remerciait :

« Y a pas de quoi. Mais vu que notre tour de garde va durer encore un peu, si d'ici la fin, tu te sens partir, garde ma proposition en tête. Je dormirai pas, quoi qu'il arrive. »

Mais bon, vu qu'il restait fermement campé sur ses deux pattes, à faire les cent pas, il y avait peu de chance que la fatigue le gagne au point que ses yeux se ferment. Peut-être que la boutade du géant l'avait reboosté, après tout. Même les trais de son visage n'étaient plus si résolument – et si comiquement, d'ailleurs – fixes.

« Tu veux peut-être pas dormir, mais tu veux pas t'arrêter un peu, quand même ? Je vais jamais réussir à digérer ma soupe si t'arrêtes pas de bouger autour de moi. » lança-t-il en souriant franchement.

Une fois enfin posé, le jeune homme enchaîna, sans transition, sur les projets du géant au Village Glaçon, avec une telle verve que Percival se demanda tout de suite si c'était cette question, et tout ce qui en découlait, qui turlupinait son ami, au point de lui faire faire les cent pas pour savoir comment aborder le sujet. C'est vrai qu'il avait été particulièrement bien accueilli, mieux qu'Ivar même, parfois, pourtant parent avec certains des habitants, mais sa pensée était très claire :

« Tu sais, Ivar, les gens m'ont bien accueilli parce qu'ils aimaient beaucoup mes grands-parents. Ils sont sûrement contents de voir qu'au moins un de leurs petits-enfants n'a pas complètement oublié le village de son enfance... »

Il se passa la main dans les cheveux pour réfléchir à la formulation de la suite de sa pensée et, après un léger silence, reprit :

« Mais je ne pense pas qu'ils aimeraient vraiment que je reste. J'ai forcément changé... »

Il laissa sa phrase en suspens, prêt à développer, quand son regard tomba sur le poing résolument fermé de son compagnon et il laissa sa phrase mourir pour afficher un sourire bienveillant. Il fallait croire qu'il n'était pas le seul, sous cette tente, à avoir un cœur suffisamment gros pour prendre sur soi le bagage d'un autre. Son ami profita de ce moment de répit dans l'étalage de ses réflexions profondes par Percival pour demander à ce dernier de satisfaire sa curiosité sur un autre point. Ne sachant pas vraiment par où commencer, le gaillard répondit, de manière un peu confuse :

« Oui, oui. Deux. Un petit et un grand... Aucune chance qu'ils se pointent. »

Il jeta un œil du côté du jeune homme et, estimant qu'il avait envie d'en savoir un peu plus, continua :

« Je sais pas où est le grand. Il s'est engagé dans le SOLDAT, et depuis un an avant la fusion des mondes, plus de nouvelles du tout. L'autre... »

Un soupir.

« Il essaye de percer au Gold Saucer. Sans grand succès. »

Il haussa les épaules et conclut, un peu blasé :

« Alors les misères du Village Glaçon font pas vraiment partie de leurs priorités, si tu veux mon avis. »

Il ouvrit un peu sa cape, maintenant qu'il s'était réchauffé, et continua :

« Et toi, parle-moi un peu de ta famille. Des frères et sœurs ? »

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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Dim 11 Oct - 16:37

Ivar MaxwellLe problème de trou de lapin réglé, le sommeil avait failli emporter Ivar. Il avait été vite remis en alerte par une plaisanterie de Percival à laquelle il avait cru une seconde... peut-être un peu plus... mais chut. Et cette fois, une chose était certaine, il n'allait plus se laisser aller à somnoler.

Il était à craindre que le grand roux soit spécialiste en Ivar bien avant que le jeune homme ne sache vraiment décrypter les pensées de son nouvel ami. Il risquait de prendre encore et encore des vessies pour des lanternes, malheureusement. Il avait donc réagit de manière tout à fait gamine, mais finalement, rien de bien méchant en effet. Percival fut insistant concernant sa proposition de laisser Ivar dormir pendant la garde, mais ce dernier s'entêta à rester debout... jusqu'à ce qu'on lui fasse comprendre que son petit footing ridicule donnait le tournis. Il s'asseyait face à Percival, bien décidé à lui en demander un peu plus sur lui. Et ses projets, tant qu'ils y étaient.

Percival ne chercha pas à faire de mystères pour répondre. Ivar l'écoutait en hochant la tête de temps en temps. Il pensait que les gens du village ne souhaitaient surement pas qu'ils reste pour de bon. Il pensait avoir... changé. « Pour l'instant, de toutes façons, ils ont besoin de nous, mais... »

Ivar n'avait pas fini sa phrase non plus, il avait serré le poing sans vraiment vouloir montrer quoi que se soit, mais Percival l'avait vu. Le jeune homme était bien décidé, oui. On lui avait pourtant dit que ce n'était pas la peine. Et même avant, depuis toujours, qu'il ne devait pas trop en faire. Mais le problème était qu'il ne savait pas ce que “pas trop en faire” voulait dire. Pour lui, il y avait faire et ne pas faire. Trop ou trop peu, il ne connaissait pas. Et il n'était pas toujours avare d'auto-lancer-de-fleurs.

Beaucoup prenaient son comportement pour de l’égoïsme, de l’égocentrisme ou je ne sais quel soucis de l'ego... bien qu'il était difficile à comprendre pourquoi. Mais il avait toujours voulu faire passer ce qu'il pensait être son devoir en premier. Même si c'était contre la volonté des personnes qu'il voulait aider. Après tout c'était un peu le principe de la ceinture de sécurité dans les voitures, non ? Pourquoi arrêter les gens qui n'en portaient pas sachant très bien qu'ils connaissent les risques et qu'ils n'affectent qu'eux? Pourtant, ils sont protégés malgré eux. Et c'était pour la bonne cause! S'il en faisait trop aux yeux des autres, c'était surement pour ça. Mais Percival n'avait même pas cherché à lui faire changer d'avis. Il l'avait regardé comme s'il comprenait tout ça... ce qui était assez rare pour qu'Ivar soit plus serein.

Il se souvenait des discussions du diner et demanda à Percival quelques précisions concernant ses frères, il en avait bien deux et était celui du milieu. Ils n'allaient pas venir, apparemment. Ivar leva les sourcils, la tête un peu penchée sur le côté. Percival finit par en dire plus. C'est ainsi qu'il appris que l'un d'eux était même “porté disparu”. Ce qui fit d'avantage froncer les sourcils du garçon était le fait qu'il soit du SOLDAT. D'ailleurs qu'est-ce qu'ils étaient devenus depuis que la ShinRa était “tombée” ? Et depuis que la Néo-ShinRa était apparue, alors ? Mais le colosse avait vite enchainé sur le deuxième et semblait désespéré par le sujet.* Les questions et remarques se bousculaient sous la chevelure grise d'Ivar. Pas moyen d'en sortir une chose compréhensible, il commença à ouvrir la bouche, mais Percival lui demanda d'en faire autant et de parler de sa famille. Oh, ça il savait faire aussi. Il se redressa sur sa caisse et entreprit de répondre :

« Non, j'ai ni frères, ni sœurs, c'est moi qui suis le seul responsable de l'avenir de la famille. Nos coutumes sont transmises depuis des générations, exactement comme elles sont depuis des siècles ! J'ai grandi dans les montagnes, entouré des arbres, des pierres et des animaux. Mes parents m'ont appris à les comprendre. Mon père est mineur dans les montagnes près de Corel. Ma mère fabrique des objets traditionnels et les vend. »

Ivar regarda Percival, puis continua. « Quand la ville de Corel a pris feu, tout le monde a du se reconstruire. J'ai déjà connu ça ! » Il montra la porte de la main, comme si elle représentait tout le village détruit. « Oh non ! Mon village était loin de Corel ! » ajouta-t-il avec un sourire. « Mais c'est comme ça que j'ai connu Ryan, il avait aussi perdu son auberge. »

C'était sans doute pour cette raison que les habitants de Corel se montraient aussi généreux et touchés par cette cause. Ils savaient ce que tout perdre dans un “incident” voulait dire.

« Donc, je me suis dit qu'ils auraient besoin de moi ici ! » Il se leva, sortit toutes ses dents et posa sa main sur sa poitrine au cas où Percival n'avait pas compris de qui il parlait. Puis il se rassit. « Et puis, j'ai de la famille ici. Tu sais, même s'il fallait se lever plus tôt, je l'aurais fait ! »  

Il pouvait arriver qu'Ivar soit un vrai moulin à parole. Surtout quand on parlait de sa famille et se leurs “particularités” dirons-nous. Mais c'est Percival qui allait s'endormir si ça continuait, malgré tout ce qu'il avait dit.

« Donc, tu penses repartir quand tout ça sera fini ? Tu penses chercher ton frère ainé, un jour? Il est peut-être de nouveau SOLDAT à la Néo-ShinRa? » Ivar fronça à nouveau les sourcils et serra les dents. Qu'est-ce qu'ils mijotaient encore, ceux là, d'ailleurs?

A force de discuter, le temps allait surement passer un peu plus vite et agréablement. Du moins, il fallait espérer. En tous cas, il n'y avait pas eu de nouvelle alerte au lapin.


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*Sans doute s'entendrait-il bien avec Chris qui ressentait quelque part le même désespoir pour sa jeune sœur, Carline.
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Dim 11 Oct - 19:15

PercivalEn livrant les quelques détails que son ami lui demandait sur ses deux frères, Percival sentit la grande attention dont faisait preuve Ivar. Son envie d'en savoir plus que ce que le géant, soucieux de ne pas trop s'étendre sur le sujet, livrait de façon parcimonieuse, était presque palpable. Mais le risque de se voir embarquer la conversation dans une histoire à peine résumée de sa vie était tellement grand que le colosse s'abstenait – peut-être à tort – de rentrer dans le détail.

De toutes façons, il était clair que personne, encore moins Ivar, ne se serait contenté d'une description générale comme ça, surtout en sachant qu'ils avaient une bonne heure et demie à tuer. Mais, pour être certain de ne pas trop monopoliser l'attention, mieux valait laisser son interlocuteur se charger de demander les précisions qu'il voulait. Et puis, le jeune homme n'était pas le seul curieux de l'équipe : Percival aussi voulait en savoir plus sur celui à qui il n'avait pas lâché une semelle de la journée.

Et la réponse était plutôt intéressante. A dire vrai, le grand rouquin était plutôt étonné d'apprendre qu'Ivar n'avait ni frère ni sœur. Avec un sens du partage et du dévouement pareil, le géant aurait plutôt parié sur une grande fratrie. Mais bon, ce n'était qu'une supposition, et les épreuves qu'il avait traversées expliquaient sans mal les traits les plus visibles de son caractère. De même que cette propension à vouloir secourir les animaux à tous prix. En se rappelant la réaction de son ami lors de leurs retrouvailles avec sa tante, et cette légère tension qui était apparue lorsqu'elle avait évoquée la disparition de tout son cheptel, Percival réagit à la dernière déclaration du jeune homme sur sa compréhension du langage des pierres, des plantes et des bêtes, avec toute la délicatesse qu'il aurait déployée s'il avait dû marcher sur des œufs :

« Je vais peut-être te paraître un peu idiot, mais... Comprendre les animaux et tout le reste, c'est possible ? Je... j'ai jamais entendu dire qu'on pouvait. »

Bien entendu, il savait qu'on pouvait, après plusieurs années d'expérience en tant qu'éleveur, reconnaître quelques signes distinctifs de l'état et de l'humeur d'un animal, mais de là à prétendre les comprendre réellement, il y avait un gouffre. Quant aux plantes et aux cailloux, il y avait de quoi être sceptique. Mais, après une bonne journée de pratique de l'Ivar, le géant savait qu'il ne valait mieux pas trop forcer sur la corde « taquinerie », au risque de le voir se braquer. Et puis, Percival avait beau être bien plus âgé que son camarade, il était prêt à convenir assez aisément qu'il n'était pas mieux-sachant que lui sur bien des sujets.

*Faut dire qu'en ayant grandi dans un Village où tout est gelé une bonne partie de l'année, il y a pas de quoi être expert de quoi que ce soit, à part de la survie en milieu hostile.*

Mais le jeune homme avait encore bien d'autres choses à raconter, auxquelles le géant répondait par des hochements de tête intéressés, sans le couper davantage. Au milieu des explications, il regarda la caisse sur laquelle il était assis et, reconnaissant celle où ils avaient rangé des pommes, il se leva pour en dégoter une, un peu abimée, puis une autre, qu'il proposa d'un geste à son compagnon, toujours en train de parler.

Il se rassit tranquillement sur la caisse refermée et, quand Ivar eut terminé de lui dire pourquoi il était ici, le géant commenta simplement :

« Eh bah, il y a pas à dire, ils auraient eu pas mal à perdre si t'avais pas trouvé où embarqué pour ici ! »

Y avait besoin de préciser que cette déclaration était on ne peut plus sincère ? Même s'il avait douté des capacités de son compagnon de route lorsqu'ils s'étaient rencontrés – qui l'aurait mieux jugé, en voyant un petit gabarit comme lui se vautrer de tout son long quelques secondes avant de faire connaissance ? - il était certain que sa motivation et son énergie seraient des atouts non négligeables au Village.

Et puis, peut être que sa capacité à comprendre le monde qui l'entourait d'une façon particulière serait aussi un avantage. Il allait d'ailleurs lui demander de lui expliquer un peu plus tout ça, mais, alors qu'il avait la bouche pleine de pomme, le jeune homme le prit de court avec ses questions sur ses frères. Décidément, c'était du donnant-donnant. Respectueux des règles du jeu, le grand rouquin avala sa bouchée et répondit, avec un sourire en coin :

« T'as tout bon. Je vais pas rester ici, quand on aura plus besoin de moi. Par contre, pour ce qui est de chercher mon frère... »

Son regard se perdit dans le vide, son esprit se remémorant tout ce qu'il avait déjà entrepris pour retrouver Garett et les échecs qu'il avait essuyé. Cela faisait bien longtemps qu'il avait arrêté les recherches et pourtant, dès qu'on lui rappelait sa disparition, une partie de lui-même songeait à les reprendre. Mais, comme toujours, la partie de son esprit la plus réfléchie lui rappelait qu'il avait quelqu'un d'autre sur qui veillait, ou, depuis cette catastrophe, un autre combat à mener.

« Non, je vais vraiment me donner à fond sur ce qui a démoli le Village. Ce Sephiroth, ou qui que ce soit d'autre. Ils sont peut-être balèzes et je suis surement pas le plus malin, mais, avec ma grosse masse et mes bras, je peux faire mal. Alors, je réglerai le problème ! »

Le poing fermement agrippé à la pomme, les yeux brillants de détermination devant ce serment renouvelé, le rouquin croqua avidement dans son fruit et, après en avoir terminé avec sa bouchée et reprit contact avec la réalité, reprit :

« De toutes façons, je sais pas où tout ça va nous mener, mais, si on est obligé d'aller dans des endroits bizarres pour trouver des réponses, il y a de grandes chances qu'on tombe sur mon frangin, vu qu'il est dans aucune ville ni aucun village sur Gaïa... »

Il soupira et se reprit :

« Enfin, je dis « on », mais je dis pas que tu dois obligatoirement venir avec moi, hein ? Si tu dois rester avec ta famille pour t'occuper d'eux et de leur troupeau, faut pas hésiter. D'ailleurs, je comprends mieux pourquoi tu te soucies autant de leurs bêtes... »

Avec le même tact dont il avait fait preuve quelques minutes plus tôt, il demanda, son regard doux plongeant dans celui de son compagnon :

« Comment ça marche ? Je veux dire, tu les comprends vraiment, ou bien tu les connais juste très bien ? »
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Dim 18 Oct - 17:22

Ivar MaxwellIvar aimait bien parler et il ne se faisait pas prier pour raconter des choses sur lui même. Mais il s’imaginait très connecté avec “les autres” que se soit les personnes ou les animaux ; qu'il considérait presque comme des personnes si on en croyait la manière dont il s'adressait à eux. Percival pouvait donc en dire plus sur lui, ça leur permettait évidemment aussi de passer le temps. Cette garde commençait à être un peu longue pour quelqu'un d'aussi turbulent que le jeune homme.

Mais Percival s'était aussi intéressé à lui. Ils allaient surement passer à côté de certaines choses, mais pour Ivar, ils allaient avoir encore l'occasion de discuter lors des prochains jours. Après ? Oh, ils n'allaient pas tarder à en parler de toutes manières. Pour le moment, il était question de famille. Et même si la réponse d'Ivar allait être une surprise pour Percival, elle était assez logique pour le garçon.

De plus, le roux ne montra pas vraiment sa surprise, ainsi, ils continuèrent à discuter sans s'y arrêter. Non, ce qui était plus étrange encore aux yeux du colosse était bien évidemment ce qu'il avait dit sur les animaux et sa capacité particulière à communiquer avec eux, selon ses propres aveux. Autant vous dire que malgré sa sensibilité quand aux choses qui vivaient près de lui, il y avait en ce jeune homme aux cheveux gris une assurance assez grand pour brouiller les signaux envoyés par les êtres humains :

« C'est normal ! Maintenant les gens font plus attention à tout ça ! Si tu savais ce qu'ils disent ! » Ivar regardait Percival avec un air fier et sincèrement heureux. Il semblait être une des rares personnes à le prendre au sérieux. Il faut bien dire qu'il n'y en avait pas des centaines, comme lui ! « Bien sur qu'on peut. Enfin, dans le village d'où vient le famille de mon père. Sur l'ile de Wutaï... il y a plein de coutumes qu'on apprend de génération en générations ! »

Toute dents dehors, Ivar fit une pause. Percival lui proposa une pomme, il la prit et après l'avoir frottée dans ses mains croqua dedans. Après tout, ils l'avaient bien méritée.

« Elle sont pas mauvaises ! Merci. Bref... Mon père m'a transmit tout ce qu'il sait ! Pas grand monde y croit encore, mais ils ont tort ! ... Après, pas tout le monde peut apprendre ça. C'est classe, hein ?! Et ils m'ont appris plein de choses encore. Les gens du village ne m'écoutent jamais ! Oh tant pis pour eux. » avait-il terminé après avoir croqué une nouvelle fois dans la pomme. Puis il raconta pourquoi il était venu au village glaçon. Oh, plusieurs raisons, en fait. Il acquiesça lorsque Percival lui confirma qu'ils auraient eu grand à manquer si jamais il n'était pas venu ! Bien sur que c'était vrai, hey !

