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 Au-delà des apparences

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Julian Quinn
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MessageSujet: Au-delà des apparences   Dim 20 Mar - 22:29

Ringu et Julian reviennent de la Chasse au Trésor, après leur passage à Corel Nord
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Dans un bruit sourd, les moteurs de l’aéronef se mirent en marche puis lentement, le vaisseau décolla et s’éloigna du plateau, laissant derrière lui nos deux aventuriers. Les organisateurs de cette chasse au trésor avaient mis en place des moyens de transport pour déposer les participants aux quatre coins d’Héméra. Après tout, ils avaient eux-mêmes dû voyager par leurs propres moyens, aussi n’était-ce que partie remise de leur part. Ringu et Julian s’étaient donc retrouvés à Daguéréo après avoir perdu la course puis avaient décidé de se rendre à Tréno, tant qu’ils étaient proches du continent de la Brume. Et c’est ainsi que notre duo s’était retrouvé sur le plateau où se situait la ville nocturne. Après avoir regardé le vaisseau partir, Julian se tourna vers Tréno et son regard s’endurcit. Cela faisait maintenant quelques années qu’il avait quitté la ville – après avoir été destitué de son rang de noble auprès de sa famille – et fouler de nouveau ces terres était un vrai défi pour lui. Mais le déroulement des choses n’avait pas à être compliqué : il leur suffisait simplement de se rendre à la demeure de Maître Totto puis de quitter la ville aussi vite qu’ils étaient venus. C’était le plus simple pour éviter les mauvaises surprises…

Les deux hommes marchaient en direction de la ville dans un grand silence. A vrai dire, ils ne s’étaient pas vraiment parlé durant le trajet, s’échangeant simplement quelques courtoisies lorsque nécessaire. Ils s’étaient simplement dit que la chasse au trésor avait été un échec pour eux mais il leur fut impossible de discuter de leur projet en toute discrétion à cause des autres participants présents dans l’aéronef. Finalement, le moment présent était sans doute le plus propice à cette conversation, aussi Julian engagea-t-il la discussion bien avant d’arriver à Tréno.

« Nous voilà enfin seuls, détective. J’espère que votre chasse a été riche en informations ? Pour ma part, mes partenaires de voyage n’étaient pas assez engagés dans la lutte contre la Néo-ShinRa pour nous être d’une quelconque utilité, je le crains… »

Il repensa à ses quatre partenaires et ne put s’empêcher d’expirer bruyamment son agacement. Il n’y en avait eu aucun qui s’était démarqué du lot en présentant un quelconque intérêt et en plus, ils lui avaient certainement fait perdre du temps dans cette chasse au trésor en se trompant d’endroit à plusieurs reprises. Non, décidément, Julian ne voulait plus jamais avoir affaire à eux. C’est pourquoi il espérait que l’équipe de Ringu ait été un peu plus intéressante pour récolter quelques informations. Dans tous les cas, même si le détective était également revenu bredouille de cette chasse, rien n’était perdu pour autant : le duo se trouvait enfin à Tréno et Maître Totto leur prodiguerait certainement des réponses à leurs questions.

« Bienvenue à Tréno, la ville nocturne. »

Les grilles de la ville s’ouvrirent à leur arrivée pour les laisser arriver sur une petite place. Même s’il tentait de le cacher, Julian n’était pas tranquille de remettre les pieds ici et ses yeux observaient vivement autour de lui pour voir s’il n’apercevait pas une silhouette familière dans les parages. Deux chemins s’offraient à eux : pour se rendre chez Maître Totto, il leur fallait prendre celui de gauche pour longer les remparts et rejoindre la tour astronomique. Le chemin de droite quant à lui menait au bas-quartier où vivaient les pauvres de la ville. Le duo n’était clairement pas là pour faire du tourisme, aussi Julian prit-il l’initiative de supposer que Ringu ne verrait pas d’inconvénients à ce qu’ils se rendent directement à leur destination. Le blondinet ouvrit donc la marche puisqu’il était le seul à connaître la ville et emmena le détective sur les remparts de gauche. De là, Ringu pouvait voir sur sa droite les riches quartiers et avoir une première vue d’ensemble de la ville. Julian, quant à lui, regardait droit devant, à savoir la tour. Il savait que s’il regardait à droite, ses yeux se porteraient sur son ancienne demeure, et il ne le souhaitait pas. Son orgueil était encore bien trop grand pour affronter sa famille sans se remettre en question.

Le duo arriva aux portes de la tour et Julian décida de faire une courte halte. La demeure de Maître Totto se trouvait au sommet et de la lumière éclairait les escaliers. Il se trouvait certainement chez lui, aussi le noble poussa-t-il la porte et invita Ringu à le suivre. Il leur fallait encore monter les nombreuses marches. Les murs de la tour disposaient de nombreuses ouvertures sur l’extérieur, et il était possible d’observer la ville et le ciel depuis ces emplacements. Il s’agissait d’un lieu unique en son genre car la vue que cette tour offrait sur Tréno était magnifique. Julian en profita pour faire une halte devant l’une de ces ouvertures et il fit signe à Ringu de regarder au travers.

« Si vous regardez par en bas, vous verrez les deux quartiers de la ville, à savoir le quartier des riches et celui des pauvres. La disparité des classes sociales est très prononcée, ici. »

Les pauvres cherchaient à voler aux plus riches, et les riches se fichaient complètement de la vie des pauvres. Dans de telles conditions, il était difficile d’envisager une vie autre que celle-ci, où les deux classes parviendraient à cohabiter ensemble. Elles avaient tellement de dédain l’une envers l’autre qu’essayer de les satisfaire toutes les deux était impossible. Il faudrait pour cela que les mentalités changent, mais ce n’était clairement pas à l’ordre du jour. Quoi qu’il en soit, Julian reprit la montée des marches et parvint finalement devant la porte de Maître Totto. Il attendit que le détective le rejoigne avant de frapper de sa main droite. Du bruit provenait de l’intérieur, signe que le professeur était bien là. Très vite, le duo ne tarda pas à entendre un cliquetis dans la serrure. La porte s’ouvrit alors et un vieil homme d’une taille étonnamment petite les accueillit. Julian fut soulagé de voir que leur voyage n’avait pas été en vain et qu’ils allaient enfin pouvoir avoir quelques réponses. Du moins, l’espérait-il…

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Ringu Ju-On
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Mar 29 Mar - 15:32

L'aéronef avait décollé, emmenant Ringu et Julian loin de Corel. Ils partaient pour une nouvelle aventure, aussi choisirent-ils de se séparer pour augmenter leurs chances. Néanmoins, même cet effort ne permis à aucun d'eux obtenir la fameuse récompense promise au vainqueur. C'était une déception bien sûr, mais cela ne voulait pas dire que la chose avait été inutile. 


Pour commencer, Ringu découvrit Héra, monde ancien et divisé, comme il lui avait été dit, en différents royaumes plus ou moins dépendants. La reine Grenat semblait avoir une influence importante en ce monde, mais ce n'était qu'une facette de cette nouvelle terre pleine de mystères et de promesses. De plus, Ringu, bien qu'il n'en ait pas gardé un excellent souvenir, à découvert que la technologie était plus que limitée ici. Le réseau était mauvais, voir inexistant, et la communication via les médias était réduite à son seuil le plus basique : L'épistolaire. Bien sûr, certaines zones subissaient petit à petit l'influence de régions plus avancées, mais cela restait encore bien insuffisant. Ringu avait imaginé bien des choses sur le monde de Julian, mais il ne s'attendait pas vraiment à cela. Son acclimatation se fit néanmoins en douceur, puisqu'il n'y resta pas longtemps, devant aller à droite à gauche pour chercher les lieux indiqués par ses énigmes. il avait conservé le numéro de certains de ces camarades -dont Seras bien sûr- de façon à les recontacter au besoin. Il avait aussi convenu d'un lieu de rendez-vous en ville avec Julian. Cela faisait un moment qu'il ne l'avait pas vu. 


Il lisait un journal, un article sur le renforcement de la sécurité à Corel et la possible implication de la Néo-Shinra attira son attention. Il ne faudrait pas tenter la Fin et éviter cette zone à l'avenir. Il y avait peut-être eu des témoins.


Finalement, le blondinet le rejoignit et ils prirent la direction de Tréno. Ringu pensa à ce Maître Totto qui semblait en savoir beaucoup sur les chimères. S'il s'agissait d'une si grande mine d'informations, il était étonnant que d'autres aventuriers ne l'ai pas consulté... Aussi s'attendait-il à une sorte de longue queue menant jusqu'à lui, ou à devoir s'infiltrer dans une zone surveillée pour l'atteindre. Plus raisonnablement, il se demandait surtout jusqu'où l'influence de Julian pouvait aller dans son propre monde. Ce noble devait forcement avoir des contacts, des personnes de confiance, du moins, c'est ce qu’espérait Ringu. D'ailleurs, après un moment de silence, l'homme à la rapière s'enquit de lui demander des nouvelles sur le déroulement de la chasse aux trésors. Notre protagoniste ne put d'ailleurs s'empêcher un rictus quand son partenaire de route expira bruyamment pour appuyer ses propos. Apparemment, il n'aimait pas la défaite, ni perdre son temps avec des individus dénués d'intérêts. Le détective haussa finalement les épaules avant de lui répondre. 


" Pour être honnête, je n'ai pas appris grand chose des chimères. Mais en revanche, ma petite Seras a pu collecter quelques informations pour nous. Il semble que de nombreux participants au dernier grand tournoi se soient donnés rendez-vous ici dans le but de rencontrer cette chimère. Néanmoins, la rumeur dit que le ou les gagnants de cette "chasse" n'étaient pas ces anciens participants. Je n'en sais malheureusement pas plus... "


Puis, le ciel s'assombrit. C'était étonnant du fait que l'on soit en plein jour quand même, mais notre homme ne s'attarda pas sur cette bizarrerie. Il se disait qu'il devait probablement s'agir de pollution, comme ce fut le cas à Midgar par le passé. Mais cela voulait-il dire que cette ville était plus évoluée que les autres? Il le découvrirait à l'interieur. 
Julian présenta d'ailleurs Tréno comme une ville nocturne. Hmmm, joli jeu de mots, bien que la voix de son partenaire ne semblait point ravi. On y discernait même ce petit quelque chose qui vous indique qu'une personne est contrariée. Quelque chose n'allait pas? Enfin, Ringu préférait faire profil bas pour le moment. Il se retint donc de demander pourquoi le ciel était ainsi au dessus de cet endroit en particulier.  Ce phénomène aurait pu être intéressant, d'autant plus que la nuit était son terrain de jeu favori... Mais peut-être ne seraient-ils pas les seuls dans ce cas?


Des gardes ouvrirent les grilles de la ville. Là, dans l'ombre, le détective crut distinguer une silhouette encapuchonnée dans un long manteau noir. Il s'arrêta le temps d'une respiration puis poursuivit. Puis vint un carrefour. L'un semblait mener aux abysses de la ville au vu de l'aura qui en émanait. Une soif de meurtre et de sang couvrait toutes choses. De l'autre, c'était comme un rêve, puisque les lumières éclairaient de beaux quartiers... Bien que les goûts d'Héra restent quelque peu étonnants pour les personnes de l'extérieur. Ringu était intrigué par un tel contraste, mais il ne faisait nul doute que, tout comme pour Midgar par le passé, la ville se scindait en deux. Julian les entraîna du côté lumineux. Il marchait d'un pas assuré et déterminé, comme poussé par une force invisible. Un peu en retrait, notre homme observait ce nouveau lieu qu'il ne connaissait point. Il aperçut même des hommes-bêtes... Il pensait avoir rêvé à Daguéro, mais il semblait que ce ne soit pas le cas! 
Puis nos hommes arrivèrent au pied d'une tour. Elle semblait, au sein de ce cadre, mener au paradis lui-même. 


Et là? Pas de gardes? Pas d'aventuriers? Voilà qui étonnait fortement l'ancien cobaye. Julian lui avait dit que cet homme pouvait les aider, mais aucun aventurier ne semblait présent pour la même chose. Dans les escaliers, ils s'arrêtèrent devant l'une des ouvertures, contemplant la ville. Là encore, Ringu crut distinguer une silhouette encapuchonnée derrière un bâtiment. Cela était-il courant? Il pensait à autre chose... mais impossible que cela se produise ici. 


" J'ai connu une ville similaire. Elle est en ruine maintenant. "


Il ne parlait pas vraiment à Julian, ses yeux étant plongés sur cette ville qu'il contemplait. 


" Mais cette ville reste magnifique. Je suppose qu'y vivre ne doit pas être déplaisant? "


Puis, Ringu s'empressa de rejoindre Julian. Ne faisant pas plus attention que cela à la possible réaction de Julian. Il était assez tracassé par les choses qu'il pensait voir. Le noble frappa à la porte, et c'est sur un vieil homme qu'elle s'ouvrit. Ringu arqua tout d'abord un sourcil, mais, dans la mesure où il ne connaissait pas la tête de ce maître Totto, il choisit de se comporter de manière admirable... Sauf que son PHS sonna. 
Bon! Pour la première impression, on repassera! Cet endroit n'avait quasiment pas de réseau, sauf quand on en avait pas besoin! Il regarda machinalement le nom affiché avant de raccrocher sans prendre la peine de répondre. Il s'excusa et salua le vieil homme, regardant Julian pour voir s'il s'agissait bien de la personne qu'il cherchait ou non. 
_____________________________________

[HRP] Je n'avance pas beaucoup, mais je mets en place deux/trois choses juste au cas où Wink [/HRP]
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Frost
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Jeu 31 Mar - 22:41



Un éclat de lumière jaillit devant vous, caché sous un manteau sombre, un homme vous barre la route... un léger sourire sur les lèvres, il tient un drôle de flacon dans la main avant de le tendre vers vous. Ses cheveux blonds et ses yeux bleus vous ensorcellent, vous n'arrivez pas à bouger alors qu'il se met à agiter doucement le flacon

«Voyons voir si vos âmes sont bien accrochées!»

C'est alors qu'une épaisse fumée rappelant la brume qui sévissait autrefois sur Héra, se déverse autour de vous, rampant sournoisement jusqu'à s'enrouler autour de vous, grimpant encore et encore jusqu'à vous étouffer l'espace d'une seconde... et c'est le trou noir! 

Lorsque vous reprenez vos esprits, le génome a disparu, mais si vous regardez à côté de vous, au lieu de votre compagnon de voyage, vous apercevez... vous-même? Baissez les yeux, ce corps n'est pas le vôtre mais le sien! Quelle magie est-ce là?

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Poisson d'Avril! Vos corps ont été échangés! Pas de panique, juste une petite expérience éphémère! Une bonne nuit de repos et vos âmes réintégreront vos corps! Sauf si vous avez envie de faire durer le plaisir! 

Et ne cherchez pas à lui faire sa peau à ce chien de Tréno Wink

Amusez-vous bien!



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Julian Quinn
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Mer 6 Avr - 17:46

Les rues de Tréno n’avaient point changées. Il était toujours possible de sentir la disparité sociale de la ville lorsque l’on pouvait croiser d’un côté, des personnes fortunées et de l’autre, des miséreux. Ce n’était pas Julian qui s’en trouvait affectée, ayant toute sa vie été élevé dans la noblesse et, par définition, dans ses principes. Ainsi, voir ce contraste entre les deux classes sociales ne le révoltait pas. Non, ce qui le révoltait, c’était de voir que les pauvres se baladaient toujours aussi librement dans le quartier des riches, alors que toute la ville savait quels voleurs ils étaient. S’il avait encore été dans la garde civile, il aurait fait en sorte de lutter plus activement contre cela, sans se soucier de se mettre à dos certains activistes luttant pour la parité des chances. Mais il n’était plus soldat, et Tréno ne l’intéressait plus. Reportant son attention sur le détective, Julian écouta sa réponse concernant les informations qu’il avait pu récolter de son côté à la chasse au trésor. Rien de bien concluant, malheureusement.

C’est donc dans un silence pesant que Julian avait conduit le détective dans les retranchements du quartier riche, et plus précisément à l’entrée de la tour de Maître Totto. Cet homme était un savant de renom sur Héra, et son savoir n’était égalé par personne. Si quelqu’un pouvait être à même de renseigner le duo sur les Chimères d’Héméra ou les cristaux, c’était bien lui. Du moins, Julian l’espérait. Il avait placé ses espoirs en cet homme, risquant de remettre les pieds à Tréno – alors même qu’il s’était juré de ne pas le faire – pour le rencontrer. La perte de temps lui était difficilement concevable, après l’échec qu’avait été cette chasse au trésor. Le blondinet poussa la porte de la tour et invita le détective à le suivre dans l’escalier. Au travers d’une ouverture, Julian en profita pour s’arrêter quelques instants et présenter la ville dans toute sa splendeur à Ringu. De cette hauteur, les quartiers riches et pauvres étaient clairement perceptibles sous la clarté de la lune. Le détective commenta qu’il avait connu une ville semblable, aujourd’hui détruite. Julian devait-il y voir un quelconque rapport entre les deux faits ? Ringu voulait-il dire que Tréno connaîtrait probablement le même sort, un jour ou l’autre ? Il changea vite de propos et fit une remarque plaisante sur le bien-être de vivre dans une telle ville. Soit.

« Je suppose… Toutefois, la ville reste petite, et ses habitants peu dignes d’intérêt. »

A ses yeux, on avait vite fait le tour de Tréno et des gens qui y vivaient, surtout pour des gens comme lui qui y avait vécu pendant longtemps. Ne s’attardant pas plus que cela, il poursuivit la montée des marches jusqu’à arriver à une porte au sommet de la tour. Il frappa et un vieil homme de petite taille leur ouvrit. Le cœur de Julian se mit à accélérer de soulagement. Leur trajet jusqu’ici n’avait pas été vain ! Bien heureusement, Maître Totto ignorait l’identité du jeune noble, ne l’ayant jamais rencontré de sa vie. Mais…

« - Plaît-il ? demanda le vieil homme, tout en réajustant ses lunettes sur son énorme nez.
- Maître Totto ? Veuillez pardonner notre intrusion, nous aurions souhaité nous entretenir quelques instants avec vous… Permettez-moi de me présenter : je me nomme Julian Quinn et…
- Quinn… Quinn… Il se gratta le menton avant d’observer Julian de la tête aux pieds. Comme le fabricant de tissu ?
- C’est cela même. Mon père gère la compagnie. »

Cela le déranger de devoir utiliser la notoriété de son père pour parvenir à ses fins mais cela semblait plus simple ainsi. Il s’inclina donc légèrement pour appuyer sa présentation alors que le savant exprima un long « Aaaah » de reconnaissance avant d’inviter le duo à rentrer. Le téléphone de Ringu sonna à cet instant mais il ne décrocha, regardant simplement l’écran avant de suivre le noble et de saluer le vieil homme. Il se présenta par la même occasion.

« - Quel honneur de recevoir le fils de celui qui produit de si magnifiques tentures ! Il désigna une pièce accrochée au mur et Julian ne put qu’acquiescer en dessinant un sourire de façade. Vous lui transmettrez mon appréciation, voulez-vous ?
- Bien entendu. Hélas, mon compagnon et moi-même ne sommes point venus dans le but de parler textile…
- Oh, bien évidemment ! Je présume que vous devez être las d’en parler à longueur de journée, et ce ne sont certainement pas les propos d’un vieil homme qui vous feront changer d’avis, n’est-ce pas ? »

Dans un petit rire gêné, il voulut inviter ses deux visiteurs à s’asseoir mais les seules chaises disponibles étaient recouvertes de livres. Julian n’y porta que peu d’attention, désirant aller droit au but.

« - Maître Totto, votre savoir inégalable constitue votre notoriété sur Héra. Nous aurions souhaité vous poser quelques questions sur les nouveaux secrets d’Héméra, et notamment… les Chimères.
- Hohoho, vos mots sont flatteurs, monsieur Quinn. Toutefois, j’ai bien peur de ne pas pouvoir vous être d’une grande aide… »

Le sang de Julian ne fit qu’un tour. Comment ? Auraient-ils fait tout ce chemin pour rien ? Même si Julian avait eu l’idée de rendre visite à Maître Totto principalement pour gagner la confiance de Ringu, il croyait dur comme fer que l’aide apportée par ce savant leur serait précieuse. Après tout, il était coutume de penser sur Héra que Maître Totto savait tout sur tout ! Visiblement, ses connaissances n’allaient pas au-delà des limites de ce « monde » qu’était anciennement Héra.

Alors qu’il s’apprêtait à demander plus d’explications au vieil homme, un éclair d’une forte intensité aveugla le trio et un homme encapuchonné apparut entre Maître Totto et le duo de partenaires. Croyant à une attaque, Julian s’était mis sur ses gardes mais son regard se posa sur les yeux bleus de cet individu et son corps s’en trouva subitement paralysé. Quelle magie était-ce ? Julian n’avait plus aucun contrôle de ses mouvements, pas même de ses yeux pour détourner le regard ! L’individu commençait à agiter un étrange flacon devant lui et après avoir prononcé quelques paroles mystérieuses, un brouillard s’en échappa et vint s’infiltrer dans le corps du noble, dans l’incapacité de résister. Ses paupières se firent soudainement lourdes et son corps tomba au sol, dans l’inconscience la plus totale…
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Ringu Ju-On
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Mer 13 Avr - 15:02

Ringu suivait le mouvement. Il n'était pas dans son environnement habituel, aussi se disait-il que se contenter d'observer ne lui ferait pas de mal. Il crut observer une sorte de ressentiment chez Julian au sujet de cette ville, néanmoins cela ne le concernait nullement. Il se demandait si tout ceci leur apporterait réellement un résultat. Il était sûr que si certaines chimères étaient effectivement liées à Héra, il serait plus aisé de les trouver ou même de trouver ce que Ramuh avait voulu dire par cette chose qu'il désirait aider.


Ringu y avait pas mal cogité. Il se demandait quel genre de chose pouvait recevoir le soutien des chimères. Un monstre spécifique ou peut-être un individu appartenant à l'une des nombreuses espèces peuplant Héméra. Héra semblait par ailleurs abriter plusieurs créatures humanoïdes, ainsi on pouvait peut-être y voir un début de lien. Maintenant, restait à déterminer pourquoi les puissantes chimères perdaient de leur temps à aider une créature. La solution la plus simple à envisager, mais en même temps la plus improbable, était que la chose qu'ils aident soit plus puissante qu'eux. Enfin, il y avait la plus simple des solutions : c'est une chimère qui avait demandé l'aide de ces alliés pour réaliser une chose en particulier. Cela semblait le plus évident. La finalité de tout ceci fut que notre détective s'interrogeait sur ce qu'il pourrait en tirer... Au pire, il ferait appel à ces divinités pour le conseiller. 


Au sein de cette tour, le vieil homme qui les accueillit ne fit pas d'effet particulier à Ringu. Il le trouva même... Singulièrement commun. La seule chose qui le surprit fut la tonne de bouquins étalés un peu partout dans la pièce. Certaines piles allaient du sol et plafond et on pouvait même distinguer, entre deux romans, quelques feuilles volantes. Si Ringu aimait encore avoir une trace écrite de ce qu'il jugeait important, il convenait que la technologie et la numérisation de la plupart des connaissances facilitait grandement l'accès à certaines données. Là, il se demandait combien de temps cela prendrait pour ne trouver ne serait-ce qu'un livre à propos des chimères. 
Il écoutait d'une oreille distraite, apprenant que le père de Julian était plutôt réputé et qu'il devait cela à la gestion d'une entreprise de tissus luxueux. Ainsi c'était donc l'activité de noble du père du blondinet. Ce n'était pas forcement très utile, néanmoins, au vu du système féodal d'Héra, un nom ouvrirait peut-être de nombreuses portes. Cela affecta l'interlocuteur de Julian, ce fameux Totto, mais sa langue ne se délia pas vraiment. Il disait ne pas savoir grand chose des événements actuels. Cet érudit? Vraiment? C'était étonnant...


Croisant les bras, appuyé contre une pile de livres plutôt solide, il se demandait la finalité de tout ceci. Cela les avancerait-il vraiment? Mais quelque chose allait affecter le bon déroulement de cette conversation. Vu de l’extérieur, cela serait surement une superbe farce, mais vu de sa position, la situation se trouva plutôt embarrassante. En effet, il n'avait pas remarqué l'apparition d'un homme encapuchonné dans la salle, et quand il y prêta attention, il fut trop tard. Incapable de réagir à temps, il fut pris dans cette brume. Sa vision s'obscurcit et il tomba lourdement sur le sol, renversant quelques ouvrages. En reprenant ses esprits, il voulu pourchasser ce farceur de bas étage, néanmoins, il fut retenu dans son élan par d'étranges sensations le long de son corps. Sa tenue était plutôt serrée, du moins, à des endroits inhabituels. De plus, un objet métallique le gênait à sa ceinture. Ses muscles ne répondirent pas tout de suite, le laissant un peu désarmé avant qu'il ne se relève finalement devant un spectacle surprenant. Il voyait son corps allongé au milieu de quelques bouquins. Regardant son propre corps, il tarda pas à découvrir quelques mèches blondes sur sa tête ainsi que des habits peu familiers. 


Comment réagir dans ce genre de situation? Si notre homme avait bien du sang froid, il n'avait jamais vécu ça! Il soupira un instant, reprenant le contrôle de la situation. Il commença par desserrer quelque peu ses habits et reprit place contre une nouvelle pile de livres en ne lâchant pas du regard son ancien corps. Il faisait comme si de rien était et regardait comment allait réagir celui se trouvant dans sa chair. Il se tourna vers le vieil homme puis crut bon de devoir poursuivre pour ne pas affoler le vieil homme. 


" J'ai peine à cr... "


Il s'arrêta, toussotant quelque peu. Il allait falloir qu'il se fasse à ces nouvelles cordes vocales. Ses bras et ses jambes lui semblaient plus agiles, mais aussi plus courts. Il n'était pas vraiment à l'aise pour être honnête. Après un nouveau temps d'attente, il reprit.


" Ce genre de farce est-il courant ici? "


Le sage était déjà près d'eux et avait appelé deux ou trois personnes pour poursuivre le criminel. Ringu ne comptait pas dévoiler l'échange de corps immédiatement. Il attendait pour cela que Julian en prenne l'initiative. Sa nature de fouine avait repris le dessus et, plutôt que de chercher le coupable, il questionnait son interlocuteur de façon à déterminer si ce genre de choses étaient courantes et si un remède existait.


Quinn... Cela faisait longtemps que Ringu n'avait pas eu un nom de famille différent. La dernière fois remontait à l'époque où il travaillait avec la Shinra... Enfin, il n'avait pas le temps pour la nostalgie. Il regarda de nouveau son corps et Julian qui devait, par logique, s'y trouver. Qu'allait-il faire? Il serait aisé de profiter de la situation, néanmoins était-ce une bonne chose de se servir du corps de Julian quand ce dernier avait le sien?
Son regard était posé sur Julian qui occupait maintenant son corps. Il attendait un signe de tête pour voir s'il devait se comporter comme lui le ferait ou s'il devait tout dire à cet homme capable, peut-être, de les soigner.


" Et pouv... Pouvons-nous consulter quelques livres au sujet des chim..."

Décidément, il allait avoir du mal à s'y accoutumer...
____________________________
[HRP] j'attends de voir ta réaction à ton réveil histoire de voir comment je vais tourner ça... Je commence à avoir PLEINS d'idées en tête mon petit :p [/HRP]
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Julian Quinn
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Mer 27 Avr - 12:49

Difficilement, Julian ouvrit les yeux. Il pouvait sentir la froideur du sol en pierre sur sa joue, allongé par terre parmi quelques livres en désordre. Que s’était-il passé ? Un léger mal de tête lui faisait plisser les yeux de douleur… Il commença doucement à se redresser pour être en position assise et posa une main sur son front pour malaxer ses tempes. Derrière lui, Maître Totto semblait agité, ce qui fit surgir chez le noble le souvenir de cet homme encapuchonné qui était apparu devant eux, et qui était la cause de cet évanouissement. Naturellement, Julian se retourna donc vivement pour voir si le vieil homme avait été blessé, ou Ringu peut-être. Mais quelle stupeur de constater que son propre corps se tenait debout devant lui ? Ecarquillant les yeux, le noble ne comprit pas toute la situation sur le moment. Il lui fallut d’abord se relever pour constater que ses vêtements étaient différents et ressemblaient davantage à ceux du détective que les siens. Il ne lui en fallut pas plus pour comprendre ce que son partenaire avait certainement dû comprendre plus vite : il était dans la peau de Ringu, et ce dernier était dans la sienne.

Il se toucha la joue dans un élan de doute, tout en regardant le sol. Sa peau était étrangement froide et il commençait à réaliser les subtilités de son nouveau corps : les vêtements étaient bien moins serrés que sa tenue habituelle et son corps un peu plus grand que le sien. Il y avait une chose qui le dérangeait aussi mais il ne pouvait mettre le doigt sur ce que c’était pour le moment. Voyons que Maître Totto le regardait étrangement, Julian – dans le corps de Ringu – se redressa donc un peu plus naturellement afin de rassurer le savant sur la situation. Le détective tenta donc de prendre la parole en étant dans le corps du noble mais constata que sa voix n’était également plus la même. Perturbant, n’est-ce pas ? Il s’interrompit avant d’interroger Maître Totto.

« - Ce genre de farce est-il courant ici ?
- Hoho, vous devriez savoir mieux que quiconque que de petits plaisantins aiment faire ce genre de cachotteries, Monsieur Quinn ! Il pouffa très légèrement de rire avant de reprendre un ton plus sérieux. Mais cela n’arrive généralement que dans les bas-quartiers… Cette intrusion dans mon domicile m’étonne. J’ai contacté les autorités pendant votre courte absence. »

Julian tiqua devant la remarque que venait de faire Ringu. Bien sûr que le noble connaissait les farces que les gens pauvres – généralement les enfants – pouvaient faire aux riches. C’est pourquoi les deux quartiers ne se mélangeaient quasiment jamais et que cette disparité sociale se creusait toujours plus au fil des années. Toutefois, Maître Totto ne se montra pas suspicieux de la remarque du faux noble, aussi Julian tenta de se détendre un peu. Visiblement, Ringu avait un plan et cela consistait à poursuivre l’entretien sans révéler leur situation peu commune. Pourtant, Totto était sans doute le plus à même de les aider. Ringu tenta à nouveau de prendre la parole mais y parvenait difficilement, ce qui était assez étrange, d’ailleurs.

« Bien sûr, laissez-moi vous apporter cela. »

Maître Totto fit volte-face et commença à grimper deux échelles pour rejoindre une pile de livres près de son planisphère d’Héra. Il parlait tout seul pendant sa recherche et se trouvait suffisamment haut et loin pour que Julian se rapproche de Ringu et ne lui murmure à l’oreille, sans que le vieil homme l’entende.

« J’ignore ce qu’il s’est passé mais nous devrions enquêter sur notre nouvelle situation incessamment sous peu… »

Car cela ne l’enchantait guère d’être dans le corps de son mystérieux partenaire, quoique la situation puisse avoir quelques avantages s’il osait en tirer profit. Mais il n’en ferait rien, ne souhaitant pas obtenir des réponses à ses questions par ce biais-là. Non, Julian n’était pas assez bête pour trahir ce peu de confiance qu’il y avait entre eux en fouillant le corps de son nouvel hôte. Il tâcherait de respecter du mieux qu’il le pourrait le corps du détective, à condition bien sûr que ce dernier en fasse autant avec le sien. Finalement, Maître Totto hurla qu’il avait trouvé son livre, puis redescendit et se posta devant le duo.

« Tenez messieurs. Voici ce que vous cherchez. Il s’agit d’un recueil sur les chimères connues d’Héra. Je ne suis pas sûr qu’il vous soit d’une grande utilité aujourd’hui mais… qui sait. Vous trouverez peut-être votre bonheur. »

Julian se permit de le prendre des mains de Maître Totto, ce qu’il trouva étrange puisqu’il était dans le corps de Ringu et que ce dernier n’avait quasiment pas prononcé un mot depuis leur arrivée ici. Julian le remercia donc en constatant que sa voix était donc celle du détective, et comprit à cet instant pourquoi Ringu était autant perturbé par la sienne. Bref, Julian alla poser le livre sur une malle et invita Ringu à le feuilleter avec lui. Au fil des pages, quelques dessins apparaissaient et représentaient les chimères d’Héra, les anciennes comme les plus récentes. Le livre recensait toutes les créatures que les Invokeurs de Madahine-Salee avaient pu rencontrer jusqu’au jour de leur extinction. Julian y reconnut Ramuh et pointa du doigt la page du livre à Ringu. Puisqu’il ne devait certainement pas comprendre l’écriture d’Héra, il se chargea de la traduction.

« Il est écrit que Ramuh se plait à vivre dans une forêt luxuriante, un lieu reculé de toute civilisation. Or, nous l’avons rencontré au Mont Corel. On ne peut pas dire que les deux lieux aient des similarités… »

Ce qui voulait dire que le Ramuh qu’ils avaient rencontré n’était peut-être pas le Ramuh d’Héra, ou alors que ce nouveau Ramuh – créé lors de la fusion des mondes – n’avait pas les mêmes goûts en matière de lieu de vie. Cela était embêtant puisque leurs recherches ne pourraient se baser que sur les savoirs d’un monde. Ils devraient soit comparer toutes les informations sur les Chimères des quatre continents d’Héméra dans l’espoir de trouver la bonne – ce qui prendrait un temps fou –, soit abandonner cette idée et parcourir Héméra en questionnant directement les gens sur la présence récente de Chimère. Cela aurait été bien évidemment trop facile si l’emplacement de toutes les chimères avait été écrit dans ce recueil. Néanmoins, Julian continua de feuilleter les pages, par acquis de conscience. Il se refusait de partir sans avoir tout vérifié. Il tomba sur la page d’Alexandre et regarda machinalement les représentations des quatre fragments de perle. Le dessin semblait plus récent, de mêmes que les annotations à côté. Maître Totto s’approcha d’eux et remarqua l’insistance de Julian – dans le corps de Ringu, rappelons-le – sur ces détails.

« - C’est moi qui ait rajouté ces informations. Voyez-vous, le pouvoir d’Alexandre avait jadis été jugé trop grand pour être invoqué. Il fut donc contenu dans une pierre qui fut brisée en quatre fragments, répartis entre quatre peuples…
- Je vois… La gorge de Julian était étrangement sèche. Et savez-vous ce qui est arrivé à ces… HUM ! Il se racla bruyamment la gorge. Ces fragments, aujourd’hui ?
- Aux dernières nouvelles, Sa Majesté Grenat porte la pierre reformée autour de son cou… »

Julian se malaxa la gorge, ne pouvant s’empêcher de se la racler fréquemment. Cette sensation était désagréable et semblait croître rapidement. Il jeta un coup d’œil vers son homologue pour tenter de chercher une explication à tout ça, tandis que Maître Totto se mit à réfléchir à voix haute sur la pierre, en se demandant si elle était vraiment bien en la possession de la Reine. Julian recula un peu de la malle et sentit ses mains trembler, ses muscles se raidirent, comme une sensation de manque de quelque chose. Tout cela était trop soudain pour être normal, il sentait que quelque chose clochait avec le corps de son hôte, mais il ne pouvait dire quoi, si ce n’est cette soif qu’il ressentait de plus en plus. Il finit par s’appuyer sur le bureau du savant de ses deux mains, essayant tant bien que mal de contenir son calme. La chevelure noire du détective cachait son visage, probablement défiguré par la crispation.

« Julian… Pouvez-vous… venir par là… je vous prie ? »

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Ringu Ju-On
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Mer 27 Avr - 14:44

Ce corps était étonnant. Comment pouvait-on supporter de porter des vêtements aussi serrés par endroits? Cela réduisait les mouvements possibles et pourrait s'avérer problématique en cas de situation dangereuse. Puis, il y avait aussi ces cordes vocales qui étaient bien différentes des siennes. Tout ceci, il finirait de toutes façons par si habituer... Même s'il préférait regagner son corps au plus vite. 


En questionnant ce Totto sur le fait que ces événements arrivent souvent ou non, il s'aperçut, au vu de la réponse du vieille homme, que ce dernier n'avait aucune idée du sort qu'on venait de leur jeter. La seule chose que lui appris son interlocuteur fut que s'il voulait éviter d'ébruiter leurs états, il allait devoir faire comme s'il connaissait cette ville depuis toujours. Voilà un défi qu'il ne serait pas facile à relever. Peut-être qu'imaginer qu'il s'agit de l'ancienne Midgar l'aiderait.


Il lança alors une phrase, suite à la remarque de ce Totto, qui aurait peut-être des répercussions :


" Vous avez raison. Il me semblait que la garde de la ville était plus efficace avant mon départ. Je me demande bien ce qui a pu changer. "

Il pensait avoir dit là quelque chose qui suffirait à justifier le fait qu'il se soit permis cette remarque. 


Alors que le vieil homme s'activait à chercher un livre sur les chimères, Julian - dans le corps de notre détective - s'approcha de son corps - c'est-à-dire de Ringu - pour lui rappeler la nécessité urgente de régler ce "détail" concernant leur échange de corps. Il était ÉVIDENT que Ringu allait s'en préoccuper. Le problème est qu'il ne savait pas encore comment.


" Sans blague... " lâcha-t-il.

A croire qu'en ce moment, l'attitude condescendante et hautaine de la noblesse déteignait sur lui. Pourtant, la demande de Julian était on ne peut plus légitime compte tenu du "corps" dans lequel il était. En effet, Ringu ne tilta pas encore que sa sensation de soif avait disparu. Peut-être était-ce justement car elle était devenu inexistante?


Le sage revient bientôt avec un livre qui aurait très bien pus se confondre avec bien d'autres ici. Julian le prit alors de ces mains, apparemment impatient, sans avoir considéré qu'il était dans le corps de l'invité ici, et non de l'hôte. Un simple remerciement adressé à Totto qu'il invitait déjà le détective à le rejoindre pour consulter l'ouvrage. Aucun don pour la comédie celui-là, cela fit même sourire Ringu, chose qui était rare pour quelqu'un pensant qu'il s'agissait du blondinet.
 
Il prit alors place aux côtés de son corps qui feuilletait déjà les pages. L'ancien cobaye de la Shinra crut discerner quelques chimères qu'il connaissait aussi sur son monde, mais le noble dans son corps tournait les pages bien vite, presque comme s'il savait déjà où chercher. Il s'arrêta bien vite sur Ramuh et lut la description. Cela ne correspondait bien sûr pas à l'endroit où il l'avait trouvé et Julian partagea son doute quand à la provenance de la chimère. 


" Sur Gaïa, AVALANCHE avait trouvé cette chimère un peu avant le Canyon Cosmos, au vu des témoignages que j'ai pu recueillir avant de vous rencontrer. Il n'y a que des déserts ou des montagnes qui précèdent cette zone... Ce Ramuh serait donc originaire de Gaïa...? Ce n'est peut-être pas le cas de toutes les chimères...  "


Julian reprit sa recherche frénétique et s'arrêta sur Alexandre. Alexandre, chimère de lumière sur Gaïa, était peut-être lié à Grenat. Du moins, c'était une hypothèse suite au rêve de Ringu avec ce mog étrange. Julian n'avait pas vraiment confirmé cela, mais il ne l'avait pas infirmé non plus. Le dialogue qui suivit tendait à un lien évident entre les deux personnages. Néanmoins, cela fut une autre chose qui finit par réveiller notre protagoniste.