Percival répondit à la question qui vint après avec un peu d'hésitation sur la fin. Il semblait bel et bien décidé à repartir, mais quand à retrouver la trace de son frère... c'était autre chose. Ça semblait être quelque chose de délicat, et Percival dériva vite sur autre chose.

« Uhuhm ! »

Ivar écouta ce qu'il avait à dire sur “la suite”. En fait, cela pouvait lui donner des idées, car il n'avait lui même pas encore trouvé ce qui lui plairait de faire. C'était pas si facile ! Et lorsque Percival continua et parla de ses projet à plus long terme, une nouvelle étincelle s'alluma dans les yeux d'Ivar. La détermination du grand roux qui faisait face à Ivar n'avait rien à envier à celle du jeune homme. Il était sans doute moins démonstratif et surtout plus réaliste, mais ils avaient quand même ça en commun. Ivar avait lui même laissé son esprit s’imprégner de ces mots... hochant la tête en guise de première promesse. Le silence était seulement brisé par les bruits que faisaient les deux hommes en mangeant.

Puis le colosse donna une précision qui faillit faire s'étouffer Ivar, qui se reprit bien vite : « Oh ?! Nononononon ! Percival ! Je veux t'accompagner ! A nous deux, on pourra sans doute faire quelque chose ! Une fois le travail terminé, je n'aurai plus rien à faire ici. Je serai sans doute rentré chez moi. Mais on va montrer à ceux qui ont fait ça de quel bois on se chauffe ! Ça détruit pas seulement des maisons, ça a tué des gens et... ça a démoli tout un équilibre ! Y'a qu'à voir les attaques de monstres en pleine ville ! »

Percival revint d'ailleurs sur le sujet du “don” d'Ivar. Le jeune homme resta un moment bouche bée. C'était bien la première fois qu'il rencontrait quelqu'un qui s'y intéressait autant. « Je leur parle. Et je les comprends. Depuis que la Rivière de la Vie a disparue, ça a changé. Avec les animaux, ça va. Mais les monstres, c'est différent. C'est comme si ils étaient devenus plus sauvages. Enfin pour moi. Il suffit de regarder le lapin tout à l'heure. Mais je vais y arriver, tu vas voir. »

Ivar ne devait pas avoir vraiment bien répondu à la question de Percival... « Uhm... En fait je fais ça depuis toujours. C'est un peu compliqué à expliquer... »

Ivar essaya de le faire quand même. Il parla de ce qui reliait tous les êtres et les éléments. Pour lui, il n'y avait pas d'explication scientifique, il n'avait jamais pu étudier beaucoup les choses sous cet angle là. Mais, c'était une évidence, dans tout ce qu'il y avait sur Gaïa, et désormais sur Héméra, il y avait un lien, une harmonie, un fluide qui permet à tout de communiquer. « C'est ce que ma famille m'a appris. »

C'était le principe même de la Rivière de la Vie... mais les gens ne la voyaient pas toujours comme ça, surement. C'était finalement aussi un peu comme les Chimères, les Gardiens et les Cristaux, mais il n'en parla pas, car il en savait tellement peu. Peut-être que si un jour ils pouvaient trouver une de ces Chimères, ou même en savoir plus sur les Cristaux, il aurait le répondant nécessaire pour faire taire ces ignares qui se moquaient de lui... et leur faire comprendre qu'il avait raison. Depuis toujours. C'était non seulement une injure envers lui, mais aussi envers sa famille toute entière de ne pas y croire. Est-ce qu'à Wutaï ils y croient encore ? Avec les guerres et la ShinRa qui sont passés par là... Il fallait espérer qu'Ivar n'avait pas endormi Percival avec ses explications.

« Allez les gars, vous pouvez aller dormir ! Merci pour le coup de main ! Faites gaffe, avec ce que vous avez fait ce soir, on pourrait refaire appel à vous ! » Leur relève était arrivée. Ils allaient pouvoir aller dormir. Une journée rude les attendait surement le lendemain. Ivar se laissa aller à bailler sur le chemin du retour.

« Ouuhhhhhhhhmm ! Je sens que je vais dormir comme une souche ! »


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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Sam 24 Oct - 19:59

PercivalLes révélations de son compagnon sur les capacités de certains des habitants de son village d'origine avaient de quoi surprendre. Peut-être que la distance qui avait séparé le géant du village exotique de Wutaï l'avait également tenu éloigné de certaines traditions, mais il était bien certain que, au cours de ses différentes haltes dans toutes les villes de Gaïa, il n'avait jamais entendu personne prétendre être capable d'une si profonde interaction avec les animaux.

Cependant, il n'avait jamais poussé l'aventure jusqu'à Wutaï. Et il connaissait si peu de personnes qui en étaient originaires qu'il ne pouvait que s'imaginer, en écoutant Ivar raconter de quoi il était capable, que ces habitants étaient tous plus ou moins dotés de cet étrange don. Après tout, dans l'esprit du colosse, ce n'était pas si surprenant : toutes les villes dans lesquelles il s'était arrêté étaient largement sous l'influence de la Shinra et de toutes les évolutions technologiques associées. Wutaï, plus éloignée, avait peut-être limité l'influence de la corporation pour garder un contact plus proche avec la nature. Bon, d'après ce qu'Ivar disait, tous les originaires de Wutaï n'étaient pas aussi « doués » que lui en la matière, mais, dans l'esprit du barbu, ils étaient surement bien plus nombreux qu'en réalité.

Reconnaissant bien volontiers son incompétence en la matière, le grand roux ne pipa quasiment pas un mot pendant les explications de son jeune ami, hochant simplement la tête de temps en temps pour lui faire comprendre qu'il fallait qu'il poursuive puisque le sujet l'intéressait évidemment.

De toutes façons, il aurait sûrement l'occasion d'en apprendre bien plus sur cette pratique, autant que sur ce lien qui, selon Ivar et sa famille, unissait chaque être vivant, chaque élément dans un cercle, une ronde à l'infini. Percival, qui avait bien entendu parler de cette Rivière de la Vie après sa disparition, était loin d'avoir une opinion aussi idéaliste sur le sujet :

« Je croyais que la Rivière de la Vie, c'était surtout une belle formule pour parler de l'énergie dont on avait besoin pour avoir l'électricité et le chauffage un peu partout. Et les Matérias. »

Bref, rien d'autre que du pragmatique. Mais, la cause n'était pas perdue : le gaillard était loin d'être contre un peu de mysticisme dans sa vie. Il n'avait, tout simplement, jamais rencontré quelqu'un qui défendait des idées assez peu scientifiques avec un tel aplomb. De toutes façons, vu qu'ils allaient très certainement passer encore quelques temps ensemble – Percival avait gardé pour lui la satisfaction que lui avait procurée la volonté réaffirmée d'Ivar de l'accompagner, mais il en avait éprouvé un grand soulagement – il aurait largement le temps d'étoffer ses connaissances et, lorsqu'il en aurait un peu plus appris, de discuter le bout de gras avec son jeune ami. Car s'il s'imaginait que le rouquin serait toujours aussi sage, il allait être surpris.

Pour le moment, en tous cas, rien de bien mouvementé dans l'attitude du colosse. Après avoir fini sa pomme, il avait continuer à écouter son ami, ponctuant ses explications de quelques questions bien senties pour qu'il approfondisse tel ou tel point.

Après un long moment, un courant d'air les interrompit, juste avant de voir un des autres gardes les remercier et les enjoindre à retrouver leurs lits de camp. Le géant, pas fâché de le voir arriver, se redressa sur ses deux jambes et s'étira lentement :

« On va pas te cacher qu'on est bien contents de te voir, mon gars ! On a juste croisé un gros lapin qui chipait dans les réserves. Mais depuis qu'on a bouché le trou... rien. Tu devrais pas être trop inquiété, à mon avis ! »

Il ragrafa sa cape, rejoint l'homme qui prenait leur relève, lui tapota gentiment l'épaule et continua :

« Tu nous en veux pas, mais on a une nuit à faire. »

Il se retourna vers Ivar pour voir s'il suivait et le précéda hors de la tente. Après une nuit pareille, ni l'un ni l'autre n'avait plus vraiment envie de discuter sur le chemin du retour. Ils passèrent une bonne partie de la route dans le silence jusqu'à ce qu'Ivar intervienne. Amusé, bien que sentant la fatigue tomber à mesure qu'ils avançaient vers leur lit, le géant lui répondit :

« Pas si je m'endors avant toi. Avec tout ça, si je ronfle pas comme un ours.... »

Enfin, ils arrivèrent dans le dortoir dans lequel ils avaient déposé leurs affaires. En quelques secondes, le rouquin s'était débarrassé de sa cape, sa tunique, ses bottes et son pantalon pour se glisser dans les draps du lit du bas. Allongé sur le dos, les bras levés, les mains derrières la tête, il lança, la voix ensommeillée :

« Tu m'excuses, si je t'ai laissé le lit du dessus, mais je me suis dit que tu voulais pas courir le risque  de recevoir un poids lourd sur le crâne pendant que tu dors. »

Il sourit, ferma les yeux et, à mi-chemin entre la conscience et le sommeil, termina :

« Je suis bien content de t'avoir croisé. »

Quelques secondes plus tard, un léger ronflement s'élevait du lit et il ne s'interrompit qu'à une heure avancée de la matinée du lendemain.

Le jour filtrait sans mal à travers la toile blanche de la tente. Aussi, dès qu'il ouvrit les yeux, Percival put se rendre compte qu'elle était complètement vide.

*Combien de temps j'ai dormi ?*

Il avait la bouche pâteuse, les muscles un peu fourbus et les paupières encore lourdes, signe que l'heure était bien plus avancée que ce qu'il se permettait d'ordinaire. Il cligna plusieurs fois des yeux, s'étira de tout son long – un grand gaillard dans un si petit lit, le spectacle devait valoir son pesant de pommesottes – et, après quelques secondes, hasarda un :

« Ivar ? »

Pas de réponse. Il regarda fixement le lit au-dessus de lui, essayant de deviner s'il abritait encore quelqu'un et tenta, à deux reprises encore, d'obtenir une réponse, en parlant chaque fois un peu plus fort, mais il n'obtint rien. Un peu gêné de se dire qu'il était le seul du camp qu'on ait laissé dormir, il attrapa le bord de la couverture qui le recouvrait du torse aux mollets et s'en débarrassa d'un revers de bras. Il s'assit sur le bord du lit, s'appuya sur ses cuisses et se redressa. Arrivé à hauteur du lit, il jeta un œil à son contenu et aperçut une forme – humaine ?? - pelotonnée sous des couvertures.

Un brin amusé de se dire que le jeune homme n'avait pas le sang chaud comme lui, il secoua affectueusement le tas de couvertures avec sa large main.

« C'est l'heure de se réveiller, marmotte. »

Il continua jusqu'à ce qu'une voix dans son dos l'interrompe :

« Alors, enfin debout ? »

Le géant se retourna pour accueillir avec un sourire la voix reconnaissable entre mille de Cassandre.

« Je sais pas si on t'a dit, mais notre ronde n'a pas été de tout repos, hier. » rétorqua-t-il, son sourire et sa voix prenant une tournure volontairement plus provocante.

La brune aux traits forts s'approcha sans rien dire, et, une fois arrivée au niveau du géant, répondit :

« On m'a raconté. »

D'un geste maternel, elle caressa les trois griffures sur la joue du barbu et continua :

« Vous vous en êtes bien tirés. »

A sa voix, pourtant, impossible de savoir si elle vantait leur mérite ou leur chance. Quoi qu'il en soit, le géant n'eut pas le temps d'étudier la question puisqu'elle reprenait, sur un ton faussement autoritaire :

« Et, s'il te plait, enfile-moi quelque chose. J'aimerais éviter cette vision aux jeunes filles convenables qui pourraient entrer dans cette tente ! »

Avec un sourire, le géant hocha la tête et enfila rapidement ses affaires de la veille. Une fois habillé, il passa rapidement la main dans sa tignasse flamboyante pour y mettre un peu d'ordre et demanda, sur un ton badin :

« Qu'est-ce qu'on a au programme, aujourd'hui ? »

« Rien que de la construction, en ce qui vous concerne, mon grand. On t'avait pas menti, tu sais !! »

« En même temps, on est venu pour ça. T'entends, Ivar ? »

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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Mer 28 Oct - 14:15

Ivar MaxwellIvar n'avait pas été assez précis ? Enfin... Percival pensait que tout le monde était doué de ce “don” à Wutaï, c'était faux, bien sur. Et puis, même à Wutaï, les gens n'étaient plus aussi conscients et reliés à ces anciennes coutumes, ils étaient certes plus attentifs à ça que les habitants des autres contrées de Gaïa, pourtant, ce n'était pas encore tout à fait ça. Enfin, de ce que le jeune homme savait. Peut-être que si un jour le chemin les emmenait jusqu'à Wutaï, ils pourraient voir qu'effectivement, même sous les airs plus traditionnels et les temples... les coutumes étaient un peu passées à la trappe.

Pourtant, si Percival ne dit rien là dessus, Ivar ne put démentir. Seulement, il prit la parole une fois le flot de celles d'Ivar un peu calmé. Le géant parla de la Rivière de la Vie, il n'avait eu que la version profane de “l'histoire”. Ivar le regarda avec une lueur de dépit dans les yeux. Mais celle-ci ne dura pas tellement. Il prit les explications en main, et de plus belles, s'il vous plait.

« Uhm ! » commença Ivar, dubitatif. « C'est ce que la ShinRa a fait croire à tout le monde. Ils ont jamais rien respecté de toutes façons. Ils se sont servi de l’énergie de la Rivière de la Vie pour avoir toujours plus de pouvoir sur nous. Mais toutes les catastrophes que ça a provoqué... Je crois que ça a failli nous tuer tous. Quand les êtres vivants meurent, ils se retrouvaient tous dans le Rivière de la Vie, tu sais ? Même les arbres ont un esprit ! La Rivière de la Vie était ce qui nous reliait à la planète. Je sais pas pourquoi et comment elle a disparu... Mais je suis sur qu'elle existe encore, d'une manière ou d'une autre. »

Tout avait un esprit, les arbres et les animaux... une énergie vitale en tous cas... Et encore, Ivar ne savait pas tout... car sur les autres mondes aussi, sur Héra et Spira notamment... il y avait quelque chose de similaire à la Rivière de la Vie. Mais, après encore quelques échanges, il semblait que la conversation allait tirer à sa fin pour ce soir, car la relève entra dans la tente et annonça que leur garde était terminée. Les deux hommes allaient être soulagé de pouvoir dormir un peu sans doute. Et ils pourraient surement reprendre cette conversation un peu plus tard...  Ainsi, Ivar se leva à l'instar de Percival et renchérit :

« Ils devraient pas revenir de sitôt ! » Puis, il suivit le grand roux à l'extérieur et serra ses bras en les frottant avec un frisson, l'air était encore plus frais, le vent s'était un peu levé. Ivar fut si surpris par la température ressentie que son visage resta figé, impossible pour lui de parler pendant un moment, puis lorsqu'ils arrivèrent presque à hauteur de la tente, il laisse son soulagement s'exprimer concernant la nuit de sommeil à venir ; mais Percival ne perdit pas l'occasion de l’embêter à nouveau. Mais Ivar avait souri : « Y'a pas d'ours pour m’empêcher de dormir ce soir ! »

Lorsqu'ils furent arrivés dans la tente où ils allaient dormir, Percival choisit vite son lit et s'était déchangé pour dormir. Pas question pour Ivar de se déchanger autant. Il n'avait pas que la peau sur les os, mais c'était tout comme. Il fallait garder un peu de fourrure.

« Le dessus, c'est parfait. C'est plus chaud. Je veux pas finir comme la carotte du monstre de tout à l'heure. » Répondit Ivar à la seconde plaisanterie de Percival, il n'avait même pas pensé à participer à la plaisanterie concernant le “poids lourd”. Le roux ne perdit pas un moment avant de s'installer dans son lit.

Ivar, lui, s'était contenté de se débarrasser de ses dagues et de ses vêtements chauds, il défit le nœud dans ses cheveux et les laissa tomber pour la nuit. Il gardait ses sous vêtements noirs qui le couvraient en fait presqu'entièrement. Puis, alors qu'il montait l'échèle, Percival lui glissa encore quelques mots. « Je dois avouer que moi aussi... On forme une bonne équipe! »

Ivar non plus ne tarda pas à s'endormir. Il avait tout de même pris soin de se recouvrir les oreilles de sa grosse couverture ; sait-on jamais. Il dormit comme il avait pensé... euh non, en fait son sommeil avait été agité. Il s'était enroulé dans ses couvertures sans même s'en rendre compte... si bien que lorsque le roux avait tenté de le réveiller, il ressemblait à un saucisson enroulé dans un torchon, inutile de dire que les premières tentatives de réveil furent infructueuses !

Mais lorsqu'il entendit finalement la voix de Percival, il ne comprit pas bien de qui il s'agissait. Et encore, heureusement pour son grade que son ami n'avait pas vu la bave sur son oreiller. Il finit par réaliser la situation que lorsqu'il entendit la voix de Cassandra derrière eux. Il se leva, décoiffé et une marque d'oreiller sur la joue. Il bondit hors du lit et salua les deux autres en pleine conversation. Le temps d'attacher ses cheveux, le plus pressé selon lui et il s'habilla vite pour se tenir prêt. Au même moment Percival et sa tante discutaient de la garde de la veille, ici toutes les nouvelles faisaient le tour des tentes très vite, ça devait aller encore plus vite que lorsque le village était intact. Mais Ivar réajusta les mèches qui lui entouraient le visage avant de s'exprimer lui aussi sur le sujet “ils s'en sont bien tirés” :

« N'est-ce pas ? Il faudra vérifier l'intérieur de la tente tous les... soirs. » Ivar se tut avant qu'il n'en dise trop et regarda Percival qui semblait avoir pris un peu de retard, du coup, pour s'habiller. Cassie ne l'avait pas raté. Pourtant... il n'y avait rien de très dangereux  à voir, si ? Ivar regarda Percival s'exécuter. C'était vraiment étrange de voir comment il se laissait mener à la baguette... mais il n'en avait pas dit plus. Et inutile d'en demander plus à Cassie. Il allait se faire jeter à coup sur. Il valait mieux garder un minimum de fierté, surtout devant le colosse.