L'eau. Cet élément si essentiel à la vie. Il n'avait pas soif, pas en ce moment, et c'est bien ce qui l’inquiéta. Quelque part, il avait accompli son objectif de se libérer de cette soif permanente, malheureusement, quelqu'un en payait le prix à présent. Non pas que cela le dérange, mais il récupérerait bien son corps un jour. 
Julian fut forcé de marquer une pause, tentant de cacher son état. Cela faisait une drôle de sensation au détective de voir son propre corps dans cette situation. Il se contenta de croiser les bras en observant la scène pendant que le noble l'appelait avec quelques difficultés.


" Si votre gorge vous fait souffrir, pourquoi ne pas boire un peu, je suis sûr que vous irez bien mieux après ça. "  lança-t-il avec un sourire à son compagnon. " Vous avez justement des bouteilles d'eau à votre ceinture, non? "


Il ne souhaitait pas s'étendre sur le sujet ici. Il suffisait que Julian prenne un peu d'eau et il serait tranquille... Pour les deux prochaines heures. Il se tourna alors vers Totto et le salua humblement : " Je vous remercie pour votre aide. Je ne tarirai pas d'éloges à votre sujet auprès de mon père. "


Il salua de nouveau le vieil homme qui semblait ravi et attrapa son corps par le bras pour le tirer hors de la pièce. Le problème, c'est qu'il n'avait clairement plus autant de force qu'avant et que cette simple action se trouva impossible à réaliser. Il se contenta donc de serrer ce qui fut son bras et de faire un geste de la tête à l'ex-blondinet pour qu'il le suive. 


Une fois hors de la salle de maître Totto, il ferma la porte et se posa contre un mur deux seconde, posant sa main sur son front pour réfléchir. il avait un peu mal au crâne. 


" Bien, connaissez-vous un endroit où nous pourrions réfléchir calmement à notre situation? A moins que vous ne sachiez où nous pourrions trouver le coupable?"

Il se rendit compte que son corps était agile, mais aussi beaucoup plus frêle que son ancien corps. Cela lui faisait bizarre de lever les yeux pour pouvoir "se" parler, mais cela n'était pas le sujet en ce moment.

" Au sujet de cette histoire de PIERRE, si vous souhaitez vraiment savoir si votre reine est impliquée ou non, je crains qu'il ne faille la rencontrer et  vérifier les pouvoirs de ce bijou... "

 C'était du moins la méthode la plus efficace, mais il ne serait surement pas simple d'approcher la reine et de lui dérober un tel objet... Peut-être que Julian avait un plan? 
En tous cas, cette situation avait semée un sacré désordre... Au point que Ringu en avait même oublié son appel...




____________________________________________________________________


[HRP] A toi de me dire si Totto nous rattape pour nous livrer d'autres informations ou si l'on peut s'en aller.  Oh, et pense à boire :p [/HRP]
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Jeu 28 Avr - 13:09

Tout ceci était loin d’être normal. Une simple sensation de soif ne pouvait générer autant de manque de la part d’un corps humain normalement constitué, à moins bien sûr que le corps en question soit sujet à une prise de substances récréatives quelconques ? Le détective se droguait-il, à tout hasard ? S’il s’agissait là de la vérité, Julian en était étonné : jamais il ne l’avait vu prendre des cachets ou fumer une cigarette douteuse. Non, la raison de ce manque était toute autre, et, lorsque Julian s’écarta un peu de Maître Totto pour ne pas éveiller les soupçons, il avait demandé à Ringu de le rejoindre afin qu’il lui en dise un peu plus sur ce qu’il lui arrivait. Le détective, dans un élan de comédie, continua de jouer son rôle mais insista bien sur quelques mots dans sa réponse, notamment sur le fait de boire grâce à des bouteilles d’eau à sa ceinture. Le noble ne chercha pas à poser des questions pour le moment et s’empressa de chercher ces bouteilles pour en boire quelques gorgées. Lorsque l’eau vint humidifier sa gorge, il put sentir ses muscles se relâcher doucement jusqu’à l’apaisement total. Sa crise était terminée.

Toujours face au bureau et dos à Ringu, l’incompréhension pouvait se lire dans son regard alors qu’il remettait machinalement la bouteille d’eau à sa place. Que signifiait tout ceci ? Il ne put s’attarder davantage sur sa réflexion : Ringu remercia Maître Totto pour sa coopération et invita le faux-détective à quitter la pièce en lui prenant le bras. Julian s’exécuta sans un mot, oubliant même de saluer à son tour leur hôte. Cela n’était pas bien grave en soi. Une fois la porte fermée, Ringu prit ses aises en s’adossant contre le mur, dans les marches de l’escalier. Julian ne savait pas par où commencer, ne voulant pas paraître trop inquisiteur au risque que son interlocuteur ne se ferme complètement. Toutefois, le fait qu’il ne s’explique pas sur ce qu’il venait de se passer à l’instant mettait la puce à l’oreille au noble de Tréno. Finalement, Ringu souhaitait trouver un endroit plus tranquille pour discuter, ou partir à la recherche de leur assaillant.

« Malheureusement, non. J’ignore de qui il s’agit, et encore moins d’où il pourrait provenir. »

A cause de cette longue cape, il leur avait été impossible de voir la queue de singe de leur assaillant. Quand bien même, Julian n’ayant jamais entendu parler des génomes, il n’aurait certainement pas pu faire le rapprochement. Au final, le seul élément qui aurait pu lui mettre la puce à l’oreille était ce brouillard si similaire à la Brume qui sévissait autrefois sur Héra, mais là encore, Julian fut trop occupé à tomber dans l’inconscience et ne fit point le rapprochement. En revanche, concernant un endroit calme où ils pourraient discuter tranquillement de la situation, Julian avait sa petite idée.

« Difficile de s’asseoir à une table sans être écouté par nos voisins. Mais je connais un endroit reculé, suivez-moi. »

Et il fit signe au détective – plutôt noble à l’heure actuelle – de le suivre en descendant les marches de la tour. Il est vrai que le quartier riche regorgeait d’endroits mondains où s’asseoir à une table était possible. Mais, les nobles de la ville plaisaient à se montrer publiquement, à exposer leur vie et leurs exploits. Ainsi, il était coutume d’écouter la conversation des uns et des autres, ce quartier de la ville n’étant qu’un vulgaire réseau social grandeur nature. Quant au quartier pauvre, inutile de dire que leur présence risquait d’être remarquée et peu appréciée, surtout celle de Julian… Il valait donc mieux trouver un endroit plus calme, et c’est ainsi que le faux-détective ouvrit la marche et prit la direction de la maison de Dame Stella, cette antiquaire amatrice de pierres stellaires. Oh, il ne comptait pas rentrer à l’intérieur, mais plutôt s’asseoir sur l’un des bancs près du lac. S’agissant d’une impasse, peu de gens venaient trainer par ici. Sur les remparts, le duo prit donc un escalier pour descendre vers le quartier riche puis suivit les pavés au sol tout droit jusqu’à leur destination.

Julian s’assit le premier, repensant aux derniers propos du détective sur la route. Il est vrai que pour vérifier les dires de Maître Totto, il allait probablement falloir se rendre à Alexandrie, et plus particulièrement rendre visite à la Reine Grenat. Cela n’enchantait guère le noble qui ne souhaitait compromettre son histoire, d’une quelconque manière que ce soit. Même s’il avait dit à Ringu qu’il n’était qu’au service de Sa Majesté – comme beaucoup peuvent prétendre l’être – il ne voulait pas prendre le risque de la confronter sur la vérité concernant les Chimères et son implication, comme ils en avaient parlé tous les deux à Corel. Pour lui, ce n’était pas encore le bon moment et cela ne ferait que mettre à mal sa couverture. Pourtant, il fallait bien lui répondre quelque chose.

« Vous avez raison, au sujet de la Reine. Il faudra certainement que nous lui rendions visite pour vérifier les dires de Maître Totto. Simplement, j’ai peur que cela ne soit pas judicieux dans cet état… »

Il faisait bien évidemment référence à leur condition actuelle. Plongeant son regard sur le lac et sur la bâtisse de la salle aux enchères – accessible en faisant demi-tour par une route en arc de cercle – Julian mit les mains dans les poches du manteau de Ringu tout en croisant les jambes. Ce n’était pas volontaire de sa part, juste plus confortable pour reposer ses bras. Sauf qu’il sentit un objet dans l’une des poches, le portable du détective. Au moment du contact entre la main et l’objet, ce dernier vibra légèrement pour rappeler qu’un appel avait été manqué. N’étant pas familier avec cette technologie, Julian pensa justement qu’un appel était en train d’être reçu, aussi sortit-il le téléphone. Il observa très furtivement l’appareil, non par curiosité mais parce qu’il n’était pas familier avec ce genre de chose, et aperçut simplement le nom de l’appel manqué : La Neutralité. Il haussa un sourcil avant de tendre le PHS vers Ringu. Certainement que ce dernier avait remarqué son air incompréhensif, mais Julian ne se montra pas curieux à ce sujet. Du moins, pas maintenant.

« Avez-vous une idée de ce que nous allons faire par la suite, face à cet échec chez Maître Totto ? Il s’arrêta un instant. Tenez, votre appareil a vibré dans la poche. »

Il jeta un regard derrière son épaule, par précaution. Il ne souhaitait pas traîner dans cette ville trop longtemps.


── ── ── ── ── ── ── ── ── ── ── ── ── ── ── ──


« - 4 200 Gils.
- 4 700 !
- 5 000.
- 5 050 !
- Sérieusement, Edward ? Ne trouves-tu point cela ridicule ?
- S’il te plait, Robert. Ma femme me réclame ce parfum depuis des mois…
- 6 000.
- Cette personne a proposé 6 000 Gils. 6 000 Gils, qui dit mieux ? »

Suite au silence pesant dans la salle, le coup de marteau retentit et le commissaire-priseur annonça l’attribution du Rouge N°5 à son nouvel acheteur. L’air hautain, il se leva pour aller récupérer son butin dans la pièce juxtaposée, sans même daigner lâcher un regard envers cet homme qu’il venait d’humilier publiquement. La pitié ne l’intéressait pas, pas plus que les problèmes financiers dont souffrait cet individu. Il sortit alors de la salle aux enchères, le parfum en main, accompagné d’une escorte personnelle. Une fois rentré à son domicile dans le quartier riche, il y retrouva sa femme, assise sur le divan.

« - Voilà pour toi, Mary.
- Oh Robert, il ne fallait pas… »

Une étreinte chaleureuse, un furtif baiser, rien de plus. Mary posa le flacon sur la table basse avec une élégance dans ses mouvements que personne ne pouvait égaler. Se redressant, elle porta ses mains gantées vers sa poitrine, le regard douteux. Devait-elle lui apprendre la nouvelle qui la tourmentait depuis quelques minutes à peine ? Elle-même ne savait quoi en tirer mais elle savait une chose : il valait mieux qu’il l’apprenne de sa bouche que par celle d’une autre, comme par celle du garde qui venait justement de le lui annoncer.

« Robert, j’ai une nouvelle à t’apprendre… »

Elle s’approcha lentement de lui, comme pour amener les choses avec calme et sérénité. Pourtant, cela ne suffirait point à apaiser la future colère de son mari.

« - Il est à Tréno, Robert…
- De qui parles-tu ? Il saisit la main de son épouse et la porta à sa bouche.
- De… notre fils, Julian. »

Le corps du patriarche sembla se raidir et une vive animosité l’emporta soudainement. Relâchant la main de sa femme sans aucune douceur, il l’écarta de son chemin pour se diriger vers son bar, le pas lourd.

« - Cela fait longtemps que cet imbécile n’est plus mon fils ! Il prit un verre qu’il remplit d’un whisky de grande valeur.
- Robert, cela fait bientôt quatre ans maintenant… Quand parviendras-tu à tourner la page ?
- Un Quinn ne revient jamais sur sa parole, Mary ! Cet ingrat s’est moqué de mon nom et ne mérite plus ma reconnaissance, ni mon respect ! »

Reposant violemment son verre sur la table, Mary sursauta et se tut, craignant la colère soudaine de son mari. Sa tentative de le raisonner était vaine, alors qu’il continuait de proliférer des atrocités sur la chair de sa chair. Il interrogea alors le garde présent dans la salle – qui avait prévenu sa femme quelques minutes auparavant – sur l’endroit où Julian avait été aperçu pour la dernière fois. D’une voix tremblante, le soldat craignait pour son poste s’il révélait l’information mais se soumit à répondre tout de même.

« - La tour de Maître Totto, monsieur…
- Il a certainement usé de mon nom pour obtenir ce qu’il voulait de ce savant ! Qu’est-ce que vous attendez ?! Retrouvez-le !! »

Le soldat sursauta sous la puissance de cette voix rauque et imposante, puis s’empressa de quitter la pièce pour s’atteler à cette nouvelle tâche, emportant avec lui deux autres soldats. Robert s’appuya sur son bar pour calmer ses nerfs avant de se servir un second verre d’alcool, qu’il but d’une traite. Mary, soucieuse, tenta de s’approcher de lui pour le calmer et posa délicatement ses mains sur ses épaules, en murmurant son nom. Sa voix douce ne parvint cependant pas à l’apaiser. Le verre vide traversa la pièce pour se briser contre la bibliothèque…

HRP:
 
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Ringu Ju-On
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Jeu 28 Avr - 18:00

Dans ce corps qui n'était pas le sien, Ringu n'avait pas cette soif qui le caractérisait tant. A vrai dire, il se sentait léger. Comme si le fardeau qu'il portait, cette constante attention à l'égard de son corps, cette éternelle écoute du moindre signe de crise venait de disparaître. Il avait encore quelques tics, et quand Julian - dans son corps - lui laissa entendre qu'il serait difficile de trouver un endroit reculé, il se surprit à tâter l'air de ses mains à l'endroit où devait se trouver ses bouteilles d'eau... Du moins, s'il avait été dans son corps. Il se reprit, toussota et acquiesça quand le noble en costume de détective le pria de bien vouloir le suivre. 


Il réfléchissait, se demandant comment confondre la reine. En soit, cette objectif, qui était celui du "vrai" noble rappelons-le, pourrait lui permettre de mettre en lumière de possibles liens entre les chimères et les mortels. Si une telle chose était avérée, il faudrait ensuite trouver les candidats proches de ces chimères et les forcer à convoquer leurs alliés surnaturels pour leur faire passer une épreuve et récolter les orbes.
Ou alors... Éliminer directement ces individus qui pourraient représenter une menace. Mais on parlait là d'une reine, difficile de penser que cela soit possible sans de très facheuses conséquences. La chose qui le perturbait était que si cela était réel, alors il y avait des chances pour que des personnalités d'Utaï soient liées à Léviathan... Et Ringu préférait éviter d'y retourner à l'heure actuelle.


Cette ville scintillait de mille feux, chose surprenamment agréable. La nuit perpétuelle qui y rodait commençait petit à petit à faire s'interroger le détective. S'il y avait moyen de contrôler une telle technologie, cela pourrait servir à semer le chaos dans une ville non habituée. En somme, cela serait parfait lors d'une mission d'infiltration. 
Le noble lui rappela alors qu'il faudrait très certainement s'y rendre, mais plus tard. Il pointait du doigt leurs conditions actuelles, mais cela n'était pas vraiment un soucis selon Ringu.


" S'il s'agit d'un sort, il y a de fortes chances qu'il se dissipe d'ici 24h. Je ne pense pas que cet état va durer. " Et quelque part, il appréciait cette légèreté qui lui permettait de se mouvoir gracieusement sans le moindre effort et sans risque de perdre trop d'eau. " Je crois que cela fera la même chose que lorsque vous avez été touché par la malédiction de ce mog. Si le sort n'est pas annulé demain, là, je commencerai à paniquer. "


Cette conclusion était plutôt dû au fait qu'il se savait en meilleure posture dans ce corps. Si Julian avait lui aussi eu une addiction, il se serait très certainement empressé de trouver le moyen de regagner son corps, mais malheureusement pour son partenaire, ce n'était point le cas.


Finalement, le duo se posa dans une allée plutôt à l'écart dans ce quartier fréquenté par la "haute" société. Julian en profita pour lui demander leur prochain objectif puis donna au détective son PHS. Voilà qui était fâcheux. Il avait oublié d'y répondre par deux fois. 


" Nous avons plusieurs possibilités. Nous pouvons partir du fait que les chimères proviennent bien de l'un des mondes, auquel cas il faudra parcourir Héméra à la recherche de ces dernières. Ou nous pouvons tenter une approche plus rapide pour accomplir votre objectif... " 


Il s'arrêta quelques secondes sur son PHS puis se tourna vers son corps. La sensation de se voir était encore étonnante, surtout qu'il se voyait d'un point de vu qui m'était en avant son côté imposant. Il ressemblait vraiment à cela? Pas étonnant qu'il fasse peur par moments...


" Julian, votre nom semble important dans cette société. Peut-être que l'utiliser pourrait nous permettre de nous rendre auprès de la reine Grenat, mais je doute que cette méthode vous plaise. La noblesse  dont vous faites parti doit surement respecter son nom plus que sa propre vie... Ou quelque chose du genre je présume? Je ne suis pas encore très familier avec votre monde. Quoiqu'il en soit, si votre famille fait dans le textile, pourquoi ne pas simplement aller voir la reine en lui offrant un tissu à son image. Quelque chose qui la fasse s'émerveiller. Un présent qui la pousserait à vous faire entrer dans ses bonnes grâces et ainsi à nous rapprocher de son collier. "


Il marqua une pause. Non, étrangement, il n'avait pas soif. Il avala sa salive et, déjà, le problème était réglé. 


" Voler ce collier ne serait pas dans vos manières, j'en conviens, mais si vous chercher un moyen de vous rapprocher de la reine, pourquoi ne pas commencer dès maintenant? Peut-être finira-t-elle par vous révéler la vérité?  "


Il parlait sur un ton un peu insouciant, mais c'était uniquement pour que ces propositions ne paraissent pas aussi dangereuses qu'elles pouvaient bien l'être. Il énonçait différentes possibilités, laissant à son interlocuteur le choix du chemin qu'il prendrait.


" Dans tous les cas, il me semble difficilement concevable d'enquêter sur votre reine sans enquêter sur Alexandre. "


Il finit par fermer un instant les yeux en se relevant. Il leva les yeux au ciel et constata que la nuit était toujours on ne peut plus présente. 


" J'ai déjà sommeil alors que nous ne sommes que le midi, peut-être un peu plus tard. Cette ville est vraiment étonnante! "


Il entendit alors son téléphone sonner, et cette fois, il décrocha.


" Si vous voulez bien m'excuser. "


Il se racla la gorge, gardant son sourire, puis commença à parler :


"Que me veux-tu? " 


En un instant, son visage venait de se fermer, ne laissant rien transparaître de plus qu'une sévérité que Julian se reconnaîtrait peut-être. 


" Je vois. J'irai la voir dans ce cas. Et pendant que j'y pense, il faudra que tu me parles d'un truc. " Il se tourna vers le faux détective et sembla se raviser. " ... quand on se verra."


Il raccrocha, rangea son portable, puis se retourna alors que des bruits de pas se firent entendre derrière lui.


" Monsieur Quinn? "


Ringu se retourna instinctivement vers Julian, mais il tilta que cela n'était pas la bonne direction. Il changea alors son orientation pour se retrouver face à trois gardes visiblement armés et travaillant dans cette ville.


" Que puis-je pour vous messieurs? "


" Votre père vous demande. Pourriez-vous nous suivre?"


Oh? Réellement? Le père de Julian avait assez de pouvoir pour détourner la garde à son profit? Était-il vraiment aussi puissant? Peut-être que la vente de tissus n'était pas sa seule activité? Bien sûr, notre homme chercha un quelconque soutien vers son acolyte, mais en soit, il n'avait pas de raison de fuir. 


" Puis-je amener mon... Hum... Ami et conseiller avec moi? "


" Je n'y vois aucun problème. Je suis même plutôt heureux que cela soit votre unique condition. Je pensais que vous tenteriez de nous résister. "


Souriant faussement, notre protagoniste prit une voix douce pour leur répondre docilement : "Voyons, voyons, je ne suis pas comme ça. J'ai hâte de faire la connaissance de ce charmant homme qu'est mon père. Cela fait tellement longtemps! "


Il pensait simplement que cela lui serait aisé d'utiliser cette compagnie pour se rapprocher de Grenat. Il n'avait cependant pas compris que ça ne serait pas aussi simple...
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Mer 11 Mai - 16:29

La situation était fort peu adéquate pour rendre visite à la Reine Grenat. Les deux acolytes s’entendaient sur ce point. Toutefois, le détective, alors dans la peau du noble, ne semblait pas inquiet quant à la durée de ce maléfice. Selon lui, cela ne durerait à peine plus longtemps que celui dont Julian avait été victime quelques temps plus tôt, à Costa Del Sol. Il préférait oublier cet événement humiliant, bien que dans le fond, Ringu avait certainement raison. Une bonne nuit de sommeil et les deux hommes devraient retrouver leur corps respectif. Concernant la suite de leurs aventures, il semblerait que deux choix s’offrent à eux : poursuivre leurs recherches des chimères en partant du constat que l’une d’elle n’est sans doute originaire que d’une seule région de Spira, ou se rendre à Alexandrie en tirant profit du nom de famille de Julian. En entendant cela, le noble croisa une jambe par-dessus l’autre et observa le lac. Premièrement, Julian ne souhaitait pas se rendre à Alexandrie trop vite. Il craignait que toute son histoire autour de la Reine Grenat tombe à l’eau – même s’il n’y avait aucune raison que cela n’arrive –. Deuxièmement, utiliser son nom pour arriver à leurs fins était tout simplement hors de question.

Toutefois, il laissa le détective terminer son explication qui faisait pourtant sens. L’idée d’apporter du textile à Sa Majesté n’était pas idiote et pourrait même créer plusieurs ouvertures pour obtenir leurs informations. Hélas, Julian s’était juré de tirer un trait sur son nom, sur son héritage et sur tout ce qui le rattachait à son passé. En faire usage allait donc à l’encontre de cette promesse qu’il s’était faite, et rien ni personne ne pourrait l’obliger à la briser. Le détective termina son discours par la conclusion qu’enquêter sur la reine revenait obligatoirement à enquêter sur Alexandre.

« Je suis entièrement d’accord avec vous. Le lien qui les unit est sans équivoque. Cela nous permettra de faire d’une pierre deux coups. »

Alors qu’il observa Ringu se lever du banc, Julian sentit à nouveau cette sensation de soif dans sa gorge et ne perdit pas de temps cette fois. Il saisit une petite bouteille d’eau à sa ceinture et en but deux gorgées qui apaisèrent tout de suite la sensation de manque. Pendant ce temps, Ringu s’excusa un instant pour appeler celui qui avait cherché à le joindre précédemment. Julian essayait de ne pas trop écouter la conversation mais fut intrigué lorsque le détective le regarda, avant de déclarer à son interlocuteur au bout du fil qu’ils rediscuteraient en face à face du sujet de leur conversation. Il y avait quelque chose de fascinant chez ce détective, lui et sa manière d’apporter le mystère autour de lui en permanence. Son unique but était-il d’attiser la curiosité du noble ? Mais pourtant, ne dit-on pas que ce sont ceux qui en disent le plus qui en font le moins ? Cette constante recherche de l’intérêt de Julian cachait peut-être un profond désir de reconnaissance, quitte à inventer quelques mystères inexistants. Malgré tout, le doute persistait chez le noble et il comptait bien garder Ringu à l’œil.

Une fois la conversation téléphonique achevée, le détective s’apprêtait à revenir auprès de Julian lorsque trois soldats l’interpelèrent. N’étant pas au courant de l’inversion de corps, ils s’adressaient à Ringu pensant qu’il s’agissait du vrai blondinet. Julian se redressa aussitôt et, lorsqu’il entendit le motif de leur présence, son sang ne fit qu’un tour. Son père savait ainsi qu’il était ici ? Les nouvelles circulaient vraiment vite… Ringu tenta de jouer le jeu en se faisant passer pour le noble mais Julian avait quelques réserves : parviendrait-il à duper son père ? Peu importe, ce qui lui importait pour le moment, c’était la raison de tout ceci. Le duo n’avait d’autre choix que de suivre les gardes en silence jusqu’à la demeure de la famille Quinn. Il s’agissait d’un magnifique manoir en pierres ocre jaune, avec une tourelle sur le côté droit de la porte d’entrée, où se trouvait l’escalier en colimaçon à l’intérieur. Au fur et à mesure qu’ils approchaient, le cœur de Julian battait plus vite. Ils débouchèrent sur le salon au milieu duquel se tenait la mère de Julian, mais aussi et surtout son père.

« Monsieur Quinn, voici votre fils et son compagnon. »

D’une grandeur imposante, Robert se retourna et fixa d’un regard embrasé celui de sa progéniture. Mary était soucieuse, cela ne faisait aucun doute. Une part d’elle voulait serrer dans ses bras son fils qu’elle n’avait pas vu depuis quatre années, mais elle redoutait la colère de son époux. Julian, quant à lui, ne se faisait pas encore à l’idée qu’il n’était plus dans son propre corps et que, par conséquent, ce n’était pas lui que son père fixait du regard mais Ringu. Cette réunion de famille ne pouvait pas tomber plus mal…

« Regarde-toi, Julian. Tu fais peine à voir. »

Son ton s’était légèrement calmé depuis l’annonce de la présence de Julian à Tréno. Pourtant, aucune gentillesse n’émanait de cet homme.

« Tu étais pourtant destiné à de grandes choses, et il a fallu que tu n’en fasses qu’à ta tête ! Je pensais pourtant avoir été clair lors de notre dernière conversation : ta place n’est plus ici ! Tu n’apportes que déshonneur et honte à cette famille… »

Son regard se voulait méprisant lorsqu’il regarda le faux Julian de la tête aux pieds. Le vrai noble, quant à lui, serrait les poings en entendant ce discours ridicule. Il aurait tellement voulu être dans son propre corps à cet instant pour dire ce qu’il avait sur le cœur, mais il ne souhaitait pas aggraver la situation. Qui sait ? Peut-être que Ringu parviendrait à alléger toute cette tension ? Hum… Robert s’approcha de Ringu.

« Je devrais te faire arrêter pour avoir osé remettre les pieds ici. Les bons à rien ne sont pas les bienv-- !! »

Sans s’y attendre, le poing de Julian partit tout seul se coller dans la mâchoire de Robert, avec une force étonnamment supérieure à ce qu’il s’imaginait. Mary laissa s’échapper un cri de stupeur tandis que son mari perdit l’équilibre et se rattrapa tant bien que mal sur un fauteuil non loin de lui. Les gardes, quant à eux, étaient tout aussi surpris de la tournure des événements et commencèrent à pointer leurs lances sur les deux invités. Julian regardait son poing avec surprise. Ringu était-il si puissant que cela ? Son corps, quelque chose ne tournait pas rond avec lui… Mais qu’importe, il comptait bien en profiter, sur le moment. Robert se malaxa la joue tout en crachant le sang qui se mélangeait à sa salive, et jeta un regard noir au faux détective.

« - J’ignore qui tu es mais tu viens de signer ton arrêt de mort…
- Robert, cela suffit ! »

Mary tenta de le retenir mais Robert dégagea son emprise en lui frappant le visage au passage d’un revers de main. Mary recula sur le sofa en se tenant la joue. Si Julian n’éprouvait de la haine qu’envers son père, il ne restait pas insensible au sort de sa mère, et ce qu’il venait de voir fut le coup de trop. Ce Robert Quinn n’était qu’un être abject, imbus de sa personne, et qui ne présentait aucun respect pour autrui. Le moment dont rêvait Julian pour régler ses comptes avec lui était venu. Il sentait comme une étrange chaleur émaner de son corps. Cette aura rouge ne venait pas du corps de son hôte mais bien de son état d’esprit. Se pouvait-il que ce soit cela, la Transe ? Sans attendre, Julian effectua un rapide mouvement en direction de Ringu pour y prendre sa rapière au niveau de la ceinture puis, alors que Robert avait détourné quelques secondes le regard pour le porter sur sa femme qu’il venait de blesser, Julian fut pris d’une frénésie enragée et assainit de multiples coups de rapière dans le torse de son géniteur tout en poussant un cri de rage. L’aura rouge se propagea dans la pièce toute entière tandis que le sang qui fusait du corps de Robert fut maintenu dans l’air puis remodelé jusqu’à prendre la forme d’une rose autour de lui. Julian arrêta les coups de rapière puis concentra l’aura rouge de la pièce dans la rose jusqu’à la faire imploser, d’un simple geste de la main. Toute la pièce fut immaculée de sang, aussi bien les meubles que les personnes présentes ici.

« Que… Mary osait à peine toucher son visage taché de sang mais réalisa très vite que le corps de son mari était au sol. ROBERT !! »

Les gardes étaient sous le choc, ne comprenant pas trop ce qu’il venait de se passer. A vrai dire, Julian ignorait d’où lui venait cette soudaine rage. S’il s’agissait de l’effet de la Transe, alors cela changeait totalement ses plans… Les genoux dans le sang de son mari, la mère de Julian sanglotait de tristesse et de colère mêlés. Vu le sang au sol et dans la pièce, Robert était probablement mort, mais Julian n’éprouvait ni peine, ni satisfaction. Etrangement, même s’il venait de réaliser l’un de ses vœux les plus chers, il n’en ressentait aucun soulagement. Finalement, ce fut la voix de sa mère qui le ramena à la raison. L’étrange lumière rouge qu’il avait dans l’œil se dissipa et d’un coup furtif de rapière dans le vide, il retira le sang qui s’était accumulé dessus.

« Vous trouverez mieux, Mère. Un homme qui porte la main sur sa femme et n’en ressent aucun remord ne vous mérite pas. Sur le coup, Mary ne comprenait pas pourquoi le détective lui disait tout cela, mais Julian ne prit pas la peine de lui expliquer la situation. C’était plus facile ainsi. Les Quinn se porteront bien mieux sans lui. »

Julian se retourna vers Ringu, s’attendant très certainement à quelques remarques de sa part sur ce qu’il venait de se passer, mais le temps leur manquait. Si Mary était trop occupée à pleurer, les gardes, eux, hésitaient à passer à l’action. Leurs lances étaient toujours pointées sur eux. Julian fouilla sous son manteau et en sortit le revolver qu’il tendit à Ringu.

« Nous aurons besoin de nouveaux vêtements. Gardez un œil sur eux le temps que j’aille cherche ce dont on aura besoin. »

Peut-être que Ringu ne voudra point des vêtements que lui proposera Julian mais ce n’était que temporaire, simplement le temps que les deux hommes ne quittent les lieux pour se mettre à l’abri et faire le point. Malheureusement, tout ceci venait de compromettre fortement leurs plans. Impossible d’utiliser son nom auprès de la Reine, maintenant que Julian allait être complice du meurtre de son père. Car après tout, si ces trois gardes s’en sortent vivants, ils déclareront très certainement Ringu pour responsable de la mort de Robert Quinn. Cela en vaut de même pour Mary, mais l’idée de la tuer pour garder le silence ne traversa même pas l’esprit du noble.

Quelque chose avait changé en Julian. Indéniablement...

── ── ── ── ──

• Julian apprend la Limite Niveau 1 : Rose Sanglante > Alors qu'une aura rouge et sombre se propage du corps de Julian pour stagner autour de sa cible et lui, le noble assène une multitude de coups de rapière à son adversaire. Le sang qui fuse des entailles est rassemblé autour de la cible pour prendre la forme d'une rose élégante, qui absorbe enfin l'aura rouge avant d'imploser sur l'ennemi > -300 HP [cible]

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Ringu Ju-On
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Mer 11 Mai - 22:25

Note : Contenu Violent! Torture physique et surtout mentale!
                                                      Merci?
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Marchant sous ce ciel étoilé en très bonne compagnie, Ringu, toujours dans le corps de ce noble, se rendait vers "son" domicile. Il souriait faussement, arborant une attitude jovial pour éviter de paraître suspect. Il meumonait presque pour ainsi dire. Les gardes qui l'accompagnaient semblaient perturbés par ce caractère. Peut-être que certains d'eux avaient connus Julian? Qu'importe. L'important était de faire bonne figure. 


Intérieurement cependant, le détective commençait à s’inquiéter. Il avait pris rendez-vous avec la subordonné de l'homme au téléphone et se disait qu'il ne fallait surtout pas qu'il la rencontre dans cet état. La situation serait délicate à expliquer à Julian, alors mieux valait-il qu'il soit dans son corps à ce moment là. Enfin... Si tout se passait comme prévu, la rencontre se ferait dans quelques jours. Cela leur laissait du temps.


C'est alors que les gardes s'arrêtèrent pour s'engager dans un petit jardin à l'avant d'une somptueuse demeure. Le manoir semblait être fait d'or ou d'ambre avec une tour sur l'un des côtés. L'architecture des bâtiments d'Héra était vraiment étonnante par moment. Une tour dressée, un bâtiment doré... Hmmm, la personne qui y vivait devait être orgueilleuse et posséder suffisamment de moyen pour prétendre l'être. Ringu devait paraître bizarre, contemplant là pour la première fois quelque chose qu'il aurait toujours dû connaître. 


" Tout ceci m'a l'air de très bien s'annoncer. Qu'en dites-vous... Ringu? "


Un regard suffit alors. Le noble, dans son corps, contenait mal un sentiment grandissant en lui. Il semblait reculer bien que ses pieds s'avancent. Ringu n'aimait pas voir ces yeux venant de sa propre enveloppe charnelle. On aurait pu le comparer à un animal avançant inéluctablement vers abattoir, et ça, l'orgueil de notre ancien cobaye ne l'acceptait pas. 


Le salon dans lequel ils pénétrèrent faisait honneur à cette famille de marchands textiles. De belles tapisseries et quelques œuvres d'arts décoraient l'endroit ainsi qu'un ou deux instruments de musiques discrets qui ne devaient pas beaucoup servir. On les introduisit alors auprès de "Monsieur Quinn" et de sa - il fallait bien l'avouer - très charmante épouse.


Ringu ne savait pas vraiment comment commencer la conversation.  Il regarda en coin Julian mais voir cet animal apeuré ne fit que lui faire comprendre la difficulté de la situation dans laquelle il s'était mise. 

" Père! " Lança-t-il en commençant à ouvrir ses bras.


Malheureusement, une telle approche ne serait pas possible. Le père de Julian fit très vite comprendre à Ringu à quel point le lien qui l'unissait à son fils était peu important. Il était froid. Distant. Apparemment, Julian n'avait pas pris la peine d'avertir le détective pendant leur trajet. Peut-être que le noble avait peur de ce personnage? Néanmoins, même quelqu'un de froid pouvait être manipulé. Peut-être même plus aisément. Ringu avait bien l'intention de se rapprocher de Grenat, quel qu’en soit le prix.  


Ce "père" n'aidait pas vraiment. Il vociférait en imposant la masse de son corps à celui  si frêle de Julian. Il réussit cependant à perturber Ringu l'espace d'un instant en dévoilant que le noble avait commis une sorte de déshonneur envers sa famille, déshonneur dont peu de personnes devaient être au courant puisque Maître Totto n'en avait pas fais mention. Ainsi donc, le titre de noblesse de ce blondinet -tellement utile sur un continent fermé comme Héra- pouvait bien partir en fumée si la situation dégénérait. Il ne fallait pas que ça arrive. Non. Il ne le fallait surtout pas. 
Continuant de sourire comme si ces propos durs ne le concernaient pas, il vit cette brute se rapprocher de lui et tendre la main. Allait-il se faire gifler? Sérieusement? LUI?! SE FAIRE GIFLER PAR CE MISÉRABLE DÉCHET?!


Impossible. 


Tout simplement inacceptable. 


Il se baissa légèrement, prêt à se baisser pour esquiver l'assaut et probablement utiliser une technique d'art martiaux -si propre à Utaï- qui compenserait son défaut de force face à ce déchet. Enfin... Ça, s'était le plan. Mais un poing vint se mêler de la conversation et briser la mâchoire de cet imbécile. Bon... Au moins il n'aurait pas à se salir les mains. Néanmoins, le noble venait de faire quelque chose de dangereux. Il avait mis Ringu dans une position plus que délicate puisqu'en reprenant leur corps, cela serait lui et non le noble qu'on accuserait de cet affront. 
La femme tentait de calmer son mari... En vain. Ringu se tourna alors vers Julian, mais face à son propre corps, celui du blondinet ne pouvait imposer une quelconque résistance. De plus, une étrange aura empourpra la salle. Elle enveloppa notre protagoniste et ce dernier y reconnut l'intention de meurtre. Devant lui, ce n'était plus qu'une bête assoiffée de sang. Il connaissait cet état de pure rage, pourtant, cette aura le dérangeait. Il commença à se décaler, la main sur la rapière du noble, préférant ne pas se mettre entre les deux hommes et les séparer une fois cette colère passée. 


Manque de chance, il n'en fut pas ainsi. D'un geste et d'un seul, la main de Ringu fut éloignée de la rapière dont Julian se servit pour embrocher son père. La vitesse des coups qui suivirent fut tout simplement prodigieuse, si bien que notre homme ne put intervenir d'une quelconque façon. 
Le bruit du cadavre tombant au sol fut la seule chose qui permit au temps de reprendre son cours. Le sang recouvrait cette pièce, recouvrait les vivants et recouvrait aussi les morts. Tous étaient couverts de sang. Ce tableau... Bien plus que cette maison, que les plans de Ringu ou bien que les orbes... En cet instant, rien n'était plus beau. Une magnifique rose empourprant le paysage, naissant du sang pour disparaître avec la mort de ce déchet. Mettant la main sur son visage en le cachant en parti, un sourire dément défigurait son visage. 


Hahaha! Hahahaha! Ce sentiment, c'était fabuleux! 


Il laissa sa langue lécher ses lèvres où le doux sang du père de ce blondinet se trouvait. Il se tourna alors pour voir son corps parler à une femme éplorée par la soudaine et violente mort de son conjoint. Ce faux Ringu, pourtant proche de l'original à ce moment précis, tendit un revolver à notre homme qui le prit de la main ne cachant pas son visage. Julian monta, et seuls les pleurs subsistaient. 


Un instant plus tard, notre protagoniste retrouva ses esprits. Comment faire pour arranger la situation? Comment faire pour tourner un tel événement en leur faveur? Il risquait bientôt de devenir l'ennemi public numéro un sur Héra, donc comment faire pour éviter cela? 
D'un autre côté, ce meurtre le grisait, l'envahissant d'un plaisir sans nom. Ce sang. Tout ce sang était magnifique. Plus il pensait à arranger la situation, plus il regardait son revolver, et plus il sentait une sorte de sauvagerie monter en lui. C'était délicieux. Vraiment Délicieux. 