Puis, ce dernier entreprit de demander le programme Ah oui ! En voila une bonne question et Ivar écouta avec intérêt la réponse. Qui le soulagea.

« Vous pouvez compter sur moi ! » dit-il en bombant le torse et arborant un sourire confiant sur son visage encore froissé par le sommeil... mais que se soit le mouvement ou la faim... un joli grognement se fit entendre. Ivar resta figé dans son expression mais se mit en route vers l'endroit où ils avaient mangé le soir. Les boulangers avaient eux aussi mis la main à la pâte avant même que le soleil ne soit levé pour faire du pain pour la journée. Ivar se jeta sur un morceau de pain et l'enduisit (c'était vraiment le cas de le dire) de beurre. Puis il sortit un bout de chocolat qu'il cassa et glissa dans le pain avant de refermer.  

« Avec ça... ça devrait aller. Bon appétit. »  Il avait posé la tablette sur la table et d'un geste de la main il en proposa à Percival, avant de dévorer son pain au chocolat. Cassandra les avait suivi, une fois le petit déjeuner terminé en vitesse ; ils partirent vers le chantier.

Il y avait déjà pas mal de monde sur place. Ils avaient commencé par enlever la neige pour dégager les fondations et ce qui restait du grand bâtiment. Tout ce qui était encore exploitable devait servir, bien sur et ça permettrait de perdre beaucoup moins de temps. Restait à Ivar et Percival à trouver leur place dans le balai des ouvriers du bâtiment (et ouvriers du bâtiment improvisés). Pour ça rien de plus facile, quand on est aussi fonceur qu'Ivar, non ? Pourtant il y avait tellement à faire qu'il fallait trouver son poste et surtout ne pas déranger les gens qui s'étaient déjà mis au travail. Fort heureusement, le chef de chantier vient les accueillir.

« Ah ! Les chasseurs de lapin ! Bon qu'est-ce que j'avais prévu pour vous.. ? » c'était l'homme de la veille. C'était un peu ennuyeux pour les deux hommes fraichement réveillés de rencontrer l'un des gardes nocturnes réveillé bien plus tôt, mais il n'effectuait pas vraiment de tâches très épuisantes et supervisait plutôt les opérations. Bien que ça devait être fatiguant mentalement, c'était réparable un peu plus facilement que des courbatures. Enfin peut-être.

« Pour les costauds comme toi, c'est plutôt par là qu'on aurait besoin de ton aide... Et toi mon garçon... on va te trouver un truc à ta taille. » Ivar regarda Percival, puis l'homme à nouveau... il voulait dire quoi par là?

« Alors voilà, justement, tu vas mesurer et marquer le bois. Après on va s'occuper de l'assembler. Une fois que les murs du bas seront montés, tous les panneaux en bois doivent être finis pour être montés. »

Ivar se mit rapidement à la tâche en ayant une seule idée en tête : il fallait faire le plus vite et le mieux. C'était son boulot de le faire, il était là pour les aider et il allait devoir être le plus efficace par ici. Autour, il y avait un vacarme fou ! Entre les bruits de perceuses, visseuses, marteaux... mais aussi les cris des différents ouvriers. C'était encore plus animés qu'Ivar l'aurait pensé. Il mesurait les planches, déroulant son mètre ruban et faisant des allers et retours de trop, surement. Il profita de passer près de Percival pour lui demander comment ça se passait: « Hey! Percival!! Ça se passe bien chez toi ? Moi je vais devoir passer à autre chose, j'ai tout marqué. Besoin d'aide? »

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Véga
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Mer 28 Oct - 14:22

~ ~

Percival et Ivar passent au niveau 3!
Bravo!  Mog
Percival et Ivar obtiennent 200Gils chacun (car ils payent 50Gils pour la nuit).
Ils sont tous deux restaurés, tout beaux, tout neufs!

~  Like a Star @ heaven  ~
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Mar 3 Nov - 19:14

PercivalAlors qu’il était en train de discuter avec Cassandra, Percival entendit enfin remuer sous les couvertures du lit supérieur. Il y jeta un coup d’œil rapide tout en continuant d’échanger avec son interlocutrice du moment. Lorsqu’il aperçut une tête aux cheveux gris hirsutes, il ne put réprimer un sourire. Il s’interrompit pour répondre au jeune homme, qui venait de sauter à bas du lit :

« Bienvenue parmi nous ! »


Il appuya sa boutade matinale d’un clin d’œil à son attention et reprit sa discussion avec Cassandra, tout en enfilant pantalon et une tunique un peu plus chaude qu’il avait trouvée dans son sac. De toute façon, ils devaient s’activer un peu s’ils voulaient faire bonne figure : d’après l’activité qui semblait régner dehors, ils avaient été largement remerciés d’avoir sacrément perturbé les chapardages qui avaient lieu dans la réserve. Mais il ne fallait pas trop tirer sur la corde.

Et puis, sincèrement, Ivar était loin d’être le seul à avoir un trou béant à la place du ventre, et si celui de Percival se montrait plus discret, il n’en était pas moins dramatiquement vide. Il s’excusa rapidement auprès de Cassie, qui les laissa partir pour terminer de ranger le dortoir, et s’en alla à la suite de son ami.

En arrivant à la cantine, Percival attrapa un pain au lait, le fourra à moitié dans sa bouche, et en prit un second, avant de s’installer en face d’Ivar. Il observa d’un œil étonné la couche de beurre dont il garnissait sa tartine, mais s’abstint de tout commentaire.

*N’empêche qu’il fait comment pour avoir ce gabarit-là s’il mange ça dès le matin ?*

Il dévora son premier pain au lait en deux bouchées et, avant d’attaquer le second, secoua fermement la tête en voyant son jeune ami poser une plaque de chocolat sur la table. Ils ne se connaissaient pas encore très bien, mais Ivar apprendrait vite que le colosse goutait assez peu cette sucrerie.

« Très peu pour moi, merci. » réussit-il à dire avant de faire le même sort à son second pain au lait.

Le problème du grand creux en partie réglé, les deux comparses, rejoints par la tante d’Ivar, se dirigèrent vers le calendrier, puis vers le chantier, où leur chef d’équipe de la veille les attendait. Le géant tourna rapidement les yeux vers Ivar pour constater qu’il semblait aussi gêné que lui de voir que celui qui les avait presque bordés était déjà sur le pont. En écoutant les explications de son chef, le rouquin ne put s’empêcher de passer sa main dans ses cheveux et d’acquiescer à tout ce qu’il lui disait. Ce n’était pourtant pas son genre de risquer de se voir refiler les tâches dont personne ne voulait, mais, lorsqu’il sentait qu’on lui avait fait une fleur, le gaillard se mettait souvent en tête de rembourser sa dette.

Mais, en l’occurrence, il n’y avait pas de piège : à part Ivar, qui s’était vu confier une tâche plus à la hauteur de son gabarit, tous les volontaires s’occupaient, soit de déblayer les fondations, soit de couper et transporter les troncs qui constitueraient l’ossature du bâtiment. Aussi, soulagé de voir  que le chef de chantier l’avait affecté à l’évacuation des derniers débris qui empêchaient l’équipe de charpentiers de se mettre au travail, le gaillard retira sa cape, la posa près du bureau du chef et  se tapa le torse avec le creux de la main :

« Je suis ton homme ! »

Après un dernier coup d’œil en direction de son ami, pour voir où il irait dépenser sa formidable énergie, le géant se rendit à son poste et, au bout d’une petite heure, avait déjà pris les rênes d’une partie de ce chantier de déblayage, son expérience dans les travaux et sa capacité à soulever des fortes charges aidant largement, et son rire et sa voix étaient connus de quasiment tous les ouvriers.

C’est donc en plein analyse que son ami le trouva : recoupée et nettoyée, cette ancienne poutre avec laquelle il était nez à nez trouverait surement une seconde vie dans la nouvelle auberge. Lorsqu’il le tira de ses pensées, Percival accueillit son camarade avec un sourire franchement ravi et, dès qu’il eut compris ce qui l’amenait, l’invita d’un geste de la main à l’aider :

« Mets-toi de l’autre côté et aide-moi à porter ça jusque là-bas. »

Joignant le geste à la parole, il plaça ses larges mains sous la poutre, la leva de quelques centimètres pour s’assurer que la tâche n’était pas non plus hors de portée de son frêle acolyte et, d’un coup de menton, désigna un coin un peu plus loin où s’affairaient plusieurs hommes et où s’entassait déjà un bon nombre de débris.

« On va mettre ça avec tout ce qu’on pourra remettre dans l’auberge. Une bonne découpe 10 cm au-dessus de là où ça s’est cassé, un coup de ponceuse pour effacer les traces des autres trucs qui sont tombés dessus et on y verra que du feu. C’est moi qui te le dis ! »


Son regard pétillait devant les idées dont son esprit fourmillait pour restaurer l’endroit et, comme toujours avec les gens qu’il aimait, il n’hésitait pas à communiquer son enthousiasme… au risque de faire sombrer ses victimes dans un profond ennui.

Lorsqu’ils posèrent enfin leur fardeau à l’endroit indiqué, le géant lâcha un soupir de satisfaction et sourit de plus belle à son camarade. Quand deux autres ouvriers assignés à cet atelier s’approchèrent, le colosse roux attrapa son ami par l’épaule et l’attira à lui.

« Les gars, je vous présente Ivar. On dirait pas comme ça, mais il tient bien la route, alors il va nous filer un coup de main. »

Les deux nouveaux venus, un brin moins carrés que le rouquin, n’esquissèrent même pas un mouvement de recul et, devant l’air convaincu du gaillard, accueillirent le jeune homme avec enthousiasme :

« On a toujours besoin de bras supplémentaires. »

Et ils avaient raison. Une bonne demi-heure avant que le soleil se couche et que la température tombe, ils en avaient terminé avec leur chantier. Comme il était bien trop tard pour passer à l’étape suivante, leur équipe fut simplement congratulée pour son efficacité redoutable et eut droit à son premier vrai « quartier libre ».

Ils s’éloignèrent donc tous ensemble en parlant et en riant, portés par la satisfaction du travail accompli. Mais, à peine avait-il enfilé sa cape que le géant, n’y tenant plus, s’excusa auprès de ses compagnons :

« Désolé les gars, Ivar et moi, on a un truc à faire. Gardez-nous quand même une place à table avec vous ! Et, Glenn, oublie pas que tu nous dois un verre ! »

Il entraina le jeune homme à part et lui glissa :

« Alors, on a pas un troupeau à retrouver, nous ? Ou bien t’es déjà trop fatigué ? »
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Sam 7 Nov - 11:45

Ivar MaxwellLe réveil était plutôt torchon pour le jeune homme. Il n'en avait rien dit mais était un peu... froissé, pouvait-on dire. Cheveux et visage marqués par le sommeil. Mais vite débarbouillé et petit déjeuner copieux englouti, le jeune homme était fin prêt à travailler.

Accompagnés par Cassandra, les deux hommes réglèrent donc tout d’abord les détails logistiques avant de se voir affectés à des travaux différents. Ivar avait été affecté à des tâches de marquage... bon ce n'était pas le travail dont on pouvait rêver, mais comme toujours, le garçon s'y mettait à fond, et devait être la petite attraction étrange de la matinée : le voir faire des allers et retours rapides, des contorsions dont lui seul avait le secret pour mesurer et marquer le bois, puis entasser chaque pièce déjà marquée pour que d'autres maillons de la grande chaine que formait les ouvriers entrent en jeu pour couper et assembler le bois. Mais le système fonctionnait plutôt bien et c'était assez satisfaisant de voir que les choses avaient déjà relativement bien avancé de son côté.

Ivar était donc bien décidé à aller voir Percival qui était du côté déblayage. Il avait entendu ses reconnaissables éclats de voix parmi les nombreux autres pendant toute la durée de ses travaux, mais ne l'entendais plus depuis quelques minutes. Le roux était penché sur une poutre dont le bout était brisé lorsqu'il arriva près de lui pour lui demander s'il avait besoin d'aide.

L'aider à porter ? « Ok, ok ! Alors par ici... oooh hiiiise ! »

Ivar avait attrapé le côté que lui avait indiqué Percival et après avoir trouvé la hauteur qui lui convenait, il fit un hochement de tête pour indiquer qu'il était prêt. Pendant le voyage, Percival faisait part de ses idées sur le moyen de réutiliser le matériel qui avait subi le moins de dégâts ; comme cette pièce qu'ils portaient, justement. Ivar acquiesça mais resta concentré pour ne pas faire de trop grand écarts de leur trajectoire dictée par le colossal roux. Puis lorsqu'ils arrivèrent, il souffla lui aussi, observant avec satisfaction le bois qui allait avoir une seconde vie grâce à eux. Mais il n'eut pas le temps de se remettre totalement qu'il entendit des personnes arriver et que Percival l’attrapa pour le présenter. Ravi des mots employés par le rouquin pour le décrire, il sourit et fut encore plus heureux de constater qu'ils l’accueillirent sans la moindre moquerie. C'était ça l'effet Percival ? Oh non ! Sans doute n'y pensa-t-il même pas ? Peut-être qu'il avait oublié les moqueries dont il faisait souvent l'objet et qu'il pensait qu'enfin les gens reconnaissaient sa valeur ?

Quoi qu'il en soit, il serra la main des deux autres et eut l'autorisation de s'incruster chez ce nouveau groupe. L'ambiance était très bonne par ici, loin de celle qui régnait à l'atelier marquage. Entre la voix tonitruante de Percival et le sens du défi d'un certain Glenn qui avait parié un verre à qui allait faire le travail le plus rapide. Autant dire que ça avait éveillé chez le jeune Ivar un esprit de compétition inné qui allait se solder par une “victoire”. Bon, il fallait bien le reconnaitre : c'était aussi et surtout grâce à Percival. L'après midi passa bien vite mais fut assez productive. Si bien qu'on les félicita. (Décidément, tout ça ne faisait pas que du bien à un Ivar qui pourrait vite être trop sur de lui...) Avant de les congédier pour le reste de la journée. Sur le chemin du retour, Percival prit congé des deux collègues pour annoncer qu'ils devaient encore régler certaines choses, tout en précisant bien qu'ils n’oubliaient pas leur récompenses.

Lorsque Percival en dit plus, Ivar tourna brusquement la tête vers lui avec une expression d’immense joie incrédule et frisant le ridicule...

« T'es sérieux ?! Moi ? Fatigué ?! Tu rêves ! » Ivar et Percival n'avaient pas beaucoup de temps, étant donné qu'il allait bientôt faire nuit. Mais c'était surtout dû aux forets environnantes et aux montagnes qui faisaient tomber la nuit encore plus vite qu'ailleurs. Alors qu'ils se dépêchaient de s'avancer vers l'ancienne bergerie ; afin d'avoir une vue d'ensemble du terrain pour pouvoir trouver une éventuelle piste, Ivar tapa des mains en tournant la tête vers son ami :

« Hey ! Mais dans quoi on va les mettre si on les retrouve ?! Il faut commencer par refaire l'enclos non ? Si on les retrouve et qu'on a pas d'endroit où les mettre, elles risquent de repartir. On s'y met ? »

L'enclos était dans un état pitoyable à première vue, pourtant, en y regardant de plus près, les barrières étaient encore réparables pour la plupart. Ivar se mit à la recherche (à la fouille même pourrait-on dire) des morceaux de barrière encore intactes.  « Je sais pas comment elles font, mais les brebis d'ici sont très résistantes au froid. Et tu sais, c'est pour ça qu'au printemps, quand on fait les premiers fromages, ils sont si bons. »

La luminosité déclinait crescendo ; le rayon d'une lampe et des bruits de pas précédaient le son d'une voix bien connue des deux travailleurs nocturnes, un brin agacée :

« Ah ! Vous voilà ! J'étais sure que vous étiez là ! Tu n'en démords pas Ivar, hein ? Et toi, tu le suis, Percival ? Vous vous fatiguez pour rien. Elles doivent être mortes maintenant, ces braves bêtes !

- C'est pas ce que tu dira quand tu vas refaire tes premiers fromages !»

Ivar continuait à chercher les bouts de bois qu'il trouvait et les assemblait, il faudrait alors s'aider de quelques clous et raccommoder comme on pouvait. A la fin de l'échange, Cassie secoua la tête tout en se retournant. La nuit se faisait de plus en plus sombre. « Ne trainez pas trop ! »

Sur le chemin du retour, un vent glacial s'était levé. Une nouvelle fois, Ivar sentait ses mains geler. Une fois devant la tente, il tendit la main à son ami roux :

« Merci Percival. Elle y croit pas. Mais je sais qu'on fait pas ça pour rien. Elle va bien finir par comprendre. Bon... Allons déguster notre récompense ! »

Une fois à nouveau débarbouillés, le repas les attendait. Le repas du midi avait été pris sur le pouce, mais celui du soir était bien plus réjouissant. Glenn leur fit signe pour s'installer près d'eux et en attendant que le repas soit tout à fait terminé, certains jouaient aux cartes, un jeu qu'un Dolien venu aider aux travaux apprenait aux plus motivés. D'autres se contentaient d'observer de loin, ne possédant pas de cartes eux même. D'autres encore préféraient discuter et boire. Tiens, à ce propos... Glenn leur présenta deux grands verres et les servit.

« Fabrication maison ! » dit-Glenn avec fierté.

Ivar jeta un coup d'œil à Percival. Puis ils portèrent un toast à l'avancement des travaux, c’était comme ça... la vie continuait, il fallait aller de l'avant !