Il se tourna alors vers le corps inanimé et l'observa de l’œil que sa main ne cachait pas. Des cottes brisées, les poumons perforés, l'artère aorte endommagée... Même l'estomac n'était pas épargné. Le cœur battait toujours, mais plus pour bien longtemps au vu de la quantité de sang que perdait cette moisissure qui empestait l'air. Enfin... Il fallait bien que ce meurtre ait quelques points négatifs, sinon le noble ne pourrait pas s'améliorer. 

" Hey! Vous... "


Les gardes, lances pointées vers lui, tressaillirent puis reprirent leur sérieux. 

" Le meurtrier de mon père, vous comptez le laisser filer? "


Les gardes semblèrent surpris, se regardèrent, échangèrent quelques mots, puis se décidèrent à se tourner vers l'escalier pour rejoindre Julian et l’attraper. 


Fatale erreur.


Ringu profita du fait qu'ils aient le dos tournés pour les abattre de sang-froid. Trois coups raisonnèrent. Pas un de plus. Les sanglots s'étaient arrêtés. Se tournant pour dévoiler un visage à moitié recouvert de sang, il considéra la femme au sol, la toisant de haut. Son regard à elle, pleins de larmes, ne montrait qu'une incompréhension totale vis-à-vis de ce geste. 


" Qu'as-tu fais? "

Marchant d'un pas calme, Ringu s'accroupit prêt de cette veuve, sa chevelure cachant son visage. Il écarta quelques mèches avant de regarder la mère qui avait porté ce miraculeux enfant, lequel venait d'embrasser ses démons en détruisant son paternel. Il contempla ce visage défiguré par la tristesse et lui sourit. Amenant sa main sous le menton de cette personne sans défenses, il caressa cet ovale de chair tendrement.


" Vous avez mis au monde un superbe monstre, très chère. " 

Brisée psychologiquement, cette femme sanglota de nouveau, amenant ses mains à son visage.

" Quel dommage... Cet enfant n'a aucune gemme de soin... Dans mon corps, j'aurai pu le sauver... Enfin, le maintenir en vie ne devrait pas être trop compliqué... "


" Quoi? Ju-Julian? Tu peux faire une telle chose? Tu peux faire revenir notre Robert? "


Son visage s'était illuminé, ou plutôt, son regard avait changé. Elle ne tremblait presque plus et ses yeux ne lâchaient plus la chair de sa chair. Elle avait retrouvé un espoir. Un espoir la rendant capable de parler et de tutoyer son propre fils. Voir cet espoir renaître, même s'il n'était qu'infime, c'était quelque chose d'incroyable beau... S'approchant d'elle, le détective posa ses lèvres contre l'oreille de la belle demoiselle, comme pour lui dévoiler un secret interdit.


" Je plaisante. "


Un cri déchirant résonna. Effondrée sur le corps sanguinolent de son époux, la femme se tenait la tête, tourmentée par ce qu'elle venait d'entendre. Son propre fils venait de lui donner un espoir et de le fracasser violemment, n'en laissant aucune miette. Le cœur du futur cadavre ne battait plus depuis déjà deux minutes. Bien. C'était parfait. Vraiment parfait. Il fallait plusieurs éléments. La chance en particulier. 
Saisissant le sac du noble, l'ancien cobaye y saisit une potion qui y traînait et l'ouvrit. Il la pencha au dessus de l'homme mourant en observant la mère.


Elle venait de relever la tête et observait la fiole avec incompréhension. Elle était déjà brisée, elle ne pensait pas que le contenu de celle-ci pourrait sauver son mari. C'était normal, elle venait de connaître le désespoir dans sa forme la plus absolue. Mais ce n'était pas fini. Non. 
Julian avait joué avec le corps de Ringu. Il ne le savait pas encore, mais ce dernier était un démon qu'il ne fallait pas énervé. Il avait succomber à la colère, et une leçon devait lui être inculquée... Une leçon magistrale.


Versant le contenu de la potion sur le corps, les plaies commencèrent à se refermer. Ça ne guérirait que les tissus, le sang perdu ne pouvant être replacé dans ce déchet et les organes vitaux ne pouvant être remplacés. Autant le dire tout de suite, c'était de la médecine de bas étage. Ça le maintiendrait en vie le temps que les secours arrivent. Pas plus. Après, seules les compétences des mages blancs pourrait sauver cette vie.


Voyant les tissus se refermer, la mère de Julian sombra dans la confusion. Elle tremblait et pleurait, mais son visage s'illumina de nouveau. Elle s'approcha de l'être qu'elle avait mis au monde pour l'étreindre comme une mère se devait toujours de le faire. Mais ce n'était pas lui qu'elle devait étreindre. Pas Ringu. 
Il la frappa au visage, d'un revers de main magistrale. 


" Vous ne reconnaissez même pas votre propre enfant. Comme c'est regrettable. "

" Julian... Pardonne-nous... Pardonne-moi... "

" Je ne suis pas Julian. "


Bien que cela ne fasse pas sens au vu de ce que ses yeux lui montraient, la femme se tut. Les mots de Julian, dit peu avant qu'il ne monte à l'étage, raisonnèrent enfin dans son esprit. 

" Nous avons échangé de corps... " Il laissa un temps d'attente, regrettant ce qu'il allait jouter, puis poursuivit : " Je suis la personne qui ait forcé votre fils à commettre cette atrocité. Il n'y ait pour rien. Il est sous mon contrôle absolu et total. Si vous alertez la garde, vous le ferez tuer et je garderai ce merveilleux corps! "


Un sourire sadique, une main saisissant le vide et se refermant à la fin de son discours et le tour était joué. Ce discours sans queue ni tête l'avait convaincu. Ce n'était pas parce qu'il était logique, mais simplement parce que c'est ce que cette femme voulait entendre. 


" Oh... J'ai donné un surcis à votre mari, mais ce n'est que pour me délecter de la longue agonie qu'il connaîtra une fois remis sur pieds. Incapable de marcher ou de parler, avec des difficultés respiratoires et des douleurs permanentes... Heureusement que la médecine a ses limites. Enfin... S'il survit jusqu'à l'arrivée des secours. "

D'ailleurs, la garde n'était pas encore arrivée. A tous les coups, sortir de la ville serait difficile. Il devait boucler le périmètre après avoir entendu ces coups de feu. Concernant cette histoire avec le père de Julian, le voir agoniser pendant de longues années n'était que pour rendre crédible son rôle de méchant. A vrai dire, c'est surtout à ce blondinet de malheur qu'il voulait donner une leçon.

" Rendez-le moi..." 

" Hein? " 


" Rendez-le moi! "


Avant même de comprendre, Ringu se retrouva au sol, dans une marre de sang et de morceaux de cervelles - sans doute ceux des gardes -, mis à terre par la baffe de cette femme. Il recula alors et saisit la mallette que Julian avait délaissé pour monter. Il en sortit son harpon et une corde et fit un nœud avec la corde. 

" Je vais vous le rendre... Mais pourquoi ne pas le laisser décider? "


Il se déplaça alors rapidement vers la demoiselle et l'agrippa au cou. Il déchira le haut de sa robe et enroula d'un geste fin et minutieux la corde autour de son cou. C'était agréable d'être dans un corps aussi rapide! Bien plus qu'il ne l'était! Il tira alors avec le harpon dans le plafond et admira son oeuvre. La mère de Julian se tenait au bout de la corde, l’agrippant de ses fines et délicates mains et se débattant pour sa survie. 


Se posant contre un meuble alors que la pendue gesticulait, il pointa de son revolver la silhouette descendant les escaliers. Cela faisait trois minutes et demi que Julian était monté... A peu près. Les cris avaient du résonner. Parfait!

" Parfait timing! Dit-moi Julian... Que fait-on d'elle? La garde risque de ne plus traîner. Veux-tu lui porter le coup de grâce toi-même? "


Ringu faisait passer un test à Julian. Non. C'était une punition. Une punition pour avoir utilisé son corps. Une punition pour avoir eu le culot de blesser l'orgueil de Ringu. Mais avant tout, pour avoir tué ses parents. Des imbéciles certes, mais pas plus que ceux de celui qu'on nomme Ringu Ju-On : Le cercle de rancune infini. S'il devait le faire, qu'il n'ait pas de regrets... Ou qu'il fuit encore comme le pauvre et misérable chiot qu'il était. Il n'avait qu'un couple de parents. Restait à voir s'il allait s'en débarrasser... 

________________________________________

Modération :

- Utilisation d'une Hypra Potion de l'inventaire de Ringu (considérée comme la Potion+ de l'inventaire de Julian inRP.).
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Julian Quinn
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Mar 17 Mai - 15:43

Tout s’était passé si vite… La colère de Julian l’avait aveuglé quelques instants, le temps pour lui de laisser son géniteur entre la vie et la mort, et d’aggraver au passage leur situation. Ce moment, le blondinet en avait bien évidemment rêvé à maintes reprises. Cette haine envers son père, il la transportait avec lui depuis de nombreuses années maintenant. Alors, quand l’occasion s’était présentée d’elle-même pour y mettre un terme, Julian n’avait pu la repousser et se l’était appropriée. Baignant dans son propre sang, Robert jonchait à même le sol, sa pauvre femme à ses côtés, pleurant d’incompréhension. Etrangement, Julian n’en ressentait aucune satisfaction. Cela n’avait rien à voir avec le corps de son hôte – dont le manque d’eau l’obligeait à boire régulièrement – mais plus avec son esprit. Sa soif de puissance lui avait-elle retiré toute once d’humanité ? Non, quelque part en lui se trouvait encore de la bonté ou de la pitié, certes en une infime quantité. Cela pouvait se voir lorsqu’il regardait sa mère et qu’il lui déclara que tout le monde se porterait mieux sans Robert.

Les pensées encore un peu embrumées par tout ça, Julian parvint tout de même à se mouvoir et décida d’aller chercher des vêtements à l’étage – les leurs étant immaculés de sang. D’un point de vue stratégique, il était préférable de ne pas sortir de ce manoir de la sorte, auquel cas ils ne parviendraient certainement pas à quitter Tréno sans se faire arrêter par la milice de la ville. Naturellement, il tendit le revolver du détective à son propriétaire afin qu’il puisse garder un œil sur les soldats peu sûrs d’eux, puis monta les escaliers quatre à quatre pour rejoindre le premier étage. Il ouvrit la porte de son ancienne chambre et constata que tout était resté comme dans ses souvenirs. La position des meubles, les décorations diverses… Seule l’odeur avait pris une teinte de renfermé. Il ouvrit son armoire et y prit une tenue complète qu’il plaça dans un plastique de protection – impossible de les tenir sous les bras sans les tâcher. Toutefois, Ringu étant bien plus grand que Julian, il lui fallut monter encore d’un étage pour rejoindre la chambre de son possible défunt père. Mais alors qu’il montait l’escalier, il entendit trois coups de feu.

Ringu venait certainement d’abattre les trois soldats d’une manière nette et rapide, puisqu’aucun bruit de lutte n’était parvenu aux oreilles du noble. Il prit une énième gorgée d’eau avant d’ouvrir l’armoire de Robert. Celui-ci faisait quasiment la taille du détective, il suffisait donc de prendre des vêtements un peu plus ample pour éviter de trop lui serrer le corps. Par chance, il y avait un ensemble qui ressemblait beaucoup à ce que Ringu portait actuellement, mis à part le long manteau. Julian décida donc de se changer maintenant, histoire de gagner du temps. Tout en se déshabillant, il se regardait dans le miroir et constatait la pâleur de la couleur de peau de Ringu. C’était vraiment un homme étrange, mais le noble ne s’attarda pas davantage car cela ne l’intéressait pas.

Lorsqu’il eut terminé de rafistoler son « costume », il redescendit les deux étages – les nouveaux vêtements pour Julian ainsi que les anciens de Ringu sur l’avant-bras – et enjamba le corps des trois soldats dans le bas des marches. Il regardait bien où il mettait les pieds pour ne pas glisser et tomber la face contre terre, sachant qu’il était tout propre et que le salon était tout sale. Mais lorsqu’il redressa la tête, il aperçut une forme s’agiter au fond de la pièce. Sa mère était littéralement pendue au plafond, bientôt en manque d’oxygène, et se débattait pour sa survie. Ringu, dans le corps de Julian, était adossé contre un meuble et jouait avec son revolver tout en s’adressant au noble sur ce qu’il comptait faire maintenant. Alors comme ça, Ringu avait choisi de lever la main sur sa mère ? Mmh, était-ce une quelconque vendetta pour la position dans laquelle Julian l’avait mis, en faisant passer Ringu pour le meurtrier de Robert Quinn ? En pensant à lui, Julian baisse le regard et l’observa. Les plaies semblaient fermées mais son cœur battait encore. Aurait-il été soigné ? Le regard défiguré par la soif, Julian répondit d’un ton grave, tout en se déplaçant vers sa mère.

« C’est inutile, elle ne dira rien. »

De sa main libre, il prit sa rapière et trancha la corde, tout en tenant sa mère au niveau de la taille. Elle suffoqua alors qu’elle retirait difficilement la corde qui écrasait sa gorge. S’effondrant à genoux, Julian s’accroupit à ses côtés et l’aida à défaire ses liens. Il lui murmura à l’oreille, de sorte que Ringu ne puisse pas entendre.

« Je suis navré du mal qui vous arrive, Mère. Vous ne le réaliserez peut-être jamais mais tout ceci est dans votre intérêt. Je ne puis vous demander de ne rien dire aux autorités car ce n’est pas dans mon intention de cacher mes actes. En revanche, il vaut sans doute mieux que vous n’accusiez que moi, votre fils, et occultiez de cette affaire l’homme dont j’habite présentement le corps. Si vous ne le faites pas, je… Il la regarda droit dans les yeux alors qu’on pouvait y lire la fatigue et l’incompréhension totale s’y mêler. Je n’aurais d’autre choix que de vous faire payer. »

Avec tout ce qu’il venait de se passer, c’était comme si l’énergie de Mary l’avait complètement quitté. Les yeux rougis par les larmes et le regard vide par l’incompréhension, elle se tenait le cou de ses deux mains, regardant le corps gisant de son mari. Elle n’acquiesça pas les dires de Julian – à vrai dire, difficile à dire si elle l’avait entendu – mais il savait qu’elle ferait ce qu’il venait de lui demander. Le noble se redressa donc et s’approcha de Ringu, dont le comportement l’agaçait fortement. Il lui tendit les vêtements qui étaient sous plastique.

« Nous devrions quitter le manoir de suite. Pouvez-vous vous changer maintenant ? »

Il n’y avait aucune peur dans sa voix, aucune intimidation. Il sentait en lui qu’il avait atteint un point de non-retour et qu’il pouvait dorénavant faire ce que bon lui semblait, sans ressentir aucune culpabilité. Si le rapport de force avec Ringu avait toujours été plus ou moins ambigu, les choses changeraient certainement désormais. Les objectifs de Julian étaient clairs : il trouverait le moyen de gagner encore plus de puissance, et rien ni personne ne se mettra en travers de sa route. Certainement pas Ringu.
Avant que le détective n’aille se changer, Julian fit demi-tour et s’approcha du corps de son père. Le voir respirer ainsi le faisait bouillonner de colère à l’intérieur. Il ne supportait pas l’idée que Ringu ait pu lui voler sa revanche personnelle en interférant de la sorte, en soignant légèrement son père pour lui donner une faible chance de survivre, mais aussi en s’en prenant à sa mère. Il venait de commettre deux erreurs en franchissant cette ligne, et aucune excuse de la part du détective ne pouvait justifier cela. Pas à ses yeux. Il prit sa rapière et la planta d’un coup sec dans le crâne de Robert, abrégeant ainsi les souffrances de l’homme et mettant un terme à sa revanche personnelle comme il le souhaitait. Mary eut un léger sursaut mais elle ne parvenait plus à réagir correctement à la situation, complètement perdue. Sans se retourner, Julian lança à l’intention du détective.

« Je ne crois pas me souvenir que nous nous soyons mis d’accord pour nous tutoyer, détective. »

Les mots parlaient d’eux-mêmes : Ringu pouvait faire le choix de tutoyer Julian mais il prenait alors le risque de rompre toute coalition entre eux. Si le détective se sentait supérieur par rapport à lui et ressentait le besoin de l’affirmer en lui manquant ainsi de respect, Julian n’hésiterait pas une seule seconde à le remettre en place. Ringu pouvait donc aussi faire le choix de s’excuser – ou de ne rien dire si sa fierté était trop grande – et de repartir sur une base saine dans leur collaboration. Bref, le temps leur était compté s’ils voulaient avoir une chance de quitter les lieux. Tout était entre les mains de Ringu, mais il valait mieux pour lui qu’il fasse le bon choix, à savoir qu’il quitte le manoir sans toucher à un seul cheveu de Mary. Le blondinet était dorénavant prêt à tout pour arriver à ses fins…

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Ringu Ju-On
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Mar 17 Mai - 17:13

Le sol et le plafond, tout deux de rouge, se confondaient l'un comme l'autre. Tout semblait figé, des meubles immobiles aux corps inanimés. Seul le son de quelques gouttes perturbait la tranquilité de ce lieu. Un tranquilité froide et sombre que les lumières peinaient à améliorer. La Mort avait pris possession de la pièce, ni laissant que quelques âmes solitaires que rien ne reliait. Entre elle, il n'y avait qu'une tension, et rien de plus. 


Le bruit de la corde qui se coupe, le son du corps s'étalant de tout son poids dans une marre de sang... Sinistre orchestre pour de terribles funérailles. Le mort était un jeune homme. Un être lumineux et plein d'avenir qui avait le potentiel nécessaire pour accomplir de grandes choses. Dorénavant, ce potentiel était gaché, jeté dans la boue et piétiné. Etouffé dans un cercueil nommé famille, cet oiseau rare avait chuté du nid pour ne plus jamais y revenir. Quel triste parcours. Une déchéance totale. 
Privé d'oxygène, il avait laissé son coeur moisir et s'effriter dans une douloureuse agonie. Aujourd'hui, il n'était plus que cendres, retourné à la poussière qu'il avait toujours été. 


Ringu saisit les vêtements, regardant droit dans les yeux le nouveau-né qui les lui tendit. Une boule de rage, c'est tout ce qu'il voyait en ce nouvel être. Ne se résumer qu'à une émotion est souvent réducteur, et en ce moment, celle qui habitait notre protagoniste n'était autre que de la pitié. Oui, la pitié de voir que le cercle de haine allait continuer. Cet enfant allait suivre le même chemin que lui, vivant pour la vengeance et pour la puissance. Quelle terrible déception. Et en même temps, il ne pouvait pas le blâmer. 
Il restait tout de même encore une petite chance que ce noble retrouve toute la grandeur qui était sienne jusqu'alors. Mais alors qu'il s'approchait de son géniteur, les ténèbres le saisirent pour ne plus le lacher. Le bruit de la chair percée et des os se craquelant avec le passage de la rapière dans la tête de cet homme annonçait le début d'une nouvelle association... Avec un partenaire bien plus démoniaque. 


Le visage du détective était sombre. Il se demandait où tout cela allait les mener. Il n'aimait pas l'imprévu, et le fait que Julian utilise son corps ne lui plaisait guère. Pourquoi faire sa vengeance maintenant? Pourquoi ne pas avoir attendu d'être dans son propre corps? ... C'était pathétique. Ringu ne voyait cet acte que comme quelque chose de pathétique. Perdre le contrôle de soi et causé la mort de quelqu'un juste parce que l'on manque de répartie et que l'on perd ses moyens devant lui... Tch, c'était la façon dont agissait les animaux blessés et acculés, souvent sur le point de mourir. Il ne savait bien sûr pas la relation qu'avait Julian avec son père, peut-être l'aurait-il comprise à froid, mais là, seules ses propres erreurs à Utaï refaisaient surface. Le regard haineux de Julian était celui qu'il avait eu il y a tant d'années. 