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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Dim 8 Nov - 17:21

PercivalLorsque Percival vit la mine de son compagnon s'illuminer, il comprit qu'il avait fait mouche. Non pas qu'il eut de gros doutes sur le sujet - reconstituer le troupeau de sa famille lui tenait visiblement à cœur – mais il n'était pas certain qu'il verrait d’un bon œil son ingérence dans cette mission qu'il s'était fixée. Soulagé, et amusé de voir la tête un peu niaise que sa proposition avait suscitée, Percival ne put réprimer un petit ricanement avant de lancer, en réponse à Ivar :

« Eh bah, qu'est-ce qu'on attend alors ? »

Il n'y avait pas une minute à perdre : ils avaient grappillé un peu de temps après leur journée de boulot, mais pas suffisamment pour se lancer dans une énorme expédition. Aussi, joignant le geste à la parole, le colosse ouvrit la marche vers ce qu'il se souvenait parfaitement être l'enclos de la tante de son camarade, suivi de près par l'intéressé. Ce dernier poussa d'ailleurs un peu plus loin, jusqu'à la bergerie, pour avoir une meilleure vision du chantier qui les attendaient. Là, loin de l'Ivar un peu maladroit et obéissant que le gaillard avait côtoyé ces deux derniers jours, le jeune homme se montra sous un jour beaucoup plus entreprenant. Ravi de voir son ami prendre les choses en main, autant qu'à cœur, le rouquin lui laissa bien volontiers la direction du chantier, en répétant tout simplement :

« On s'y met ! »

Il dégrafa sa cape, qu'il suspendit à un poteau encore fermement planté dans le sol et, tout comme son compagnon, se mit à la recherche de morceaux de bois encore en état d'usage. A l'image de ce qu'ils avaient fait tout l'après-midi durant, les deux amis se mirent à trier les bouts de bois en deux tas : l'un, tout juste bon à alimenter les braseros sous les tentes, l'autre, bon à être réemployé, après une petite cure de scie et de rabot.

Les deux compères, rarement à bout de conversation, échangeaient avec vigueur et enthousiasme pendant qu'ils travaillaient, passant en revue les différents ouvriers avec qui ils avaient travaillé, leurs origines supposées, leur accent, les paris qu'il avaient lancés, le temps clément de la journée et les souvenirs d'hivers rudes de Percival. Ivar en profita même pour expliquer au rouquin à quel point le troupeau de sa tante supportait bien le froid et comme ses fromages étaient bons.

« Si tu m'avais pas parlé de tous tes trucs sur le cycle de la vie et la compréhension des animaux, je serais plutôt tenté de croire que tu fais tout ça juste pour avoir du bon fromage à l'oeil ! »

Comme toujours, il ponctua sa phrase d'un sourire taquin et continua de soulever, porter, parler et empiler comme si de rien n'était, jusqu'à ce que la présence de Cassandra vienne leur rappeler qu'il faisait bien trop sombre pour continuer. A dire vrai, la neige reflétait si bien la lune que le géant s'était naturellement accommodé à la luminosité déclinante. A ce rythme, il aurait put travailler une heure encore, et ce, malgré le froid qui les avait rejoint depuis que le soleil ne les gratifiait plus de ses rayons.

Amusé par la critique de la tante d'Ivar, le rouquin haussa simplement les épaules et, après que son ami ait répondu à Cassandra, poursuivit à son tour, sur un ton taquin :

« On m'a parlé de bons fromages, alors tu sais... »

Il posa le dernier bout de bois potable qu'il avait trouvé et, après avoir jeté un coup d'oeil à son ami, qu'il crut apercevoir hocher la tête, conclut :

« Allez, c'est bon pour aujourd'hui ! »

Il alla tranquillement rechercher sa cape et l'enfila sans quitter un petit sourire en coin. Il connaissait suffisamment le personnage pour savoir qu'il n'était pas envisageable de contester sa recommandation implicite de rappliquer au camp, et se soumettait bien volontiers à cette autorité qui n'était, au fond, que gentillesse et bienveillance. En la rejoignant pour attendre Ivar, il lui glissa, hors de portée d'oreilles du jeune homme :

« C'est vrai qu'il est borné, ce gamin... Enfin, la pomme tombe jamais très loin de l'arbre, si tu veux mon avis. »

En même temps qu'elle lui donnait un coup de coude sur le bras, Cassandra lui répondit, avec un sourire difficilement réprimé :

« Gros malin, va. »

Persuadée que son neveu avait saisi ces dernières paroles, elle l'accueillit avec un froncement de sourcils exagéré et un ton faussement impatient :

« Allez Ivar,  on se gèle, ici ! Dépêche-toi un peu ! »

Elle ouvrit la marche de leur retour jusqu'à la tente, Ivar à sa suite, et Percival enfin. Alors qu'il allait s'engouffrer à la suite de la bergère et de son ami, celui-ci s'arrêta net, laissant la toile de sa tente retomber derrière sa tante. Un peu perdu dans ses pensées, après ce retour de chantier que le vent glacial avait rendu silencieux, le colosse manqua de peu de percuter son ami. Surpris par la main qu'il lui tendait, le rouquin mit quelques secondes avant de réaliser ce que son camarade faisait, mais il se ressaisit vite et enveloppa avec vigueur la poigne glacée d'Ivar dans une de ses larges et chaudes paluches.

« Je te fais confiance. »
répondit-il simplement.

Ce n'était rien d'autre que la vérite : le géant n'avait pas la moindre idée de qui, de lui ou sa tante, avait raison, mais il restait persuadé que, à force d'essayer, cette patte de lapin ambulante allait bien finir par atteindre son objectif, quitte à repeupler l'enclos de toutes les brebis qui se baladaient dans les environs, qu'elles appartiennent à Cassandra ou non.

Sans s'étendre davantage, les deux compères se réfugièrent enfin dans la tente pour réchauffer leurs pieds et rafraîchir leur toilette. Le géant, conscient d'avoir besoin de plus que d'un simple débarbouillage, laissa son ami se rendre à la cantine en éclaireur et s'offrit le luxe d'un récurage plus poussé.

Quand il rejoignit enfin le jeune homme, il le trouva attablé près de Glenn, en train de regarder avidement d'autres ouvriers jouer à un jeu de cartes. Il les rallia sans hésiter et prit vite part à la conversation... Et à la boisson.

« Ca, c'est un homme d'honneur ! » lança le géant d'une voix tonitruante, en voyant leur nouveau compagnon poser deux verres devant Ivar et lui.

Il attrapa son godet et se leva pour porter haut son toast :

« A cette journée ! Puisse le temps nous être aussi favorable demain pour qu'on soit aussi efficaces ! »


Le moral gonflé à bloc par cette journée riche en rencontres et en avancées, toute son équipe salua son toast unanimement. Avant de boire, le rouquin planta ses yeux dans ceux de son ami, et cogna son verre contre le sien. Il engloutit le contenu de son verre cul-sec et grimaça :

« Aaaaahhh. C'est pas un truc qu'on trouve dans les maisons correctes, ça ! »
lança-t-il à l'attention de Glenn, qui ne put s'empêcher de faire la même tête en avalant sa propre chopine.

Percival partit d'un rire puissant et n'arrêta de parler et de rire avec ses nouveaux compagnons que lorsqu'on apporta le souper. Percival prit une nouvelle fois l'initiative de les excuser pour aller manger avec Cassandra, qui lui avait fait quelques signes pendant qu'ils buvaient. Le gaillard, une fois son assiette pleine, s'installa en face d'elle, à une table un peu en retrait, et fit signe à Ivar de prendre place à côté de lui.

Cassandra, étonnamment grave et mystérieuse, observa les deux compères sans dire un mot pendant un instant, avant de finalement lâcher :

« Tu te souviens que tu m'as demandé si je savais qui avait fait ça, en arrivant, Percival ? Eh bien non, je ne sais pas. Mais je sais qui pourrait vous le dire... »

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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Jeu 12 Nov - 12:17

Ivar MaxwellSi Ivar était très heureux de la proposition, c'est que non seulement Percival s'était montré plus que sympathique, mais aussi qu'il avait tellement fait en deux jours qu'il aurait été incapable de courir derrière des bêtes pour les faire rentrer à la maison sans aide. En plus, pour lui, Percival faisait déjà partie du lot, depuis qu'ils en avaient discuté la veille...

Pour ce qui était des opérations, il y avait beaucoup à faire, mais autant Ivar se sentait prêt à aller directement se coucher deux minutes plus tôt, autant la proposition de Percival lui avait redonné de l’énergie pour mener à bien cette mission. Et comme parfois, ou souvent, selon la compagnie, un peu de conversation est un aliment idéal pour garder le bon cap lorsqu'on occupait ses mains, ils ne se firent pas prier pour continuer à se connaitre un peu mieux ; et les taquineries du colosse étaient de la partie, bien sur.

« Les brebis sont comme nous, il faut bien travailler pour vivre. Alors on les nourrit, on leur donne un abris où elles n'ont pas à craindre les monstres et elles nous donnent du bon lait. Mais attends de gouter pour voir ! »

En parlant de fromages... Cassandra vint finalement les chercher, peut-être s'inquiétait-elle un peu, malgré ses remarques que le jeune homme ne comprenait pas ? En tous cas, Ivar eut à nouveau l'occasion de voir Cassie et Percy se lancer de jolies petite baguettes (ce n'était pas tellement des piques). Devant l'insistant regard de Cassie, il était évidemment très difficile de ne pas se tenir à carreau, mais c'était surtout la fatigue et la faim qui faisait rentrer Ivar au camps plus vite. Il posa donc encore quelques bouts de bois de côté et filait rejoindre les deux autres un peu plus loin. Accueilli par des réprimandes. Et c'est elle qui dit ça, alors qu'on arrive droit du grand sauna... ? voilà à quoi il pensait... Corel était une des villes où il faisait le plus chaud, et depuis qu'elle avait été reconstruite, ça ne s'était pas amélioré selon lui.

Le jeune homme marchait d'un pas décidé vers les tentes. Il était plongé dans ses pensées, lesquelles ? Comment savoir, des pensées Ivariennes... c'était une bonne définition. Mais le résultat en fut une presque collision avec Percival alors que lui aussi semblait plongé dans ses pensées. Et une poignée de main décidée vint conclure la journée de travail. Puis, tous deux s'engouffrèrent bien vite dans la tente. C'était vrai, il aurait finalement pu le reconnaitre, il faisait froid dehors.

Une fois prêt à manger, Ivar fila vers la tente de restauration, laissant le roux de son côté. Lorsqu'il le rejoignit, on leur offrit à boire, comme promis. Percival semblait avoir l'habitude de ce genre de tournée, vue sa réaction face à tout ça. Ivar, qui lui n'en avait pour tout dire pas du tout l'habitude, l'imita, un peu maladroitement. Participant à son toast... même s'il ressemblait à un microbe à côté du grand gaillard de Percival. Ah c'est sur, il ne devait pas avoir boudé la soupe, celui là ! Puis vint le moment de boire... et quel moment !

Ivar se calqua sur les autres mais sa surprise fut bien plus... amère que prévu! Il ne fit pas que grimacer, mais devint aussi rouge qu'une tomate trop mure en avalant. Il entendit Percival commenter la boisson et finit par enfin pouvoir parler mais avec une voix un peu étranglée, il lança, sans même réfléchir une seconde :

« Pouaaaaaaah ! Je sais pas ce que tu nous as servi ! Mais c'est pas le genre de trucs qu'on fabrique chez moi en tous cas ! »

Ivar se mit à tousser et on entendit un  « Avec ça au moins, tu risques pas d'attraper de microbes mon gars ! Dans son village, même le médecin à plié bagage ! » Tout le monde se mit a rire. Puis, de fil en aiguille, la conversation reprit. Ivar y participa joyeusement.

Mais lorsque le repas fut servi, Percival leur fit changer de table pour aller retrouver Cassandra. Ivar ne s'était pas encore bien remis de ses émotions, mais remplit bien son assiette avant de suivre Percival, s'installant et s'arma d'un bout de pain presque rassi, prêt à en découdre avec son assiette. Cassandra finit par se décider à parler. A ses paroles, Ivar posa le bout de pain précipitamment et s'exprima, sans même attendre la réaction de son camarade à barbe :

« Quelqu'un l'a vu ?! C'était pas Sephiroth ?! »

Lorsque le jeune homme avait parlé de Sephiroth, il y eut une vague de silence. Les regards s’étaient braqués sur eux. Ivar regardait les autres, surpris de l'effet qu'avait eu ses paroles. Cassandra le regardait, d'un regard lourd. Voyant que le jeune homme ne comptait pas continuer et que Cassie ne répondait pas, les conversations reprirent peu à peu. Le garçon jeta un regard interloqué à Percival. Puis lorsque le brouhaha avait repris de plus belle, Cassie émit un léger soupir avant de reprendre pour tous les deux :

« Mangez, on en parlera après, c'est préférable. »



cross attention, l'abus de tout est dangereux.
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Jeu 12 Nov - 14:48

PercivalIl n'y avait pas à dire, Ivar avait une façon d'être qui ne manquait jamais d'amuser le géant. Aussi, lorsqu'il avala d'une traite ce que même lui, bon bébé d'une bonne centaine de kilos, avait du mal à encaisser, et qu'il devint écarlate, Percival ne put s'empêcher de rire aux éclats, entrainant à sa suite plusieurs de leurs camarades de table.

Il tapota doucement dans le dos du jeune homme pour l'aider à reprendre son souffle, autant que pour lui témoigner qu'il compatissait à sa douleur. Mais, comme toujours, il n'était pas question pour son jeune ami de garder sa langue dans sa poche, et son échange avec le Dolien qui les avait servis fit repartir les rires, dont celui de Percival, de plus belle.

Mais lorsqu'ils s'installèrent à table pour diner avec Cassie, l'ambiance était bien moins à la rigolade. Au contraire, là où elle était, la veille, toute à sa joie de les retrouver, elle se montrait sombre et nerveuse.

D'ailleurs, quand son neveu lui fit grâce de demander tout haut confirmation que c'était bien Sephiroth qui avait attaqué le Village, elle le dévisagea, comme le reste de la salle, subitement plongé dans le silence, et ne dit mot jusqu'à ce que le brouhaha ambiant reprenne.

Le colosse, on ne peut plus gêné de voir sa table ainsi observée, leva la main en guise d'excuses et, murmura un :

« Désolé... »

Il ne se détendit vraiment que lorsque la tante d'Ivar, de nouveau hésitante face à l'intervention de son neveu, se décide à repartir :

« Il y a quand même une personne qui était tout près du lieu d'où est parti le cataclysme. Selon moi, vu l'endroit où on l'a retrouvée, il y a de grandes chances qu'elle ait pu voir ce qui s'était réellement passé. »

Le géant posa sa fourchette dans son assiette et dévisagea Cassandra :

« Mais je... Je ne comprends pas. Pourquoi tu ne nous as pas dit ça quand je t'ai demandé hier ? Et pourquoi en faire tout un mystère, comme ça ? »

La bergère planta son regard dans le sien, puis dans celui d'Ivar et répondit sans sourciller :

« Il fallait que je m'assure de... certaines choses. Mais, au vu de la situation, je ne peux pas non plus attendre trop longtemps. »

Visiblement, ils n'auraient pas plus d'explications, pour le moment. Un peu surpris par cet aspect de la personnalité de Cassandra qu'il découvrait, Percival ne savait comment réagir. Avec la Cassandra habituelle, il savait qu'il pouvait pousser le bouchon un peu plus loin, sur le ton de la taquinerie, mais dans un cas pareil, il sentait sa marge de manœuvre considérablement réduite. Avec la désagréable sensation de marcher sur des œufs, il hasarda :

« Attendre quoi ? »

La femme lui lança un regard impatient et, d'un revers de la main en l'air, balaya sa question. Elle se tourna vers Ivar et reprit :

« Ivar, tu te souviens de la fille de la famille Jacobs ? Une petite blonde, qui avait un ou deux ans de moins que toi ? Eh bien, c'est d'elle dont il s'agit. »

Le rouquin plongea dans ses souvenirs pour essayer de se représenter la jeune fille, mais abandonna bien vite : il était certain de ne connaître aucune famille Jacobs. Ils avaient dû arriver après son départ.

La tante de son compagnon, dont l'effort pour rester maîtresse de ses émotions était visible, continua :

« Quand on est revenus au Village, il n'y avait plus un bruit. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que ton cousin est venu nous chercher en hurlant : « Par ici, par ici ! ». Elle était là, coincée sous une poutre, en train de couiner pour qu'on l'entende. Quand on a enfin réussi à la sortir de là, elle a perdu connaissance. »

Captivé par le récit, Percival avait arrêté de manger et se mordillait la lèvre. Il avança timidement la main pour la poser sur l'avant-bras de son interlocutrice, qui s'écarta vivement avant de reprendre :

« Elle a ouvert les yeux il y a deux jours. Mais... elle ne bouge pas d'un pouce. Elle ne peut ni lever les bras, ni ouvrir la bouche, ni remuer les jambes. Et les nouveaux médecins qui sont arrivés en même temps que vous ne comprennent pas pourquoi, alors que ses blessures cicatrisent et que sa colonne vertébrale est dans un état impeccable. »

D'un geste rapide, elle essuya la larme qui commençait à perler au coin de son œil droit, puis secoua la tête de gauche à droite, avec vigueur, en commentant, sur un ton franchement réprobateur :

« Remarque, ça m'étonne qu'à moitié. On nous fait croire qu'avec tous les progrès qu'on fait, on sait tout résoudre, mais je reste convaincue que c'est bien dans les vieux pots qu'on fait les meilleures confitures... »

Un peu perplexe face au dénouement de cette histoire qui, même si elle le touchait, ne leur permettrait pas, à lui et son ami, d'avancer sur l'auteur de cette catastrophe, Percival se passa machinalement la main dans les cheveux, jeta un coup d'oeil à son camarade et osa un timide :

« Mais qu'est-ce que... »

Il laissa sa phrase en suspens et Cassandra réagit immédiatement, sur un ton sec :

« Oui, j'y viens, Percy. Je disais donc : les vieux pots, les meilleures confitures. Eh bien, il se trouve que je connais un vieux truc de Wutaï, une vieille recette, qui serait censée avoir guéri un combattant qui avait 10 « Épines paralysie » coincées sous la peau. »

La suite était évidente : si elle ne l'avait pas encore préparée, c'est que quelque chose la freinait. Refroidi par ses dernières tentatives, le colosse ne broncha pas et laissa son acolyte tenter sa chance s'il le voulait. Après quoi, Cassie poursuivit :

« Le problème, c'est qu'il me manque deux ingrédients, et que ni l'un ni l'autre n'est facile à trouver. Pour le premier, je connaissais un revendeur un peu particulier qui savait où s'en procurer, mais il est parti s'installer à Lindblum, sur le continent d'Héra. Alors, autant vous dire qu'avec tout ce ram-dam, trouver quelqu'un qui pourrait faire l'aller-retour... »

Le géant roux grimaça. Effectivement, se déplacer voulait dire abandonner tous les chantiers en cours, et même s'il avait envie de sauver cette jeune fille et d'apprendre ce qu'elle avait à raconter, il n'était pas prêt à revenir sur son engagement. Il commença :

« Je comprends, mais... »

« Non, non ! » s'empressa de le couper leur interlocutrice. « C'est surtout pour l'autre que j'ai besoin de vous. Il pousse ici, dans la région. Mais, avec tous ces monstres qui rôdent et les travaux qui fatiguent les hommes toute la journée, pas moyen de mettre la main dessus. Il faut dire que c'est une plante un peu particulière : elle ne s'ouvre que pendant la journée, et quand elle est ouverte, elle est inefficace. Du coup, il m'en faut une cueillie la nuit. »

Et comme ils avaient montré leurs talents de chasseurs de monstres, ils étaient bien évidemment tout désignés pour remplir cette mission. Instinctivement, le gaillard roux se tourna vers son ami. Entre leur activité sur le chantier, leurs heures supplémentaires à réparer l'enclos et leurs éventuelles rondes nocturnes, ils avaient déjà beaucoup à faire, et Percival ne voulait pas les engager sans en avoir discuté avec lui.

Un peu inquiète du silence que le géant imposait, la bergère s'empressa d'ajouter :

« Je vous demanderai pas de le faire si j'avais une autre solution, mais après ce que vous avez fait hier soir... Et puis, ça peut attendre quelques jours, le temps que je récupère l'autre ingrédient. »
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Jeu 19 Nov - 12:34

Ivar MaxwellL'attitude de Cassie était particulièrement sérieuse ce soir. Ivar ne s'en rendit pas vraiment compte, pour lui, elle avait souvent été comme ça. Mais peut-être que c'était aussi parce qu'il avait toujours été un peu turbulent. Sauf qu'il se trompait, bien sur. Une fois de plus, son intervention, pourtant des plus innocentes, avait fait flop. Ayant tout de même compris son erreur, le jeune homme écouta sa tante tout en mangeant, c'était préférable.

Le garçon regarda Cassandra quand elle fit silence face à la question justifiée de Percival. Lui aussi se demandait pourquoi elle n'avait rien dit. Elle était décidément un peu avare en explications et il fallut beaucoup insister pour qu'elle en dise plus. Ivar, lui, contrairement à Percival, ne jouait pas souvent la carte des taquineries. Au contraire, il pensait que dire ce qu'il pensait sans détours à sa tante et à n'importe qui d'ailleurs, c'était bien mieux. C'était sans doute ce qui lui avait valu les foudres de Cassie à de nombreuses reprises. Là, la faim l'avait aidé à se focaliser sur autre chose, alors que Percival continua son interrogatoire. Et cette fois, Cassandra se tourna vers Ivar pour le prendre à parti. Elle faisait appel à ses souvenirs. Ça tombait bien, il avait plutôt bonne mémoire. Et puis, comment oublier certaines choses ?

« Oui ! Bien sur ! Elle a un drôle de chien qui... »

Ivar regarda Percival, apparemment ses explications seraient supperflues. En plus, le roux ne semblait pas la connaitre, mais de toutes façons, elle était très jeune et à aucun moment Ivar n’avait rencontré le colosse lorsqu'il était venu ici au printemps. Il ne devait pas la connaitre.

« Elle était en ville ? Et elle va bien ? »

Cassandra raconta l'histoire de le jeune fille, elle était émue ce qui gêna une seconde Ivar, qui baissa les yeux pour les plonger dans son assiette, pourtant, il était habitué à écouter les histoires comme ça. Il écouta ce qu'elle avait à dire jusqu'au bout. Cassandra n'avait pas parlé du reste de la famille. Que devait-on en conclure ? Ils n'avaient pas survécu ? Ils seraient surement en train de remuer ciel et terre pour la soigner sinon, non ? Ivar savait qu'en plein centre ville, il y avait eu que peu de survivants. Il se terra donc dans un silence jusqu'à ce que Cassie continue son histoire. A la suite de ses propos, Ivar acquiesça avec vigueur :

« Tu as raison ! Y'a rien de mieux que les bonnes vielles méthodes pour soigner les gens ! »

Percival, lui, était perplexe. Il ne semblait pas vraiment comprendre ce qui faisait qu'elle leur parle de ça. Elle continua donc, sans plus tourner autour du pot. Son explication redonna vigueur à Ivar.

« Si c'est un remède qu'il faut, alors tu t'adresses à la bonne personne ! » dit-il, en mettant sa main sur son buste. « Tu l'as déjà commencé? »

Sauf qu'il y avait un double problème. Percival mit vite la main sur le fait qu'il y aurait un soucis à tout mener de front. Aller à Lindblum était un peu hors de propos pour le moment, vu tout ce qu'il y avait à faire ici; pourtant Ivar l'aurait fait s'il le fallait. Il n'était jamais allé sur Héra, ni ailleurs que sur Gaïa en faits. Mais c'était apparemment pour l'autre ingrédient que leur aide était requise. Il fallait aller chercher une fleur dans les environs, mais fallait-il encore savoir à quoi elle ressemblait. Ce que s'empressa de demander Ivar.

« Je l'ai dans un vieux livre, j'ai pu le récupérer dans les décombres. La voici, ici, elle est ouverte, et voilà à quoi elle ressemble quand elle est refermée.

- On va la trouver, tu peux en être sure ! N'est-ce pas Percy ?! »

Ivar s'était laissé aller à l'appeler Percy, lui aussi. Mais le roux colossal ne semblait pas se décider à parler, alors Cassie ajouta que c'était bien en dernier recours qu'elle faisait appel à eux. Ivar se tourna vers son camarade pour l'encourager :

« On pourra en profiter pour chercher les bêtes, en plus.

- Laisse tomber cette idée folle, Ivar ! On a pas encore le temps pour ça, qui va s'en occuper le temps qu'on remette le village en ordre ? » Le jeune homme commença à ouvrir la bouche pour répliquer, mais à ce moment là Cassandra s'adressa à nouveau à lui, sans lui laisser le temps de prononcer une parole.

« C'est très gentil de ta part, mais il y a des choses plus importantes pour le moment, Ivar. Regarde-toi, tu vas t'épuiser à force de tout vouloir faire en même temps et tu n'arrivera à rien ! Alors oublies ça pour le moment. Peut-être que vous devriez faire des repérages de jour. Les fleurs sont bien plus faciles à trouver en journée, avec cette couleur. »

Ivar était fatigué. C'était évident. Il ne voulait quand même pas abandonner quoi que se soit de ses projets. Il fallait espérer que Percival pourrait se montrer convainquant. Après un moment de flottement étrange pour le jeune homme, il s'adressa à Percival: « On vas y arriver, Percival ! En attendant, on doit prendre des forces, demain va être une longue journée ! »

Ivar fit son possible pour cacher sa fatigue et un bâillement en regardant ailleurs. Pour ce soir, il se rendait quand même compte de ses limites, après avoir trimbalé des choses lourdes deux jours de suite, ses bras étaient un peu endoloris, même s'il le cachait... et puis, il avait vraiment sommeil!

« Il va falloir se préparer si on doit encore affronter des monstres, le lapin d'hier était coriace. »


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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Mer 25 Nov - 20:27

PercivalIl fallait s'y attendre, Ivar n'avait pas hésité une seule seconde avant d'accéder à la requête de sa tante. Décidément, ce garçon débordait d'envie d'aider son prochain, au risque parfois de s’abîmer la santé. Un peu plus sage, le colosse observa l'échange entre Cassie et son neveu, un sourire naissant au coin des lèvres, avant de finalement mettre un terme à cette discussion en répondant à ses interlocuteurs :

« Je suppose que personne n'a vraiment le choix dans cette histoire,ni toi, ni nous, alors... Tu peux compter sur nous. »

D'un bref hochement de tête, il confirma à Cassandra sa résolution à mener à bien ce projet, avant qu'elle émette la moindre objection complémentaire. Après tout, c'était bien elle qui était venue les chercher ! Pourtant, et il comprenait bien son sentiment, ce n'était qu'à contrecoeur qu'elle les avait débauché et il sentait que la moindre protestation suffirait à mettre à terre toute sa belle résolution. Mais pouvait-il vraiment refuser ? Avec cette nouvelle suggestion, il était loin de l'idée qu'il se faisait des tâches qu'on lui confierait en se portant volontaire pour cette expédition, mais qu'importe, puisqu'il s'agissait de la vie d'une jeune fille. Faisant écho à son ami, il continua :

« T'as raison, on devrait pas trop tarder à se préparer... Du coup, avec tout ça, il va vraiment falloir être vigilants sur notre état de fatigue, pour ne pas brûler toute notre énergie en quelques jours. »

Il jeta un coup d'oeil à son jeune ami, lui asséna un léger coup de coude et continua :

« Et vu ton enthousiasme, je veillerai au grain pour deux. »

Il allait ponctuer sa remarque d'un sourire, quand Cassandra, plus sérieuse que jamais, intervint :

« Et moi, pour vous deux ! Il est hors de question que l'un de vous se blesse ou ne tombe malade parce qu'il en fait trop. »

Elle soupira et continua, en marmonnant :

« Si déjà vous n'étiez pas si bornés à aller chercher les bestiaux... »

« Comme dit Ivar, on fera d'une pierre, deux coups. »
coupa le géant « On cherchera tes fleurs et tes bestiaux. Au final, ça ne va pas nous demander beaucoup plus d'énergie que ce qu'on avait prévu au début. »

La tante leva les yeux au ciel mais ne dit plus rien sur le sujet et embraya rapidement sur l'avancement des travaux. Le grand gaillard se détendit enfin, s'étendant volontiers sur les histoires qui avaient animé le chantier dans la journée, à grand renfort de gestes amples et de rires sonores, mimant tantôt l'un tantôt l'autre de ses camarades qui, lorsqu'ils se reconnaissaient, participaient volontiers, que ce soit pour se joindre aux rires ou réfuter de bout en bout la version de Percival.

Un peu avant que le dessert ne soit servi, le chef de chantier, qui était aussi leur chef de ronde du soir, vint les trouver. Avant qu'il ait eu le temps de dire quoi que ce soit, le colosse, l'ayant vu arriver, posa sa fourchette et lui lança :

« Le temps d'aller chercher nos armes et on arrive, chef ! »

Il allait chercher du regard son ami quand le nouvel arrivant l'en dissuada en secouant la tête de gauche à droite :

« Non, non, c'est repos pour vous ce soir. Demain matin, je vous veux aux aurores sur le chantier. Et puis, j'ai de nouveaux « désignés volontaires » qui sont arrivés aujourd'hui. Avec un voleur mis sur le carreau, on devrait avoir moins de difficulté à gérer ça. »

Il les salua d'un geste de la main et repartit comme il était venu.

« T'entends ça ? C'est grosse nuit pour nous, ce soir !! »
lança-t-il à son camarade, avec un nouveau coup de coude.

« Si tu veux, Ivar, je t'apprends à jouer aux cartes. » intervint un de leur camarade de chantier d'origine Dolienne. « J'ai vu que tu regardais ça avec attention, tout à l'heure. Donc si ça te dit... »

« Hep, hep, hep ! Pas question ! »
trancha Cassandra, redevenue elle-même « Ils vont tous les deux finir de manger et filer au lit ! »

Amusé, comme toujours, par ce comportement, Percival retint un « Oui, Maman. » ironique et se leva pour aller chercher de quoi terminer son dîner. Dans la queue, il glissa à son camarade, avec un éclat malicieux dans le regard :

« N'empêche qu'elle a raison. T'as plus l'air très frais, depuis ce verre de décrassant... Remarque, je dois pas être beau à voir non plus !! »


Une fois la question du repas réglée, il ne fit pas long feu et se plia à la recommandation de Cassandra, avec d'autant plus de bonne volonté qu'il était éreinté par ces deux jours de sollicitation intense de ses biceps et de ses épaules. A peine avait-il glissé sous les draps qu'il s'endormit comme un bébé.

Le lendemain, les premiers rayons de soleil le tirèrent des bras de Morphée. En se redressant, il sentit que ses muscles s'étaient considérablement raidis et grimaça. Décidément, même des années à faire de ses bras son fonds de commerce n'était pas suffisants pour absorber les deux journées précédentes sans séquelles. Après quelques étirements délicats, presque félins, le géant se rassura :

*Bah, ça aura disparu d'ici demain.*

Sans trop traîner, le rouquin s'échappa de son lit, secoua son compagnon sans faire trop de bruit – la tente était tout de même beaucoup plus peuplée que le veille - et enfila de quoi sortir prendre son petit-déjeuner.

A partir de là, la journée des deux acolytes ressembla étrangement à celle de la veille. Ils coupèrent, déplacèrent, réarrangèrent, scièrent, poncèrent tout leur saoul, sous l’œil inquisiteur de Cassandra, qui prenait visiblement sa promesse très à cœur, et ce jusqu'à ce que leur chef leur donne la permission de se retirer.

La course du soleil étant particulièrement peu avancée, le colosse proposa d'aller continuer à retaper la clôture.

« Comme ça, »
expliqua-t-il à son ami « On pourra se mettre à la recherche de vos troupeaux et vos bouquets dès qu'on en aura marre de travailler le bois. »

L'enclos amoché trouva donc, pour le deuxième jour de suite, un duo toujours aussi motivé, encore plus proche et plus bruyant, le géant n'hésitant plus à se laisser complètement aller à plaisanter et discuter avec Ivar.
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Dim 29 Nov - 13:00

Ivar MaxwellEst-ce que l’énergie allait suivre la résolution d'Ivar à mener tout ce qu'on lui demandait (ou qu'on ne lui demandait pas, d'ailleurs) à bien ? Pour ceux qui avaient l'habitude d'être sur sa route, il était très rare de le voir se laisser aller à montrer vraiment sa fatigue. Elle était souvent plus que visible, mes aux yeux du jeune homme, il gardait la tête fière, toujours. Même s'il boitait ou se retrouvait couvert de bleus, il gardait un sourire crispé et positif. Il pensait peut-être que ça passerait inaperçu. Bien sur, quand on le connaissait de plus près, on voyait que trop clair dans son jeu. Comme le disait Percival, il valait mieux garder tout ça à l’œil, s'il ne voulait pas qu'Ivar rejoigne la jeune fille dont ils s'étaient vu remettre la guérison entre les mains.

Lorsque Percival répondit à Cassie qu'ils allaient pouvoir chercher bêtes et fleurs, Ivar montra sa satisfaction de manière sans doute un peu trop ostentatoire. Fallait juste espérer qu'ils n'allaient pas les trouver au même endroit, et que les bêtes auraient mangé les fleurs en question. Ça serait vraiment le comble. Mais le repas continua finalement sur le déroulement de la journée ; Ivar eut droit à ses petites histoires, car il était sur qu'il y avait de quoi rire parfois, ce que personne ne manqua d'ailleurs, si bien qu'il dût sans cesse se justifier, ce qui n'arrangeait pas toujours les choses.

Ivar manqua de s'étouffer avec un bout de pain tout juste saucé lorsqu'il entendit Percival parler de la ronde. Mais après avoir transformé le tout en une toux exagérée, il était rassuré de savoir qu'ils allaient pouvoir éviter la chasse au lapin gelé ce soir au moins. Ses bras allaient le lâcher dans le cas contraire. Par contre, une petite leçon de Triple Triad... pas de quoi casser trois pattes à un canard, si ? Il était sur le point de répondre quand il croisa le regard très clair (mais pourtant des plus sombres) de Cassie qui répondit à sa place.

« On a une mission très importante demain ! Ca sera pour la prochaine, Glenn. »

Le garçon bougonna encore quelques secondes en son fort intérieur, Percival, lui, se leva pour aller chercher son désert. Ivar se tourna à nouveau vers Cassie : « Ça va, j'suis plus un gamin, je peux très bien répondre moi même ! »

Puis, il se leva pour aller rejoindre Percival, avant de poser un regard émerveillé sur les magnifiques tartes qu'avaient préparé les différentes bénévoles pour le diner. Il visa une part d'une des plus prisées, mais la queue étant longue, il vit la dernière s'envoler dans les mains d'une jeune femme. Son expression s'affaissa et laissa place à un désarroi bien visible. Percival ne trouva rien de mieux à lui dire qu'il n'avait pas l'air très frais... ? Il fallait dire que Glenn avait été généreux sur la dose aussi. Ivar se sentait un peu mieux à présent, pourtant. Il fut particulièrement attentif aux parts de tarte qui s'en allaient au fur et à mesure de sa progression, avec tout ça est-ce qu'ils allaient pas devoir manger de la neige en désert... ?

Mais le repas se termina rapidement et Ivar suivit son ami dans la tente, le pas encore peu sûr sur le chemin qui avait lui aussi un peu souffert. Le jeune homme lui s'étira un peu avant de se mettre au lit. Il était habitué à le faire après ses entrainements au combat et cette fois ils étaient d'une bien plus grande utilité encore. C'était la règle s'il ne voulait pas se retrouver avec des muscles semblables à des rochers et les bras raides qui accompagnaient l'affaire. Puis, il s'installa sur son lit, en marmonnant un « Bonne nuit. » à l'attention de Percy.

Le lendemain, la journée commença très tôt par le réveil de Percival. Ivar se leva plus facilement cette fois, il semblait s'être un peu habitué à l'endroit où il se trouvait. Après le petit déjeuner toujours aussi conséquent que la veille, Ivar et Percival s'étaient mis au travail. Cette fois ils avaient intégré la même équipe dès le matin, où tous les travailleurs avaient pu faire connaissance à présent. Puis, comme ils avaient de quoi faire, ils furent libérés un peu plus tôt. Et Percival décida d'aller s'occuper des enclos à bestiaux.