Le noble avait abattu son semblable par deux fois. Inutile de voir une quelconque compassion dans le fait d'achever son père, ce n'était pas le cas. Ringu se changea, se moquant d'exposer la nudité de ce corps qui n'était pas le sien. Il n'avait guère le temps. Les habits n'étaient pas vraiment confortables, mais cela, c'était le cadet de ses problèmes. Il repensait à son petit test. Julian aimait sa mère, il restait peut-être encore un espoir. 


Julian vocifera encore quelque chose à son encontre. Apparemment, il en était à ce point où l'on rejette sa colère sur les autres, celui qui précède l'isolement et la solitude. Toujours le regard vers le bas, Ringu ne voulait pas voir Julian. Il ne voulait pas se voir dans cet état. Ce regard... Il ne l'acceptait plus. 


" Pardon. "


Il penserait surement que cela était suite à cette histoire de tutoiement, mais il n'en était rien. L'ancien cobaye s'excusait auprès de lui-même, ayant mis son corps dans cette fâcheuse position d'il y a quelques années. Et quelque part, il s'excusait à la place de Robert envers son propre fils. Ce gamin possédait un désir et une volonté hors du commun. Ça, Ringu le respectait. Quand il avait embroché son père, de l'admiration était alors venu à lui. Mais dans cette exécution, alors que ce Robert gisait sans arme, il ne voyait qu'une grande déception. Qu'importe. Ce n'était pas à lui de le juger. Julian se jugerait tout seul... Avec le temps.


" On ne peut pas fuir comme ça. La maison est surement déjà encerclée. Nous n'avons pas été discrets. "


Il avança alors vers la mère de ce monstre de colère et s'agenouilla devant elle. Arrivant à peine à rester consciente, il suffit que Ringu pose sa main sur ses yeux pour qu'elle s'endorme. Il la souleva comme un prince se vanterai de le faire avec sa princesse, puis adressa quelques mots à Julian.

" Nous pourrions fuir par le toit. C'est surement notre meilleure chance de fuite. Quand à votre mère. Nous pourrions surement aller la coucher pour lui éviter davantage de soucis. "

Les deux hommes auraient pu continuer à parler de la façon de transporter cette pauvre femme, ou même de s'échapper, mais un bruit cassa cette sombre ambiance. Un rayon de lumière venait de briser la porte qui vola en éclats. Le bâtiment était bien encerclé de gardes, pas totalement, mais ça n'allait pas tarder. Un Trident traversa la pièce. Mary étant menacé, Ringu se mit sur la trajectoire de l'arme et subit le coup à l'épaule à la place de la femme. Par chance, la cape de Julian amortit une partie des dégats. 


Le temps était compté. Sans chercher à réfléchir, notre homme grimpa les escaliers en tirant sur un lustre pour que ce dernier s'effondre juste au dessus de l'entrée. Les fenêtres se brisèrent alors, laissant imaginer que des hommes s'y engouffraient. Ringu monta au premier puis au second, trainant sa mallette et la mère de Julian avec lui. Il jeta cette dernière sur un lit avant de poursuivre sa course vers la grande tour de la batisse. Il ne savait pas si Julian le suivait, mais il ne pouvait se permettre de l'attendre trop longtemps... Mais cet imbécile avait son corps!


Arrivant sans la tour, il profita d'une ouverture pour monter sur le toit de la batisse. Là, avec son harpon et la corde pendant à son pistolet, chose qui avait ralenti sa course comme il faut, il pointa un autre bâtiment et tira de façon à atteindre une autre tour. Il regarda alors derrière lui. Julian avait-il suivi ou avait-il pris un autre chemin? Qui sait... Il esperait juste que ce dernier ménage son corps... Et qu'il n'affronte pas seul les gardes.


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Julian Quinn
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Lun 23 Mai - 20:34

Julian, pauvre Julian… Mais que s’est-il donc passé pour que tu en arrives là ? Quel événement de ton passé a bien pu te rendre tel que tu es maintenant : avide, sans cœur… seul ? Est-ce parce que ta mère ne t’a pas donné assez d’affection lorsque tu n’étais qu’un enfant ? Oh, serait-ce parce que JE ne t’ai pas donné assez d’affection ? Voyons Julian, si telle est la raison de tout ceci, tu dois admettre que c’est plutôt pathétique, ne trouves-tu point ? C’est un tel cliché ! Et pourtant, tu ne démens pas, tu ne réagis pas. Ta lame vient de me transpercer le crâne et ma voix te hante désormais, mais rien ne sors de ta bouche. Aucun frémissement ne te parcourt le corps, aucune réaction dans tes pupilles. Tu es vide d’émotions. Ta dernière once d’humanité vient de t’échapper, s’écoulant avec mon sang sur le sol. Il n’y a aucun retour en arrière et pourtant, tu ne ressens aucune peur. Pourquoi ? Qu’avons-nous fait… ?

Hélas, je n’obtiendrai certainement jamais la réponse à cette question. Ce que tu es devenu, toi seul en est le responsable. Si je n’ai jamais su te montrer l’affection que j’éprouvais pour toi, mon unique fils et héritier, ta mère le faisait pour nous deux. Et pourtant, regarde ce que tu lui as fait subir aujourd’hui ? Tu viens de la briser. Pauvre chose… Ce qu’elle traverse est pire que la mort. Privée de ses deux êtres les plus chers, la voilà vouée à errer sans but, sans attache. Son esprit est à jamais entaché de ton acte ignoble et ne parviendra jamais à s’en remettre. Oh, mes propres crimes ? Rassures-toi, mes mains n’auront jamais l’occasion d’être tâchées de sang grâce à toi. Bien que cela ne fut jamais mon intention. Et contrairement à ce que tu viens de lui faire voir, elle ne se souviendra à peines des quelques fois où j’ai pu lever la main sur elle. Devrais-je t’en remercier ? Quel mari ferais-je ?

Oh, n’essaie pas de t’éloigner de moi en t’adressant à ce détective, veux-tu ? Quel point cherches-tu à lui montrer en lui disant cela ? Qu’il te doit désormais le respect après l’acte de courage que tu viens de faire ? Ce que tu peux être pitoyable… Lui-même doit certainement le penser. Comment ? Tu ne bouges pas ? La peur te paralyserait-elle ? Haha, n’essaie pas de te cacher derrière la soif qui te brûle l’œsophage, ce corps ne t’appartient pas. Ta peur, revanche, est bien la tienne, et à personne d’autre. Tu redoutes qu’on ne te respecte pas, qu’on ne te considère pas comme l’homme fort que tu prétends être. Est-ce pour cela que tu viens de m’achever sans aucun remord ? Sans aucune dignité ? Si ton but était de prouver au monde entier que tu n’as que faire de ces deux choses, tu viens simplement de leur montrer le lâche que tu peux être. Oh ? Ton partenaire vient de s’excuser ? Comme tu dois te sentir puissant de l’avoir remis à sa place ! Et pourtant, ces paroles me semblent bien vides de sincérité… Pas toi ? Pardon… Pardon d’avoir mis au monde une telle déception.

Tu le laisses s’approcher de ta mère ? Mais que t’arrives-t-il ? Ne viens-tu pas pourtant de te jurer de le tuer s’il venait à toucher à un seul cheveu d’elle ? Serais-tu incapable de tenir tes promesses, même les plus simples ? Ce n’est pas grave, tout le monde ne peut pas être parfait. Mais je dois admettre qu’il fait preuve de plus de compassion envers elle que toi… Laisse-le donc s’en occuper, cela te fera un poids en moins sur la conscience et, au moins, je serais rassurée de la savoir vivante entre les mains d’un autre que toi. Oh, il semblerait que la cavalerie arrive ! Tu ne comptes quand même pas fuir, n’est-ce pas ? Après tout, tu veux montrer au monde entier Ô combien tu es puissant maintenant, c’est bien ça ? Non ?

« Tais-toi… » Comment ? J’ai bien peur de ne pas t’avoir entendu ? Je ne t’ai pas entendu avec le fracas de ce lustre tombant au sol. Ce Ringu sait comment faire une sortie remarqué, dis-moi. « Tais-toi ! » Pardon ? Hoho, tu n’as toujours pas compris, hein ? Il est impossible de me faire taire… Je suis dans ta tête maintenant, et je te hanterai pour toujours, mon fils adoré. « TAIS-TOI !!! » Moi, et moi seul. Car nous savons tous deux à quel point tu peux apprécier ma compagnie. Ma mort te poursuivras jusqu’à ton dernier souffle… Encore plusieurs décennies à tenir, à moins que la folie n’aie pitié de toi et se charge d’abréger ton supplice ? « Sors de ma tête ! » Cesse de te débattre, ces deux pauvres soldats que tu viens de tuer ne t’ont rien fait. Plus vite tu m’accepteras, et plus vite tu pourras sortir vivant de ce pétrin dans lequel tu t’es mis. Tu es prêt à me faire confiance ? « Gnnnh !! » Ouch, cette lance logée dans ta cuisse doit faire vraiment mal, n’est-ce pas ? Crée une diversion, vas-y ! « Aaaahhhh !!! »

Bien, bien. Je ne m’attendais pas à ce que tu m’écoutes, mais le résultat est là, c’est le principal. Maintenant, fonce vers les escaliers avant que d’autres soldats ne viennent et rejoins le toit comme ton partenaire vient de le faire. Lui au moins a eu l’intelligence d’agir rapidement. Voilà. Maintenant, monte sur le toit en sortant par la fenêtre de la tour. Oh, et ne fais pas cette tête-là veux-tu ? Sans mes précieux conseils, tu serais certainement allongé à mes côtés dans le salon. Bien. Maintenant, regarde tout autour de toi. Visiblement, Ringu a trouvé un moyen de s’échapper. Ah oui, c’est sûrement grâce à ce harpon qu’il avait dans sa mallette. Quel dommage que tu n’en ais pas un à ta portée, toi aussi. « Tu m’as piégé !! » Oh non, Ringu t’a piégé, en te soumettant l’idée de fuir par le toit. Or, il savait très bien qu’il était le seul à posséder ce harpon. Moi, je n’ai fait que suivre ses conseils… Mauvaise idée, je suppose. Bois un peu, tu te déshydrates.

Les soldats ne vont pas tarder à monter sur le toit, essaie de descendre le long de la bâtisse. Aucun garde ne se trouve dans la cour arrière, tu pourrais t’enfuir par là ? Ce n’est pas très chevaleresque, je te l’accorde, mais tout comme tuer de sang-froid un homme désarmé et au sol. Visiblement, ce n’est pas ça qui t’arrêtes. Fais attention en descendant d’accord ? Ce n’est pas ton corps, après tout. Si tu veux mourir, fais-le dans le tien, au moins. Voilà, tu peux sauter maintenant, ce n’est plus trop haut et tu gagneras du temps. Je vois que tu coures en direction en direction des bas-quartiers ? Ce n’est pas idiot pour faire profil bas le temps de quitter la ville. Espérons au moins que celui qui habite ton corps te rejoindra à la sortie ! Ce serait dommage qu’il se fasse prendre et que tu te retrouves en prison pour un meurtre que tu n’as pas… enfin, que tu as commis. Ouf, tu es parvenu à rejoindre l’entrée de la ville. Mais la grille est fermée et les gardes te bloquent le passage. Tu vas vraiment les tuer de sang-froid pour t’échapper, au lieu de prendre tes responsabilités concernant le meurtre que tu as commis ?

« Raaaaah ! FERME-LA !!! »

… Quel dommage. Ces hommes avaient probablement une famille. Je vois que tu as décidé d’emprunter une sombre voie et qu’il n’y a rien que je puisse faire pour t’en dissuader… Bien. Quitte Tréno et fuis le Continent de la Brume, cela vaut sans doute mieux pour toi. Attends ton partenaire à l’extérieur, il ne devrait pas tarder. Vous deux ferez la paire, j’en suis certain. Du moins, pour un temps. Deux esprits forts ne voyagent jamais bien longtemps ensemble, à moins de mettre de l’eau dans votre vin. En parlant d’eau…

« Va-t-en… » Je m’en vais, Julian. Je t’ai assez tourmenté pour aujourd’hui. Mais ma voix ne cessera jamais de te hanter, j’espère que tu en as conscience ? Je reviendrai au moment où tu t’y attendras le moins, sous la forme de ton père ou d’un autre ! Oui, car je ne suis rien d’autre qu’une manifestation de ton esprit parmi tant d’autres. Et oui, la folie te gagne, mon cher. Mais être fou peut avoir bien des avantages ! Tu pourras peut-être accomplir de grandes choses, qui sait... ?

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Ringu Ju-On
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Lun 30 Mai - 9:36

Sur le toit, Ringu n'avait pas vraiment le choix. Voyant que les gardes s'accumulaient en contre-bas, il ne pouvait se permettre d'attendre Julian trop longtemps. Apparemment, ce dernier éprouvait plus de difficultés que notre détective à partir de ce lieu. Aussi, quand des bruits d'éclats de vitre retentirent, et que notre homme comprit qu'on utilisait des sorts depuis le sol pour le toucher, il partit pour un autre toit sans regarder derrière lui. Pourvu que Julian n’abîme pas son corps, pourvu que le noble fasse attention! 


Une fois sur un autre toit, notre homme ne rangea pas tout de suite son harpon. Il continua sa route en allant de toits en toits, espérant prendre de la distance sur les forces de l'ordre. Des alarmes commençaient à retentir, comme si l'information commençait petit à petit à se propager. Le détective continua sa route jusqu'à atteindre la partie sombre de la ville : le quartier des pauvres. Là, il attrapa un vieux linge sale et le mit sur sa tête en guise de capuchon. Il s'infiltra comme il put dans cette zone inconnue avant de rejoindre l'une des sorties de la ville. Les portes commençaient à se fermer, mais les gardes n'étaient pas présents, comme si leurs forces étaient demandées ailleurs. Julian devait avoir mis un sacré bazar, cela ne faisait pas de doutes. 


Une fois dehors, les portes refermées, l'ancien cobaye ne traîna pas, mettant de la distance entre lui et d'éventuels poursuivants. Le sol étant un peu humide, le temps se rafraîchissant. Il pouvait voir quelques traces de pas sur le sol. Oh, il n'était pas capable d'y reconnaître là celles de Julian, à vrai dire, il suivait ces dernières par pur hasard, mais le hasard faisant bien les choses, il finit par arriver dans un petit endroit dégagé où il put reconnaître sa silhouette. 


A la fois un soulagement et un réconfort, le fait de voir son compagnon de route le fit sourire un instant. Néanmoins, il se rendit vite compte que les problèmes ne faisaient que débuter. Ce noble avait vécu une expérience traumatisante et il était trop tôt pour se réjouir. Que dire? Que faire? Ringu ne supportait pas cet état dans lequel son corps était. Trop de mauvais souvenirs remontaient à la surface. Ce Julian commençait à lui donner envie de vomir. Vomir parce qu'il était faible et impulsif, vivant comme un animal sauvage qu'on aurait blessé. Incapable de raisonner ou de comprendre la moindre chose. Un fable en somme. Mais la vérité était surement que Ringu se rappelait de sa propre faiblesse. Il soupira puis s'avança progressivement vers le noble. Le bruit de ses pas suffirait à annoncer sa présence, nul besoin d'en faire trop. Arrivé proche de ce dernier, Ringu se contenta d'envoyer une bouteille d'eau devant lui. Il savait ce que son corps désirait. Il rangea ses armes à feu puis soupira de nouveau avant de finalement prendre la parole.


" Ne traînons pas plus longtemps ici... "


Ils allaient devoir s'enfoncer dans les ombres. Durant quelques temps, ces dernières cacheraient leur présence. Une affiche voletait et Ringu l’attrapa au vol. Elle annonçait un festival pour fêter la nouvelle année sur Héméra. Notre protagoniste aurait bien voulu s'y rendre, mais leurs statuts actuels rendaient cela impensable. 


" Nous devrions faire profil bas quelques temps... "


 Et par un temps, il entendait un bon petit mois. Il s'imaginait déjà camper à la belle étoile. Le confort ne serait pas au rendez-vous, mais c'était une bonne idée pour faire passer le temps et se faire oublier. Du moins jusqu'à la nouvelle année où l'attention serait ailleurs. De plus, ils avaient quelqu'un à aller voir. 


" J'ai certaines personnes à vous faire rencontrer si vous le voulez bien... Cela devrait nous être profitable et nous préparer à un retour en force... Du moins si Grenat est toujours dans votre viseur, Monsieur Quinn. "

Aucune colère, aucune reproche, aucun sentiment dans sa voix. Ringu se contentait de parler sans même regarder le noble. Il ne voulait pas se voir ainsi, c'est tout. Bien sûr, le blondinet refuserait peut-être, ne voulant pas se cacher et "vivre" aux côtés de Ringu pendant un mois ou deux. Le camping sauvage n'était peut-être pas non plus sa tasse de thé. Néanmoins, il s'agissait surement de la meilleur option en attendant le retour au calme dans la région. 

_________________________________________________________________________


Ringu et Julian vont vers la Grotte de Kwane! 
(sera édité quand le prochain sujet sera créé!)


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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Mar 14 Juin - 10:49

Ringu et Julian ont fait un beau tapage et en ont tiré chacun 350 gils.

Julian a appris sa limite Rose Sanglante (ajouté à sa fiche) ainsi que ses deux techniques (cf grotte de Kwane). 


Ringu n'a toujours pas de limite. 

Julian et Ringu passent au niveau 7 !!!

Julian et Ringu s'enfuient dans la grotte de Kwane


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Yusuke Makunochi
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Jeu 17 Nov - 10:44

Sheli et Yusuke viennent de Dali
============================
Spectacle de désolation... Jamais je n'avais vu une telle horreur. C'est une chose de voir un village en ruines, mais il y a une différence entre un village qui a été détruit il y a cinq cents ans, et un qui vient juste d'être ravagé. L'odeur des corps brûlés était insoutenable, et la vue de femmes et d'enfants qui tentent de fuir un ennemi cruel et impitoyable me donnait envie de vomir chaque fois que je prenais ma respiration. C'était même un miracle que je tienne le coup, car même avec mon t-shirt relevé sur mon nez, l'odeur de chair brûlée me massacrait les poumons.

Et là, cette petite fille, seule survivante du carnage, laissée en vie pour une raison que j'ignore, je me dis qu'il aurait surement été mieux qu'elle y passe. Comment pourrait-elle jamais se remettre d'un tel traumatisme?
Elle refusait de me lâcher, s'agrippant à moi comme une bouée de sauvetage en répétant toujours ces mots que je ne comprenais pas. Même en cherchant dans ma mémoire, je ne trouvais pas de lien... le seul que je pouvais à peu près comprendre, c'est Meika.. ça ressemblait vaguement à Meikai qui pouvait désigner les Enfers dans un dialecte ancien, mais c'est sur Cocoon ça, je n'étais pas sur que cette langue existe ailleurs... mais vu son traumatisme, ça pouvait quand même coller.

Sheli était partie chercher des survivants, mais elle finissait par revenir et rien qu'à sa tête, je voyais bien qu'il n'y avait personne ici.