« C'est parti. »

L'opération cloture commença donc plus tôt que la veille. Les planches avaient un peu bougés. Ivar ne tarda pas à finalement comprendre, après quelques bonnes minutes de travail lorsque Cassie se mit au boulot elle aussi, sans vraiment se justifier, bien sur. Pretextant simplement les surveiller. Qui aurait dit qu'il aurait pu tenir autant de sa tante, en fin de compte ?! Bien que tous deux ne voudraient surement pas l'avouer.

« Ca va suffire pour le bois, pour l'instant. Autant commencer par en faire un petit, on verra à la hausse si vous ne revenez pas bredouilles. » annonça Cassie.

Puis ils décidèrent de tracer et de placer les barrières, elles étaient un peu fragiles, mais ça suffirait à dissuader d’éventuelles fuites. Un plan B était envisagé pour les bêtes récalcitrantes “S'ils en trouvaient” selon les propres mots de Cassandra. Les choses devaient s’accélérer un peu s'ils voulaient finir au moins de faire le petit enclos à temps. Le cousin d'Ivar finit par arriver pour aider, lui aussi. Ce qui redonna encore un peu plus d'entrain au garçon.

Mais lorsque le soleil baissa sur l'horizon, le cousin finit par promettre de force à un Ivar survolté que les finitions allaient se faire sans eux. Fidèle à elle même, Cassie avait prévu des casse croute et leur avait apporté des sacs avec tout ce dont ils auraient besoin. Ivar partit donc, en compagnie de Percival vers les bois où se trouvaient d'ordinaire les fleurs en question. Ce n'était pas la porte d'à côté, la fleur se méritait et le déboisement, même s'il n'était pas catastrophique ici, avait fait reculer de plus en plus la foret primaire. Alors qu'ils débutaient leur périple, Ivar se tourna vers Percival :

« Finalement, ils ont fini par reprendre espoir, t'as vu ? J'avais raison d'insister, même Ron a fini par s'y mettre ! »

Ils avancèrent d'abord sur la route, puis, il fallut prendre un sentier pour s'enfoncer dans la foret. Le matériel était un peu plus conséquent que l'avant veille, une lampe frontale sur la tête, Ivar avait l’œil partout.

« Les monstres sont sans doute moins affolés ici. Si l'un d'eux se pointe, laisse moi faire ! » Ivar termina pour lui même: Je vais te faire une démonstration de ce que je sais faire, et cette fois, ça sera pas la même chose !


Je spoile, tu spoiles...:
 
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Ven 4 Déc - 12:26

~ ~

Percival et Ivar obtiennent 200Gils chacun.

~  Like a Star @ heaven  ~

mini flèche Ivar et Percival s'enfoncent dans les bois vers... le Grand Glacier
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Mar 26 Jan - 22:45

Ivar et Percival reviennent du Grand Glacier

PercivalAlors qu’il posait sa main sur l’épaule de son ami, Percival le sentit tressaillir. Surprise ? Tristesse ? Le géant ne savait pas vraiment comment interpréter cette réaction. Pourtant, il se garda bien d’insister et, lorsqu’Ivar secoua nerveusement la tête, il le débarrassa de cette grosse main, persuadé qu’il cherchait à se dégager de cette étreinte surement trop gênante au vu de la fraicheur de leur relation. Loin d’être vexé, il répondit avec bienveillance :

« Je n’en doute pas. »

Le géant laissa poindre un sourire affectueux et profita de ce que son camarade lui tournait encore le dos pour lui adresser un regard plein de douceur, avant de reprendre, plus sérieux :

« Mais ne force pas trop quand même. Si tu as mal pendant qu’on redescend au Village, dis-le-moi et on avisera. »

Il ne savait pas encore comment il pourrait se débrouiller avec un mouton sur les épaules et un Ivar dans les bras, mais nécessité ferait loi !

Sans plus attendre, les deux comparses – Ivar plus que Percival - s’employèrent à convaincre la brebis boiteuse de se laisser attraper par le gros ours roux poilu pour descendre la montagne et, dès qu’ils y parvinrent, ils se mirent en route, Percival en queue de peloton. Ils avaient marché pendant un bon moment pour arriver à remplir leurs deux missions d’un seul coup, et le retour s’annonçait bien plus long que l’ascension, avec les moutons qui s’arrêtaient pour tendre l’oreille à chaque bruit suspect.

Il n’y aurait eu que lui, Percival n’aurait eu aucun scrupule à pousser un peu les brebis aux fesses pour les faire avancer, mais, devant un Ivar autant à cheval – ou à mouton – sur ses relations avec les bêtes, le géant n’avait pas même osé suggérer l’idée.

Au bout de quelques temps, le silence qui s’était installé, rompu de temps à autre par les doux encouragements du jeune berger aux cheveux gris, fit place à des gargouillis sonores qui ne purent que faire rire le colosse :

« Ton ventre a été le premier à craquer. Mais le mien n’est pas loin derrière. Avec nos deux journées en une, je suis mort de faim. »

Le grand rouquin attrapa donc sans hésiter son sac, tout en tâchant de ne pas trop perturber la passagère qui voyageait sur son dos, fouilla à l’intérieur pour y chercher les fameux casse-croutes préparés par Cassandra. Il en agrippa un et s’approcha de son ami pour le lui donner. Il reproduit la même fouille méthodique pour s’en dégotter un, qu’il dévora en quelques minutes, pendant que son compagnon lui suggérait de pousser un peu la chansonnette. Une fois qu’il eut avalé sa dernière bouchée, il répondit, un peu hésitant :

« Je suis pas certain que ça soit forcément une bonne idée de chantonner en pleine nuit, dans une forêt potentiellement remplie de monstres. Et puis, j’ai pas envie de faire peur à nos amies frisées. »


Le géant avait peut-être une grosse voix pour se faire remarquer et une grande oreille pour écouter les doléances, mais il n’arrivait pas à coordonner les deux suffisamment pour réussir à chanter juste. Et vu le volume qu’il était capable d’émettre, il était facilement classé dans la catégorie des désastres qu’il valait mieux éviter d’encourager.

« Mais toi, vas-y. Je suis sûr que tu es bien plus doué que moi dans le domaine. Par contre, essaie de te contenir un peu… Histoire de pas rameuter tous les monstres des environs. »

Ils continuèrent ainsi leur route jusqu’au Village, où ils furent accueillis en quasi-héros par la famille d’Ivar, une fois qu’ils leur apprirent qu’ils avaient repeuplé – du moins, en partie – leur enclos fraichement reconstruit. Le fait que la table ait été débarrassée depuis plus d’une heure ne les gêna pas le moins du monde et, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, Ivar et Percival se retrouvaient avec une assiette et un godet bien garnis. Le géant se remplit bien la panse, tout en régalant leur auditoire de leurs mésaventures montagnardes.

Quand elle eut enfin poussé tout le monde à se mettre au lit, Cassandra s’assit à table en face des deux compères. De la reconnaissance plein les yeux, elle n’attendit que quelques secondes pour les remercier chaleureusement :

« Les garçons, je ne sais pas quoi dire. Je vous suis vraiment reconnaissante. Pour les plantes, pour les bêtes... »

Le géant lui répondit d’un large sourire, mais, toujours taquin envers la tante d’Ivar, se permit de tousser bruyamment en désignant son jeune ami d’un coup de menton. La femme lui adressa un regard noir et, finalement, se résolut à continuer :

« Ivar, je… je suis désolée. Tu avais raison depuis le début, pour les brebis. Tu ne sais pas ce que ça représente pour le Village… J’irai les voir plus longtemps demain matin. Je pense qu’elles ont besoin de se reposer un peu au calme. Et nous aussi. »

Elle se leva et commença à ramasser leurs assiettes.

« Allez vous coucher. Je m’occupe de ranger tout ça. »

« Mais… Merci Cassandra. »


Le colosse ouvrit la marche jusqu’à la tente où ils dormaient. Percival se retrouva rapidement en caleçon et en T-shirt, mais, avant d’aller s’enfoncer sous ses draps, il se planta devant son acolyte et lui dit, très sérieusement :

« Montre-moi ta cheville, Ivar. Je suis pas un expert, mais j’ai déjà vu suffisamment de blessures pour savoir s’il faut que tu te reposes ou pas. »

Autant dire que le jeune homme n’avait absolument pas le choix. D’un geste, il l’invita à s’assoir sur son lit, qu’il avait débarrassé des vêtements qu’il y entassait, et s’agenouilla à ses pieds. Avec une infinie douceur, il prit la cheville de son camarade dans sa main et l’examina attentivement. Au bout de quelques instants, il lâcha son diagnostic :

« Elle a un peu enflé, je pense. Heureusement, tu pourras mettre du froid dessus après une bonne nuit de sommeil. »

Après avoir regardé la cheville pendant encore quelques instants, il relâcha son patient et partit se coucher.
---------

Le jour s’était à peine levé lorsque Percival sentit une main le secouer. Il ouvrit difficilement les yeux, pour reconnaitre Cassandra, qui lui lança bientôt son pantalon et ses bottes, en l’invitant à la suivre.

Quelques minutes plus tard, c’était au tour du colosse de venir réveiller son acolyte et l’inviter à prendre son petit-déjeuner. Il lui laissa le temps d’émerger dans un silence qui lui ressemblait fort peu et commença doucement :

« Cassandra nous a dit que le deuxième ingrédient pour le remède qu’elle veut concocter étais situé sur un autre continent, tu te souviens ? »

Il guetta la réaction d’Ivar pour vérifier qu’ils étaient sur la même longueur d’ondes et, une fois qu’il en fut assuré, poursuivit :

« Elle a entendu parler d’une Chasse au Trésor qui démarre dans deux jours. Ca permettrait de se rendre partout dans le monde sans débourser trop de Gils… »

Il posa sa tartine sur la table et se passa la main dans les cheveux pour se gratter la tête, signe évident de son embarras. Après une légère hésitation, il continua :

« J’étais pas très motivé au début, mais on aura pas d’autre occasion comme ça, alors autant en profiter. Par contre… On est d’accord avec Cassandra que tu devrais rester ici pour ne pas trop forcer sur ta cheville. Je sais que c’est pas ce qu’on s’était dit mais je pense que c’est mieux comme ça. »

Il grimaça et conclut, avec un brin d’espoir dans la voix :

« Et puis, au moins, tu pourras prendre soin du troupeau… »

Quelques heures plus tard, les choses s’accéléraient, et Percival embarquait.
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Neuf jours plus tard, il revenait avec l’ingrédient tant recherché dans son sac et plein d’histoires à raconter à Ivar dans la tête.
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Sam 30 Jan - 14:50

Ivar MaxwellPercival s'était trompé sur la réaction du jeune Ivar. Il ne s'était pas posé la question de la grande main de Percival sur son épaule en tant qu'intrusion dans son espace vital, mais plutôt, il ne voulait pas paraitre trop affecté à ses yeux. Hey, Ivar ne voulait pas avoir une réputation de pleurnicheur... non. Percival le fit tout de même promettre qu'il préviendrait en cas de fatigue. Ses jambes en avaient pris des coups ces derniers jours.

La redescente fut longue et la petite compagnie nouvellement formée commençait à avoir faim. Percival partagea donc les petite rations qu'ils avaient apportées avec eux grâce à Cassandra. Ivar prit donc le repas frugal et n'en fit que quelques bouchées. « ... et je crois que quand on arrivera, j'aurai tout aussi faim... ça a un léger goût de « pas assez »... »

Mais s'il avait tout de suite adopté l'idée de manger leur casse-croûte, l'idée de chanter n'était pas du tout envisageable pour Percival. Il ne lui avait pas non plus demandé de chanter fort, mais après avoir avisé Percival une seconde fois... Ivar se dit qu'il avait peut-être raison : Vaut mieux pas qu'on nous entende jusqu'au Cratère Nord...  pensa-t-il, en souriant à l'idée. Il finit donc par secouer la tête, ce qu'avait du comprendre le colosse grâce au mouvements du faisceau de sa lampe frontale. Tout en se grattant nerveusement derrière l'oreille, il lui répondit : « Non... je ne me souviens plus très bien des chansons. »

La route continua donc oscillant entre silence et conversations routinière entre les deux humains, les Brebis s'étaient un peu habituées au son de la voix de Percival et elles furent plus rassurées et donc bien plus rapides au fur et a mesure du retour. Lorsqu'ils arrivèrent, ils furent accueillis d'une manière surprenant si on considérait l'heure. Mais le fait d'avoir à nouveau des bêtes était un signe d'espoir de retrouver un semblant de vie normale pour les habitants de la petite ville et surtout pour la famille d'Ivar. Il n'en resta pas moins assez fier de cet accueil. Il écouta Percival qui conta leurs aventures et entre deux bouchées, parfois il hocha la tête avec toute une collection de grognements pour dire son approbation, sa douleur à certains propos et aussi son étonnement.

Alors, une fois que le repas fut terminé et qu'Ivar se retrouva à deux doigts d'avoir l'estomac qui lui passait par dessus la tête, Cassandra prit la parole à son tour pour expliquer qu'elle leur était reconnaissante. Elle semblait penser que ces mots étaient des dagues aiguisées et qu'ils pourraient lui écorcher la bouche... mais elle avait fini par le remercier, un peu aidée par Percival. Ivar ouvrit grand les yeux d’étonnement, l'écouta avec attention et finit par secouer la tête, seule partie qui ne lui ferait pas mal à secouer dans l'état où étaient ses jambes, mais aussi son estomac. Il était un peu abasourdi par le retournement de situation.

« Non, mais euh... eh bien... c'est... normal ! Je savais qu'elle devaient être là quelque part. Mais je pensais qu'il y en aurait plus... Fiona les a bien guidées. »

Cassandra proposa de ranger pendant que les deux héros allaient se reposer. Ivar poussa quelques soupirs de fatigue le long du chemin pourtant assez court. Puis il se dé-changea. Déposant ses affaires de côté comme les nuits précédentes. Il n'eut pas le temps de faire autre chose que de libérer ses cheveux pour la nuit que son grand ami se mit en travers de son chemin pour lui demander de lui montrer sa cheville. Cette satanée carotte lui avait fait mal mais il commença tout juste à s'en rendre compte avec le réchauffement de l'atmosphère une fois arrivés dans les tentes du village. Après un autre soupir impuissant, il se décida à se plier à l’exigence de son grand frère de substitution et prit place là où il lui indiquait. Puis il remonta son vêtement jusqu'à son genou pour que Percy puisse juger de l'état par lui même. Son diagnostic fut assez bref et Ivar fut libéré assez vite. Percival agissait comme Ivar face à ses petits protégés... Ivar se radoucit donc assez rapidement à son propre étonnement. Et gratifia Percival d'une hochement de sa tête souriante. Puis il se leva et se souvint qu'il avait reçu un cadeau pendant le combat. Il était temps de l'ouvrir. Il souhaita donc une bonne nuit à Percival et laissa la lumière quelques minutes pour voir ce qu'il avait reçu. Un large sourire inonda son visage alors qu'il découvrait une trousse de couture des plus fonctionnelles avec des fils multiples et incassables, du matériel d'une qualité parfaite. Il ne comprit pas qui lui avait envoyé ça. Il pensa que c'était sa famille. Ils avaient compris qu'il ne rentrerait sans doute pas de sitôt ? C'était un peu une tradition familiale du côté de son père. Ils partaient vers des aventures et découvraient le monde, et c'était comme ça qu'il s'était retrouvé à Corel et avait épousé sa mère, non ? Sans doute à la recherche de cette mission que tout le monde avait selon eux... Il ne tarda pas à tomber de sommeil, oubliant sa lampe allumée. Ce ne fut que très tard dans la nuit qu'il l'éteignit pendant un court moment d’éveil.

Le matin arriva vite.

~

Lorsque Percival vint le réveiller, Ivar se mit à gémir doucement, puis il se leva d'un bond pour voir Percival habillé de pied en cap. Il lui expliqua la situation, après que Ivar lui ait répondu vaguement à la première question « tu te souviens ? ».  Une chasse aux trésors ? Cette annonce eut un effet de réveil immédiat chez Ivar. Il lançait à présent un regard avide de précisions à Percival. Ce dernier changea d'expression lorsqu'il passa aux détails... le jeune homme ne serait pas du voyage... Ivar commença à froncer les sourcils et lâcha une expiration exagérée par le nez. Mais avant qu'il ne dise quoi que se soit, Percival parla des brebis et le regard d'Ivar changea, lui aussi. Lorsque le géant  avait parlé de sa cheville, le garçon avait aussitôt posé la main sur cette dernière, ce qui lui arracha une grimace. Elle était ornée d'un énorme bleu à présent et la lumière du jour ne l'aurait pas laissé cacher ce fait bien longtemps. Ivar regarda Percival et s'il ne lui dit rien au sujet de Cassie… ça promettait une grande discussion avec sa tante au cours de cette journée.

~

Neuf jours passèrent rapidement, Ivar s'occupa d'aider eux travaux sous l’œil réprobateur de Cassandra lorsqu'il en faisait trop, et quiconque connaît le jeune homme ne serait-ce qu'un peu ne douterait pas une minutes que c'était nécessaire. Les travaux avancèrent vite, malgré l'absence d'un membre essentiel de l'équipe, Percival était le plus fort, et malgré le fait que quelques autres personnes étaient arrivés, des professionnels qui avaient fait une longue route jusqu'ici... les choses avancèrent et il ne restait qu'un certains nombre de finitions, l’électricité, la plomberie, notamment méritaient encore un peu d'efforts. Domaines dont il valait mieux laisser les professionnels aguerris se charger.

De leur côté, Ivar et son cousin avaient pu reconstruire une barricade pour que les Brebis restantes soient à l'abri et ils avaient même pu faire un véritable abris où elles pouvaient se réfugier des intempéries si besoin se faisait sentir. Finalement, Ivar savait très bien que son ami aurait bien plus croustillant à raconter que lui sur ces jours où ils ne s'étaient pas vus.

Le jour de son arrivée fut annoncé et Ivar fit partie du comité d’accueil de Percy. Tout comme Cassandra et finalement quelques villageois curieux.

« Merci pour me l'avoir ramené. » lui dit Cassandra, avant de continuer. « Je vais m'occuper du remède immédiatement, on se voit au déjeuner. Puis, on ira rendre visita à la petite, si vous voulez. »

Puis, elle se rendit dans sa tente, sans doute pour récupérer les fleurs qu'ils avaient ramenés il y avait dix jours, maintenant. Ivar, quand à lui, se porta volontaire pour faire faire le tour des chantiers et montrer combien ils avaient avancé.

Il fallait espérer que Percival ne soit pas trop fatigué, mais après qu'il ait pu déposer ses affaires, et prendre un peu de repos devant un verre. Ivar l’entraîna très rapidement dehors sans avis demander, tout en commentant ce qui se présentait devant leurs yeux...

« Regarde, ça a plus la même tête, hein ?! L'auberge sera terminée la semaine prochaine, on dit. Et les personnes les plus fragiles vont pouvoir s'y installer, les blessés et les familles avec des jeune enfants... Ils ont déjà commencé à réhabiliter les ruines de l'école aussi. Et puis quelques bâtiments par ci par là qui étaient un peu moins amochés. »

Le jeune homme marchait à grands pas, sa cheville s'était totalement remise à présent. Il lui montra les brebis et la petite brebis blessée s'était elle aussi bien remise. Pour le reste, ils avaient fait un travail correct.

« Alors, comment c'était ? Tu as trouvé le fameux trésor ? » demanda le garçon, avec un réel intérêt. Ils allaient sans doute pas tarder à avoir des nouvelles du remède de Cassie. Il fallait espérer qu'il soit efficace.
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Jeu 4 Fév - 21:41

PercivalEn neuf jours, le géant en avait vu des choses. Il avait découvert tous ces continents dont on lui avait parlé, parfois en goûtant un peu à la vie locale, parfois en passant en coup de vent. Il avait des souvenirs plein la tête, souvenirs qu’il lui tardait de partager, et des étoiles plein les yeux. Mais surtout, il en avait gros sur le cœur.

Depuis le début de son voyage, il n’avait pas cessé de penser à son ami, qu’il avait laissé derrière lui. La raison pour laquelle il avait fait ça était tout à fait valable, mais il ne s’en voulait pas moins pour autant. Et quand, dans l’aéronef qui l’emmenait vers le point de départ de cette fameuse Chasse au Trésor, il avait trouvé dans son sac le cadeau que l’ourson rose lui avait offert au cours de leur dernier combat et qu’il l’avait ouvert, le pincement au cœur qu’il avait ressenti en saluant son camarade s’était accentué : au fond de cette boite, se trouvait un fromage de brebis délicatement emballé qui ne pouvait venir que de lui !

Dès qu’il en avait eu l’occasion – c’est-à-dire quand personne n’était là pour lui en chipé un morceau - , il avait croqué dans son cadeau. Il avait savouré chaque miette égoïstement, mais toujours en tournant vers son ami des pensées où s’entremêlaient affection et gratitude. Et comme s’il s’agissait d’un signe, il avait terminé son fromage la veille de l’annonce qui leur avait été faite selon laquelle la Chasse avait été remportée et qu’ils ne leur restaient qu’à rentrer chez eux.

Depuis qu’il avait embarqué dans le vaisseau qui le ramenait au Village, le colosse était un monstre d’énergie. Il ne pouvait pas rester en place et faisait des allers-retours incessant entre sa place et le hublot. Quand il avait enfin vu les contours du Village Glaçon, qui avait bien évolué pendant son absence, son cœur avait fait un bond. Enfin, il était de retour.

En descendant du vaisseau, il aperçut le petit comité d’accueil qui lui était réservé. Il leur sourit bêtement et agita la main droite, l’autre tenant son sac chargé des différentes choses qu’il avait amassées durant son périple. D’ailleurs, dès qu’il vit Cassandra s’avancer vers lui, il redevint un peu plus sérieux, et fouilla dans son sac pour lui donner l’ingrédient pour lequel il avait entrepris ce voyage. Fidèle à elle-même, elle le remercia à peine en l’attrapant et repartit tout de suite pour s’occuper de ce fameux remède.

Les quelques autres spectateurs le saluèrent rapidement, qui lui tapant vigoureusement dans le dos, qui le taquinant en saluant le retour du « tire-au-flanc » et s’éparpillèrent rapidement. Seul un jeune homme, facilement reconnaissable avec ses cheveux gris, demeura une fois la petite foule dispersée. Le géant le regarda, en silence et avec un sourire gêné, pendant quelques secondes, histoire de jauger si son ami lui avait tenu rigueur de cette séparation et, prenant son courage à deux mains, franchit la distance qui les séparait pour l’attraper et le soulever pour le serrer dans ses bras. L’étreinte fut brève et les pieds d’Ivar retouchèrent bientôt terre. Le rouquin, dont le visage avait revêtu une teinte cramoisie, compléta son rituel de démonstration d’affection embarrassée par un ébouriffage de sa tignasse grise et expliqua :

« Merci pour ton cadeau. Ca m’a… Ca m’a vraiment fait plaisir ! »


Une fois ces remerciements – un poil démonstratifs, peut-être – effectués, Percival expira profondément, visiblement soulagé de s’être exécuté, et laissa Ivar lui raconter ce qui s’était passé sur le chantier. Il eut d’ailleurs à peine le temps de poser ses affaires et de prendre un verre que déjà, Ivar le pressait de venir faire un tour des avancées avec lui. Le géant, qui cherchait toujours, depuis son atterrissage, le moindre signe de reproche dans l’attitude de son ami, fut rapidement rassuré par son enthousiasme sans faille et son envie de partager : a priori, rien n’avait changé entre eux. Peu à peu, le colosse se laissa gagner par l’entrain de son ami et s’en remit à lui en toute confiance.

« C’est clair que vous avez fait du bon boulot. »
commenta-t-il en voyant l’auberge. « Finalement, il faut croire que je suis pas si indispensable que ça ! Et les brebis, alors ? »

Il sourit largement à son ami et continua la visite, commentant chacune des nouvelles avancées avec emphase. Il était d’ailleurs si heureux de retrouver tous ses camarades de chantier et de voir leur progrès que, quand Ivar lui demanda s’il avait gagné la Chasse, c’est bien moins déçu qu’il ne l’était réellement qu’il répondit :

« Oh, tu sais, on était presque au bout, avec mes filles, mais quelqu’un a gagné avant nous… Mais faut voir le bon côté des choses, j’ai appris plein de trucs et j’ai rencontré plein de nanas. »

Il ponctua sa phrase d’un grand éclat de rire et attrapa son camarade par l’épaule pour l’emmener vers la tente :

« On a commencé par le continent de Dol, un coin aussi froid qu’ici. Alors, imagine ma tête quand on est arrivés... »


Le colosse n’hésita pas à rentrer dans le détail et décrire à son ami tout ce qu’il avait manqué, maintenant qu’il était sur qu’il ne susciterait pas sa jalousie.

Il eut juste le temps de terminer son récit. Alors qu’il était en train de conclure sur cette fameuse Chasse, il vit la tante d’Ivar débarquer en trombe :

« Les garçons, c’est prêt. Je me disais que vous voudriez peut-être savoir si ça va fonctionner. »

A dire vrai, elle était surtout si nerveuse qu’elle avait bien besoin de partager ce moment de stress avec quelqu’un.

Un simple regard vers son acolyte et Percival répondit :

« On te suit ! »
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Sam 6 Fév - 11:25

Ivar MaxwellNeuf jours...où Ivar avait fait des choses qui étaient devenues des habitudes. Ça changeait de sa vie dans les montagnes de la région de Corel. Ici, tout le monde mettait la main à la pâte pour redonner un peu de vie au village dévasté. L'auberge avait été quasiment réparée. L'école était déjà bien avancée... la vie allait sûrement reprendre ses droits ; d'ailleurs ça faisait quelques jours qu'elle en avait pris le bon chemin.

Lorsque Percival arriva, l’ambiance était celle des heures de pointes dans les aérodromes, retours de longs voyages où les proches viennent à la rencontre des autres. Puis comme toujours, les gens finissaient par se disperser et restaient qu'Ivar et Cassandra... puis elle partit elle aussi d'un pas pressé, laissant les deux hommes seuls. Ivar ne s'attendait pas du tout à ce qui allait se passer... Percival le fit décoller du sol.

Malgré les précautions qu'avait pris ce dernier, Ivar agita les pieds, comme s'il étaient en train de lutter pour sa vie, craignant d'être étouffé. Et poussa finalement un « Héééé!!! » affolé alors qu'il ne tardait pas à retrouver le plancher des brebis. Il se précipita pour redresser sa tignasse alors que Percival ébouriffait. Le visage du jeune homme était lui aussi cramoisi, bien que c'était sans doute un peu caché par le hâle naturel de sa carnation. Mais il sauta sur l'occasion pour parler de son fromage. Et encore, il était bien loin d'imaginer combien ce que disait Percival à son sujet était profond... il n'en avait pas laissé une miette et qui sait, si c'était à cause de son gout exquis ou alors si c'était aussi grâce à l'affection qu'il avait commencé à avoir pour le gamin (car quoi qu'il en dise, c'était encore un gamin), qui se précipita pour répondre:

« Hey. Ils sont bons, n'est-ce pas ? Tu comprends pourquoi il faut sauver tout ça... »

… Ivar avait un peu noyé le poisson, mais il n'avait pas encore réussit à se remettre totalement de ce déluge d'affection. Il enchaîna sur ce qui avait été fait au village pendant l'absence du grand roux. Il n'aurait jamais osé le dire, mais toute cette affaire lui avait fait oublier tout sentiment de frustration pour l'instant. Il était fier de montrer à Percival les avancées.

« Oh, si tu avais été là, on serait bien plus avancés je crois. Ce que tu faisais tout seul, il fallait qu'ils se mettent à deux pour le faire. Mais heureusement que j'étais là ! » conclut le jeune homme avec un rire, concernant l'auberge. Ils arrivèrent finalement près de l'enclos où Ivar continua pour répondre à la question de Percival sur les bêtes. Il montra du doigt deux enclos. L'un était bien plus petit et plus solide ou un animal aux cornes spiralées se trouvait. Son air plus agressif et vif ne laissait aucun doute.

« Regarde... il est arrivé deux jours après ton départ. Ron a fait ce petit enclos pour lui. Et puis Nicky -la petite boiteuse- va mieux. Elle ne boite même plus, en fait. C'est elle là, avec la trace bleue sur la patte. »

Autrement dit, de ce côté là, tout allait bien. Ivar prit donc la température du côté de Percival et de la chasse aux trésors. Il leva l'un de ses courts sourcils quand le colosse parla de « ses filles », mais le laissa finir quand même.

« Tes filles ?! » lui demanda-t-il avec stupéfaction. Il parlait de ses coéquipières venues de tout Héméra!

Percival raconta en détail le reste de l'aventure en faisant à nouveau route vers leur tente. Ivar ne put s’empêcher de donner un coup dans la neige et de lever les yeux vers le ciel en se jurant qu'il allait lui aussi parcourir le monde et découvrir plein de choses un jour. Du moins, tant qu'il ne trouverait pas ce qu'il cherchait. Il écouta avec intérêt le tout et ouvrit grand les yeux quand il s’aperçut que percival était passé juste près d'ici pendant ses voyages. Mais le pire restait qu'il serait revenu au village Glaçon pour trouver l'énigme sur laquelle il avait fini son périple... au lieu de ça, il avait fini à Midgar. Pour une aventure, c'était une aventure !

Mais alors que les deux hommes terminaient de donner leurs impressions sur le sujet, Cassie arriva précipitamment pour leur annoncer que le remède était prêt et qu'ils pouvaient aller voir s'il pourrait guérir la jeune Anita Jacobs... Ivar n'avait pas osé demander ce qui était arrivé à sa famille... mais vu la description qu'en avait fait sa tante Cassie... il craignait fort que ça ait été le pire.

Ivar hocha la tête en se levant quand elle leur proposa de l'accompagner pour administrer le remède. Ils partirent donc pour la tente de soin. Sur le chemin, Ivar se tourna vers Percival :

« J'ai quelque chose à te montrer plus tard. », lui dit-il, avant de regarder à nouveau son chemin.

Ils arrivèrent bientôt à la tente et saluèrent les quelques personnes présentes, qu'elles soient là pour une simple visite ou pour soigner les blessés. Ivar s'arrêta à quelques pas du lit de la demoiselle, alors que sa tante s'approchait plus. Anita finit par ouvrir ses yeux bleus pâles, mais le reste restait désespérément figé. Ivar regarda Percival, puis tourna à nouveau les yeux vers la jeune fille. Quelques blessures en voie de guérison et les restes verdâtres d'hématomes jonchaient les parties visibles de son corps; notamment ses pieds et ses mains d'où le fil d'une perfusion sortait. Elle avait une drôle d'atèle sur sa jambe qui avait été cassée. Cassandra sortit le remède :

« Anita, je vais te donner ce remède. Ce n'est pas très bon, mais ne t'inquiète pas, il est totalement inoffensif. Regarde, j'en bois un peu pour te montrer. » Elle prit un verre et but un peu du liquide de couleur verte, s'efforçant à ne pas faire de grimace pour éviter affoler la jeune fille. « Est-ce que tu es d'accord pour le prendre ? »

Des larmes emplirent les yeux de la jeune fille pour couler se fondre dans ses cheveux blonds lorsqu'elle cligna des yeux pour donner son accord. Cassandra hocha la tête et administra la potion tout juste préparée à la jeune fille. Ivar regarda à nouveau Percival. Ses doigts croisés derrière son dos en signe d'espoir.
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Mer 10 Fév - 20:32

PercivalQuand Ivar mit en avant que le travail aurait avancé bien plus vite en sa présence, le géant partit d’un grand éclat de rire et lui asséna une petite claque dans le dos :

« Tu me surestime beaucoup, à mon avis ! J’ai peut-être l’air d’un gros buffle, mais je n’aurai pas pu continuer sur le rythme des premiers jours bien longtemps. Non, je suis sur que ça n’aurait pas changé grand-chose que je sois là. »


Leurs pas les menèrent jusqu’à l’enclos qu’ils avaient commencé à construire avant que le géant ne parte. D’un hochement de tête entendu, le colosse salua l’évolution du chantier autant que l’arrivée du nouveau pensionnaire :

« Eh bah, vous avez quand même trouvé le temps de faire tout ça ! Je suis vraiment content pour toute ta famille ! Tu sais que, tout ça, c’est uniquement grâce à toi. Chapeau !»

Et il le pensait réellement. Son jeune ami avait en lui un enthousiasme débordant qui, s’il pouvait fatiguer au premier abord, finissait malgré tout par contaminer les autres. C’était une force dont il n’avait surement même pas conscience, mais qui sautait aux yeux du géant d’autant plus maintenant qu’il le retrouvait après quelques jours de séparation.

D’ailleurs, c’est surement touché par cette énergie folle qu’il avait entrainé son acolyte à sa suite pour lui raconter dans le détail l’intégralité de ses péripéties et ce, juste avant que Cassandra ne vienne les chercher.

Tous les deux tombés d’accord après un simple échange de regards, les deux compères sortirent rapidement de la tente où ils prenaient un verre pour filer vers celle où était située, pour un ou deux jours encore, celle de l’infirmerie. Bientôt, avec la fin des travaux de l’auberge, les malades et les blessés auraient une chambre au chaud et au calme pour récupérer.

Alors qu’ils allaient bon train, le jeune homme aux cheveux gris ralentit pour se mettre au niveau de son compère et lui glisser deux mots. Un peu intrigué, mais pour l’instant en grande partie concentré sur l’affaire du remède, le grand rouquin répondit de façon distraite :

« Euh… Bien sur ! On trouvera bien un moment. »

Ils oublièrent bien vite ce rapide échange en s’engouffrant dans la tente, où ils saluèrent un médecin, qui les dévisagea d’un air suffisamment dubitatif pour que Percival comprenne immédiatement qu’il doutait, sinon désapprouvait, leur intervention, ainsi qu’une infirmière, qui leur accorda à peine un regard.

« Ca fait plaisir d’être soutenus… »
murmura le rouquin en se penchant vers son camarade.

Sans hésiter un seul instant devant cette réticence globale, la quinquagénaire fila droit au fond de la tente. Là, elle expliqua à la jeune fille, à peine plus jeune qu’Ivar, ce qu’elle allait faire et avala même un peu du breuvage.

Instinctivement, le colosse fit un pas en avant pour l’arrêter. Trop tard. Il se tourna vers son acolyte pour l’interroger :

« C’est sans danger pour elle ?? »


Il déglutit difficilement et se tint prêt pour la suite du programme : après cette démonstration, la jeune Anita était, à son tour, sur le point d’avaler le breuvage verdâtre. Sans y faire attention, le géant suspendit sa respiration et serra les poings de plus en plus fort à mesure qu’elle ingurgitait le remède. Au bout de quelques secondes, les articulations de ses doigts en étaient blanches.

Quand elle reposa son verre, il lâcha un soupir bruyant, d’autant plus bruyant qu’il survenait dans un silence angoissant. Plus impatient que jamais, il lança :

« Ca a marché ? »


La tante d’Ivar se tourna vers le grand gaillard pour le foudroyer du regard et lui asséner un :

« Comment veux-tu ? Laisse un peu le temps au médicament de faire effet ! »


Effectivement, une bonne minute plus tard, la jeune fille fut prise d’une quinte de toux, si forte qu’elle s’en redressa dans son lit. Ceci dit, ce n’était pas exactement le genre d’effet que le barbu espérait. Impossible de rester en place, il agrippa Ivar par l’épaule pour lui murmurer, sur un ton pressant :

« Faut faire quelque chose, quand même, là, non ?? »


La quinquagénaire qui avait entendu, l’intima de patienter un peu. A raison, puisque, quelques secondes – interminables – après que la toux de la jeune fille fut arrivée au point qu’elle ne put plus reprendre son souffle, elle s’arrêta et prit une inspiration profonde et sonore :

« Hhhhhhhhhhhhaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhh »

Elle regarda Cassandra, puis Ivar, puis Percival, avec un air mi hébété, mi soulagé, et lança, d’un ton hésitant :

« Je… je crois que…. »

Elle leur sourit à pleine dents et éclata en sanglots. La tante d’Ivar prit la jeune fille dans ses bras et leur dit :

« Elle a besoin d’un peu de repos. Ca a quand même été assez éprouvant. Revenez la voir demain. »


Le géant, sur un petit nuage face au dénouement de la situation, hocha la tête. Il avait, pour le moment, complètement perdu de vue leur objectif en soignant cette jeune fille, tout comme le stress intense qu'il éprouvait quelques minutes auparavant.
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Lun 15 Fév - 16:10

Ivar MaxwellIvar était étonné que Percival pensait qu'il n'aurait été d'aucune utilité. Il avait bien vu que pour certaines pièces malgré toute sa bonne volonté, il n'aurait pu que se traîner, ramper, gratter le sol, mais n'aurait pas pu soulever de 5 centimètre une pièce que le colosse attrapait à lui seul comme un fétu de paille. Cependant, il grimaça quand son ami se compara à un Buffle. Ce n'était pas du tout ce qu'il voulait insinuer. Il laissa donc ce sujet en plan.