«Même si ça ne doit pas faire longtemps, depuis combien de temps est-elle ici?»
«Rumeika... Rumeika... Rumeika...»
toujours les mêmes mots qu'elle répétait inlassablement. Sheli appela Sirius, il fallait l'emmener loin d'ici. Au moins, pour aller à Tréno, il n'aurait pas à voler, donc on pouvait se permettre d'être à trois sur son dos. Il s'était approché et s'était couché pour permettre à la petite de grimper, dans un premier temps, elle paraissait se calmer, mais Sirius tourna la tête et elle avait donc face à elle une grosse forme noire qui sembla la terrifier, elle se raccrocha à nouveau à mon cou comme une furie, j'étouffais presque

«Rumeika!! Rumeika!» je ne comprenais pas ce qui lui prenait, je finissais par me lever en la gardant dans les bras pour grimper sur le dos de Sirius. Sheli avait essayé de la calmer, elle semblait aller mieux, mais c'était comme se retrouver dans la Plaine Foudroyée, un éclair pouvait tomber à tout moment et changer radicalement le comportement de la fillette...

«Je crois qu'elle a peur du noir... surement que les gens qui ont attaqué le village étaient habillés en noir, ou manipulaient les ténèbres, un truc du genre...» ça me confortait un peu dans l'idée qu'elle essayait de dire "Meikai" et non "Meika".. et que le dialecte était similaire à celui de mon quartier sur Cocoon... enfin peu importe, je lui disais de fermer les yeux, et j'attendais que Sheli grimpe aussi sur Sirius pour pouvoir partir loin d'ici. Au bout d'une quinzaine de minutes, elle s'était endormie dans mes bras.

On arrivait à Tréno et je descendais doucement de Sirius, on ne réfléchissait même pas, même s'il fallait prévenir les autorités, pour le moment, le plus important, c'était la fillette. On allait donc directement dans un hôtel du quartier riche, histoire qu'elle ait un certain confort, puis je la posais délicatement sur un lit, la regardant dormir, la pauvre...

«Il faudrait voir si elle a encore de la famille, mais je ne vois pas comment on pourrait la retrouver. Dali est réputé pour ses échanges commerciaux, de nombreux habitants ont du survivre parce qu'ils étaient ailleurs au moment de l'attaque, mais comment savoir si sa famille en fait partie?» ce qui nous confortait dans l'idée que l'attaque devait être très récente, hier, peut être même ce matin... plus probable ce matin vu l'odeur et la chaleur encore vive des flammes du village.

Je me tournais vers Sheli, j'avais bien une idée de ce qu'on pourrait en faire

«Si on ne lui trouve pas de famille, on pourra surement la confier à ma mère, ou à tes parents...» bon, j'avoue que je préférerais ses parents, car bonjour l'éducation que ma mère pourrait lui filer! C'est alors que je remarquais un petit bracelet qu'elle avait au poignet, je m'approchais pour y voir une inscription et je me figeais sur le coup avant de bégayer un peu

«Sheli... elle s'appelle Emi...» je ne savais pas si Sheli avait entendu le nom de notre fille dans la vision d'Alexandre, mais sur le coup... j'étais en train de me poser des questions...
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Sheli Makunochi
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Jeu 17 Nov - 21:02

L’épreuve de Shiva semblait déjà être bien loin après ca. Mais d’un autre côté, les événements allaient peut-être nous aider aussi à digérer plus vite notre défaite. Notre priorité était pour le moment cette gamine, victime et témoin d’un massacre d’apparence gratuit – et en réalité, ce n’était pas que d’apparence – inutile de dire que c’est le genre d’images qui vous restent à vie dans votre esprit. Il fallait qu’on prenne soin d’elle et qu’on s’assure qu’elle se retrouve dans un endroit où quelqu’un pourra lui donner un toit, des vivres, et surtout, de l’amour. Il n’y avait que ca comme remède, avec le temps … je ne dirai pas pour guérir ses blessures car elles ne guériront jamais, mais au moins pour l’aider à cicatriser … Il y avait de grandes chances qu’elle ait vu ses parents se faire massacrer sous ses yeux, à moins qu’elle ait réussi à se cacher pour échapper aux ravisseurs, mais sur le coup, ca me faisait penser à moi qui avais vu aussi ma mère se faire tuer sous mes yeux.

Grâce à Sirius, on avait pu atteindre Tréno « rapidement », même si elle en avait eu peur dans un premier temps. Les autorités attendraient malgré l’urgence de la situation, on emmenait la gamine dans une auberge du quartier noble pour la poser sur un lit, dans une chambre où nous allions dormir. Il y avait des risques qu’on passe une nuit infernale mais là, je préférais qu’on veille sur elle. Je la regardais dormir, j’avais le cœur un peu serré à chaque fois qu’elle était dans mon champ de vision et surtout sur le moment, j’étais un peu paumée aussi. Nous avions été pris de court avec cette situation inattendue. Yusuke voulait qu’on essaie de voir si elle avait encore de la famille, mais ca me paraissait  compliqué dans la mesure où bah … on ne savait rien d’elle, et Héra n’était pas le monde le plus développé : il n’y avait pas les médias ni les moyens nécessaires pour diffuser très rapidement un message partout dans le monde. Il nous faudrait en parler autour de nous et attendre que le bouche à oreille notamment, fasse son œuvre … et ca pouvait être long. Et cette gamine avait besoin de soutien maintenant, pas dans plusieurs semaines. J’avais aussi pensé à mes parents du coup, et nos idées se rejoignaient alors mais du coup je me mis à réfléchir.

- Je préférerai qu’elle aille chez ta mère. Même si je t’avoue que je flippe à l’idée qu’elle la fasse chier avec son éducation, mais elle pourra pas lui faire vivre un enfer pire que celui qu’elle a connu. Mes parents ont l’avantage d’être deux et mon père est en parfaite mesure de la protéger en cas de besoin mais … Je me dis que si les gens qui ont attaqué Dali font des villages pauvres leurs cibles favorites, elle sera moins en sécurité à Winhill qu’à Wutai. Entre les samouraïs et les ninjas, j’ai quand même dans l’idée que si un jour ces gens veulent frapper, bah Wutai leur donnera un sacré fil à retordre …

Je soupirais alors.

- Quelle idée de s’en prendre à un village de paysans aussi. Sérieux … Les mecs avaient pas les couilles pour aller frapper à la porte d’un royaume comme Alexandrie ou Lindblum ? Ou alors ils voulaient imposer cash une image de terreur en s’attaquant à des innocents.

La deuxième option me paraissait déjà plus plausible. On n’impose pas une image dure de soi-même en s’attaquant à une armée qui peut vous tenir tête. Je passais ma main doucement dans les cheveux de la petite fille, elle semblait enfin apaisée … mais pour combien de temps ? Et je pensais alors à ce que je venais de dire moi-même.

- Dès qu’on le pourra, il faudra qu’on appelle aussi nos parents. Je refuse de retourner les voir un jour et de me rendre compte que des connards ont attaqué le village où ils vivent. J’ai perdu mes parents une fois …

Donc les mecs n’avaient pas trop intérêt à se rendre à Winhill, en fait. Pendant que je parlais, Yusuke avait regardé un peu cette fille sous tous les angles. Peut-être voulait-il s’assurer qu’elle n’avait pas de lourdes blessures ? Mais non, en fait il avait remarqué quelque chose et avait attendu que je finisse mon petit discours pour me montrer le bracelet, m’apprenant alors qu’elle s’appelait Emi. Je haussais un sourcil.

- Bah oui et alors ? Elle s’appelle comme mon amie.

Non, il ne m’avait pas dit que dans sa vision – et la mienne visiblement ? – notre fille s’appelait comme ca. Et si jusque-là, il aurait pu penser qu’on l’avait nommé ainsi pour rendre une sorte d’hommage à Emi Leanne, visiblement, avoir trouvé cette enfant remettait ca en cause … Dans tous les cas, ca collait plus ou moins avec ce qu’il m’avait dit au sujet de l’âge de la gamine.
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Ven 18 Nov - 10:51

Pauvre petite... qu'allait-elle devenir? Difficile à dire, mais on n'allait pas pouvoir la laisser comme ça. La seule chose à laquelle je pensais pour le moment, c'était de la confier soit à ma mère, soit aux parents de Sheli, mais elle mit le doigt sur un point essentiel: si ces gens s'en prenaient à des villages sans défense, Winhill serait une cible potentielle, là où Wutaï risquait moins.
«Oui, tu as raison. J'essaierai quand même de garder un œil sur elle pour ne pas qu'elle la transforme en esclave...» je soupirais en baissant les yeux, elle était dans mes bras et s'était endormie alors que Sirius nous conduisait aussi vite qu'il le pouvait à Tréno. On avait contourné la gare du sommet en passant par les montagnes, ça nous avait fait perdre un peu de temps, mais le chocobo ne pouvait pas bien voler avec autant de poids sur le dos. Si nous voulions aller quelque part en dehors de Héra, il nous faudrait surement une nouvelle monture.

Une fois arrivés dans la ville nocturne, je me surprenais à espérer que la chimère des ténèbres ne débarque pas. En dehors de l'échec de l'épreuve de Shiva, je ne voulais pas avoir à passer une épreuve avec la petite sur les bras. D'autant qu'elle semblait avoir peur des ténèbres, ce ne serait donc clairement pas lui rendre service que de tomber sur la chimère de cet élément. Mais on finissait par débarquer dans un hôtel, j'avais choisi le quartier riche par précaution, histoire de bénéficier d'un maximum de confort, même si je trouvais l'ambiance sordide quand on voyait la différence de mode de vie d'un quartier à l'autre.

Je la posais doucement sur le lit, elle reposait sur le côté et Sheli s'interrogeait sur ses parents. C'est sûr qu'ils pouvaient être en vie... mais j'en doutais

«Tu crois vraiment qu'ils l'auraient laissée toute seule? Enfin.. peut être que l'un de ses parents est en vie au moins, elle était peut être avec sa mère pendant que son père était en voyage.» il fallait l'espérer. Malheureusement, son père n'était pas un commerçant, mais un fermier, et il était aux champs au moment de l'attaque, elle ne le verrait plus jamais.

Je remarquais alors son petit bracelet et je m'approchais pour lire ce qui était marqué... un prénom. Je me figeais en me tournant vers Sheli, mais sur le coup, elle ne comprenait pas pourquoi ça semblait presque me choquer

«Tu n'as pas vu notre fille dans ta vision d'Alexandre? Elle s'appelait Emi...» je me tournais vers la petite, elle est brune, la peau un peu hâlée... et les yeux bleus. Certes, elle ne nous ressemble pas vraiment, mais après tout, en vieillissant, on change toujours, et je ne me souvenais pas trop de son visage «je pensais qu'on l'avait appelée ainsi par rapport à Emi, celle du tournoi, mais maintenant...»

La petite se mit à trembler et à gémir, répétant à nouveau le mot Rumeika, encore et encore
«Je ne sais pas pourquoi elle répète ce mot sans arrêt... sur Cocoon, on a un dialecte assez ancien, tu sais, je t'avais dit à Wutaï qu'ils semblaient pratiquer cette langue aussi, celle dont l'écriture ressemble à des dessins faits à partir de traits... meikai signifie "Les Enfers".. vu la peur que ce mot semble lui inspirer, je me demande si ce n'est pas ce qu'elle essaie de dire, bien que je ne vois pas ce que le "ru" devant pourrait dire.» je soupirais en passant doucement ma main dans ses cheveux. Je n'avais jamais imaginé qu'on aurait pu adopter notre fille.

Je me tournais vers Sheli, ne sachant pas trop quoi penser

«Tu devrais aller prendre ta douche. J'irai après. Il vaut mieux pour le moment que l'un de nous reste en permanence avec elle.» on allait surement devoir passer quelques jours à Tréno, le temps d'être sûr de ce que sont devenus ses parents, et prévenir quelqu'un pour le carnage qu'il y a eu là bas...
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Sheli Makunochi
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Ven 18 Nov - 14:47

Oui c’est vrai qu’il était plus logique qu’à son âge, il y ait eu au moins un de ses parents avec elle pour la surveiller … Ce qui signifiait qu’au moins un de ses proches était mort pendant l’attaque … Pauvre petite. Mais surtout ce qui m’intriguait, c’était la réaction de Yusuke en apprenant qu’elle s’appelait Emi. Sur le moment, je ne comprenais pas, mais il m’expliquait que dans sa vision, c’était le nom que portait notre fille et mon visage se figea l’espace d’une seconde. Je l’avais vue dans ma vision aussi mais comme elle n’a pas prononcé son propre nom – logique – et que j’étais muette dedans, je ne le savais pas. Et de la même façon, je n’avais pas osé imaginer une seule seconde que si on avait des enfants, l’un d’eux serait adopté. Toutefois …

- Mais tu sais … Ce n’est pas parce qu’on a vu que notre fille s’appelait Emi dans le futur qu’on doit se sentir obligés de l’adopter maintenant … Les visions d’Alexandre ne doivent pas nous influencer.

Si on devait vraiment l’adopter, c’est parce qu’on en aurait envie, qu’on voulait lui donner notre amour et notre protection. Et non parce qu’une vision dans un miroir nous a dit qu’on aurait une fille qui s’appellerait Emi. Ce serait forcé le destin … et ca modifierait malgré nous notre avenir, même si on pense que ce n’est pas le cas. Enfin, la ligne temporelle et le destin sont deux notions tellement compliquées, vous me direz.

La petite s’agitait un peu, elle continuait de répéter ce mot bizarre et incompréhensible et Yusuke se tourna alors vers moi pour me faire part de ce qu’il pensait avoir compris. Un nom dans un dialecte ancien ? Je fronçais les sourcils.

- Ca veut dire qu’elle écorche ce nom. S’il le faut, le « ru » est aussi écorché. Il n’y a pas un mot qui y ressemble ? Et puis … Si c’est vraiment le même dialecte que sur Cocoon, il n’y a qu’un seul endroit où on a vu le même comme tu l’as dit toi-même à l’instant … Tu ne crois pas que ces gens viennent de Wutai s’ils ont choisi un tel nom ?

Et du coup … Ca remettait en cause le fait de la confier à sa mère à Wutai. D’un autre côté, si les responsables viennent vraiment de Wutai, il y avait moins de risques qu’ils s’attaquent à leur propre village. Mais bon. Je ne savais pas quoi en penser. Si ca se trouve, j’avais complètement faux – et c’était le cas – mais sur le coup, je ne savais pas trop.
Mais dans ce cas, il y avait un autre point qui m’intriguait : pourquoi des gens de Wutai s’attaqueraient spontanément à un village de paysans sur Héra ? Aussi loin de leurs terres ? Bref, il manquait vraiment des détails dans cette histoire, mais j’avais dans l’idée que de toute manière, on finirait par en entendre à nouveau parler. Les gens comme ca ne se contentent pas d’un seul massacre en général, malheureusement.

Bref. Je hochais la tête lorsque Yusuke me demanda d’aller à la salle de bain en première et je me dépêchais. J’avais bien envie d’un bain bien chaud après avoir traversé la caverne gelée mais bizarrement, j’avais pas envie non plus de les laisser seuls tous les deux trop longtemps. Alors j’allais me contenter d’une petite douche puisqu’il y en avait une ici. Je mettais un pyjama coloré, préférant éviter le noir puisque visiblement, cette couleur semblait effrayer la gamine, et je tiltais alors sur un autre détail. Quand je revenais dans la chambre, elle dormait encore.

- Yusuke … Tu crois qu’on devrait rester longtemps à Tréno ? Je suis plutôt d’avis à l’aider à se rétablir un peu, de prévenir les autorités, et qu’on parte assez vite d’ici. Non pas que je veuille la bousculer, mais tu m’as dit qu’elle avait sûrement peur du noir et … cette ville est plongée dans l’obscurité en permanence. Elle risque de ne pas être à l’aise ici.

Enfin bon. Il pouvait prendre la relève, j’allais rester avec elle.
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Dim 20 Nov - 10:21

Était-ce une coïncidence? Je ne savais pas trop quoi penser de tout ça, tomber sur cette petite fille qui portait le même nom que ma fille dans la vision d'Alexandre, mais heureusement, Sheli gardait les pieds sur terre et me rappelait qu'en forçant les choses, on risquait de dévier de la voir que l'on souhaitait
«Tu as raison.. et puis, s'il le faut, on va appeler notre fille Emi non seulement pour rendre hommage à Emi Leann, mais aussi à cette petite?» ça pouvait également coller, car si on la confiait à ma mère, elle deviendrait plutôt une sorte de petite sœur pour moi, et non ma fille. Je me disais qu'il valait mieux essayer de réfléchir ainsi plutôt que de se forcer à l'adopter sous prétexte que j'avais vu qu'on aurait une fille de ce nom.

Sheli alla prendre sa douche en première, il faudrait aussi laver la petite, mais je laisserai mon épouse le faire. Un truc de filles quoi... mais pour le moment, je restais avec elle, passant ma main sur son front pour l'apaiser comme je pouvais. Elle avait tendu la main et serrait fort la mienne à présent, je la regardais d'un air triste. Pauvre petite.
Lorsque Sheli sortit de la douche, je lui expliquais ce que Meikai voulait dire dans un vieux dialecte, mais pour ce qui est de "Ru"...

«C'est trop vague comme indication... il y a des tas de mots qui pourraient être une déformation de Ru, et je ne me souviens pas de tous les mots qui existent en plus, il n'est presque plus parlé, même à Palumpolum» c'est alors qu'elle fit le rapprochement avec Wutaï, mais j'avais quand même de gros doutes à ce sujet

«Peut être... mais s'ils viennent de Wutaï, je ne pense pas qu'ils y vivent encore... ce n'est pas le genre de ce village. Ce sont surtout des voleurs, et ils veulent redonner à leur village un certain prestige... je ne pense pas qu'ils soient du genre à perpétrer des massacres comme ça, sans raison. Mais c'est vrai que les traces laissées sur les corps et les maisons laissent penser à l'utilisation de sabres et autres armes blanches.» le style de Wutaï, oui. Enfin, je me levais et je me tournais vers Sheli

«Je vais prendre ma douche, ensuite, il faudra que tu la laves un peu. On doit voir si elle a des blessures graves...» j'allais rapidement vers la salle de bain quand elle s'interrogea sur le fait de rester ou non à Tréno... je me tournais vers elle, c'est vrai que rester dans une ville de ténèbres n'était pas le mieux, mais pour aller où?

«On ne peut pas se la trimballer avec nous... tu le sais. Soit on part dès demain pour Wutaï afin de l'amener à ma mère, soit on doit la laisser quelque part sur Héra. Sirius ne pourra pas nous porter tous les trois pendant trop longtemps.» même pas dit qu'il puisse nous porter tout court en volant. Certes, Sheli est un poids plume, je suppose qu'elle et la petite doivent à peine faire le poids d'une seule personne, et moi je ne suis pas très lourd non plus. Et puis, il ne faut pas oublier que la petite a eu peur de Sirius parce qu'il était noir.

Enfin bref, j'allais vite à la douche, je me dépêchais en espérant que la petite ne se réveille pas entre temps. Je réfléchissais à tout ça, on pouvait partir dès demain pour Wutaï, mais avant, il fallait s'assurer que ses parents étaient bien tous les deux morts, on n'allait pas l'embarquer alors qu'elle pouvait avoir encore son père ou sa mère en vie...
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Dim 20 Nov - 23:43

Spoiler:
 

Pour l’instant, notre seule « piste » sur les responsables du massacre de Dali, c’était Wutai. Mais comme l’avait souligné Yusuke, ce n’était pas le genre de ce village de faire ce genre de choses. C’était des voleurs principalement, pas des assassins. Alors soit on se trompait, soit c’était bien des natifs de Wutai, mais qui n’y vivaient plus aujourd’hui. On n’aurait pas la réponse de sitôt, mais comme je le disais plus tôt, je doutais également que ce soit la dernière fois qu’on entende parler d’eux. Malheureusement.
Yusuke voulait partir à la douche, m’indiquant que je devrais m’occuper de la gamine après, surtout pour l’examiner, mais je me demandais si on devait rester là bien longtemps … Je soupirais alors à sa réponse.