Lorsque Percy le gratifia d'un collier de compliments pour les enclos et les bêtes retrouvées, Ivar se sentit fier et il en avait presque les larmes aux yeux, ce n'était pas tous les jours qu'on le félicitait... d'ailleurs, à part ses parents qui avaient toujours essayé de l'encourager à trouver sa voie... il n'avait pour ainsi dire que peu de personnes pour le complimenter malgré ses efforts toujours plus spectaculaires. Il se contenta donc de regarder les bêtes en riant. Percival y était pour beaucoup, dans tout ça.

« Ils vont tous mieux. S'il n'y a plus de catastrophes, ils pourront faire à nouveau du bon fromage très bientôt. Mais elles se sentent un peu trahies. Il faudra faire en sorte qu'elles soient bien protégées cette année. »

C'était tout naturellement que l'avait dit Ivar. Même si pour certains il avait l'air d'un fou, il savait ce que ces animaux pensaient. D'ailleurs, elles faisaient fuir les Sauts bien plus efficacement que le faisaient les humains. Mais... elles ne pouvaient rien contre la magie et la destruction que causaient les calamités humaines...

Après un résumé très animé des aventures de Percy dans la chasse au trésor, le moment tant attendu mais aussi redouté de la visite à Anita Jacobs arriva. Ivar acquiesça à la réponse positive du géant concernant les projets pour le reste de la journée et il pressa à nouveau le pas pour rejoindre sa tante qui arrivait déjà à la tente de soins.

Ils reçurent un accueil plutôt mitigé et Ivar se tenait prêt à dire ce qu'il pensait au moindre mot de la part de quelqu'un, eux qui avaient simplement laissé la jeune fille sans le moindre moyen de retrouver la mobilité. Mais il n'eut pas à le faire, Cassie avala une partie du liquide, et Percival sembla s’inquiéter pour elle, demandant à son jeune compagnon si c'était sans danger. C'est Cassandra qui répondit, malgré sa concentration.

« S'il y avait le moindre risque, je ne le donnerai pas à Anita, Percy. Il ne fait simplement rien, s'il n'a rien à guérir. »
 
Casssandra était très douce avec Anita, elle devait avoir passé pas mal de temps à son chevet, vu la situation dans laquelle elle se trouvait et aussi parce que c'était elle qui l'avait trouvée avec Ron. En la voyant, Ivar se souvint très bien de la jeune fille. Elle ne devait pas vraiment l'apprécier, trouvant sans doute le garçon un peu trop casse-cou.Ivar ne pouvait pas s'empêcher d'y penser, pendant cette minute qui parut prendre des heures. Ivar était aussi tendu que le reste de la tente médicale. Le temps semblait s'être figé. Les infirmières toutes alignées près du rideau, même le médecin sceptique qui était pourtant dos à la scène, faisant mine d'écrire sur un dossier semblait être suspendu à ce qui se passait ici.

Un Ivar et un Percival à bout de souffle se firent gronder comme des enfants par Cassie pour leur impatience. Puis à nouveau le silence prit possession des lieux, laissant entendre quelques éclats de voix à l'extérieur. Au bout d'une minute, une éternité en vérité ; Anita se mit à tousser, ce qui figea Ivar dans une expression indescriptible de stupeur. Percival, lui, se mit à gesticuler et prit Ivar par les épaules pour lui demander s'ils fallait agir ou pas. Cassandra leur demanda à nouveau de patienter et intercepta le médecin qui avait accouru vers la jeune fille pour lui faire comprendre que c'était attendu.

Toute la tente était dans un état de stupéfaction indicible alors que Cassandra semblait aussi confiante qu'au début. Lorsque l'on crut qu'Anita allait suffoquer, elle prit une grande inspiration. Toute la tente reprit vie alors qu'elle se mettait à respirer. Quelques mots sortirent de sa bouche et elle regarda ses trois sauveurs avec un sourire perdu avant de s'effondrer en larmes dans les bras de Cassie.

Cette dernière demanda aux deux hommes de revenir le lendemain, sans doute se serait-elle remise de certaines de ses émotions. Ivar suivit Percival sans un mot, les jambes cotons. Lorsqu'ils furent à l'extérieur de la tente, il s'arrêta, l'air hébété à son tour. Puis, comme s'il avait oublié de respirer pendant de nombreuses minutes, il prit une grande inspiration et rejeta l'air qui fit monter une colonne de vapeur qui se condensa pour former une brume devant son visage.

Il refit quelques pas vers Percival : « On dirait que ça a marché ! » il secoua la tête avant de reprendre ses esprit totalement, puis, il serra le poing comme s'il attrapait la victoire sur le sort. « On a réussi ! »

A savoir si la jeune fille allait pouvoir remarcher de sitôt. Mais elle leur avait parlé. Les jours qui suivrait seraient sans doute très durs pour elle, mais... la vie devait reprendre le dessus. Il le fallait. Ivar se sentait fébrile au point qu'il aurait voulu s’allonger par terre un moment. Mais il décida de continuer à marcher un peu, sauf si Percival souhaitait qu'ils prennent le temps de reprendre leurs esprits. Il avait transpiré et sentait le sang taper dans ses tempes, en fait il devait avoir le visage rouge, car en dépit de la température à l'extérieur, il avait chaud. Il commença à s'avancer sans réfléchir vers l'endroit où il voulait emmener Percival.

C'était pas un endroit très joyeux. Mais, Ivar était quelqu'un qui malgré ses apparences de casse-cou (et autres) invétéré, avait un grand respect pour les traditions. Et surtout, son tempérament faisait qu'il avait en horreur ceux qui ne respectaient pas les choses importantes à ses yeux. Et ce qu'il allait montrer à Percival était important, puisque lorsqu'ils étaient arrivés dans le village dévasté au lendemain de la terrible attaque... il l'avait emmené ici, lui même. Voyant qu'ici aussi les choses avaient été dévastées.

Ivar avait refusé catégoriquement de demander l'aide aux autres personnes du village, seulement pour savoir où était exactement ce dont il devait s'occuper. Finalement, certains autres l'avaient imité sur leur temps de repos. Si bien qu'ils avaient restaurés la tombe de ses grands parents, mais aussi remis un peu d'ordre dans le cimetière. Ivar l'emmena donc devant la dernière demeure de ses grands parents.

« On a fini l'enclos rapidement, alors... »
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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Ven 19 Fév - 23:01

PercivalVisiblement, Ivar était passé par les mêmes états lors de l’administration du remède à la jeune fille. Ni l’un ni l’autre n’osait trop rien à Cassandra qui, de toutes façons, les remettait gentiment à leur place dès qu’ils osaient élever la voix. Allez savoir pourquoi elle leur avait demandé de venir, dans ces circonstances !

Mais toute cette tension fut bientôt évacuée : après quelques secondes d’attente interminable, Anita redonnait enfin de la voix. Percival et Ivar furent invités à évacuer les lieux pour laisser la patiente reprendre des forces. Les deux compères s’exécutèrent de bon cœur, tous deux encore un peu sonnés par ce qui venait de se produire.

Percival, qui avait suivi son ami en silence – trop occupé à reprendre pied avec la réalité – l’observa inspirer et expirer profondément d’un œil un peu lointain. Ce n’est que lorsque son camarade revint vers lui qu’il reprit toute sa tête et qu’ils purent enfin se réjouir ensemble :

« Mais ouais !!!! Ca a marché, tu te rends compte !! Ca valait vraiment le coup de se bouger un peu ! »

A dire vrai, le mérite en revenait en grande partie à Ivar qui, par son envie d’en faire toujours plus, l’avait poussé à se lancer dans cette quête un peu folle, à travers les bois et à travers le monde. Bien sur, il avait douté de leurs chances de succès, en premier lieu, mais, avec le recul, le colosse se demandait bien comment il avait pu s’imaginer qu’une mission avec cette patte de lapin ambulante se solde par un échec.

C’est donc tout guilleret que le géant prit la suite du jeune homme aux cheveux gris. Sans vraiment se rendre compte d’où il l’emmenait, il continuait à déblatérer :

« Non, mais tu te rends compte, en plus, elle a fait ça à partir de plantes qu’on trouve nulle part. Et c’est bizarre, parce que, quand tu réfléchis bien, comment c’est possible que ta tante ait trouvé une recette avec des plantes qu’on a trouvées sur un continent qu’on ne connait que depuis peu de temps ! Bon, c’est sur qu’on peut en trouver sur Gaïa aussi, ou alors, avant, on pouvait, mais franchement, je te jure, ça m’hallucine. »


Un peu surpris de voir que son ami gardait le silence et arborait une mine de plus en plus grave, Percival s’attarda sur lui et le chemin qu’il empruntait, et son attitude le contamina. Il n’y avait pas grand-chose d’autre au bout de ce chemin que le cimetière auquel il l’avait amené quelques semaines plus tôt. L’enthousiasme du rouquin s’effaça peu à peu pour faire place à une humeur plus sombre :

« Il y a quelqu’un qui… »
hasarda-t-il avant qu’ils arrivent à destination et qu’Ivar puisse lui expliquer la raison de leur venue.

Mais il n’était pas besoin de mots : Percival gardait un souvenir très net de leur dernière visite et il voyait bien que les choses avaient évolué. Aussi, quand Ivar commença à lui expliquer ce qu’il avait fait, il ne put même pas finir sa phrase que le géant avait déjà posé une main amicale sur son épaule. Il maintint fermement son emprise sur son ami pour l’empêcher de se retourner, et, après quelques secondes, parvint à articuler :

« M…Merci… »

Le colosse, d’un revers de main, essuya ses joues, sur lesquelles se déversaient des flots de larmes qu’il n’arrivait pas à contrôler. Son physique imposant cachait un cœur rempli à ras bord d’émotions, et il n’en fallait pas plus que ce genre d’attention pour le faire déborder. Après tout, les frères du géant eux-mêmes n’avaient jamais trainé leurs guêtres jusqu’à la tombe de ceux qui les avaient élevés, alors voir son ami aller jusqu’à les rafistoler…

Mais s’il était persuadé que c’était pour de bonnes raisons qu’il pleurait à chaudes larmes dans ce froid glacial, il n’en était pas moins convaincu que, pour garder un peu de crédibilité auprès de son ami, mieux valait qu’il ne le voie pas dans ce moment de faiblesse. Cependant, malgré tous ses efforts, il ne parvint pas à réprimer un soupir avant de dire :

« Il faut qu’on y aille. La nuit tombe… Ils vont pas tarder à servir le diner. »


Ils rebroussèrent chemin vers les tentes pour partager leur repas avec les autres ouvriers du chantier de reconstruction. Si quelques-uns prêtèrent attention aux yeux bouffis du rouquin, il fut facile de les égarer en leur expliquant qu’il avait perdu l’habitude du froid, après seulement quelques jours passés à vadrouiller sur d’autres continents.

A la fin du repas, un homme avec une blouse de médecin, qu’ils n’avaient pourtant pas croisé dans la tente où était soignée Anita, s’approcha de leur table pour leur attraper la main et les saluer avec emphase :

« Ha !! C’est vous qui avez aidé Cassandra ? Honnêtement, je suis impressionné par tout ce que vous avez fait ! Je ne m’attendais pas à ce que des inconnus… Enfin, du personnel non médical s’intéresse autant à ce cas assez complexe de mutisme post-traumatique. »

Il ajusta ses lunettes et continua, sur un ton plus bas :

« D’ailleurs, votre succès a fait grincer quelques dents, à l’infirmerie. Personne n’y croyait, à ce remède improbable. Certains disaient même que Cassandra était folle. »

Un Dolien de l’équipe de chantier dans laquelle les deux compères avaient exercé interrompit cette discussion en hélant Ivar, avant de s’installer près de lui à table pour lui dire :

« Alors, toujours pas tenté pour une partie de Triple Triad ? »


Le médecin se releva et conclut :

« Je voulais juste vous remercier de vous être investis. Faites attention à ne pas trop vous faire remarquer quand même. »


Percival opina du chef sans grande conviction pour remercier l’étrange individu de son conseil – c’en était bien un, non ? – et se tourna vers son ami pour le consulter du regard :

« C’est moi où il était bizarre ? »

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MessageSujet: Re: Un village en glace pilée   Mar 23 Fév - 16:11

Ivar MaxwellL'administration du remède terminée, Ivar et Percival étaient sortis et tous deux se réjouissaient de la réussite de leur entreprise. Cassandra aurait pu mettre des semaines avant de faire ce remède si Ivar et Percival n'étaient pas allés à la chasse aux ingrédients pour elle. Mais tout a avait servi à quelque chose, ce que s'empressa de confirmer le colosse. Et si lui avait pu douter, ce n'était pas du tout le cas du jeune homme aux yeux olive. Il acquiesça a grand renforts de hochements de tête. Tout en ajoutant une couche à l'argumentation.

Tout en se dirigeant tranquillement vers leur destination, qui était inconnue de Percival pour le moment, le grand roux continuait à parler du remède. Pointant du doigt un fait auquel bien sur, Ivar n'avait pas pensé un seul instant. A savoir comment cette Plante de Héra se trouvait dans ce livre et... Ivar se demandait si ce n'était pas un homme avec les cheveux en bataille et une sorte de tâche sur le front dont sa tante avait parlé à Percy. Il y avait un herboriste par ici avant. Il voyageait souvent. Et il était facile à deviner que Ivar devait bien aimer écouter ses histoires, quand il venait ici. Ces histoires de traditions faisaient bien partie de sa vie, après tout. Surtout que sa tante préférait de loin soigner avec les vieux remèdes que la médecine moderne. Mais il fallait aussi bien avouer que dans un village aussi retiré, c'était la médecine traditionnelle qui était utilisée en premier recours. Il en était de même pour le village du jeune homme, dans les montagnes.

L'ambiance n'avait fait que devenir plus sérieuse au fur et à mesure du chemin. Ivar, compte tenu du sujet, ne montrait pas autant d'enthousiasme qu'à son habitude avec les exploits qu'il se croyait accomplir devant cette réparation vers laquelle il emmenait son ami. Il l'avait vu si enragé et avait lui même été hors de lui à la vue de tout ce qui s'était passé dans le village. Que pas à pas, il fallait reconstruire et dans la reconstruction de la vie des gens, il n'y avait pas de petites choses. Du moins parfois, les petites choses faisaient le plus grand bien. Ivar avait eu cet instinct là ; même s'il n'était pas toujours homme à réfléchir longuement pour agir. Et finalement, il avait vu que de nombreuses personnes avaient ressenti un soulagement en voyant que le cimetière avait retrouvé un peu d'ordre.

La réaction de Percival était inattendue. Ivar se retrouvait coincé, ne pouvant que regarder devant. Le jeune homme comprit à la voix étranglée du colosse lorsqu'il le remercia, qu'il ne souhaitait pas qu'on le voit dans l'état où il était. La fierté exacerbée du garçon lui permettait de comprendre qu'il aurait sans doute tout fait pour ne rien laisser paraître, lui aussi. Après ce moment fort en émotions tous deux repartirent vers la tente pour manger. Comme l'avait prédit Percival, ils ne tardèrent pas à servir le dîner, ils retrouvèrent leurs camarades de construction, mais aussi Cassandra qui était de retour.

Ivar avait mangé vite et bien, comme à son habitude, son appétit pas entravé par un quelconque soucis. Puis alors qu'ils avaient à peine posé leurs couverts, un homme, sûrement un médecin, si on en jugeait par son accoutrement, vint à leur rencontre et se mit à leur déverser un flot parfaitement contrôlé de paroles sans vraiment leur laisser le temps de réagir. Il s'était installé face à eux, sans la moindre hésitation. Il appelait sa tante Cassie « Cassandra », comme si il la connaissait depuis toujours... pourtant Ivar ne se souvenait pas de lui. Il le regarda puis regarda Percival. Fronçant un peu ces petits sourcils lorsqu'il entendit qu'on avait traité Cassie de folle. C'est eux les fous ! Ils ne faisaient rien ! si dit-il.

Mais, il n'eut pas le temps de réagir que Glenn l'appela et s'installa à côté pour lui proposer de jouer aux cartes. Ivar jongla des yeux entre les deux hommes, hésitant à savoir s'il devait répondre à Glenn ou alors au docteur mystère... mais ce dernier prit vite congé en leur conseillant vivement de ne pas se faire remarquer. Ça se voit qu'il ne connaissait pas bien Ivar, celui là... mais quoi qu'il en soit, laissant les trois hommes comme trois ronds de flan, il s'en était allé. Percival regardait Ivar, qui lui rendit la pareille, les yeux ronds, presque écarquillés par l'étonnement.

« C'est pas toi... il était vraiment bizarre! Mais c'était qui ? Je l'avais jamais vu. »

Cassandra avait mangé et s'était éclipsée rapidement ce soir. Ivar quand à lui ne savait pas bien si cet homme était un ami ou un ennemi. Il lui avait laissé ce goût étrange... oui, presque à lui avoir gâché sa digestion.

« Woh ! J'arrive comme un cheveu sur la soupe, là, non ? » demanda Glenn.

Ivar secoua la tête, comme pour lui dire que non, et regarda Percival. S'il le souhaitait, Glenn pourrait sûrement leur apprendre à jouer. Mais se trouver des cartes... ça c'était autre chose. Glenn devait sûrement y tenir à ses cartes, mais peut-être qu'en échange de quelque chose, il pourrait leur donner quelques cartes pour commencer ?

« T'en penses quoi, Percy ? Si on apprenait?! On dirait qu'on a le temps, ce soir. »

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