- Tu l’as dit toi-même, nous ne pouvons pas la trimballer partout avec nous … Et Sirius ne peut pas tous nous transporter, ou du moins, nous ne sommes pas sûrs qu’il puisse voler. Au pire on louera un aéronef pour prendre tout le monde, vu que c’est une ville de bourge, c’est le genre de luxe qu’ils devraient avoir ici, non ?

Enfin bon, il allait à la douche tandis que je veillais à mon tour sur elle. Par moment, elle semblait dormir si paisiblement … et puis parfois l’espace de quelques secondes, elle semblait s’affoler dans son propre sommeil. Son subconscient devait vaciller entre remontrer l’horreur de la destruction de Dali, et des pensées plus sereines pour l’apaiser. En général, ce n’est pas pour rien qu’on dit que le sommeil est réparateur, ce n’est pas seulement parce que notre corps en a besoin, mais aussi parce qu’il nous aide à chasser le plus dur des vilaines pensées … Ca ne voulait pas dire pour autant qu’en se réveillant, elle pèterait le feu. Mais petit à petit, ca allait l’aider.
Puis elle finit par rouvrir les yeux et semblait perturbée de ne pas reconnaître l’endroit où elle était. Elle commençait alors à s’affoler.

- Hey hey hey !! Tout doux ! Tout va bien, tu es en sécurité ici … Nous sommes à Tréno, loin de tes cauchemars …

Je la prenais dans mes bras et elle me serra si fort que même moi j’avais l’impression qu’elle allait m’étouffer ! Je comprenais mieux Yusuke plus tôt dans la journée ! D’ailleurs en parlant du loup, il revenait de la salle de bain.

- Ah bah tu dois avoir un radar, elle vient de se réveiller. Je cherchais tant bien que mal de me séparer un peu et me dégager de l’étreinte de la gamine pour pouvoir la regarder dans les yeux. - Tu viens avec moi ? Je vais t’aider à te laver, et après on ira prendre de quoi manger et boire … Tu dois être affamée.

Pas dit qu’elle ait vraiment faim après tout ca, mais pas le choix, il fallait qu’elle reprenne des forces. En fait, je me rendais compte que j’étais carrément mal à l’aise, je n’ai pas l’habitude de m’occuper d’un enfant et ce, peu importe son âge. Je n’étais pas sûre de lui parler comme il fallait, mais j’essayais d’arborer un air qui se voulait vraiment rassurant pour qu’elle se sente à l’aise. Pourtant c’était pas gagné, elle levait les yeux vers Yusuke, de toute évidence, des deux, pour l’instant, elle semblait lui faire davantage confiance qu’à moi. Mais pour le bain, il n’y avait que moi pour m’en occuper !

- Je te l’ai dit, il ne t’arrivera rien, je reste avec toi. Et si un méchant se pointe, je le fais disparaître ! Je lui tendais la main en attendant qu’elle daigne bien vouloir la prendre, ce qui prit encore plusieurs secondes supplémentaires, et je la soulevais pour l’embarquer avec moi. J’avais la force pour ca, mais en croisant Yusuke, je prenais un air plus sérieux. - L’idéal serait surtout que tu ailles chercher de quoi manger pour le rapporter ici, j’ai l’impression que ca relève déjà du miracle qu’elle accepte que je l’amène à la salle de bain, alors la sortir dehors … Et n’oublie pas de prendre le sac avec toi !

Hors de question qu’il reste dans un coin de la chambre pendant que Yusuke sera de sortie et que je serai enfermée dans la salle de bain. Même s’il y avait des voleurs à Tréno, mon époux était justement le plus qualifié pour ne pas se faire bêtement voler ses affaires. C’était un détecteur de mains baladeuses à lui-seul !

De mon côté, j’allais donc faire couler un bain, pas trop chaud au cas où elle ait des blessures, ou simplement au cas où elle n’aimait pas ca, mais pas trop froid pour que ca ne lui soit pas désagréable. Je l’aidais à se déshabiller et à s’installer, sérieux c’était faire le parcours du combattant pour moi, je n’avais vraiment pas l’habitude, la seule personne que je déshabille en temps normal, c’est Yusuke ! Mais bon, ca semblait aller. Elle avait l’air toujours un peu méfiante et en état de choc, mais ca, c’était normal. Le principal, c’est qu’elle ne partait plus dans ses crises. Mais quand elle ouvrait la bouche pour parler, elle répétait inlassablement le mot « Rumeika ». Je soupirais en l’examinant. Elle avait quelques traces par endroit, mais ce n’était pas des grosses blessures. Je haussais un sourcil toutefois. Elle en avait des bleus par endroit et en observant de plus près, j’avais l’impression de comprendre : elle avait été enchaînée … J’en eus l’estomac retourné alors que je commençais à comprendre ce qui lui était vraiment arrivée.

- Je … Emi ? Tu t’appelles Emi, c’est ca ? Elle tourna les yeux vers moi. La question pouvait paraître stupide mais je voulais attirer son attention. - Ma question ne va sûrement pas être simple pour toi mais … tu … est-ce que tu as ta maman ou ton papa qui peut venir te retrouver ?

Mais les yeux de la petite se remplirent de larmes. Ok, niveau maladresse je crois que j’aurai pas pu faire pire, j’en déduisais que ses parents étaient morts et elle le savait … Et vas-y qu’elle fondait en larmes … Même si elle était trempée, j’essayais de me pencher un peu pour la prendre dans mes bras, même si la baignoire nous séparait et que ca m’était très désagréable … J’attendais qu’elle se calme un peu pour finir de la laver, même si j’y allais plus délicatement avec l’éponge sur les zones où elle avait des marques.
Et puis je l’aidais à se sécher et à se rhabiller. Yusuke était revenu, j’avais le visage plus grave que tout à l’heure. J’emmenais la petite sur son lit avant de prendre Yusuke par le bras pour lui parler un peu à part.

- Bon, j’ai essayé de lui parler un peu pour savoir si par hasard un de ses parents n’était pas là le jour J mais … bah ma seule réponse … elle a fondu en larmes. Je crois qu’ils ont été tués tous les deux … Et une fois de plus, je soupirais. - Elle n’a pas été blessée sinon mais … elle a des bleus par endroit, ils ont une forme étrange. Je … Je crois qu’elle a été enchaînée. Comme si les auteurs de ce massacre avaient fait exprès de l’épargner … et l'ont attachée pour s'assurer qu'elle ne prenne pas la fuite et qu'elle assiste à tout ca ...

Jusque-là, on avait pensé qu’elle avait pu se cacher et juste survivre par miracle … maintenant que j’avais vu ca, je n’en étais plus si sûre et je commençais à me dire qu’elle avait vécu encore pire qu’on ne le pensait.
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Lun 21 Nov - 16:26

laissant Sheli seule avec la petite, je m'étais dépêché de prendre une bonne douche, histoire de me décrasser un peu après une longue journée, et aussi me rafraîchir les idées. J'avais été trop spontané à la vue du nom de la petite, je devais absolument me détacher de tout ça. S'il n'y avait pas eu l'épreuve d'Alexandre, j'aurais juste trouvé "amusant" que cette petite porte le même nom qu'Emi Leann, rien de plus. Notre objectif pouvait être atteint si l'on ne déviait pas de la route qu'on s'était fixée, il ne fallait pas que notre avenir perturbe quoi que ce soit. Aussi, nous allions rester sur la première idée que nous avions eue en voyant l'enfant: la ramener soit à ma mère, soit aux parents de Sheli.

L'eau coulait sur ma tête, je fixais mes pieds et tout en réfléchissant encore... pourquoi avoir attaqué Dali? Certes, en apparence, c'est juste un petit village fermier, mais plus je réfléchissais et plus je réalisais quelque chose: un village fermier, dans un monde comme Héra, c'est la source même de leur commerce. Les denrées agricoles viennent presque toutes d'ici, détruire Dali pourrait avoir de lourdes conséquences sur l'économie de ce monde. Je relevais la tête et j'attrapais un pain de savon pour vite me laver, puis je me rhabillais rapidement tout en revenant dans la chambre, la petite s'était réveillée mais semblait encore apeurée.


«Hey.. ça va?» Sheli semblait prête à s'en occuper et me suggérait donc d'aller chercher à manger. J'approuvais d'un signe de tête et je descendais rapidement à la réception. Je leur demandais des choses que les enfants pouvaient aimer - des pommes de terre frites quoi, plutôt du jambon, et des gâteaux en dessert... je devais attendre qu'on m'apporte tout ça avant de remonter, et de poser le tout sur la table. Je collais mon oreille à la porte, j'entendais parfois la petite sangloter, ce qui me fendait le cœur...

J'attendais que Sheli sorte, la petite se précipita dans mes bras sans que je ne sache pourquoi elle m'attachait tant d'importance, peut être que je ressemble à un membre de sa famille, pourtant on ne peut pas dire qu'on ait tant de traits communs... à la limite, je trouvais qu'elle ressemblait plus à Sheli, quoi qu'elle a les yeux bleus, même s'ils ne sont pas comme les miens...

Bref, j'écoutais ce que mon épouse avait à me dire sur la conversation qu'elle avait pu avoir avec la petite, et de toute évidence, ses parents étaient bel et bien morts. Et le pire, c'est qu'elle avait surement tout vu, elle avait été attachée pendant un moment, assistant surement, impuissante, au massacre de son village entier. Je me baissais pour essayer de regarder la petite dans les yeux, ses paupières étaient gonflées, tant par la fatigue que par les larmes...

«Écoute... tu as été très courageuse... tu es surement la plus courageuse des petites filles que j'ai jamais rencontrées... » ses yeux s'embuaient de larmes, j'essayais de sourire envers et contre tout «on va t'emmener très loin d'ici, là où les méchants Rumeikai ne pourront pas te trouver... une gentille dame qui me ressemble beaucoup va prendre soin de toi... qu'est-ce que tu en penses?» pour toute réponse, elle se jeta dans mes bras. Je soupirais en tapotant doucement son dos, tout en regardant Sheli

«On ne va pas pouvoir la laisser comme ça... si on l'emmène chez ma mère, il faudra surement y rester quelques jours... tu crois que ça ira?» ça nous faisait faire un énorme détour par rapport à tous nos projets... mais tant pis. On prendrait un aéronef le temps d'aller sur Gaïa pour l'emmener chez ma mère, ensuite on utiliserait Sirius pour aller directement au Sanctuaire de la Terre... on risquait fort de devoir faire des allers retours réguliers pour aller la voir par la suite

«Pour l'instant, on reste avec toi.. viens, j'ai pris à manger. Il faudrait que tu avales quelque chose...» vu qu'elle refusait de me lâcher, je la gardais sur mes genoux et j'apportais tout sous son nez, y compris de l'eau.. elle devait être toute aussi déshydratée qu'affamée, mais elle gardait la bouche résolument fermée... il me fallut près d'une heure de patience infinie pour réussir à lui faire avaler une demi tranche de jambon et trois morceaux de pommes de terre, elle avait bu un peu, mais je crois qu'elle risquait de vomir si je persistais. Elle s'était blottie dans mes bras et avait fini par se rendormir, aussi je l'avais couchée avant de revenir à table pour qu'on puisse finir de discuter avec Sheli

«Ça fait un sacré changement de programme... tu crois que ça ira?» est-ce qu'on avait d'autres solutions? Oui. On pouvait la laisser sur Héra, ils devaient bien avoir des orphelinats aussi, mais... je sais pas, j'avais la sensation qu'il fallait l'éloigner de ce monde pendant quelques temps.
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Mar 22 Nov - 19:25

La plus courageuse des petites filles hein ? Ce n’était pas faux, la pauvre avait vécu un véritable enfer et on commençait à réaliser à quel point. Ca avait été une torture mentale pour elle, elle n’oublierait sûrement jamais ce qu’il s’était passé à Dali, et ce qui lui était arrivé. Il fallait espérer qu’au fil des années, elle ne tourne pas mal … mais bon, si on la confie à Hinata, aucun risque. Et oui, c’est sûr que si on l’amenait chez elle, on devrait rester quelques jours à Wutai. Je hochais la tête pour répondre à mon époux avant qu’on ne passe à la phase deux de l’épreuve : nourrir la gamine.

Yusuke s’en occupait, je mangeais normalement de mon côté mais je ne pouvais qu’assister à la scène et sérieux … Je crois qu’après ca, je confirme que je ne suis VRAIMENT PAS prête à devenir une mère. Si je n’avais pas pitié d’elle et que je ne voulais pas en prendre soin, je l’aurai assommé depuis longtemps et lui aurait fait avaler de force sa bouffe comme on gave une oie ! J’étais quand même incroyablement surprise de la patience et du calme olympiques de Yusuke pour lui donner à manger et à boire. Mais bon, Emi avait fini par se rendormir. On pouvait discuter maintenant, mais d’un ton relativement bas pour ne pas risquer de la réveiller. Yusuke voulait s’assurer que ca ne me dérange pas qu’on prenne la route pour Wutai et je hochais la tête.

- La chasse au trésor peut bien attendre. Nous ne sommes pas limités dans le temps non plus et puis … une vie est plus importante qu’un trésor volé par un pirate. Avais-je répondu, le regard braqué sur la petite. - Je ne sais pas pourquoi Dali a été attaqué, mais une chose est sûre, les auteurs du massacre auraient pu s’abstenir de lui faire vivre une telle horreur. J’ai beau réfléchir, je ne sais pas ce qui est le pire. Tuer un enfant, ou le forcer à voir des choses qui hanteront et terroriseront son esprit jusqu’à la fin de ses jours …

Je soupirais et baissais les yeux. La journée avait bien commencé, mais au fur-et-à-mesure, on pouvait dire qu’elle avait été catastrophique.

- Voyons le bon côté des choses, ca nous a fait un peu oublier notre défaite auprès de Shiva … Enfin le bon côté des choses. Tu m’as comprise, hein. Ca va toi ? J’ai bien vu que ca t’avait … vraiment dépité. Je n’ai pas trop compris si elle a accepté ma requête au final avant de partir … mais je me dis que ce n’est pas par hasard si elle nous a envoyés cette Nivis aussi. Peut-être qu’elle a accepté ?

Au final … On le saurait tôt ou tard. D’ailleurs je me demandais ce qu’il avait pensé de l’énigme pour le monde des Chimères.
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Yusuke Makunochi
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MessageSujet: Re: Au-delà des apparences   Jeu 24 Nov - 9:36

Quand on est voleur, on est obligés d'être patient. Combien de fois m'est-il arrivé d'attendre des heures devant une maison, de m'assurer que les propriétaires étaient partis avant de m'y faufiler? Bref, la patience faisait forcément partie de mes qualités malgré moi, même si c'était plus difficile vis à vis d'un enfant. Je voyais bien le regard exaspéré de Sheli à chaque fois que la petite se forçait à fermer la bouche pour ne pas manger, et l'envie qu'elle devait avoir de lui enfourner la cuillère de force, mais finalement, Emi avait quand même mangé un peu et s'était endormie.

Il était temps de réfléchir à la suite, le temps perdu, le changement de programme. Je préférais ne pas penser aux horreurs que la petite avait du subir, gardant le silence sur ce que je pensais vraiment. Mais une chose était sure, je ne suis pas un assassin, mais si je retrouve le gars qui lui a fait ça, peu importe qu'ils soient cinquante en face, il va prendre très, mais vraiment très cher. Mais pour le moment, on ne savait rien sur qui il était, ou qui ils étaient, donc autant se concentrer sur la suite.

Il est vrai que la chasse au trésor n'avait rien d'urgent, mais celle des chimères l'était un peu plus... malgré tout, on venait d'échouer à la tâche de Shiva, peut être qu'une pause ne nous ferait pas de mal... je fronçais du nez lorsque Sheli parla de notre échec, et je regardais un coin de la table comme s'il s'y trouvait quelque chose d'intéressant. Le bon côté des choses, hein?

«Moui. J'espère effectivement qu'on aura un petit indice sur l'endroit où elle se trouvera, en effet. Mais j'en doute.» quant à la petite fée qu'elle avait fait apparaître, pas la moindre idée de ce à quoi elle servait. Nous conduire à Dali? Sérieux, on devait être à une heure de marche à peine, et l'épreuve de Shiva en elle-même n'avait pas été fatigante... bref.

«Le seul point positif que je pourrais trouver, c'est qu'en allant à Wutaï, on aura une nouvelle chance de voir si Léviathan est allé là bas... enfin si c'est bien la chimère de l'eau du moins.» on avait déjà eu cet espoir la dernière fois, pour ça qu'on était allés au Mont Da Chao, mais on était tombés sur Ifrit. Qui sait, cette fois, ce sera peut être la bonne? Je me tournais pour regarder la petite qui dormait, l'idée de la laisser à ma mère ne me plaisait pas plus que ça, mais on n'avait pas le choix.

Et le pire, c'est qu'on ignorait que celui qui était responsable de ces horreurs se trouvait pas très loin de nous, dans la même ville.
Je finissais de picorer des pommes de terre froides avant de me lever et de déposer un baiser sur le front de Sheli

«Viens, on ferait mieux d'aller se coucher. Demain, on devra chercher un aéronef pour rejoindre Gaïa... autant quitter Héra le plus vite possible pour que la petite se sente mieux.» je lui souriais d'un air fatigué, la situation... m'avait épuisé. Tout comme elle, ça me faisait réaliser que je n'étais pas encore prêt à être père.

J'allais me brosser les dents, l'impression que ça faisait une éternité que je ne l'avais pas fait. Pas de dentifrice sur Héra - ou en tout cas, pas dans cette chambre d'hôtel, mais j'en avais emporté depuis Dol, ainsi que des brosses à dent. Je me regardais dans le miroir, j'avais les traits tirés, on aurait pu me donner dix ans de plus d'un coup.. je repensais à la vision d'Alexandre, j'essayais de me souvenir de l'apparence de ma fille... mais elle avait bien vingt ans de plus que la petite Emi, donc difficile de dire si ça pouvait être elle ou non, et puis ses traits n'étaient plus aussi évidents dans ma tête. Je crois que je l'imaginais désormais avec la même tête que Sheli, mais des yeux bleus... donc pas dit que ce soit la réalité. Mais... fille adoptive? Ou véritable fille dont le nom aurait été inspiré par tout ça? Je préférais secouer la tête et ne plus y réfléchir, revenant dans la chambre pour me glisser dans le lit à côté de la petite... laissant une place à Sheli derrière moi. Au final, je me retrouvais entre les deux.


«Allez, bonne nuit.» je l'embrassais tendrement avant de fermer les yeux. Espérant pouvoir dormir correctement.

Sauf que non. La nuit fut tout simplement épouvantable. Emi s'était réveillée presque toutes les heures en hurlant, criant toujours ces mêmes mots "Rumeika, Rumeika", je devais la prendre dans mes bras, la bercer encore et encore jusqu'à ce qu'elle se rendorme. Parfois elle demandait à boire, mais dans l'ensemble, j'avais quasiment fait nuit blanche, et Sheli pareil... on avait une tête horrible le lendemain matin... et en prime, pas de soleil dans le ciel pour nous mettre de bonne humeur, donc inutile de dire qu'on était clairement pas à prendre avec des pincettes ni l'un, ni l'autre.


«Ma mère n'a clairement pas intérêt à nous faire une remarque...» dis-je devant une tasse de kafé - oui, même moi j'avais opté pour le kafé ce matin. Émi dormait encore après s'être réveillée une énième fois en hurlant, on allait bientôt devoir la réveiller et lui faire avaler un chocolat chaud.

Définitivement, on n'est pas prêts pour être parents.
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